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Hier — 22 septembre 2020BREIZ ATAO – Journal de l'Etat National Breton

Nantes : Le Gwenn ha Du bientôt hissé sur la mairie de la capitale bretonne

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (22/09/2020) La maire de Nantes, Johanna Rolland, va rencontrer le 10 octobre des associations culturelles bretonnes. Au menu des discussions : une réflexion collective sur « les modalités les plus pertinentes quand à l’installation officielle du Gwenn-ha-Du ».

Brest : Fusillade entre narco-trafiquants dans l’enclave multiculturelle de Keredern

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (22/09/2020) Lundi, vers 21 h 15, plusieurs coups de feu ont été tirés dans le quartier de Keredern, à Brest. Selon nos informations, un jeune homme aurait reçu une balle dans le genou. Ce mardi matin, les riverains ne cachaient pas leur exaspération.

Ce mardi matin, au pied des tours de Keredern, à Brest, les habitants ne parlaient que de ça. Lundi soir, vers 21 h 15, plusieurs coups de feu ont été tirés rue Emmanuel-Chabrier, juste devant le numéro 9. « J’étais dans mon appartement. J’ai entendu des détonations mais je ne me suis pas inquiété plus que ça. Puis quelques minutes plus tard, j’ai vu des policiers arriver. Ils ont bloqué tout le secteur », témoigne ce riverain, qui habite à une centaine de mètres du lieu où s’est produite la fusillade.

Cette autre mère de famille, qui rentrait du travail, a vu « une grosse voiture noire surgir et foncer dans une petite voiture grise. Il y a eu ensuite des coups de feu nourris ». Impossible de dire combien. Elle a pris peur et s’est réfugiée chez elle rapidement avec ses enfants. Cet autre habitant poursuit : « Le chauffeur de la petite voiture grise est parti à fond en marche arrière jusqu’au stop. Son radiateur a alors dû exploser. En tout cas, la voiture s’est arrêtée et il est parti en courant ». Ce mardi matin, des bouts de verre encore sur la chaussée confortaient leurs dires.

Selon un autre témoin, « un jeune homme a été blessé à la jambe, au genou je crois ». Il a été pris en charge à l’hôpital de la Cavale Blanche. Tous parlent « d’une opération éclair » et disent ne pas connaître les occupants d’un des véhicules impliqués. « C’est sûr, ils venaient d’un autre quartier ».

Plus loin, des locataires d’un immeuble disent « être excédés ». «Le quartier avait retrouvé une certaine sérénité. Mais il y a ici des points de trafic de drogue très connus, comme rue Gabriel-Fauré. Et on sent que le commerce s’est intensifié ces derniers temps. Nous, on n’en peut plus. On a demandé plusieurs fois à déménager ».

Une enquête a été confiée à la Police judiciaire. Yohann Nédélec, adjoint à la tranquillité urbaine, confirme que, selon les premiers éléments recueillis, « il s’agirait bien d’une rivalité sur fond de trafic de stupéfiants ». Les protagonistes auraient été identifiés. Avec Sylvie Jestin, adjointe du quartier, ils ont prévu de se rendre sur place dans l’après-midi.

(Source : Le Télégramme)

À partir d’avant-hierBREIZ ATAO – Journal de l'Etat National Breton

La convergence Rennes/Nantes se dessine en faveur de la Réunification de la Bretagne

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (20/09/2020) Le mouvement pour la Réunification de la Bretagne prend de l’ampleur au niveau politique depuis le succès de la pétition de l’association Bretagne Réunie qui a rassemblé 105,000 signataires dans le département de Loire-Atlantique. La composante écologiste de la majorité rennaise soutient le processus.

Ouest-France (source) :

« Les écologistes et les autonomistes ont toujours été favorables à la réunification administrative de la Bretagne. Collectifs et associations, manifestations et pétitions citoyennes, les initiatives sont nombreuses, déclarent Matthieu Theurier et Valérie Faucheux, co-présidents du groupe écologiste à la Ville de Rennes, mais l’État et certains élus restent sourds à cette demande ancienne et populaire. »
Le 11 octobre, les deux élus participeront à la journée d’échanges organisée avec la nouvelle association À la bretonne. « Nous soutenons cette initiative à laquelle nous participerons, comme d’autres élus écologistes et autonomistes des cinq départements bretons. »
Ils prennent Nantes en exemple, « où la donne politique est en train de changer, avec la création d’une délégation aux affaires bretonnes. » Également le conseil régional de Bretagne, qui « semble aussi aller de l’avant en dépassant les traditionnels vœux en faveur de la réunification. »
Selon Matthieu Theurier et Valérie Faucheux, « Rennes ne peut rester en dehors de ce débat. II est primordial d’engager des coopérations en matière économique et sociale, de penser l’implication citoyenne et de construire la feuille de route de ce processus politique et démocratique. »
Là encore, ils saluent les initiatives prises à Nantes. « La nouvelle majorité nantaise va créer une instance permanente de dialogue et d’échanges entre élus pour traiter l’ensemble de ces problématiques. Dès que cela sera possible, nous y prendrons part en tant qu’écologistes, autonomistes et Rennais. »

L’association « A la bretonne ! » organise une conférence sur ce thème le 11 octobre prochain avec des élus bretons de différents partis et mouvements.

La rencontre politique du 11/10 à #Nantes s’annonce déjà historique ! 100 élus des 5 départements bretons issus de formations politiques diverses sont attendus pour échanger sur les nouveaux enjeux de la décentralisation et la démocratie régionale de demain. https://t.co/xUAk0ZG4CB

— A la bretonne ! (@alabretonne) September 18, 2020

Comme le leader politique Deng Xiaoping le disait pour expliquer l’abandon du communisme en Chine, « ce qui compte, ce n’est pas la couleur du chat mais qu’il attrape les souris ». Les nationalistes bretons doivent adopter la même attitude politique. Peu importe la couleur de la formation politique ou le courant idéologique qui soutient la Réunification de la nation bretonne, l’essentiel est d’atteindre cet objectif.

 

Révolution silencieuse : D’ici 2050, le nombre d’élèves scolarisés en breton aura été multiplié par 20

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (18/09/2020) Quand s’arrêtera la saignée des locuteurs du breton ? Dans vingt ans, trente ans ? Et à quel niveau, 100 000 bretonnants ou moins ? L’enquête sociolinguistique lancée par la Région pointe l’importance vitale de l’enseignement pour l’avenir.

Le Télégramme (source) :

Environ 207 000 locuteurs du breton (de plus de 15 ans) dans les cinq départements de la Bretagne historique : « Le résultat est inattendu. L’effet d’une nouvelle visibilité de la langue ? », s’interrogent les observateurs de l’Office public de la langue bretonne (1) à la lecture de l’enquête sociolinguistique sur les langues de Bretagne de 2018. Ce « déclaratif élevé » des personnes interrogées est-il fiable ? Pour Fulup Jakez, directeur de l’Office, il est crédible. Plusieurs enquêtes sur la pratique du breton ont eu lieu depuis les années 1970. Les résultats sont compliqués à mettre en perspective, car les panels interrogés sont à géométrie variable tant numériquement que géographiquement.
L’estimation des résultats globaux peut ainsi varier dans une même enquête. Le nombre de locuteurs pondéré au niveau Bretagne est par exemple différent de celui issu de l’addition des nombres de locuteurs pondérés par pays, car les bases sont différentes (2).
Une enquête multilangues. Pour la première fois en 2018, les cinq départements bretons ont été enquêtés sur les deux langues : breton et gallo. Il n’y avait jamais eu un nombre aussi important de personnes interrogées (8 162 enquêtes téléphoniques effectives auprès des 15 ans et plus). Pour autant, des chiffres différents ressortent des tableaux par territoire.
Les nombres de locuteurs sont en effet pondérés au niveau Bretagne, départements, pays… Ce qui aboutit à des totaux différents car la pondération peut jouer selon l’importance de la population. Cette enquête officielle commandée par le conseil régional a permis de préciser des travaux précédents. L’estimation de 207 000 locuteurs de breton a posé un problème car la précédente enquête, en 2007, donnait 206 000 locuteurs. La Bretagne aurait donc gagné des locuteurs en une dizaine d’années. Peu probable quand on connaît l’âge moyen des bretonnants et le nombre de personnes formées à l’école et en cours du soir. « Nous nous attendions, suite aux projections démographiques, à passer sous les 200 000 pour arriver à environ 180 000 », constate Fulup Jakez. En effet un autre sondage, réalisé lors du recensement Insee de 1999 par l’Institut national d’études démographiques, annonçait 263 000 locuteurs. Si l’on prend le résultat de 2007, la Bretagne aurait donc perdu 60 000 locuteurs en moins de dix ans avant de voir la courbe remonter ! « Nous pensons donc que le chiffre de 2007 était sous-évalué et que la réalité devait être à ce moment-là autour de 230 000 », conclut Fulup Jakez. La baisse du nombre de bretonnants est donc logique. Elle sera stabilisée uniquement par la progression de la formation. « Nous avons trente années très difficiles devant nous, dit Fulup Jakez. L’âge moyen du locuteur de breton est aujourd’hui de 70 ans. Même si on vit plus longtemps, nous sommes à la fin d’un processus. La question est de savoir à quel niveau cela va se stabiliser dans vingt ou trente ans, à 100 000, à 80 000 ? Cela dépendra du rythme de croissance de l’enseignement ».
L’enquête a montré que c’est la génération des 25-39 ans qui a le moins de locuteurs : 0,5 %. Car ensuite le pourcentage repart à la hausse : 1 % pour les 15-20 ans, 2,3 % pour les moins de 15 ans [sur toute la Bretagne historique, NDLR]. Le développement des filières d’enseignement (Diwan, public, catholique) a eu lieu dans les années 1980, au moment où apparaissait la génération qui allait être la plus éloignée du breton. « S’il n’y avait pas eu ce mouvement de militants, on en serait sans doute aujourd’hui à 0 % de bretonnants. Car c’est seulement quarante ans après que l’on commence à voir dans les statistiques les efforts faits à l’époque », conclut Fulup Jakez.
Aujourd’hui, s’il y a 5,5 % de la population des cinq départements qui parle breton, le pourcentage monte à 12,5 % en Basse-Bretagne, 14 % si on se limite au Finistère et jusqu’à 25 % dans le Pays Centre-Ouest-Bretagne (un pourcentage équivalent pour le gallo, 27 % dans le Pays de Loudéac).
Ces pourcentages sont à mettre en perspective avec le « désir de langue » partagé par les cinq départements. 35 % des Bretons souhaitent ou auraient souhaité parler le breton en Basse-Bretagne, 33 % en Haute-Bretagne. Cette question révèle le point de faiblesse territorial du breton. Si 31 % des personnes de Loire-Atlantique affichent ce désir de langue, c’est dans le Morbihan que le pourcentage est le plus faible (30 %). « Le Morbihan a abandonné la langue quinze à vingt ans avant la Cornouaille, le Léon et le Trégor, souligne Fulup Jakez. Dans le grand Pays de Vannes on n’a pratiquement plus de locuteurs de breton adultes ». A contrario, le pays de Rennes (10 000 locuteurs) se distingue par sa dynamique avec une population jeune et active. C’est dans les villes, Brest, Rennes, que les anciens élèves de Diwan font souche et posent les bases d’une nouvelle Société bilingue.

