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Aujourd’hui — 17 juin 2021RT French

Vers une amélioration des relations américano-russes après la rencontre entre Biden et Poutine ?

Après ce premier sommet entre les chefs d'Etat russe et américain le 16 juin à Genève, Joe Biden et Vladimir Poutine ont salué une rencontre positive et se sont engagés à davantage travailler ensemble sur les grands dossiers internationaux. Les deux dirigeants ont d'ores et déjà annoncé le retour de leurs ambassadeurs respectifs après plusieurs mois de tension entre les deux Etats. 

Pour Pierre Guerlain, professeur émérite de civilisation américaine à l'​Université Paris Ouest Nanterre, cette rencontre est globalement positive. Il semble, selon lui, y avoir «une ouverture des deux côtés».  Il tempère néanmoins son propos en évoquant l'existence dans les deux pays de «forces» opposées à la reprise du dialogue  et de «points d'achoppement» persistants.

Sur les questions relatives à la cyberdéfense qui ont fait l'objet d'une attention particulière lors de ce sommet, l'analyste estime que l'espionnage continuera entre les deux puissances mais que la «criminalité» peut faire l'objet d'une collaboration entre Moscou et Washington. 

Auteur: RT France

L'occasion pour les deux puissances de tracer leurs «lignes rouges»

Pour Claude Blanchemaison, expert en relations internationales, les sujets ont été «identifiés» dans le cadre d'une rencontre «très professionnelle» et «très concrète». Pour lui, les deux dirigeants sont bien conscients de leurs responsabilités pour la stabilité stratégique dans le monde et considère que ce sommet a permis à chacun de tracer ses «lignes rouges». 

De son côté Olivier d'Auzon, essayiste et consultant en matière de relations internationales, estime que cette rencontre a été «apaisée» à la faveur du geste de Joe Biden concernant la levée des sanctions américaines sur le projet de Gazoduc Nord-Stream 2 qui doit relier la Russie à l'Allemagne.

Pour lui, la Russie était encore considérée comme un «Grand Satan» il y a quelques mois mais cela n'est plus le cas. S'agissant du retour des ambassadeurs, l'analyste souligne que cette décision semble avoir été prévue en amont de la rencontre puisque les diplomates retourneront dans leurs ambassades respectives «dès demain».

Auteur: RT France

Hall Gardner, professeur de politique à l'université américaine de Paris, souligne pour sa part un changement de paradigme après cette rencontre. Selon lui, les Etats-Unis considéraient être le seul pôle de puissance dans le monde après la guerre froide mais ils reconnaissent désormais la Russie comme une puissance de premier ordre avec qui il faut travailler. 

Enfin, le professeur juge que Joe Biden souhaite une coopération plus étroite entre les deux puissances. Il justifie son propos en rappelant que le président américain a prolongé le traité New Start sur les armes nucléaires et qu'il ne s'est pas particulièrement montré dur sur le cas Navalny. Pour lui, cette rencontre signe «un nouveau pas en avant» vers cette collaboration.

  • 16 juin 2021 à 23:45

Sanctions et perspectives de coopération : où en sont les relations entre Roscosmos et la Nasa ?

Simultanément à la conférence mondiale sur l'exploration spatiale qui se déroule du 14 au 18 juin 2021 à Saint-Pétersbourg (baptisée GLEX-2021), le quotidien russe Komsomolskaïa Pravda a publié, le 15 juin, une longue interview du patron de Roscosmos, l'agence spatiale de la Russie. L'occasion pour Dmitri Rogozine d'exprimer, entre autres choses, sa vision de la collaboration spatiale entre son pays et les Etats-Unis.

Le chef de l'agence spatiale russe a, dans un premier temps, tenu à saluer son homologue américain, Bill Nelson, avec qui il s'est récemment entretenu par téléphone. «Malheureusement il n'y a eu qu'une seule conversation de ce type jusqu'à présent, [mais] c'était une bonne conversation, Nelson est un homme expérimenté et prudent», a déclaré Dmitri Rogozine, soulignant la proximité entre l'actuel chef de la Nasa et l'administration de Joseph Biden. «S'il veut changer certaines choses dans notre relation, et c'est entre ses mains, je suis prêt à l'aider de notre côté», a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'état de la coopération spatiale russo-américaine, le patron de Roscosmos a affirmé que la collaboration entre les deux pays s'étendait bien au delà des enjeux propres à l'ISS, dont l'avenir est en proie à de multiples rebondissements, notamment au sujet de son financement. Dmitri Rogozine a par exemple rappelé la reconnaissance, outre-Atlantique, d'un savoir faire-russe en matière de fabrication de moteurs de fusées. «Nos collègues américains ont des problèmes dans l'industrie des moteurs de fusée, ils ne peuvent pas renoncer si vite à nos excellents et très fiables moteurs», a-t-il assuré, faisant ici référence aux sanctions américaines votées par le Congrès dans le but d'interdire au Pentagone l'utilisation militaire de certaines pièces de fabrication russe.

Comme l'avait déjà rapporté Reuters le 7 juin, Dmitri Rogozine, qui fait lui-même l'objet de sanctions personnelles de la part des Etats-Unis et de l'UE, a déclaré que la Russie pourrait se retirer de la Station spatiale internationale (ISS) en 2025 si Washington ne levait pas rapidement les sanctions contre les entrepreneurs spatiaux russes.

Recherche spatiale, environnement : des intérêts russo-américains communs ?