L’avenir de la langue bretonne au 21e siècle

Actuellement, le nombre d’élèves apprenant la langue bretonne augmente de 7% par an en moyenne. S’ils étaient environ 5,000 en 2000, ils sont près de 20,000 en 2020 soit une augmentation de 400% en 20 ans.

Il est difficile d’anticiper l’avenir mais si le rythme de croissance se maintient à un niveau de 5% par an (il est de 7% actuellement), le nombre d’enfants scolarisés dans une filière brittophone (Div Yezh, Dihun, Diwan) atteindrait 32,000 élèves en 2030, 53,000 élèves en 2040 et 86,000 en 2050 (sur un total de + ou – 600,000 élèves).

En d’autres termes, en dépit de la grande fragilité actuelle de la langue bretonne, la transmission a franchi le cap critique des années 1980 où celle-ci ne concernait plus que 0,5% des enfants en Bretagne (à 5 départements) pour s’établir en 2020 à 2,3%. Si le rythme de 5% par an est maintenu, le nombre d’élèves scolarisés en breton pourrait atteindre 15% en 2050 pour l’ensemble de la Bretagne. Il faut cependant nuancer ce chiffre et rappeler que l’enseignement du breton se situera à des niveaux bien supérieurs dans la partie occidentale et historiquement bretonnante de la péninsule.

D’ici la moitié du siècle, l’actuel département du Finistère pourrait ainsi scolariser en langue bretonne près 40,000 élèves sur un total de 120,000 à 130,000 enfants contre 9,000 actuellement. Au Pays de Galles où la politique linguistique est dirigée par un gouvernement national gallois autonome, le nombre d’enfants scolarisés en gallois atteint aujourd’hui 25%, dont 16% en immersion. Ils seront 40% en 2040. La Bretagne accuse donc un retard de trois à quatre décennies sur sa nation sœur.

Très étroitement lié au mouvement générationnel, l’effet exponentiel du militantisme linguistique ne deviendra manifeste que 50 ans après le début de la construction de filières scolaires en langue bretonne, c’est-à-dire d’ici une dizaine d’années. Un effet d’entraînement a lieu d’une décennie à l’autre : plus il y a d’élèves brittophones, plus il y a de professeurs de langue bretonne pour structurer et encadrer l’expansion du système.

Les conséquences politiques de l’éveil linguistique

La masse entraînant la masse, la langue bretonne redeviendra un mouvement social et culturel majeur dans la seconde moitié du 21e siècle en Bretagne et concernera essentiellement la jeunesse, c’est-à-dire l’exact inverse de la situation actuelle. Mieux encore, les brittophones, en plus d’être jeunes, seront lettrés dans leur langue contrairement aux générations du 19e et 20e siècles. Une partie croissante des futures élites du pays parleront breton,  dissociant historiquement la langue bretonne des populations paysannes analphabètes et socialement « arriérées » de jadis. La langue bretonne ne sera plus la langue « des vieux et des ploucs » mais d’une jeunesse diplômée et socialement ascendante. Avec ce renversement social, le nombre de brittophones influents s’accroîtra et sous l’effet de cette influence, la politique linguistique sera de plus en plus affirmée. C’est une leçon historique de grande ampleur qui vaut également pour le domaine politique. Il va sans dire que des jeunes Bretons lettrés en langue bretonne auront une conscience ethno-nationale beaucoup plus affirmée que la « génération du rejet » que furent les Bretons du Baby Boom qui aspiraient à s’élever socialement en se francisant comme les y encourageait le régime républicain. Le comportement politique des nouvelles générations marqué par la désillusion vis-à-vis d’une France en voie de relégation et d’une capitale, Paris, suscitant la répulsion, évoluera vers un autonomisme de plus en plus marqué.

L’observateur attentif perçoit déjà les signes de cette tectonique des plaques identitaires. En 2013, tous les milieux sociaux ont convergé avec un seul drapeau : le Gwenn ha Du de Breiz Atao. Victoire historique sur les drapeaux tricolore et rouge.

La route est encore longue vers l’avènement de l’état national breton mais le pire, en termes de répression étatique est passé. L’Etat Français, en détruisant 99,5% de la transmission linguistique, a échoué de très peu à éradiquer la langue bretonne. Cet exemple démontre qu’une petite minorité d’activistes surmobilisés peut inverser les conséquences d’une politique ethnocidaire si elle sait se doter d’une stratégie et de moyens dans la longue durée.

Pour l’heure, outre le combat linguistique, la lutte pour l’intégrité territoriale de la nation bretonne se situe au sommet des priorités stratégiques de l’Emsav. Nous voyons un alignement se préciser et cet alignement doit être interprété à la lumière des mutations évoqués plus haut. Cycliquement, l’année 2021 doit marquer un moment important pour l’Emsav. C’est l’année des élections régionales et tout indique qu’elles impacteront profondément l’évolution politique bretonne. Reste à savoir comment.

Pour Nicolas Mollé, journaliste parisien du média de gauche « Les Inrocks », la culture bretonne rend les Bretons « fascistes »

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (19/09/2020) Un journaliste parisien du média de gauche « Les Inrocks » s’en est violemment pris au peuple breton sur le réseau social Twitter, les dénonçant en bloc comme politiquement suspects en raison de ce qu’ils sont.

Vu les penchants identitaires très prononcés chez les Bretons et leur goût du folklore jusqu’à l’excès, cela n’a vraiment rien de surprenant https://t.co/MCer7q3xR0

— Nicolas Mollé (@N_Molle) September 19, 2020

Les Bretons frappés de suspicion par les élites parisiennes

Résumons le lien logique établi par Nicolas Mollé entre « les Bretons », pris comme totalité indistincte, et leur comportement politique supposé : le vote en faveur du RN.

En premier lieu, la réaction de Nicolas Mollé concerne un « sondage secret » sur les intentions de vote en Bretagne en vue des élections régionales de 2021. C’est-à-dire, à ce stade, ce qui n’est qu’une rumeur à propos d’une étude d’opinion sujette à caution. Que dit cette rumeur ? Qu’un peu plus de 20% des électeurs bretons pourraient voter pour le Rassemblement National, le plaçant possiblement en tête au premier tour l’année prochaine.

En soi, est-ce une originalité ? Si cette rumeur se confirmait dans les urnes, ce qui reste à démontrer, elle ne ferait pas de la Bretagne une exception. Lors des élections européennes de 2019, la France entière a placé le RN en tête au premier tour.

Lors des mêmes élections européennes, la Bretagne (administrative) plaçait le parti centriste LREM en tête, loin devant le RN qui n’est pas, est-ce nécessaire de le rappeler, un parti breton mais un parti dont le siège est situé dans la région parisienne. En Bretagne, le parti écologiste talonnait quant à lui le RN.

Ainsi donc, au regard des dernières élections, non seulement les Bretons ne « survotent » pas pour le parti de Marine Le Pen mais, a contrario, sous-vote pour le parti lepéniste. Mais quand bien même ce ne serait pas le cas, un peu plus de 20% d’une population ne sont pas, par définition, l’intégralité de cette population. Ce sont 80% de Bretons qui ont des orientations politiques différentes, c’est-à-dire une écrasante majorité.

Outre que ne se vérifie pas le lien de cause à effet indistinct et déterministe qu’établit Nicolas Mollé entre « les Bretons », leur culture et le vote RN, c’est exactement l’inverse que l’on constate : les Bretons votent constamment moins que les électeurs français pour le parti du nationalisme français.

Marginalisés dans les faits, les Bretons dépeints en oppresseurs par la bourgeoisie parisienne dominante

Cette défiance des électeurs bretons vis-à-vis du RN français est d’autant moins surprenante que, loin de défendre et d’exalter la culture bretonne, le Rassemblement National a constamment attaqué cette dernière par la voix de sa présidente. Elle est ainsi la seule figure politique française d’ampleur nationale à vouloir interdire le bilinguisme auquel une immense majorité de Bretons sont attachés (lire ici).

La partie la plus bretonnante de Bretagne est aussi la plus pauvre. Pour Nicolas Mollé, elle est au contraire « dominante » et « oppressante ».

Il s’agit-là d’une constante historique du nationalisme français envers la Bretagne depuis l’Abbé Grégoire, attitude poursuivie par le RN qui est ignorée voire niée par Nicolas Mollé qui présente la Bretagne comme structurellement compatible avec le vote RN quand le parti de Marine Le Pen professe une attitude radicalement hostile à la culture bretonne. Nicolas Mollé peut ainsi faire passer la victime d’une oppression historique et systémique – les Bretons et leur culture historiquement ostracisée par l’Etat Français – pour coupable d’oppression par procuration via le vote préférentiel que Mollé prête aux électeurs bretons en faveur du RN. Vote préférentiel qui n’existe tout simplement pas.

Le « folklore » dénoncé par Mollé comme « dominant » et « oppressant » n’est rien d’autre que la culture populaire qui résiste à l’impérialisme culturel de la bourgeoise parisienne. Il est par définition volonté d’émancipation anti-coloniale.

Grâce à cette inversion de la réalité historique et politique, la minorité bretonne, marginale démographiquement et politiquement dans l’ensemble politique français, est opportunément présentée par Mollé comme un groupe d’où surgit l’oppression politique. Comme si la France pouvait être oppressée politiquement par la Bretagne.

Relents coloniaux politiquement admis

Ces déclarations du journaliste Nicolas Mollé ne disent pas tant quelque chose sur les Bretons que sur les journalistes parisiens et leurs préjugés culturels à l’égard des minorités nationales de l’Hexagone. Ces préjugés s’expliquent aisément : il s’agit-là de l’antique suspicion de la bourgeoisie parisienne, héritée de 1793, qui tient depuis cette époque la Bretagne pour un pays politiquement douteux en raison du sentiment monarchiste et catholique qui prévalaient à l’époque dans la province. Défiance encore renforcée par le fait qu’une partie importante de la Bretagne ne parlait pas français, c’est-à-dire, pour reprendre le mot de l’Abbé Grégoire, que « la superstition parle bas-breton ».

Comme les élites parisiennes de l’époque révolutionnaire, celles d’aujourd’hui expliquent par un déterminisme ethnique et culturel une attitude politique supposée qui, comme on l’a vu, n’a aucune réalité électorale par ailleurs. Dans les faits, la Bretagne est devenue une des terres les plus « progressistes » politiquement, renversant ainsi toutes les certitudes établies jusqu’à une date pas si lointaine.

Pour de « gauche » que se dise Nicolas Mollé, celui-ci a recours à une grille d’analyse déterministe qui essentialise un groupe et réduit son attitude politique à ce qu’il est culturellement. Dénigrer collectivement ce groupe devient ainsi une marque de « progressisme » et non plus de racisme pour peu que l’on appartienne à la part de la bourgeoisie de gauche parisienne en position de domination.

Pour Nicolas Mollé, si les Bretons « votent mal » c’est parce qu’ils ont une « identité » collective qui s’exprime par un « folklore ». Si l’on suit un tel raisonnement, faut-il soupçonner politiquement les « Arabes », les « Juifs », les « Noirs », les « Roms », les « Chinois », les « Musulmans ? Si l’on s’en tient aux déclarations de Nicolas Mollé, oui.

On voit ici que la gauche parisienne reste profondément nationaliste et continue d’assimiler suprématie de la culture et de la langue françaises à l’eschatologie du progrès, poursuivant en cela la tradition de la gauche colonialiste telle que portée par Jules Ferry. Une posture partagée par la droite française la plus dure, comme en témoigne le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar à propos de l’Afrique « qui n’était pas suffisamment rentrée dans l’histoire » (lire ici). Si ce discours paternaliste n’est plus audible hors de France, la bourgeoisie de gauche parisienne continue de le tenir toute honte bue à l’égard des minorités nationales de l’Hexagone.

Impunité héritée et hiérarchisme ethnique « progressiste »

L’image des Bretons véhiculée par la bourgeoisie parisienne reste profondément marquée par le mépris ethnique et social. Bécassine reste d’actualité.

Pourquoi un journaliste d’un média de gauche parisien connu pour son antiracisme militant peut-il recourir à une telle grille de lecture à propos des Bretons quand une attitude similaire à l’égard d’un autre groupe entraînerait son licenciement immédiat ? La réponse est évidente : l’objet de cette grille de lecture – les Bretons – ne présente aucun danger politique car il n’appartient pas aux catégories habituelles de l’antiracisme de la gauche bourgeoise parisienne que sont les Roms, les Noirs, les Maghrébins ou les Juifs, par exemple.

Il existe une impunité héritée de l’ère révolutionnaire, sédimentée au 19e siècle lors de l’exacerbation du nationalisme français, qui fait encore croire à certains segments de la bourgeoisie parisienne que les discriminations, si elles sont suffisamment anciennes, ont acquis une sorte de légitimité grâce aux siècles et au poids des habitudes. Au fond, pense cette bourgeoisie, il est légitime et même vertueux de dénigrer collectivement ce qu’elle identifie comme des « Blancs de seconde zone ». La haine ethnique, si elle vise un peuple d’Europe, est toujours permise aux yeux de nombreuses élites parisiennes.

Ce racisme se légitime et se satisfait de lui-même, dissimulant son mépris de race sous un vernis de mépris de classe. Cette bourgeoisie parisienne a la certitude d’incarner le progrès, partant elle se croit fondée à frapper d’interdit tous ceux qu’elle pense pouvoir mépriser impunément, pour peu qu’ils soient en situation d’infériorité sociale, donc inoffensive politiquement. Comme les Bretons. Ce que l’on peut appeler le « hiérarchisme ethnique sous vernis progressiste » d’une classe parisienne qui entend préserver sa domination politique, géographique, sociale et culturelle en délégitimant les groupes dominés. Ce « droit raciste » d’accuser les autres de racisme sans craindre d’en être soi-même l’objet reste un privilège de l’élite dominante parisienne pour revendiquer la légitimité morale de sa domination politique sur un groupe ethnique subjugué comme l’est le peuple breton.

« J’ai le droit de te dominer, car je suis de gauche donc civilisé » est le slogan de cette bourgeoisie parisienne qui pense être la mesure de toute chose et fait passer son impérialisme politico-culturel pour de l’universalisme.

L’histoire a cependant prouvé que de tels réflexes, aussi ancrés soient-ils, peuvent être finalement contestés et proscrits quand un groupe qui en subit les effets décide finalement de lutter pour sa dignité. Il est temps que les Bretons s’affirment quand leur dignité est visée par un système qui les méprise depuis trop longtemps.

Régionales 2021 : Avec un RN donné en tête dès le 1er tour en Bretagne, le président socialiste Chesnais-Girard doit choisir entre LREM et écolo-régionalistes

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (19/09/2020) L’éclatement du paysage politique se confirme en Bretagne. D’après un sondage secret commandé par LREM en vue des élections régionales de 2021, le clivage « gauche/droite » s’effondre avec l’affaiblissement systémique du Parti Socialiste et des Républicains. La domination sans partage du Parti Socialiste en Bretagne est révolue.

Le Télégramme (source) :

C’est sans doute l’un des secrets actuellement les mieux gardés de la Macronie. De l’Assemblée nationale au Conseil régional de Bretagne en passant par l’Élysée, peu de personnes ont eu accès au dossier. Et parmi les rares l’ayant approché, ils sont encore moins nombreux à avoir pu obtenir la totalité des chiffres. Selon nos informations, La République en Marche a commandé dans le plus grand secret un sondage sur les intentions de vote des Bretons pour les prochaines élections régionales. Un scrutin prévu partout en France en mars prochain, en même temps que les Départementales. Et les résultats ont de quoi faire trembler dans les états-majors… jusqu’au sommet de la Région.
Toujours selon des informations du Télégramme, le Rassemblement national de Gilles Pennelle, actuel chef de file du parti de Marine Le Pen dans la péninsule bretonne, arrive ainsi en tête de cette enquête avec un score dépassant les 20 %. Juste derrière : LREM et EELV qui, selon plusieurs sources, se situeraient entre 17 et 20 %. Coup de massue pour Loïg Chesnais-Girard : l’actuel président de Région, candidat non encore officiellement déclaré mais déjà lancé dans une campagne qui ne dit pas son nom, arriverait à six points derrière le RN avec l’étiquette du Parti socialiste. Un sacré coup sur la tête du patron de l’exécutif et de sa majorité, comme sur celle du LR Marc Le Fur, candidat probable de la droite, qui obtiendrait le même score.

Pour mémoire, Le Drian avait été réélu en 2015 avec 51% des voix sous la bannière du PS. Il avait recueilli 35% des voix dès le premier tour. Son successeur socialiste à la tête de la présidence de région, tout comme Marc Le Fur pour LR, avec un score inférieur à 20%, subit l’effacement progressif du clivage « gauche/droite ».

Pour rester chef de l’exécutif régional, l’actuel président socialiste Chesnais-Girard doit former une alliance avec les écologistes ou avec les macronistes. Mais encore doit-il arriver en tête au premier tour des élections régionales ou, à défaut, être le second après le RN, si ce dernier arrive en tête, pour s’imposer comme leader naturel lors de la fusion des listes au second tour.

Compte tenu de l’influence des réseaux de Le Drian au sein de l’appareil socialiste au plan régional, Chesnais-Girard sera mis sous pression pour opter pour une alliance avec LREM dès le premier tour. Mais, au niveau hexagonal, le Parti Socialiste est actuellement en négociations avec EELV pour former une alliance « rose/verte » anti-macroniste en vue des élections régionales puis des élections présidentielles de 2022. Loïg Chesnais-Girard subit donc l’aimantation de deux pôles antagonistes : les écologistes d’un côté, les macronistes de l’autre.

Pour le moment, Chesnais-Girard opte pour une candidature autonome dès le premier tour aux côtés de conseillers indépendants comme Paul Molac (autonomiste) et Christian Troadec (régionaliste), sans EELV ni LREM. Une stratégie à risque avec une probable troisième ou quatrième place le soir du premier tour.

Si l’on en juge par les situations brestoise, rennaise et nantaise, où l’alliance socialistes/écologistes a assuré la réélection des maires PS, la poursuite de cette stratégie au niveau de la Bretagne est la plus cohérente pour Chesnais-Girard. Mais en Bretagne, s’allier avec les écologistes, c’est se priver du soutien du secteur agro-alimentaire et de ses puissants relais. Ce qui bénéficierait au candidat LREM, si aucune alliance n’est forgée dès avant le premier tour. Jean-Yves Le Drian, mentor de Chesnais-Girard, a toujours pris soin d’entretenir des liens étroits avec le lobby agro-alimentaire, ce que ne peut pas perdre de vue son successeur.

Une alliance LREM/LR au second tour ?

Si LREM confirme une candidature faute d’alliance dès le premier tour avec le socialiste Chesnais-Girard, nous pourrions assister à une fusion des listes LREM/LR avec le ralliement au parti macroniste de Marc Le Fur lors de l’entre deux tours. Ce scénario, qui n’est pas évoqué actuellement, serait en mesure d’offrir le Conseil Régional à une majorité LREM.

Quoique LREM préfère s’appuyer sur le réseau d’élus socialistes et « verrouiller » son aile gauche, un refus de Loïg Chesnais-Girard pourrait précipiter une telle évolution. Il pourrait donc y avoir un second tour où s’affronteraient une liste RN, une liste PS/écologistes et une liste LREM/LR. La liste qui arriverait en tête s’emparerait alors de la Région tout en étant nettement minoritaire.

D’entre toutes ces listes, une liste PS/écologistes où l’élément écolo-régionaliste pèserait autant que l’élément PS serait la moins « nocive » sur des sujets d’importance comme la question linguistique. Un tel rééquilibrage au profit des écologistes et au détriment d’un PS très affaibli contraindrait ce dernier à l’humilité.

Quoi qu’il en soit, l’ère de l’hégémonie socialiste portée par Jean-Yves Le Drian depuis 2004 touche à sa fin.

 

Brezhoneg : « Holladelouriezh » (Yann Ber Tillenon)

Par La Rédaction

BREIZATAO – BREZHONEG (17/09/2020) Petra eo « holladelouriezh » nemet ar santad hiniennel da kemer perzh en un hollad… Neb a nac’h bezañ en e berzh ne nac’h ket kemer e berzh. Emouez ar gemer perzh en un hollad a glot gant an degemer savboent an hanvoud ha neket e rannigoù. Ar sell holladelour taolet war vonedigezh ar bed a laka an hinienn d’ur gellig a ya d’ober meur a gorf : koublad, tiegezh, kumuniezh, pobl, broad, denelezh… Gant ma vo meizet pep strollad diwar al liammoù a c’hoarvez ennañ, etre tud etredalc’het a ya d’ober ur c’hevread ha neket ur sammad a hiniennoù !

Caradoc Freichfras, figure mythique de la civilisation bretonne

Par La Rédaction

BREIZATAO – KELTOURIEZH (17/09/2020) Bien que le nom de « Caradoc » sous ses diverses formes soit courant au Pays de Galles au Moyen Âge (« Caradec »), il est probable que plusieurs des mentions qu’en font les généalogies et les hagiographies galloises (telles que La Vie de saint Tathée) désignent la même personne. En raison du nombre d’occurrences du nom, il existe une grande confusion quant à l’identité de Caradoc, tant du point de vue historique que littéraire. Il a pu être confondu avec le héros breton Caratacos, Cerdic de Wessex et nombre d’autres « Caradoc » qui ont vécu en des temps moins reculés de l’histoire bretonne. Sa généalogie varie selon les textes : dans les Mabinogion il est appelé plusieurs fois fils de Llyr Marini, tandis qu’une légende de Bretagne continentale identifie un « Caradoc l’Ancien », ajoutant encore à la confusion.