Dans son dernier entretien à la Komsomolskaïa Pravda, le chef de l'agence spatiale russe a en outre évoqué des perspectives de partenariat avec la Nasa dans l'utilisation scientifique de l'espace. «Nous avons beaucoup de choses en commun et intéressantes en termes de recherche spatiale fondamentale, y compris, je l'espère, sur Vénus», a-t-il expliqué. A ce titre, il a notamment évoqué le volet environnemental : «Nous partageons un grand intérêt pour la surveillance de l'environnement, je pense que c'est également un domaine prometteur. En fait, pour construire une constellation orbitale qui puisse surveiller le CO2, les émissions et d'autres choses, je pense que seuls nos deux pays peuvent le faire. Je vais aussi en discuter avec Nelson», a fait encore savoir Dmitri Rogozine qui a rappelé qu'il devait s'entretenir de nouveau sur plusieurs de ces sujets avec Bill Nelson.

Acteur historique de l'exploration spatiale depuis l'ère soviétique, la Russie entretient aujourd'hui des collaborations avec des puissances incontournables du secteur, par exemple avec des partenaires présents sur le Vieux Continent mais aussi en Asie, en premier lieu avec la Chine. Ce 16 juin, les agences spatiales russe et chinoise ont ainsi tenu une session conjointe dans le cadre du GLEX-2021, lors de laquelle a été présentée, comme annoncé au mois de mai, la feuille de route pour la création d'une Station internationale de recherche lunaire (ILRS).

Au delà des coopérations spatiales engagées par la Russie à l'international, Dmitri Rogozine est aussi revenu sur la question d'une future station russe en orbite terrestre. Dans les faits, la construction d'une station spatiale pour le pays s'inscrit dans un triple contexte. Elle est liée d'une part à la volonté russe de développer ses capacités en matière d'observation terrestre ; d'autre part aux efforts qu'entend déployer Moscou pour l'exploration de la Lune ; et enfin, au vieillissement des infrastructures de la station spatiale internationale (ISS), dans laquelle est activement impliquée la Russie.

  • 16 juin 2021 à 22:40

Sommet de Genève : qu'en pense Vladimir Poutine et de quoi ont-ils discuté avec Joe Biden ?

A l'issue de sa première rencontre avec le président des Etats-Unis Joseph Biden, Vladimir Poutine a tenu une conférence de presse lors de laquelle il a fait part du vaste spectre de sujets qu'il venait d'aborder avec son homologue américain.

Une rencontre «pragmatique» et «fructueuse»

Tout en se gardant de faire des pronostics sur une possible amélioration des relations bilatérales entre Moscou et Washington, le président russe a décrit Joseph Biden comme un partenaire constructif et expérimenté, assurant que les deux dirigeants avaient parlé «le même langage» et qualifiant le sommet de la journée de «pragmatique et fructueux».

Les deux chefs d'Etat se sont par exemple entendus pour le retour de leurs ambassadeurs respectifs, rappelés plus tôt cette année pour des consultations. «Ils retournent sur leur lieu d'affectation. Quand exactement, c'est une question purement technique», a ainsi déclaré Vladimir Poutine.

Interrogé sur une possible amélioration des relations entre la Russie et les Etats-Unis, Vladimir Poutine a fait référence à Léon Tolstoï, expliquant qu'il n'y avait pas de bonheur éternel dans la vie mais que ses éclairs étaient très précieux. «On ne peut pas parler de confiance mais des éclairs se sont manifestés, c'est une bonne chose», a-t-il ainsi déclaré à l'issue de son entretien avec Joseph Biden.

Poutine, les droits de l'Homme et l'affaire Navalny

Expliquant aujourd'hui être satisfait des explications de Joseph Biden – qui l'avait qualifié au mois de mars de «tueur» –, le président russe a fait savoir qu'il avait discuté avec son homologue américain des droits de l'Homme. Lors de sa conférence de presse, interrogé par une journaliste américaine sur l'emprisonnement et la mort d'opposants russes, Vladimir Poutine a estimé que de telles problématiques pouvaient se poser «dans tous les pays».

Nous ne voulons pas que ce qui est arrivé au Capitole puisse se produire en Russie

Il est par exemple revenu sur l'intrusion, le 6 janvier, de manifestants américains au Capitole. «400 personnes sont aujourd'hui menacées de prison car elles sont déclarées terroristes de l'intérieur. Certaines sont actuellement en prison et on ne comprend pas bien pourquoi», a-t-il ajouté, rappelant par ailleurs que l'épisode avait engendré la mort de plusieurs personnes. «Nous ne voulons pas que ce qui est arrivé au Capitole puisse se produire en Russie», a encore ajouté Vladimir Poutine.

En tout état de cause, le chef d'Etat russe a souligné que les accusations visant la Russie sur le volet des droits de l'Homme étaient purement «politiques», expliquant que lui aussi pourrait, s'il le voulait, dénoncer l'existence de meurtres politiques sur le sol américain ou encore la torture à Guantanamo et dans d'autres prisons de la CIA : «Est-ce ça, les droits de l'Homme ?», a-t-il interrogé.

Revenant en outre sur les manifestations liées au mouvement Black Lives Matter, le président russe a déclaré : «Ce que nous avons vu, c'est du désordre, des perturbations, des violations de la loi, etc. Nous éprouvons de la sympathie pour les Etats-Unis d'Amérique, mais nous ne voulons pas que cela se produise sur notre territoire et nous ferons tout notre possible pour que cela ne se produise pas...»

Amené à s'exprimer précisément sur l'affaire Navalny, qui purge actuellement une peine de deux ans et demi de prison ferme en Russie, Vladimir Poutine a déclaré en conférence de presse que l'opposant Alexeï Navalny savait qu'il enfreignait la loi russe, et qu'il serait détenu à son retour en Russie en janvier mais qu'il avait décidé de venir quand même. Pour rappel, la justice russe a révoqué en février dernier le sursis d'une condamnation remontant à 2014 pour détournements dans la filiale russe du groupe français Yves Rocher. L'opposant a été reconnu coupable de multiples violations des conditions du contrôle judiciaire exigé par cette peine avec sursis. 