Le Roi Caradoc en tunique bleue

Certains auteurs font de Caradoc Freichfras un possible personnage historique, également appelé Caradoc ap Gwrgan Mawr, qui aurait régné sur le royaume d’Ergyng dans le Gwent autour d’Hereford vers le VIe siècle, depuis Caerwent, l’ancienne cité romaine de Venta Silurum.

Le royaume de Gwent, au Sud-Est du Pays de Galles

Ils voient dans son nom une réminiscence de celui de Caratacos, ce qui impliquerait une continuité de tradition depuis la culture pré-romaine des Silures, sur le territoire qui est aujourd’hui celui du Sud-Est du Pays Galles ; hypothèse que suggèrent aussi d’autres indices. Caradoc est cité aussi dans la vie de saint Paterne de Vannes.

Guerrier breton, 5e siècle

Il apparaît dans les Triades galloises et y est décrit comme un des chefs âgés qui entourent Arthur à Celliwig (Cornouailles) et comme l’un des trois chevaliers de l’île de Bretagne. Son cheval porte le nom de Luagor (« fendeur d’hôte »). Son épouse, Tegau Eurfron (« poitrine d’or ») est aussi évoquée dans les triades comme l’une des trois superbes jeunes filles qui évoluent à la cour d’Arthur. Le grand amour qui unit Caradoc à son épouse est considéré comme l’un des trois liens supérieurs de Bretagne. Cette tradition pourrait être issue d’un roman français du 12e siècle (voir ci-dessous). Selon les légendes arthuriennes, Caradoc était membre de la Table Ronde à l’époque d’Uther Pendragon, mais, lorsque Arthur s’empara du pouvoir, il se rebella en s’alliant à d’autres rois. Il finit par se réconcilier avec le jeune roi et devint un de ses plus fidèles alliés.

Il se nomme Karadawc Vreichbras dans le conte Culhwch ac Olwen, Caradué Briébraz dans Érec et Énide, ou encore Caradus au court Bras dans le Roman de Jaufré. Le personnage de Caradoc apparaît également dans L’Âtre Périlleux et dans Humbaut.

Caradoc apparaît fréquemment dans la littérature arthurienne et en est même parfois le personnage principal, comme dans la Vie de Caradoc (ou Livre de Caradoc) incluse dans le premier cycle (première suite anonyme) de Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal. L’histoire, probablement inspirée de la tradition celtique, semble avoir pour but d’expliquer la raison pour laquelle Caradoc reçut son surnom de « Bras-fort » : Caradoc l’Ancien épouse la belle Ysave, mais celle-ci est promptement séduite par un enchanteur du nom d’Eliavres. Celui-ci jette un sort à Caradoc dont l’effet l’amène à confondre son épouse avec divers animaux de ferme, tandis que le sorcier s’emploie à concevoir un fils. Caradoc l’Ancien donne à l’enfant son propre nom et le garçon devient un jeune et talentueux nobliau. Caradoc le Jeune part pour la cour d’Arthur et devient chevalier de la Table-Ronde comme son père.

Peu après, Eliavres pénètre dans la salle et demande à se livrer à un essai de décapitation (un motif celtique l’évoque dans le Festin de Bricriu (« Fled Bricrend »), écrit en vieil irlandais, et dans Sir Gawain et le chevalier vert, écrit en anglais médiéval). Il demande à un chevalier de lui couper la tête, sa seule condition étant que, s’il y survit, il prendra la tête du chevalier en échange. Caradoc relève le défi et, en homme d’honneur, offre sa nuque à la lame du sorcier qui a réussi à remettre sa propre tête en place. Eliavres refuse de tuer le jeune Caradoc, mais il lui révèle qu’il est son père.

Caradoc le Jeune est fort logiquement peiné d’apprendre cette nouvelle. Il s’embarque pour de nombreuses aventures chevaleresques, au cours desquelles il rencontre notamment son meilleur ami, le seigneur Cador, en voyage avec sa sœur Guinier. De retour dans son royaume, il révèle le cocuage de son père, et les deux Caradoc, l’Ancien et le Jeune, mettent au point une vengeance humiliante à l’encontre d’Eliavres par le moyen de plusieurs animaux de ferme. L’offenseur est enfermé loin de sa maîtresse Ysave.

Tout va bien jusqu’à ce que le sorcier tente de s’évader. Alors que Caradoc le Jeune essaie de l’arrêter, Eliavres ordonne à un serpent de s’enrouler autour du bras de Caradoc qui se brise et lui retire son énergie vitale. Cador et Guinier passant par là trouvent le moyen d’enlever le serpent du bras de Caradoc. Ce dernier doit s’asseoir dans un bac à vinaigre tandis que Guinier s’assoit dans une cuve de lait en prenant soin d’exhiber ses seins. Le serpent, que l’odeur du vinaigre rebute, s’enfuit en direction de Guinier, mais Cador le tue de son épée. Malheureusement, ce faisant, il coupe aussi le mamelon de Guinier (qui sera plus tard remplacé par un mamelon en or). Bien que Caradoc soit libéré, son bras demeurera définitivement meurtri, d’où son surnom de « Bras-Court ». Guinier et Caradoc se marient et, après avoir passé le traditionnel test de fidélité (au cours duquel les fiancés doivent boire dans une corne), tous deux mènent une vie heureuse.

On trouve ce conte dans les trois versions du Premier Cycle ainsi que dans l’un des romans de Renart, quoique sous une forme abrégée. Bien qu’il n’apparaisse pas avant la dernière décennie du 13e siècle, il est très probable qu’il soit inspiré d’une version galloise, car on trouve des allusions à ce conte dans les Triades galloises. Les Triades évoquent la femme de Caradoc, Tegau, pour son amour et sa fidélité, et son surnom d’Eurfon (Poitrine-d’Or) convient tout à fait à la Guinier de la Vie de Caradoc. De plus, on y évoque le manteau utilisé lors du test de fidélité. Dans les contes, ce manteau remplace souvent la corne dans laquelle on boit lors des tests de chasteté.

Rennes : Fusillade dans la zone allogène de Maurepas, un blessé par balle

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (16/09/2020) Une nouvelle fusillade a éclaté dans l’enclave afro-musulmane de Maurepas, dans la région rennaise. Il y a au moins un blessé.

Ouest-France (source) :

Un coup de feu a retenti, ce mercredi 16 septembre, dans le quartier de Maurepas, à Rennes. Un homme a été retrouvé blessé par balle à la jambe, devant l’immeuble du 8, allée de Maurepas.
Vraisemblablement touché plus loin dans le quartier, il se serait traîné jusqu’à cet immeuble, situé près du centre commercial du Gros-Chêne, où logerait son frère. « Il parlait beaucoup à l’arrivée des ambulances et de la police », témoigne une maman, riveraine, qui emmenait ses enfants à l’école.
La victime a été prise en charge par les pompiers et transportée à Pontchaillou. Le ou les agresseurs ont pris la fuite. L’enquête a été confiée à la police judiciaire.

Les règlements de comptes entre gangs ethniques pour le contrôle du narco-trafic sont désormais monnaie courante dans les grandes villes bretonnes, qu’il s’agisse de Naoned (Nantes), Roazhon (Rennes) ou Brest.

 

Irlande : La Nouvelle IRA reçoit des livraisons d’armes grâce l’Iran

Par La Rédaction

BREIZATAO – ETREBROADEL (16/09/2020) Le Hezbollah aurait fourni des armes et de l’argent à la Nouvelle IRA [Irish Republican Army, NDLR], selon un agent britannique infiltré pendant plus de 20 ans au sein du groupuscule armé issu de l’Armée républicaine irlandaise, actif en Irlande du Nord, ont rapporté plusieurs médias britanniques.

Selon l’ancien agent Denis McFadden, aujourd’hui sous protection de témoin après son opération d’infiltration qui a permis l’arrestation de 10 personnes en Irlande du Nord pour terrorisme, les liens entre la Nouvelle IRA et le Hezbollah datent de 2017. Selon lui, des membres du groupuscule se sont rendus au Liban en 2018 pour rencontrer des représentants du parti chiite. Selon les services secrets britanniques, c’est à ce moment-là que la Nouvelle IRA s’est procurée des armes.

L’aile politique de la Nouvelle IRA, Saoradh, est un soutien de longue date de l’Iran, le parrain du Hezbollah. Après la mort du général iranien Kassem Soleimani, des membres de Saoradh ont signé un livre de condoléances à l’ambassade d’Iran à Dublin.

(Source : L’Orient-le-Jour)

Photo de la Bretagne immémoriale : Sonneurs à Bieuzy-les-Eaux

Par La Rédaction

BREIZATAO – ISTOR (14/09/2020) Sonneurs à Bieuzy-les-Eaux. Devant le calvaire de Castennec, un couple de sonneurs : Mathurin Le Dantec au biniou et Joseph Le Strat à la bombarde, tous deux de Pluméliau.

Carhaix : l’opportuniste Christian Troadec appelle à rallier le Parti Socialiste pour les élections sénatoriales

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (13/09/2020) Fidèle à son opportunisme, le maire de Karaez (Carhaix) Christian Troadec s’est rallié au Parti Socialiste à la faveur des élections sénatoriales françaises. Une arnaque bien rodée.

Le Télégramme (source) :

Dans un communiqué, Christian Troadec, maire de Carhaix, président de Poher communauté et conseiller départemental, invite les délégués des conseils municipaux qui se reconnaissent dans les valeurs de « Pour la Bretagne » à voter pour la liste de gauche conduite par Jean-Luc Fichet aux sénatoriales.
« Les propositions résolument décentralisatrices, les engagements pour accroître les prérogatives des pouvoirs locaux et l’attachement de la liste au fait régional permettent de créer une dynamique de rassemblement de la gauche appelée à se poursuivre à l’occasion des prochaines échéances électorales : régionales, départementales, législatives… Le Finistère et la Bretagne n’ont rien à attendre de la réélection des sénateurs de droite et la division de la gauche s’effectue toujours à son propre détriment.
La France est largement jacobine, nous la voulons amplement régionaliste et fédérale.
Le succès de la liste de gauche conduite par Jean-Luc Fichet sera un nouveau pas dans cette direction », écrit Christian Troadec.

Le bavardage « régionaliste » de Troadec doit être pris pour ce qu’il est : du bavardage régionaliste destiné à berner l’électorat patriotique breton. Jouant sur tous les tableaux, le pourceau du Kreiz Breizh n’a jamais raté une occasion de servir de rabatteur pour les partis de gauche hexagonaux au nom de l’imposture du clivage « droite/gauche » français.

Seul un front breton articulant ses positions non pas sur un affrontement « droite/gauche » mais « Bretagne/Paris » sera capable d’apporter les changements fondamentaux dont la nation bretonne a besoin. L’épicerie fine des notables « régionalistes » ne doit pas tromper l’Emsav.

Langue bretonne : 26 nouvelles filières ouvertes en Bretagne historique, un record !

Par La Rédaction

BREIZATAO – BREZHONEG (12/09/2020) Malgré des conditions de préparation très particulières liées à la crise sanitaire de la COVID-19 et au confinement du printemps qui a grandement perturbé la diffusion de l’information au sein des familles par les équipes de l’Office Public de Langue Bretonne, la rentrée 2020 confirme la dynamique de l’enseignement bilingue breton-français en pleine expansion.

Pour la première fois, la barre des 20 nouvelles ouvertures est franchie dans le premier degré, toutes filières confondues. Ces nouveaux sites se répartissent sur les 2 académies et les 5 départements.

Concrètement, 18 nouveaux sites ouvrent en région Bretagne et 2 en Loire-Atlantique

Dans l’Académie de Rennes

Diwan ouvre une troisième école à Quimper.

L’enseignement public ouvre 11 nouvelles filières. Dans le Finistère, l’Education nationale élargit son offre aux communes suivantes : Rosporden, RPI de La Feuillée/Brennilis/Loqueffret, Brest (5ème site public) et Plourin-lès-Morlaix. Dans le Morbihan, 2 nouvelles filières ouvrent à Lauzach et Ploemeur (2ème site public). Dans les Côtes-d’Armor, le public ouvre à Ploubezre et à Prat dans le Trégor. Enfin 3 nouvelles filières voient le jour en Ille-et-Vilaine à Rennes (5ème site public), Vitré et Pleurtuit. Dans la mesure où 19 ouvertures étaient inscrites à la carte académique des pôles l’on peut regretter que seuls 11 nouveaux sites publics aient finalement été validés en cette rentrée dans l’Académie de Rennes alors que 15 avaient ouvert l’année dernière. Il s’agira de rester vigilant pour maintenir un bon niveau d’ouvertures si l’on souhaite voir se développer véritablement le nombre d’enfants bilingues et espérer ainsi stabiliser dans le futur le nombre de locuteurs de breton.

Il faut saluer en cette rentrée le travail de l’enseignement catholique qui ouvre 6 nouvelles filières dans le premier degré à Plouedern et Trégunc dans le Finistère, à Plerin dans les Côtes-d’Armor, à Mordelles en Ille-et-Vilaine et à Monterblanc et Kervignac en Morbihan. Cela faisait 15 ans que l’enseignement catholique n’avait pas ouvert autant de nouvelles filières à l’occasion d’une seule rentrée scolaire.

Dans l’Académie de Nantes

L’Education « Nationale » ouvre 2 nouvelles filières à Nantes (3ème site public) et à Saint-Nazaire où seul Diwan était présent depuis 29 ans. Dans le département de Loire-Atlantique, jamais l’Education Nationale n’avait ouvert 2 nouveaux sites publics en une seule rentrée. Après l’ouverture d’une filière à Blain l’année dernière, c’est également la première fois que des sites publics ouvrent dans ce département deux années consécutives. Cette inflexion est remarquable. Elle est clairement le fruit du travail de l’OPLB sur le terrain auprès de l’ensemble des acteurs, travail de fond qu’il faudra poursuivre et approfondir encore dans les années qui viennent dans cette académie qui ne compte toujours pas de plan de développement de l’enseignement bilingue.

Toutes ces ouvertures confirment la forte dynamique de croissance de l’enseignement bilingue breton-français avec un réseau d’écoles de plus en plus dense (dans le Finistère par exemple il ne reste plus que 2 communes de plus de 5000 habitants sans aucune offre d’enseignement bilingue : Penmarc’h et Plouigneau) et un intérêt toujours plus prononcé des familles pour l’apprentissage du breton.

Le Second Degré se développe également

Les filières bilingues continuent aussi de se structurer dans le second degré.

La grande nouvelle de la rentrée est l’ouverture d’un deuxième lycée Diwan à Vannes, résultat de plusieurs années de travail du réseau Diwan avec le soutien des collectivités bretonnes.

Pour sa part l’éducation nationale ouvre une nouvelle filière au collège de Callac (22).

Enfin l’enseignement catholique renforce également son réseau en ouvrant 4 nouvelles filières. D’abord en collège à Fouesnant et Carhaix dans le Finistère ainsi qu’à Vitré[1] en Ille-et-Vilaine mais aussi au lycée de Sainte-Anne d’Auray dans le Morbihan.

En tout, entre les deux académies, ce sont donc 26 nouvelles filières qui voient le jour en cette rentrée (20 dans le premier degré et 6 dans le second).

(Source : Office Publique de la Langue Bretonne)

Nantes : un réfugié ivoirien arrêté pour trafic d’héroïne

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (12/09/2020) Mercredi 9 septembre, un homme de 34 ans, de nationalité ivoirienne, a été contrôlé par la police à sa descente de train à la gare de Nantes. Il était en possession de 800 g d’héroïne, de 150 g de cocaïne et de 850 € en liquide. Il revenait de Rotterdam, aux Pays-Bas.

Le suspect, dont le casier judiciaire était vierge, a été condamné ce vendredi pour trafic de stupéfiants à 30 mois de prison dont 6 avec sursis et a été placé sous mandat de dépôt. Comme peine complémentaire, il a été condamné à 5 ans d’interdiction du territoire français. Le Justice lui reprochait d’avoir importé de la drogue depuis un an.

Dimanche, déjà, un jeune homme de 18 ans avait été interpellé par les douaniers en gare de Nantes avec 4,5 kg de cannabis. Le lycéen a été condamné jeudi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel à une peine de deux ans de prison, dont une année avec sursis. Une peine aménageable avec un bracelet électronique.

(Source : Ouest-France)

« Le Quimpérois » (Auguste-Denis Goy)

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (02/09/2020) Auguste-Denis Goy, dit Auguste Goy, né le 7 février 1812 à Melun et mort à Quimper le 15 juillet 1875, est un peintre français. Auguste Goy est un élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres pendant quelques mois en 1834, mais faute de ressources, il ne peut suivre celui-ci à Rome alors qu’il le lui propose. Portraitiste à Paris puis paysagiste, il illustre un livre sur la Creuse et séjourne ensuite en Angleterre jusqu’en 1845.

En 1847, Auguste Goy se fixe à Quimper où, à partir de 1861, il est professeur de dessin au collège de la ville. La bourgeoisie locale lui commande des portraits. Il vit très isolé, ne fréquentant pas du tout les milieux artistiques parisiens.

Le Quimpérois (1850)

Réunification de la Bretagne : le président socialiste Philippe Grosvalet en difficulté

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (02/09/2020) Le président du Conseil départemental de Loire Atlantique a reçu ce lundi 31 août des partisans de la réunification de la Bretagne. Une occasion de préciser sa position, qui reste pour le moins subtile.

savent que l’une des clés du dossier se situe aujourd’hui à Nantes. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les militants des associations A la Bretonne et Breizh Civic Lab ont choisi la Cité des Ducs [de Bretagne, NDLR] pour organiser, le 11 octobre prochain, un rassemblement politique sur ce thème, entre autres. Après l’épisode, fin 2018, du droit d’option offert par la loi NOTRe et désormais définitivement refermé par les élus du Conseil départemental 44, Philippe Grosvalet, président de la collectivité, se trouve à nouveau au centre du jeu. De quoi inciter A la Bretonne, structure militant pour la réunification, à aller à sa rencontre. Comme annoncé, l’élu a reçu ses représentants ce lundi 31 août.

«Ça s’est bien passé, résume Christophe Prugne, président d’A la Bretonne. On a pu tout aborder : nos points de divergence comme de convergence. Philippe Grosvalet a réitéré sa demande de référendum. » Ce que la collectivité confirme dans un communiqué, publié à l’issue de la rencontre. « Le Département réaffirme son soutien à un référendum décisionnaire sur les limites régionales », précise-t-elle. Et de rappeler qu’un vœu en ce sens a été adopté le 17 décembre 2018 par les élus du CD44, renvoyant désormais la prise de décision à Paris. Dans un tweet, Philippe Grosvalet ne manque d’ailleurs pas de le rappeler au président de la République. « Je réitère ma demande à EmmanuelMacron d’organiser un référendum sur les limites administratives de l’ouest de la France, une vraie consultation qui ait valeur de décision. »

Sauf qu’avec le mouvement de fond engagé voilà deux ans par des citoyens, une partie du problème se situe bien aujourd’hui encore en Loire Atlantique. Et pas seulement à Paris. Ce que Philippe Grosvalet ne peut ignorer. C’est en tout cas ce qu’ont compris les militants d’A la Bretonne. « Il nous a dit qu’il ne pouvait pas rester insensible aux 100 000 signatures obtenues par Bretagne Réunie et qu’il ne pouvait ignorer ce mouvement citoyen. En gros, il nous a dit qu’il n’était pas opposé à la réunification », assure Christophe Prugne. Une position que l’entourage du président de Département veut nuancer.

J’ai reçu cet après-midi une délégation de @alabretonne. Attentif à leurs revendications, je réitère ma demande à @EmmanuelMacron d’organiser un référendum sur les limites administratives de l’ouest de la France, une vraie consultation qui ait valeur de décision #LoireAtlantique pic.twitter.com/3TteHBenWf

— Philippe Grosvalet (@PGrosvalet) August 31, 2020

« À titre personnel, il estime que ce n’est pas le bon découpage. Il plaide pour une grande région, précise une source proche de Philippe Grosvalet, contactée par Le Télégramme. Il veut que la Loire Atlantique soit avec la Bretagne – car pour lui la Loire Atlantique est bretonne – mais avec les autres départements ligériens. » Une position peut-être pas aussi ferme qu’elle en a l’air. Car au fil des mois, le président du Conseil départemental semble lâcher du lest vis-à-vis de cette question. Sincérité d’un homme qui aime foncièrement la Bretagne ou simple tactique politique ? « La Loire Atlantique seule avec la Bretagne, ce n’est pas son option. Mais si c’est comme ça que cela doit se jouer, dont acte, il ne s’y opposera pas », veut-on souligner de même source.

Grosvalet serait-il prêt à défendre cette subtile position le 11 octobre à Nantes pour la journée débat avec d’autres élus ? « Il ne nous a pas confirmé sa présence, répond Christophe Prugne. Il nous a dit qu’il avait noté la date sur son agenda et qu’il attendait d’avoir le programme complet pour répondre. On n’est pas naïf, mais on reste plutôt optimiste par rapport à sa venue. Je ne vois pas comment il pourrait refuser le débat. Il a tout à gagner à répondre présent. » Pas sûr toutefois que l’élu de Saint-Nazaire voit les choses de la même façon.

(Source : Le Télégramme)

Réunification de la Bretagne : Une grand-messe politique en octobre à Nantes

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (31/08/2020) Le 11 octobre prochain, de nombreux élus bretons de tous bords se retrouveront à Nantes pour une journée débat que les organisateurs annoncent déjà historique. La toujours aussi enflammée question de la réunification de la Bretagne et de la Loire Atlantique y sera notamment abordée.