L'inévitable question des cyberattaques

Vladimir Poutine a assuré qu'il s'était entendu avec son homologue américain sur des «consultations en matière de cybersécurité», les deux pays s'accusant mutuellement d'une multitude de cyberattaques. Estimant que le plus grand nombre de cyberattaques dans le monde provenait de l'espace américain, le président russe a en outre critiqué l'absence de coopération jusqu'alors, en la matière, de la part de Washington.

Pour rappel, le thème des cyberattaques revient comme un leitmotiv conflictuel entre les deux pays. Au mois de mai, Washington a soupçonné des hackeurs russes dans des cyberattaques ayant visé aux Etats-Unis le géant mondial de la viande JBS et l'opérateur d'un immense oléoduc américain. Lors d'une intervention au Forum de Saint Pétersbourg le 4 juin, Vladimir Poutine avait déjà assuré que Moscou n'était pas derrière ces actes malveillants, évoquant des accusations «absurdes» : «Les services américains compétents doivent trouver l'extorqueur. Ce n'est certainement pas la Russie», avait-il alors enjoint auprès de la chaîne Pervy Kanal.

Le dossier ukrainien

«Les accords de Minsk devraient être au cœur du règlement en Ukraine, Biden est d’accord avec cela», a fait savoir le président russe, avant d'ajouter : «En ce qui concerne les obligations vis-à-vis de l'Ukraine, nous n'avons qu'une obligation : promouvoir la mise en œuvre des accords de Minsk. Si la partie ukrainienne est prête à cela, nous suivrons cette voie, sans aucun doute.»
Vladimir Poutine a cependant dénoncé la stratégie ukrainienne comme étant «en décalage avec les engagements de Minsk».

Il a en effet accusé Kiev de violer un accord visant à mettre fin au conflit entre les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Quant au sujet de l'éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, il a affirmé que la question avait été abordée «vite fait» lors de la rencontre avec Joseph Biden, précisant : «Il n'y a rien à discuter».

L'effet des sanctions américaines

«Il y a des opposants et des partisans au développement des relations avec la Russie, quelles forces prévaudront ?», a interrogé Vladimir Poutine sur la question du prolongement des sanctions américaines contre la Russie. Le président russe a ajouté que les pertes des Etats-Unis dues aux sanctions n'étaient pas moindres par rapport à celles de la Russie, soulignant que Moscou n'avait pas imposé des mesures en premier.

Vladimir Poutine a en outre déclaré que des sanctions occidentales avaient déjà incité certaines entreprises américaines à quitter la Russie et à céder leurs activités à des rivaux.

Vers une consolidation de certains traités ?

«Vous avez réussi à tout mélanger», a lancé, en souriant, Vladimir Poutine à un journaliste de la BBC qui venait de lui demander s'il comptait mettre un terme à «l'imprévisibilité» de la Russie sur la scène internationale. «Je vous renvoie la balle», a poursuivi le président russe en évoquant des exemples de retraits américains de plusieurs traités, dont celui sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. «Vous croyez que nous sommes imprévisibles ? Je ne le pense pas, nous réagissons aux menaces qui se présentent», a-t-il encore ajouté.

«Dieu merci, Joseph Biden a décidé de prolonger le traité New Start [traité de réduction des armes stratégiques qui limite le nombre d'ogives nucléaires, de missiles et de bombardiers que la Russie et les Etats-Unis peuvent déployer], c'est très raisonnable pour les cinq ans à venir», a encore déclaré le président russe, affirmant que Moscou et Washington avaient convenu de lancer des négociations sur le contrôle des armes nucléaires afin d'appuyer le traité en question, pierre angulaire du contrôle des armes au niveau mondial.

Comme le rapporte l'agence Reuters, les deux parties ont en effet adopté une déclaration commune, réaffirmant leur engagement concernant «le principe qu'il ne peut y avoir de gagnants dans une guerre nucléaire et qu'elle ne doit jamais être menée».

L'Arctique : un pôle source de tensions

«La Russie et les Etats-Unis font partie des huit pays membres du Conseil de l'Arctique, nous devons unir nos efforts en ce qui concerne l'utilisation de la route commerciale du Grand nord. Nous, la Russie, avons l'intention de nous en tenir pleinement aux normes du droit maritime international», a notamment déclaré Vladimir Poutine sur le sujet. Il a ajouté que les inquiétudes américaines concernant la militarisation de l'Arctique par la Russie n'étaient pas fondées.

En tout état de cause, les routes commerciales intercontinentales présentent des enjeux géopolitiques de taille, notamment pour la Russie qui a massivement investi dans le développement de la route maritime du Nord. Son principal atout : permettre aux navires de réduire drastiquement leur temps de trajet entre l'Europe et l'Asie par rapport à d'autres voies comme le canal de Suez.

Néanmoins, le président russe s'est voulu optimiste et a déclaré lors de sa conférence de presse qu'il n'y avait «pas un seul problème» que la Fédération de Russie et les Etats-Unis ne puissent pas résoudre ensemble. 

  • 16 juin 2021 à 21:29

Loi Climat : «Une grande mascarade. La preuve que Macron est l'otage des lobbies»

Cinq semaines après avoir été adopté par l’Assemblée nationale, le projet de loi climat et résilience, porté par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et inspiré des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), faisait son arrivée au Sénat ce 14 juin. Yves Contassot, membre de Génération.s, estime que ce projet est une «mascarade» et sera insuffisant pour «atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz a effet de serre».

  • 16 juin 2021 à 21:07
Hier — 16 juin 2021RT French

Papacito auditionné par la police dans le cadre de l'enquête pour «provocation au meurtre»

Le Youtubeur et scénariste Papacito était entendu en audition libre le 16 juin par la police dans l'enquête pour «provocation au meurtre» , ouverte après la diffusion d'une de ses vidéos simulant l'exécution d'un électeur de La France insoumise (LFI), selon des sources proches de l'enquête relayées par l'AFP. Le 9 juin, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour «provocation publique non suivie d'effet à la commission d'atteintes à la vie ou à l'intégrité des personnes». 