La toute jeune association A la Bretonne, qui milite entre autres pour la réunification de la Bretagne administrative et de la Loire Atlantique, va co-organiser une rencontre autour du sujet, serpent de mer depuis des décennies dans la région. À ses côtés : Breizh Civic Lab. Un think-tank qui n’en est pas à son coup d’essai puisque c’est lui qui, déjà, était à l’origine avec Dibab d’un sondage sur la Bretagne réunifiée en août 2019.

Symbole fort, c’est à Nantes que les deux associations ont décidé de monter l’événement qui réunira – c’est l’autre élément à noter – de nombreux élus bretons. Et ce n’est pas vraiment un hasard s’il a lieu sur les bords de Loire. Question de tempo. En juin dernier, poussée par les écologistes et l’UDB, la maire Johanna Rolland s’est en effet dotée dans son équipe municipale d’un adjoint aux enjeux bretons en la personne de Florian Le Teuff. Une première.

Objectif : poursuivre le travail de lobbying autour d’une Bretagne à cinq. « Nous voulons ouvrir le débat des Départementales et des Régionales en Bretagne autour des enjeux de décentralisation, de la réunification bien sûr, mais aussi de l’approfondissement de la démocratie, des nouveaux moyens de participation citoyenne, etc. », liste Christophe Prugne, président d’A la Bretonne.

Une centaine d’invitations sont donc parties auprès des élus de la région. Et une trentraine d’entre eux ont d’ores et déjà annoncé qu’ils seraient présents : l’ex-ministre Jean-Jacques Urvoas, les députés Florian Bachelier, Yannick Kerlogot et Paul Molac, le sénateur Ronan Dantec ou encore l’eurodéputée Marie-Pierre Vedrenne. D’autres sont également annoncés par les organisateurs : Jean-Michel Le Boulanger (Conseiller régional de Bretagne), Franck Nicolon (CR des Pays de la Loire), le maire de Carhaix Christian Troadec, l’ex-maire de Langouët Daniel Cueff…

« On souhaite vraiment que Johanna Rolland et Loïg Chesnais-Girard (président de la Région Bretagne, NDLR) soient là aussi. L’objectif est d’ouvrir le débat, c’est important. Il y aura également des citoyens », souligne Christophe Prugne. Un président qui s’est fixé un autre défi : convaincre Philippe Grosvalet de venir. Quand on connaît les idées du président du Conseil départemental de Loire Atlantique – farouche opposant à la réunification – on mesure la taille du challenge. Quoi qu’il en soit, les militants d’A la Bretonne ont déjà obtenu un rendez-vous avec l’élu et c’est déjà pour eux une première victoire. La rencontre est prévue ce lundi 31 août.

Plusieurs manifestations pour la réunification se sont tenues à Nantes depuis les années 1970. Après une pause dans la mobilisation, la question est revenue sur le devant de la scène ces dernières années. On peut notamment citer la pétition de Bretagne Réunie. Plus de 105 000 habitants de Loire Atlantique ont exprimé le souhait de voir la collectivité organiser un référendum sur le sujet. Sans succès puisque le Conseil départemental avait refermé la porte et renvoyé la patate chaude à Paris. A voir désormais si cette grand-messe politique du mois d’octobre fera bouger les lignes à quelques mois des élections régionales.

(Source : Le Télégramme)

Quimper au bas Moyen-Âge

Par La Rédaction

BREIZATAO – ISTOR (31/08/2020) En 1066, le comte Hoël de Cornouaille accède au trône ducal de Bretagne après la mort de Conan II, décédé sans héritier direct. Quimper va bénéficier de ce nouveau contexte politique pour désormais inscrire son histoire dans celle du duché. Centre religieux et politique, place militaire, axe économique par terre et par mer, centre administratif du domaine ducal, chef lieu de baillie, la ville est néanmoins écartelée entre les pouvoirs du duc et ceux de l’évêque, dans un monde changeant, soumis aux aléas politiques et aux guerres entre la France et la Bretagne qui précèdent le rattachement du duché.

Le paysage urbain

Quimper au XVe siècle

La ville close de Quimper-Corentin occupe au Moyen-Âge sur la rive droite de la rivière Odet une superficie d’une quinzaine d’hectares. L’Odet est une frontière. Quimper intra-muros ne compte qu’une seule paroisse érigée sous le patronage de Saint-Corentin dont le nom se confond avec celui de la ville. La paroisse est divisée à partir de 1296 en six parcelles, trois intra-muros, celles des rues Keréon, Obscure et de Mesgloaguen et trois partiellement ou totalement hors de l’enceinte, celles du Rachaer, de la Rue Neuve et de Créac’h Euzen. Elles sont chacune desservies par un curé. Locmaria et Saint Mathieu forment deux paroisses indépendantes en dehors du fief épiscopal. Lorsqu’elles furent annexées au début du XVIIe siècle, un remaniement complet eut alors lieu qui répartit le territoire urbain en sept paroisses.

Le territoire à l’intérieur des remparts n’est pas totalement urbanisé. Des champs et des vergers occupent la ville haute (de Mesgloaguen à la Tourbie) où l’on trouve les jardins du Chapitre. L’enclos des Cordeliers abrité derrière les murs du petit château ducal n’est lui aussi que partiellement bâti.

Le plan général de la ville médiévale est globalement radioconcentrique. Toutes les entrées de la ville conduisent le visiteur vers la place du Tour-du-Chastel et la cathédrale. Des XIIIe et XIVe siècles nous sont parvenus quelques noms de rues : rue Obscure ou Demer en 1219 (actuelle rue E. Fréron), rue de la Vigne ou Viniou en 1240 (aujourd’hui rue des Gentilhommes), rue Kéréon (ou sutorum en 1249). Les rues des Etaux, des Boucheries, la place Maubert, la Grand-Rue sont attestées au quatorzième siècle. Les voies étroites et tortueuses sont partiellement pavées. La communication de la ville avec les faubourgs se fait par des ponts et des portes fortifiées. Les parcelles des maisons sont découpées en lanières. La façade est étroite et occupe toute l’avancée sur la rue du fait d’une pression foncière de plus en plus prégnante. Les jardins se trouvent rejetés à l’arrière des maisons. Les différentes couches sociales se retrouvent dans une même rue. Les hôtels nobles comme les maisons prébendales des chanoines sont dispersés dans la cité et cohabitent avec des ateliers et des logis modestes. Néanmoins quelques axes comme la rue Kéréon, le Tour-du-Chastel, la rue Obscure sont particulièrement prisés.

Un port qualifié en 1330 de port aux poissons s’ouvre sur l’Odet. Des chantiers navals existent hors des murs dans le secteur de Locmaria. En dehors de la cité et du faubourg de la Terre au Duc, le paysage redevient rapidement rural.

La société Quimpéroise

Vers 1450 la population quimpéroise, à l’exclusion des paroisses rurales de Locmaria et Saint-Mathieu, peut-être estimée à près de 4500 âmes, chiffre comparable aux populations de Vannes ou de Morlaix à la même époque.

Le clergé est bien entendu un élément important de cette communauté citadine. Au premier plan on trouve le clergé séculier : l’évêque et ses quinze chanoines, les curés, les chapelains et personnels auxiliaires de la cathédrale, des églises et chapelles de la ville et de ses faubourgs, sans oublier les nombreux clercs tonsurés. Dans le Quimper médiéval des ordres monastiques sont également représentés. Les moines du couvent des Cordeliers, première fondation franciscaine en Bretagne se sont établis dans une ancienne commanderie des Templiers vers 1232. L’enclos des Cordeliers possède une emprise d’un hectare qui suscite de nombreuses convoitises dans une ville où la construction civile est déjà bornée par les remparts. A l’extérieur de la cité, le prieuré conventuel de Locmaria abrite des moines et des moniales bénédictins.

Certains de ces clercs donnent lieu à de sévères critiques de la part de leurs contemporains. Les accusations abondent aux XIIIe et XIVe siècles : Clercs débraillés et grossiers qui arrivent en retard aux offices, jouent à des jeux défendus, refusent de se découvrir au passage de processions, fréquentent des tavernes en habit religieux ou, moindre défaut, se signalent par leur absentéisme. Face à de tels manquements la population est partagée entre résignation et révoltes. Ainsi, dans la nuit du 23 au 24 août 1469 un attroupement armé composé de nobles et de bourgeois attaque le couvent des Cordeliers. En 1515, lors des obsèques d’un tailleur de pierres les chanoines sont assaillis et roués de coups par des bourgeois excédés et armés de bâtons.

Ces excès n’entravent aucunement la vénération des Quimpérois pour leur « Saint », Jean Discalcéat, (1280-1349) ancien moine des Cordeliers de Quimper.

La cité bien protégée par les remparts est un lieu de résidence privilégié pour la noblesse. Au XVe siècle, le siège épiscopal est d’ailleurs occupé pendant 73 ans par des évêques issus de lignées cornouaillaises. Ces familles fournissent encore nombre des officiers des finances, gens de justices et capitaines de la cité. Les Ansquer, Cabellic, Coatanezre, Gourcuff, de Guengat, Du Juch, Du Menez, De Kerguelenen, Le Sandevez, Lézongar, Penquellenec, Rosmadec, Tréanna, Tyvarlen se partagent avec d’autres lignées, les principales charges et offices du temps. Si la plupart possède un hôtel noble intra-muros de nombreux manoirs périurbains sont construits également au XVe et au XVIe siècle. Les plus anciennes de ces familles ont le privilège de porter le nouvel évêque lors de sa première entrée dans la cité. Cette noblesse de très ancienne extraction possède souvent une sépulture familiale dans la cathédrale. Les autres familles nobles prennent l’habitude d’ensevelir leurs défunts dans le cimetière du couvent Saint-François, véritable nécrologue de la noblesse cornouaillaise. Ils sont bientôt imités en cela par la grande bourgeoisie négociante.

La bourgeoisie quimpéroise est multiple. Une minorité de très riches négociants domine la vie économique locale et obtient du fait de l’émancipation municipale une forte influence dans la vie de la cité. C’est le cas des Le Baud, Marion, Le Guiriec, Fily, L’Honnoré et de quelques autres familles. Certaines parviennent à intégrer les rangs de la noblesse. L’endogamie pratiquée par ses riches négociants est forte et facilite leur ascension sociale. Ils occupent les charges de maires, sont à la tête des confréries pieuses et des corporations, prennent à ferme la recette des impôts. Les marchands étrangers à la Bretagne ne sont pas rares des Basques, des Normands s’établissent à Quimper.

Aux côtés de ces riches commerçants et négociants, existe toute une classe intermédiaire composée d’artisans et de petits commerçants : tailleurs, taverniers, barbiers, tisserands, charpentiers, parcheminiers, bouchers, etc.