Dans une vidéo publiée le 6 juin sur YouTube, et retirée depuis, Papacito s'en était pris aux «6%» des «gens qui votent pour le parti de Jean-Luc Mélenchon», chef de file de La France insoumise (LFI) et candidat à l'élection présidentielle de 2022, «dans ce pays».

Affublé d'un treillis militaire, le Youtubeur tirait avec des armes à feu sur un mannequin représentant un électeur LFI, ensuite lardé de coups de couteau.

Des extraits de cette vidéo avaient été abondamment relayés et dénoncés sur les réseaux sociaux par LFI. Jean-Luc Mélenchon avait évoqué un «appel au meurtre» et déposé plainte.

Papacito, de son vrai nom Ugo Gil Jimenez, s'était défendu auprès du magazine Valeurs actuelles en invoquant la satire tout en reconnaissant que la vidéo était «extrêmement provocante».

  • 16 juin 2021 à 20:22

Mali : deux soldats de l'opération Barkhane blessés lors d'une embuscade de Daesh

Une embuscade tendue par Daesh le 15 juin dans la région de Ménaka au Mali a fait plusieurs soldats blessés qui étaient déployés dans le cadre de l'opération Barkhane. L'aviation française a été appelée en renfort avec des hélicoptères d'attaque et des avions de chasse afin de neutraliser les djihadistes dont le nombre de morts n'a pas été communiqué.

Au cours de cette mission de reconnaissance, des soldats de la force française et de la 114e compagnie de sécurité intérieure nigérienne «ont été pris à partie» par des djihadistes, selon le récit du porte-parole de l'état-major, le général Frédéric Barbry relayé par l'AFP. 

Cet assaut a donné lieu à une riposte des militaires et «au cours de cette action de combat, un militaire nigérien a perdu la vie, un second a été blessé». Deux militaires français ont également été blessés avant d'être évacués et pris en charge par l'hôpital militaire de Gao. Toujours d'après le général, leur pronostic vital ne serait pas engagé.

Le 10 juin, le président Emmanuel Macron avait annoncé la fin de l'opération française Barkhane au Sahel dans ces modalités actuelles afin de laisser la place à une «alliance internationale associant les Etats de la région». Cette «transformation»  passera notamment par la fermeture de bases de l'armée française, avait détaillé le président de la République. Elle sera remplacée d'ici 2023 par un dispositif plus léger d'appui et d'accompagnement au combat des troupes locales au prix d'une montée en puissance espérée des Européens et d'un investissement majeur des pouvoirs africains.

La France souhaite ne plus essayer de sécuriser des zones où les Etats africains n'arrivent pas à garder pied, pour se concentrer sur la lutte ciblée contre les djihadistes. Une réorientation qui intervient alors que l'élection présidentielle française de 2022 se rapproche et que l'effort militaire suscite des interrogations croissantes en France, notamment au regard des 50 soldats tués au combat depuis 2013.

  • 16 juin 2021 à 18:26

Martineau : une des grosses têtes de la préfecture de police de Paris sur le départ

Valérie Martineau, actuelle directrice de la sécurité de la proximité de l'agglomération parisienne à la préfecture de police (DSPAP), avait déjà été décrite par plusieurs sources comme une «grosse bosseuse» qui «enquillait des quinze heures de travail», mais qui avait le plus grand mal à déléguer, et qui était surtout connue pour son caractère bien trempé, avec une «personnalité crispante», «fermée».

De source policière, elle aurait annoncé à ses équipes le 15 juin qu'elle allait quitter son poste. Bientôt la rumeur enflait sur les réseaux sociaux et plusieurs journalistes la disaient «démise de ses fonctions».

Son service est fort de 20 000 personnes et il a compétence pour prévenir et réprimer la délinquance à Paris et en petite couronne. Il s'agit d'un poste à haute responsabilité et avec une dimension fusible non-négligeable, comme l'a appris à ses dépens le prédécesseur de Valérie Martineau, Frédéric Dupuch, lui-même débarqué sans ménagement en compagnie de l'ancien préfet de police de Paris, Michel Delpuech en pleine séquence Gilets jaunes au printemps 2019.

La DSPAP sortante aura donc duré deux années au cours desquelles elle a laissé la trace, auprès des corps intermédiaires syndicaux, d'une directrice «manquant parfois de sens commun», dit l'un, mais surtout «fermée à tout dialogue social», selon un autre : Yvan Assioma, secrétaire national Ile-de-France d'Alliance.

Un policier anonyme, contacté par RT France, qui croise le fer avec l'administration depuis plusieurs mois, soupire lui aussi, soulagé, parce que Valérie Martineau aurait directement pesé dans son dossier disciplinaire pour le faire plonger : «Quelle belle soirée avec cette victoire des Bleus et Martineau éjectée !»

Un geste d'apaisement envers les policiers franciliens ?

Une source syndicale précise la pensée : démettre Valérie Martineau de ses fonctions avant l'été pourrait aussi envoyer un message d'assouplissement aux policiers de terrain d'Ile-de-France... Autant de fonctionnaires que le gouvernement et l'administration pourraient vouloir conserver dans les meilleures dispositions en amont d'une possible rentrée sociale et sécuritaire chargée (notamment avec l'ouverture du procès du 13 novembre au mois de septembre 2021), surtout dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle 2022.

Aucune raison n'est clairement évoquée pour ce limogeage pour le moment (avec probablement une autre mission à la clef), mais une source policière contactée par RT France évoque une hypothèse : «Cela doit être pour l'ensemble de son œuvre à cette direction. Tout a toujours été très compliqué avec elle. En plus, elle avait la main lourde sur les sanctions et légère sur les récompenses.»

Une source syndicale souffle quant à elle : «Nous avions essayé de lui faire passer le message qu'elle arrête de visiter les services de police, parce que les gens la craignaient.»

Sollicitée par RT France, la préfecture de police n'a pas été en mesure de répondre dans l'immédiat pour expliquer, ni confirmer le départ prochain de la DSPAP.

Une directrice qui était déjà sur la sellette

La légitimité de Valérie Martineau à cette direction majeure de la préfecture de police avait en partie été éprouvée par différentes affaires médiatisées, notamment la gestion de la colère des policiers de terrain à l'été 2020, ainsi qu'une réforme des Compagnies de sécurisation et d'intervention franciliennes qu'elle entendait mener de front, sans s'embarrasser de dialogue social avant d'être désavouée en partie par Didier Lallement (dans la foulée des affaires judiciaires en cours au sein de la CSI 93).

Enfin, sa direction avait été pointée du doigt dans la gestion du démantèlement d'un camp de migrants place de la République à Paris le 23 novembre 2020, avec des violences illégitimes commises par certains fonctionnaires à l'égard de migrants et de journalistes, notamment. Didier Lallement avait gardé sa casquette, mais la DSPAP était déjà annoncée sur la sellette. Une source policière nous fait savoir que certains hauts-fonctionnaires avaient déjà été approchés récemment pour la remplacer. Le nom d'une autre femme circule déjà.

Antoine Boitel

  • 16 juin 2021 à 17:49

La rencontre Poutine-Biden prouve que «la Russie est au cœur du grand jeu international»

La rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève ce 16 juin représente «une victoire» pour le président russe, prouvant le retour de son pays «au cœur du grand jeu international», analyse Xavier Moreau, directeur de Stratpol, centre d'analyses politico-stratégiques. 

«C'est déjà une victoire pour Vladimir Poutine puisque Joe Biden était vice-président de Barack Obama à l'époque où celui-ci qualifiait la Russie de "puissance régionale"», estime-t-il par ailleurs. 

«Or, aujourd'hui, la rencontre Poutine-Biden est pour l'instant le grand moment de politique étrangère de 2021. Les Etats-Unis ont été obligés de reconnaître que la Russie n'était pas cette puissance négligeable qu'elle était devenue dans les années 1990», a souligné Xavier Moreau, qui précise que les élites russes voient dans cette rencontre la preuve que «la Russie est au coeur du grand jeu international».

Au sujet des accusations de cyberattaques régulièrement portées par les Etats-Unis, ce que la Russie a toujours démenti, le spécialiste en relations internationales explique que «cette dernière a déjà proposé depuis longtemps de coopérer dans la lutte contre les cyberattaques».

«Mais le sujet ne sera pas particulièrement abordé, parce que Joe Biden sait pertinemment que, de la même manière que les ingérences russes dans la campagne américaine sont une fake news, ces histoires de cyberattaques servent à maintenir un état de tension entre Washington et Moscou», ajoute-t-il.

Toujours selon Xavier Moreau , les questions portant sur l'armement seront au cœur des discussions, notamment «la prolongation des accords internationaux sur le contrôle des armements», et éventuellement le traité Ciel ouvert de contrôle par survol, que la Russie a quitté le 7 juin à la suite du retrait des Etats-Unis en novembre 2020, que la Russie avait désapprouvé. «Il est possible que Joe Biden veuille y revenir», a expliqué le spécialiste.

Le ton des échanges en face-à-face des deux dirigeants devrait être nettement différent de celui employé par le président américain depuis son arrivée au pouvoir, a également souligné Xavier Moreau. «Joe Biden, vis-à-vis de son parti et de son électeur, doit avoir dans les déclarations publiques une position hostile à la Russie», a-t-il expliqué, soulignant que Vladimir Poutine et le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov «savent très bien que les chefs d'Etat occidentaux, que ce soit Joe Biden ou Emmanuel Macron, disent une chose pour leur opinion publique et en font une autre au moment des discussions».

  • 16 juin 2021 à 17:42

Stationnement à Paris : fin de la gratuité pour les deux-roues dès 2022

L’adjoint Europe écologie les Verts (EELV) à la Mairie de Paris, David Belliard, a dévoilé le 15 juin le détail des mesures envisagées dans le cadre d'une vaste réforme des stationnements à la suite des Etats généraux du stationnement qui se sont tenus en octobre dernier. Les scooters et les motos thermiques devront s'acquitter d'un droit de stationnement à compter de 2022, et les automobilistes «visiteurs» verront le tarif horaire du stationnement augmenter dès la 1er août 2021. La moitié des places de stationnement situées en surface (c’est-à-dire entre 60 000 et 65 000) devraient également être supprimées pour être transformées en trottoirs élargis, pistes cyclables, espaces végétalisés, terrasses, etc.

Comme le précise la Mairie de Paris sur son site internet, la gratuité du stationnement sera préservée pour les scooters et les motos électriques mais les deux-roues motorisés (scooters, mobylettes et motos) devront payer 3 euros l'heure pour un stationnement du Ier au XIe arrondissement et 2 euros l'heure dans les autres arrondissements, ce qui correspond à un tarif égal à 50% de celui appliqué aux automobiles. David Belliard a également appelé la future police municipale parisienne à «sanctionner plus durement le stationnement sauvage» des deux roues motorisées.

Pour les automobilistes non-résidents, l’augmentation du tarif passera de 4 euros à 6 euros l’heure de stationnement dans le centre de Paris (Ier au XIe arrondissement) et de 2,4 euros à 4 euros l’heure dans les autres arrondissements. Les contraventions seront également rehaussées en passant de 50 à 75 euros dans le centre de Paris et de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs.