Les couches populaires, peu connues mais nombreuses, fournissent la main d’œuvre des chantiers religieux, civils et militaires. Elles sont particulièrement victimes, en période de la cherté du blé, du chômage et des épidémies. Les plus pauvres reçoivent alors les maigres secours de l’aumônerie.

Au plus bas de l’échelle sociale, les lépreux sont relégués à l’extrémité de la rue Neuve, autour de la chapelle de la Madeleine. L’isolement est alors la seule prophylaxie connue.

L’économie quimpéroise

Du XIVe au XVIe siècle, Quimper est un grand marché de distribution ouvert sur la mer grâce à sa situation portuaire au chœur d’un pays agricole. La ville possède des halles ducales ou cohues d’abord situées à l’angle des rues du Sel et de la Vieille-Cohue puis transférées place Terre-au-Duc. Les produits et sous-produits de l’élevage, de l’agriculture, ceux de la pêche mais encore les draps, laines, chanvre, lin, soieries ainsi que les autres productions artisanales (comme les parchemins et les peaux) trouvent ici un lieu d’échange dynamique. Port d’importation Quimper reçoit des vins, du sel mais aussi le fer et l’acier. Au XIVe siècle déjà tout un monde de commerçants et d’artisans s’active à ses affaires derrière les murs protecteurs de la ville et dans le faubourg de la Terre-au-Duc. Signe de la bonne santé de l’économie locale, dès le XIIIe siècle, des prêteurs juifs, des commerçants florentins et espagnols fréquentent la ville et parfois s’y installent en famille. Un petit nombre de commerçants quimpérois se lance dans le trafic maritime, arme des navires et engrange parfois de solides bénéfices. La fonction épiscopale de la ville attire enfin un petit nombre d’artistes : graveurs, orfèvres, peintres verriers, brodeurs, relieurs….

Une cité. Trois pouvoirs

Trois pouvoirs inégaux, souvent en conflit, cohabitent sur un même territoire. Si l’évêque se considère comme le maître de la cité épiscopale, le duc lui oppose le droit du prince à la garde des fortifications. Face à ces deux pouvoirs les bourgeois de la ville tentent peu à peu de gagner quelques droits, libertés et franchises.

L’évêque de Quimper est longtemps resté le seigneur incontesté du Quimper intra-muros avec d’autant plus de facilité qu’à l’époque comtale, les charges de comte et d’évêque étaient l’apanage d’une même dynastie. Le fief de l’évêque aussi dénommé « terre de l’Eglise » comprend tout le territoire de la ville close. Hors des murs, vers le nord, Kerfeunteun relève dans sa presque totalité de l’évêque. Celui-ci possède également le manoir de Lanniron en Ergué-Armel. L’évêque dispose de tous les attributs de la puissance banale. Il a le droit de juger, de contraindre et de punir. Les symboles de son pouvoir sont partout présents : auditoire au palais épiscopal, prison, carcans où sont exhibés les condamnés, fourches patibulaires où sont exposés les cadavres des suppliciés. Le pouvoir économique de l’évêque s’exerce notamment à travers des chef-rentes mais aussi à travers l’obligation imposée aux quimpérois de faire moudre leurs céréales au moulin sis sur l’Odet et de cuire leur pain dans les fours banaux de l’évêque sis dans les quartiers de Mesgloaguen et de la rue Neuve. Le Chapitre de Cornouaille, le couvent des Cordeliers et surtout le grand prieuré de Locmaria sont aussi des seigneuries ecclésiastiques auxquelles les habitants ont affaire quotidiennement.

Un autre pouvoir s’affirme au-delà du Steïr, passé le pont de la porte Médard, c’est celui du duc, héritier des anciens comtes de Cornouaille. Son souvenir s’incarne toujours de nos jours dans la place Terre au Duc. On y retrouve les mêmes symboles du pouvoir seigneurial et de la puissance banale: auditoires, prison, carcan, four et moulins banaux. Au XVIe siècle, les poteaux de justice érigés dans la Terre-au-Duc sont déplacés en haut du Mont-Frugy d’où ils domineront sinistrement la ville jusqu’à la Révolution.

La Terre-au-Duc

L’évêque et le duc entrent souvent en conflit, qu’il s’agisse de questions de prééminences, d’hommages, de perception d’impôts ou de la garde de la cité.

Face à ces deux puissances, les autres seigneuries laïques ou ecclésiastiques sont marginales. Signalons simplement les juridictions de Quémenet à Penhars, celle des Rohan sur une partie de Saint-Mathieu. La mouvance de l’abbaye de Locmaria s’étend des deux côtés des rives de l’Odet reliées par un pont en bois mobile. La prieure de Locmaria possède et exerce un droit de justice confirmé dès 1172 par Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre.

Quant au peuple de Quimper, il tente peu à peu au cours du XVème siècle de s’affranchir de la double tutelle épiscopale et ducale à travers sa communauté bourgeoise.

On sait peu de chose de la communauté de ville de Quimper à ses commencements. Les « bourgeois » de la ville de Quimper apparaissent pour la première fois dans une charte de Locmaria datée de 1152. Au début de la guerre de Succession de Bretagne, l’influence de cette communauté est reconnue. Edouard III félicite l’évêque et les bourgeois de la ville pour leur fidélité à la cause des Monforts. Quimper adresse des députés aux Etats dès 1352. C’est cette même communauté bourgeoise qui impose à l’évêque la reddition sans combat de la ville en 1365. Sous Jean IV, l’octroi de nouveaux privilèges, franchises et exemptions fiscales assure les conditions du développement des institutions municipales. Dans la seconde moitié du quinzième siècle l’assemblée des citadins se réunit désormais régulièrement dans la chapelle Notre Dame du Guéodet. Cet édifice est à l’usage exclusif du Conseil de la ville. Les derniers vestiges de cette première maison commune ont disparu au début du XIX siècle. Elle s’élevait à l’angle nord de la rue du Guéodet et de la rue des Boucheries et fut pendant des siècles le cœur civil de la cité. Les réunions du Conseil de la ville s’y tenaient dans une grande salle aménagée au-dessus de l’un des bas-côtés. Dans ce conseil où l’évêque et le duc ont leurs représentants, les Quimpérois désignent leur syndic ou maire aussi appelé procureur. Ce notable est désigné pour un mandat de deux ans par une assemblée réunissant les plus riches et les plus influents des habitants, nobles et bourgeois.

Les fortifications de Quimper

Remparts médiévaux de Quimper

Les origines des fortifications demeurent obscures. L’enceinte primitive, peu étendue n’englobe que les environs immédiats de la cathédrale (Tour-du-Chastel). Elle ne consiste probablement qu’en palissades jalonnées de quelques poternes. Elle s’étend à l’est vers le confluent de l’Odet et du Frout. A l’ouest, elle ne comprend qu’une partie de la rue Keréon et du Guéodet. La porte principale de la rue Keréon appelée Portz Men (porte de pierre) est surmontée d’une tour de guet. Une seconde ouverture existe rue du Guéodet.

Au XIVème siècle la ville a quitté son écrin du Haut Moyen-Âge. Un rempart en pierres, à mâchicoulis, surmonté d’un chemin de ronde a succédé à cette première enceinte sous les règnes des ducs Jean I le Roux (1237-1286) et de Jean II (1286-1305). La cité médiévale de Quimper est close par 1500 mètres de murailles baignées par le Frout, l’Odet et le Steir. Au nord, des larges douves d’une quinzaine de mètres protégent les remparts d’une attaque venant de la terre. Ces hauts murs sont protégés de distance en distance par des tours de défense. La plus imposante d’entre-elles, la Tourbie ou tour Bihan ou Bizien sert également de logis au gouverneur de la place jusqu’au 16e siècle. D’un diamètre de dix-huit mètres, ses murs atteignent une épaisseur de quatre mètres. Une seule tour subsiste encore aujourd’hui : la tour Nevet. Elle porte la marque des XIVe et XVe siècles, dans sa partie basse deux canonnières ont été aménagées au quinzième siècle pour adapter l’ouvrage aux progrès de l’artillerie. Elle permet d’imaginer l’importance des fortifications aujourd’hui disparues.
Quelques tronçons des anciens remparts subsistent néanmoins. Une portion autrefois bordée par l’Odet s’étend de l’ancien évêché jusque là où s’élevait jadis la Tour Pennalen. Rue de Juniville, un autre pan de muraille a été mis en valeur lors du percement de la rue. Vers la rue des Douves, une portion de rempart encadre la dernière tour de défense de la ville. Une autre portion imposante de rempart sert encore de clôture au collège La Tour d’Auvergne donnant sur la place de la Tourbie. Enfin, le long du Pichery le promeneur peut également observer quelques pans de murailles sur lesquelles ont été bâties des maisons d’habitations.

Tourbie

Six portes fortifiées permettaient de pénétrer dans la ville. Près de la Tourbie, une porte avec pont-levis accueillait les voyageurs venant de Briec, Châteaulin ou Brest. Les portes Sainte-Catherine, Saint-François, Médard, Saint-Antoine et des Reguaires complétaient ce dispositif. En période de troubles, seules les portes Médard et Sainte-Catherine demeuraient accessibles. Cette dernière était certainement la plus imposante, avec son pont-levis encadré par deux fortes tours. La porte Médard était elle-même défendue par un pont-levis et deux herses. Près de son emplacement se dresse encore de nos jours une élégante échauguette à encorbellement.

Un petit château ducal s’élèvait au confluent de l’Odet et du Steir et permettait de battre le lit des deux cours d’eau. Sa construction a connu de nombreuses péripéties. En 1209-1210, Guy de Thouars, époux de la duchesse Constance de Bretagne entame, sur des terrains relevant du fief épiscopal, la construction d’une maison fortifiée et s’attire les ires de l’évêque qui jette l’interdit sur la terre ducale. L’édifice est finalement détruit. Deux siècles plus tard (1399) Jeanne de Navarre, veuve de Jean IV tente, elle aussi, de faire bâtir une forteresse sur le même lieu. L’évêque excommunie les officiers du duc et jette l’interdit sur l’ensemble du diocèse. Le chantier est une fois encore interrompu. L’affaire est même portée devant le pape, sans résultat. En 1452, le duc Pierre II poursuit les travaux de construction de la forteresse malgré l’opposition de l’évêque. Après de nombreux arbitrages, le duc voit finalement son droit à la garde des murailles reconnu. Le château ducal aussi appelé « petit château » est terminé en 1453 et le duc s’engage également à réparer l’enceinte murale qui menace alors de tomber en ruine.

La construction puis l’entretien des remparts et des ouvrages de protection sont pris en charge par la communauté de ville. Leur entretien est souvent négligé en temps de paix. Dans la seconde moitié du XVe siècle, et particulièrement entre 1478 et 1491, la préparation d’un conflit armé opposant la Bretagne à la France conduit à de nouvelles réparations des fortifications qu’il faut également adapter aux progrès de l’artillerie. C’est la principale dépense du budget municipal. L’autorité ducale permet à la cité de financer ces travaux très coûteux en y employant une part des revenus du billot (impôt prélevé sur le produit de la vente au détail des vins). Un comptable dénommé « miseur » est chargé de l’entretien de ces ouvrages de défenses, de percevoir les recettes et de payer les dépenses réalisées.