Pour tous les publics (deux-roues motorisés ou voitures), Paris souhaite préserver une logique tarifaire qui évolue selon le profil du motard ou de l'automobiliste. Les tarifications ne seront donc pas les mêmes pour les résidents, les professionnels et les visiteurs. S'agissant des résidents qui ont droit à des tarifs préférentiels en obtenant une carte de résident, la ville va limiter le nombre de cartes de stationnement autorisé par personne estimant que 6% d’entre eux disposent de 2 ou 3 cartes de stationnement résidentiel. La Mairie de Paris a par ailleurs révélé travailler avec les concessionnaires et les bailleurs sociaux pour faciliter la transition des véhicules des riverains vers le sous-sol.

Le coordinateur de la Fédération française des motards dénonce un plan «arbitraire»

Après l'annonce de cette réforme, les réactions ont fusé : le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, a déclaré immédiatement sur Twitter : «Ami automobiliste, c'est officiel ! Cela coûtera désormais plus cher à Paris de se garer que de rouler», dénonçant le «délire de bobo écolo nourrie au caviar bio» de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Ami automobiliste, c'est officiel! cela coutera désormais plus cher à @Paris de se garer que de rouler. 1H de stationnement? 6 euros! @Anne_Hidalgo nage en plein délire de bobo écolo nourrie au caviar bio à la louche! 1H, 6 euros ! On en rie ou on en pleure ? #NotreDrameDeParis

— Pierre Chasseray (@PChasseray) June 15, 2021

Interrogé par Sud Radio le 16 juin, Jean-Marc Belotti, coordinateur de la Fédération française des motards en colère pour Paris et la petite couronne, a dénoncé un plan «arbitraire», estimant que «faire payer les deux-roues motorisés dans les grandes villes, c’est nier leur plus-value en termes de fluidification du trafic, de mobilité», a-t-il estimé, soulignant que des gens viennent «travailler dans les grandes villes avec des voitures de quatre à six places, quand nous, notre espace est optimisé». Le représentant des motards a également pointé du doigt les véhicules électriques qui seront exonérés alors «qu'on sait bien qu’ils ne sont pas verts, leur construction ne l’est pas».

Ces mesures de réduction du nombre de places de stationnement et d’augmentation des prix vont rajouter du chaos au chaos !

D'après Le Parisien, pour Rachida Dati, la maire du VIIe arrondissement de Paris et chef de file du groupe LR (Les Républicains) au Conseil de Paris, «cela va compliquer la vie des Parisiens», ajoutant que «cela va aussi, et surtout, compliquer la vie des non-Parisiens qui viennent dans la capitale pour travailler, faire des courses, se divertir», estimant enfin que «ces mesures de réduction du nombre de places de stationnement et d’augmentation des prix vont rajouter du chaos au chaos !»

La Mairie de Paris a par ailleurs souligné que les objectifs poursuivis par cette réforme étaient de lutter contre la pollution de l’air et le bruit provoqués par les véhicules à moteur thermique tout en rendant une partie de l’espace public aux piétons et aux cyclistes.«Aujourd'hui, la moitié de l'espace public est accaparée par la voiture», a souligné David Belliard, «alors qu'elle ne représente plus que 13% des déplacements et encore beaucoup trop de pollution». Ces nouvelles mesures seront présentées au Conseil de Paris en juillet 2021 avec une adoption qui laisse peu de place au doute étant donné le consensus qui existe sur le sujet au sein de la majorité.

  • 16 juin 2021 à 17:21

Pour François Bayrou, Emmanuel Macron a «réussi» face au Covid et les Français «lui en savent gré»

François Bayrou sait manier la flatterie. Devant une association de journalistes, le Haut-commissaire au plan a assuré ce 16 juin que c'est Emmanuel Macron qui «a réussi» et «qui avait raison» face au Covid et que les Français «lui en savent gré».

#directAN@bayrou#HautCommissaireauPlan et pdt du #Modem@AJParlement : « Il y a quelque chose de très positif dans l’opinion française. Le choix du président français a réussi, au contraire des déclarations de tous les opposants ». #poulsdupays

— AJP (@AJParlement) June 16, 2021

«Il y a quelque chose de très positif dans l'opinion française, c'est qu'elle constate que le choix du président de la République a réussi, au contraire de tous les jugements des opposants. Les Français le comprennent très bien, et je crois qu'ils en savent gré au président de la République. Ils pensent qu'il a tenu bon contre tout le monde et que c'est lui qui avait raison», a commenté le président du MoDem.

Comment je sens le pays ? Mieux qu'on ne le dit

Les dernières mesures d'opinion concernant la gestion de la crise du Covid ne vont cependant pas dans le sens de l'affirmation de François Bayrou. En février 2021, 60% des sondés d'une étude d'Odoxa ne faisaient pas confiance au gouvernement pour gérer la pandémie de Covid-19. En mars, 64% selon Elabe. En avril, 65% selon l'Ifop. En mai, 69% des Français interrogées par OpinionWay doutaient du plan de déconfinement, qu'ils le perçoivent comme trop ou au contraire pas assez rapide.

Le président du MoDem a néanmoins affiché son l'optimisme : «Comment je sens le pays ? Mieux qu'on ne le dit, du point de vue de son moral, parce que l'ouverture, le retour à une espèce de liberté de comportement, de rencontres, de visites, de partage d'un verre, d'un repas, apporte quelque chose», a-t-il espéré.

François Bayrou est également revenu sur ses propositions pour lutter contre la crise démographique française. «Assurer notre avenir démographique» passe par «deux voies : avoir plus d'enfants ou accueillir des personnes d'autres pays», avait écrit l'ancien ministre dans une note le 15 mai. «J’ai soutenu qu’il n’est pas possible que ce soit l’immigration qui équilibre la démographie française [...] Comment dire à un peuple : "Ce ne sont pas vos enfants qui sont votre avenir ?"», a-t-il ajouté ce 16 juin devant les journalistes.

  • 16 juin 2021 à 16:37

Euro 2020 : Pogba imite Ronaldo en retirant une bouteille de bière durant une conférence de presse

Alors que la France venait de battre l'Allemagne lors du match de football du 15 juin, en pleine compétition de l'Euro 2020, le joueur Paul Pogba a escamoté une bouteille de bière Heineken située devant lui durant la conférence de presse qui a suivi cette victoire.

¡POGBA APLICÓ UN CRISTIANO RONALDO! 😱

El mediocampista francés retiró una cerveza patrocinadora previo al arranque de la conferencia de prensa

A CR7 no le gusta el refresco y a Pogba la cerveza 👀 pic.twitter.com/cuhgxpxR8j

— La Octava Sports (@laoctavasports) June 15, 2021

Cristiano Ronaldo avait justement effectué un geste similaire le 14 juin en retirant une bouteille de la célèbre marque de soda Coca-Cola en arguant qu'il préférait boire de l'eau.

Cristiano Ronaldo qui déplace les bouteilles de Coca et qui dit "eau" en montrant aux journalistes 😭😭😭 pic.twitter.com/LaDNa95EcG

— Gio CR7 (@ArobaseGiovanny) June 14, 2021

Ce geste avait aussitôt provoqué une baisse de 4 milliards d'euros de la capitalisation boursière de Coca-Cola. Cette baisse, si elle est liée à l'attitude du capitaine de l'équipe du Portugal, n'est cependant pas rare en bourse et l'action Coca-Cola avait déjà connu entre le 4 et le 9 juin une chute d'un dollar.

Le geste de Paul Pogba a lui aussi suscité des spéculations selon lesquelles il n'aurait peut-être pas voulu approuver la marque parce qu'étant musulman, il considérerait l'alcool comme interdit, faisant partie des croyances qu'il a embrassées après s'être converti à l'islam il y a quelques années. La bouteille présente devant lui était toutefois sans alcool.

Différentes marques profitent de ces conférences de presse pour se mettre en avant, qu'il s'agisse de Heineken ou de Coca-Cola.

Les sponsors investissent des sommes importantes dans les compétitions de sport de grande ampleur comme l'Euro de football. Les placement de produits sont pour eux un moyen de gagner en visibilité mais permettent aussi l'organisation de ces compétitions. Paul Pogba serait peut-être moins susceptible de dénoncer les boissons gazeuses à l'instar de Cristiano Ronaldo, en raison de son accord de parrainage avec Pepsi, dont il est l'un des principaux signataires de la marque aux côtés de Lionel Messi.

  • 16 juin 2021 à 15:50

Policier tué sur les Champs-Elysées : 18 ans de prison requis contre le principal accusé

Le ministère public a requis le 16 juin une peine de 18 ans de prison assortie d'une période de sûreté des deux tiers envers le principal accusé dans le procès de l'assassinat du policier Xavier Jugelé, sur les Champs-Elysées le 20 avril 2017.

Nourredine Allam, âgé de 31 ans, a permis à l'assaillant Karim Cheurfi de «concrétiser son projet terroriste» en lui vendant «la kalachnikov chargée de 25 balles minimum» avec laquelle il a tué Xavier Jugelé et blessé trois autres personnes, dont deux policiers. Karim Cheurfi a été tué par les tirs de riposte des policiers.

Une peine de huit ans d'emprisonnement a été requise contre deux des trois autres accusés, Yanis Aidouni et Mohammed Bouguerra, pour avoir vendu la kalachnikov à Nourredine Allam, le seul qui était poursuivi sous la qualification terroriste.

Le ministère public a enfin demandé à la cour d'assises spéciale de prononcer une peine de 24 mois d'emprisonnement dont 12 avec sursis à l'encontre du dernier accusé, seulement poursuivi pour la détention du fusil d'assaut.

Selon le ministère public, sans Nourredine Allam, Karim Cheurfi «ne serait pas passé à l'action de la sorte».

Il s'est «mis en recherche active» d'un fusil d'assaut pour lui vendre «une arme de guerre pour faire un massacre et rien d'autre», a soutenu l'avocate générale. Selon elle, si Nourredine Allam n'adhérait pas idéologiquement au projet de Karim Cheurfi, largement «connu», de tuer des policiers, il devait «a minima se poser la question de [savoir] pourquoi Karim Cheurfi recherchait cette arme : pour commettre un attentat».

  • 16 juin 2021 à 14:30

Première poignée de main entre les présidents Poutine et Biden à Genève (VIDEO)

Joe Biden et Vladimir Poutine se sont brièvement serré la main ce 16 juin, juste avant le début de leur premier sommet à Genève. Les deux hommes, arrivés à la Villa La Grange à quelques minutes d'intervalle, ont été accueillis par le président suisse Guy Parmelin, qui leur a souhaité bonne chance avant leur face-à-face qui doit apaiser les tensions entre les deux pays, et peut-être dégager quelques rares terrains d'entente.

Auteur: RT France

Une rencontre symbolique ?

La ville a déjà accueilli le premier face-à-face entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1985, qui avait marqué le début du dégel de la guerre froide. En poste depuis janvier, Joe Biden a utilisé un ton offensif ces derniers jours à l'égard de son homologue russe, promettant de dire à Vladimir Poutine quelles sont «ses lignes rouges». «Nous ne cherchons pas un conflit avec la Russie, mais nous répondrons si la Russie continue ses activités», a-t-il assuré le 14 juin à la fin du sommet de l'OTAN à Bruxelles.

De son côté, le président russe présente une longue expérience vis-à-vis des présidents américains, puisque Joe Biden est le cinquième qu'il rencontre depuis son arrivée au pouvoir en 1999. Dans un entretien à la chaîne américaine NBC diffusé le 14 juin, il a déclare espérer que le président démocrate se montre moins impulsif que son prédécesseur républicain. Mais il a aussi saisi l'occasion pour souligner combien Donald Trump était, selon lui, un homme «talentueux».