Ces fortifications répondent à un but bien précis. Il s’agit alors de mettre la ville à l’abri d’un coup de main. Le rempart et les fortifications n’empêchent cependant pas la prise de la ville en 1345 ni n’arrêtent même les bandes de paysans révoltés en 1490.

Quimper et la guerre de succession de Bretagne

Si la ville n’a guère été l’acteur ou le témoin d’événements majeurs de l’histoire de France, elle a toutefois subi les rigueurs de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365). A la mort du duc Jean II deux prétendants briguent le trône ducal. Entre Jean de Monfort, soutenu par le roi d’Angleterre et Charles de Blois marié à l’héritière de la maison de Penthièvre et appuyé par le roi de France, les hostilités sont bientôt ouvertes. La Basse Bretagne et la petite noblesse adhèrent assez généralement au parti de Monfort. De même, la ville de Quimper ayant à sa tête l’évêque Alain Le Gal tient-elle pour ce même parti. En 1344, Charles de Blois fait appel au roi de France Philippe VI qui lui dépêche une armée puissante. Une troupe anglaise, des nobles bretons, des seigneurs français et probablement des bourgeois en armes composent l’essentiel de la garnison de Quimper.

L’historien breton Albert Le Grand rapporte qu’en avril 1344 « Charles de Blois, se portant duc de Bretagne, mena toute son armée devant Kemper-Corentin, qu’il assiégea estroitement, et battit si furieusement d’engins et machines, qu’on fit bresches en six endroits de la muraille ».

Le siège va durer trois semaines et la faim ne tarde pas à sévir dans la ville. Les troupes de Charles de Blois donnent l’assaut final au point le plus faible des remparts, du côté du couvent des Cordeliers. A marée basse les échelles des assaillants s’élancent vers le haut des murs. Le combat, violent et très meurtrier selon les chroniques du temps, va durer de six heures du matin à midi. A l’angélus, les soldats de Charles de Blois tiennent les remparts. La tradition rappelle qu’un grand nombre des habitants a été tué par des soldats rendus furieux par la résistance de la cité. Le carnage aurait coûté la vie à 1400 hommes femmes et enfants, chiffre certainement exagéré.

La ville se soumet alors à son vainqueur et lui reste fidèle. L’année suivante, Jean de Monfort débarqué d’Angleterre établit à son tour le siège devant Quimper pour en déloger ses ennemis. L’assaut est mené le 11 août 1345. Mais cette fois la marée montante fait échouer l’attaque. Monfort se retire avec ses troupes au château d’Hennebont où il meurt en septembre 1345. Jean II de Monfort, son fils poursuit néanmoins le combat de son père. Mais Quimper demeure désormais fidèle au parti de Charles de Blois jusqu’à la mort de celui-ci lors de la bataille d’Auray en 1364. Lorsque Jean II de Monfort, devenu Jean IV de Bretagne, se présente la même année devant les murailles de Quimper afin d’obtenir la soumission de la cité, l’évêque ordonne de clore les portes de la ville. C’est sur la pression du peuple et des élites locales (religieux du chapitre, bourgeois et nobles) que l’évêque accepte de négocier la reddition de la cité. Une amnistie générale est décrétée, les anciens privilèges, franchises et libertés sont confirmés.

La Peste de 1349 et Santik Du

La peste noire emporta le 1/3 de la population européenne. Elle apparaît en 1347, rapportée en Europe par des navires de commerce génois. La France est atteinte au début de 1348. Angers puis Nantes sont touchées à la fin de la même année. La peste noire s’abat probablement sur Quimper dès novembre 1348. L historien Albert Le Grand, nous rapporte qu’en « l’an 1449, il y eut une peste si grande au diocèse de Cornouaille et de laquelle il mourut tant de peuple, qu’à peine les survivants pouvaient suffire à enterre les morts… ». Elle s’abat sur une ville déjà fragilisée, qui vient de connaître la guerre en 1344 suivie d’une terrible famine en 1346. La population physiquement affaiblie a payé un lourd tribut à l’épidémie.

Les centaines de victimes à Quimper, auraient été enterrées dans les terrains situés entre la rivière et les maisons de la rue des Reguaires. La peste ne déserte cependant pas Quimper aux siècles suivants. Elle frappe à nouveau en 1439, 1463-1464, 1470, 1481, 1531 et 1533 puis une dernière fois en 1639.

Un religieux cordelier de l’ordre de Saint François se signale particulièrement par les soins qu’il prodigue aux pestiférés. Né vers 1280 dans une famille modeste de l’évêché de Léon, Jean Disclaceat (le déchaussé) devient recteur de la paroisse de Saint Grégoire aux portes de Rennes en 1303. En 1316 il embrasse la règle du Séraphique Père S. François et s’attache au couvent des Cordeliers de Quimper. Son austérité extrême, sa piété, la rigueur de sa morale frappèrent ses contemporains. Sans sandales, il visite les pauvres et soigne les malades. En août 1349, il se dévoue sans compter pour soigner les pestiférés abandonnés de tous, leur assurant après leur mort une sépulture chrétienne. Il tombe victime de son dévouement car il contracte à son tour la terrible maladie et décède le 15 décembre 1349. Inhumé dans le cimetière des Cordeliers la ferveur populaire s’empare dès lors du souvenir de ce moine. Les Quimpérois le vénérèrent jusqu’à nos jours sous le nom breton familier de « Santik Du » qui en français signifie littéralement « petit saint noir ». On le priait traditionnellement pour lui demander toutes sortes d’intercessions : retrouver les objets perdus ou avoir du beau temps. Au XVIe siècle il est même sollicité pour soigner les migraines. En décembre 1793, lors du brûlis des statues des Saints de la cathédrale, celle de Santik Du tombe de la charrette qui la transportait vers le champ de bataille où avait été dressé un bûcher. Une femme de la rue Sainte-Catherine la ramasse et la cache chez elle. A la fin de la tourmente révolutionnaire, la statue retrouve la cathédrale où l’on peut encore la voir aujourd’hui.

(Source : Quimper.bzh)

Agressions au couteau : en un mois, une douzaine de blessés et trois morts en Bretagne

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (29/08/2020) En un mois, au moins une quinzaine de faits divers en Bretagne ont concerné des affaires de coups de couteau, essentiellement assénés entre jeunes. Des agressions qui ont fait au moins une douzaine de blessés et trois morts.

(Source : Le Télégramme)

En plus des 2 milliards annuels, l’Etat va donner 483 millions d’euros à la presse contrôlée par quelques oligarques milliardaires

Par La Rédaction

BREIZATAO – POLITIKEREZH (28/08/2020) La presse d’état française, déjà bénéficiaire de transferts colossaux de la part de l’Etat à près de 2 milliards d’euros par an (lire ici), va bénéficier d’une aide supplémentaire de près d’un demi-milliard d’euros supplémentaires. Le prix d’une docilité à toute épreuve de la part de la caste journalistique hexagonale.

Ouest-France (source) :

Très affaiblie par la crise sanitaire, la presse écrite va bénéficier d’aides d’un total de 483 millions d’euros sur deux ans, a indiqué l’Élysée, dont une partie a déjà été votée.
Ces aides ont été présentées à l’issue d’une réunion entre Emmanuel Macron et une dizaine de dirigeants des quotidiens nationaux et régionaux, reçus jeudi soir à l’Élysée, en présence des ministres Bruno Le Maire (Économie) et Roselyne Bachelot (Culture).
Le chef de l’État s’était engagé l’an dernier à aider le secteur à surmonter les défis de la transition numérique mais l’épidémie et son impact sur les recettes publicitaires, la distribution des numéros et les ventes en kiosque ont encore aggravé la situation.
Cet argent prélevé arbitrairement sur les contribuables pour soutenir le système médiatique permet à l’Etat de le contrôler très étroitement au plan politique. Mais il permet aussi de soutenir les oligarques qui en sont nominalement propriétaires et proches du pouvoir.

Aude Lancelin, responsable du média indépendant « Libre QG », résume la situation de monopole organisé qui structure les médias hexagonaux :

« Emmanuel Macron a répété plusieurs fois l’importance du pluralisme. » Ils osent tout. 😂https://t.co/BytAXSdY7w

— Aude Lancelin (@alancelin) August 28, 2020

Le tout écrit dans le Parisien de Bernard Arnault, qui avec Xavier Niel, compagnon de sa fille, possède désormais la majeure partie des titres de la presse française, les Echos, l’Obs, le Monde, Télérama, etc., et touche déjà chaque année plusieurs millions d’aides publiques.

— Aude Lancelin (@alancelin) August 28, 2020

A noter: non seulement les médias des milliardaires sont les plus subventionnés par le contribuable français. Mais ce sont eux aussi qui se partagent la quasi totalité des aides privées à la presse apportées par Google ou Facebook. @LaurentMauduit https://t.co/GM4SngE59R

— Aude Lancelin (@alancelin) August 28, 2020

Comment Facebook achète la presse française, enquête de référence par @NicolasBecquet https://t.co/xqXcKSeYOV

— Aude Lancelin (@alancelin) August 28, 2020

Aucun risque de voir la presse menacer le pouvoir.

J-P Brighelli explique ne plus pouvoir parler de la théorie de l’évolution en classe, « J’habite une ville avec 2/3 de femmes voilées »

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (27/08/2020) La population française change rapidement, avec des conséquences à long terme que le peuple breton doit mesurer.

Ce matin sur @cnews à propos du livre l’islamisme à l’école de J-P Obin

J-P Brighelli
il y a des des sujets dont on ne parle plus: Darwin

J’habite dans une ville où les 2/3 des femmes sont voilées

Des gosses qui font le Ramadan obligent des copains non musulmans à le faire pic.twitter.com/njlrpKvQ8p

— David Dobsky (@dobsky33) August 27, 2020

Brest : Mohamed, réfugié guinéen, blesse à la tête un patron de bar-tabac pour le détrousser

Par La Rédaction

BREIZATAO – NEVEZINTIOU (26/08/2020) Le 20 août, le gérant du bar-tabac « Le Calumet », situé rue d’Aiguillon, à Brest, était victime d’une agression et d’un vol de cinq cartouches de cigarettes. Blessé à la tête, il avait dû se faire prescrire dix jours d’ITT. Âgé de 19 ans, l’auteur présumé des faits avait rapidement été interpellé par la police, à proximité. Il venait d’être condamné, le 24 juillet, pour des faits similaires. Logiquement, ses quatre mois de sursis ont été révoqués et ajoutés à sa peine de trente mois ferme, avec maintien en détention. De nationalité guinéenne et en situation irrégulière, Mohamed Sylla s’est également vu interdire toute présence sur le territoire français pendant cinq ans. Enfin, il doit indemniser sa victime à hauteur de 2 500 euros.

(Source : Le Télégramme)

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