  • 16 juin 2021 à 14:08

Incident sur un réacteur nucléaire construit par EDF en Chine : que se passe-t-il à Taishan ?

Le 14 juin, EDF déclarait dans un communiqué de presse avoir été informé de l’augmentation de la concentration de certains gaz rares (krypton et xenon) dans le circuit primaire du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Taishan. Cette dernière est détenue et exploitée par TNPJVC (Taishan Nuclear Power Joint Venture Company), une co-entreprise associant le groupe public chinois CGN (70%) et EDF (30%).

L’énergéticien français a précisé que la présence de ces gaz était «un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures d’exploitation des réacteurs», et qu’en tant qu’actionnaire de TNPJVC, il avait sollicité la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire pour connaître l’ensemble des données et évaluer les décisions à prendre.

Le jour même, la chaîne de télévision CNN avait semé le trouble en affirmant que le gouvernement des Etats-Unis avait passé la semaine à évaluer un rapport sur une fuite dans la centrale nucléaire chinoise, après l’envoi d’une note au département de l’Energie par Framatome (ex-Areva NP) – acteur majeur de la construction de la centrale nucléaire de Taishan – faisant état d’une «menace radiologique imminente».

Selon CNN, qui dit avoir consulté cette lettre, Framatome a accusé l'autorité de sûreté chinoise d’augmenter les limites acceptables de radiations à l'extérieur de la centrale nucléaire pour éviter d'avoir à la fermer. La chaîne précisait toutefois que l’«administration Biden estimait que l'installation n'[était] pas encore à un niveau de crise».

«Menace radiologique imminente» 

Contacté par RT France, le service communication de Framatome a refusé de confirmer ou de démentir ces informations et en particulier l’existence d’une «menace radiologique imminente» évoquée par CNN. Un communiqué de presse publié le 14 juin se borne à expliquer que «Framatome apporte son soutien à l’analyse de l’évolution d’un des paramètres de fonctionnement de la centrale nucléaire de Taishan [… et que] sur la base des informations disponibles, le réacteur est actuellement dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé».

Le 14 juin, EDF a expliqué en conférence de presse, que la procédure prévoyait que ces gaz soient collectés et traités afin d'en retirer la radioactivité, avant d'être rejetés dans l'air «dans le respect des limites réglementaires définies par l'autorité de sûreté chinoise», et que ces limites étaient dans la moyenne internationale. «Nous ne sommes pas sur des contaminations, nous sommes sur des rejets contrôlés, maîtrisés», a affirmé le groupe.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a, lors de son point de presse quotidien, déclaré le 15 juin que «d'après les informations fournies par les autorités compétentes, la situation actuelle à la centrale nucléaire de Taishan répond[ait] aux exigences techniques». Le lendemain, le ministère chinois de l'Environnement a précisé que cinq des plus de 60 000 barres de combustibles du réacteur numéro un avaient été endommagées, soit moins de 0,01%, alors que le seuil de tolérance prévue est de 0,25%. Il a par ailleurs démenti que les seuils de radioactivité aient été relevés, à l'extérieur de la centrale et jugé «erronée» la présentation des événements proposée par CNN.

Quant à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, elle a fait savoir qu'à ce stade elle n'avait aucune indication qu'un incident radiologique se soit produit.

Pas vraiment un accident, selon les experts

Interrogée par l’AFP, Karine Herviou, directrice générale adjointe de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français suppose que le problème est lié à des défaut d’étanchéité de gaine stockant le combustible, mais qu’à ce stade rien ne permet de parler d’accident et ajoute : «On ne connaît pas les valeurs, la concentration, on ne sait pas quelle est l’ampleur du phénomène. Mais il n’y a pas plus d’inquiétude à avoir pour l’instant, compte tenu de ce qu’on sait.»

Li Ning, un scientifique chinois spécialiste du nucléaire basé aux Etats-Unis et interrogé par l’agence Reuters estime pour sa part que CNN est en train de «faire une montagne d’une taupinière», et qu'il est irréaliste de s'attendre à «zéro défaillance» dans le revêtement des gaines de combustible des projets nucléaires partout dans le monde. Pour le scientifique, les médias sont «souvent peu disposés à mettre les risques en perspective», ce qui, selon lui, a «tué l'industrie nucléaire en Occident», et il ajoute que «les centrales au charbon peuvent émettre et décharger plus de radioactivité que les centrales nucléaires».

Les raisons de l’implication des Etats-Unis dans cet incident ne sont pas claires. Mais on sait que CGN l’opérateur public chinois du nucléaire, qui exploite avec EDF la centrale de Taishan, a été placé sur une liste noire (entity list) américaine en août 2019, ce qui interdit à toute entreprise de lui fournir tout bien ou service impliquant une technologie américaine qui peut être un simple logiciel. Or Framatome est très présente aux Etats-Unis, où l’entreprise française dispose, à Lynchburg en Virginie, d’un «Centre d'excellence opérationnel pour les produits et services nucléaires en Amérique du Nord». Cela signifie, selon LI Ning cité par Reuters, que Framatome, a désormais besoin d'une dérogation du gouvernement américain pour aider CGN à résoudre des problèmes technologiques complexes.

Mauvaise publicité pour l'EPR

Selon la plupart des experts internationaux cités par les agences de presse, l’incident ne semble guère présenter de risque de contamination radioactive. C’est malgré tout une mauvaise nouvelle de plus pour cette technologie dite de troisième génération développée par EDF et Siemens, conçue pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, et désormais concurrencée par l’AP 1000 de l’Américain Westinghouse, le VVER-1200 du Russe Rosatom et le Hualong 1 du Chinois CGN.

Toutes les énergies ont des avantages et des inconvénients, regardons-les mais ne réagissons pas à chaud

D’autant que Taishan faisait jusqu’ici figure de réussite pour l’EPR d’EDF, alors que l’énergéticien français a accumulé les déboires, retards et énormes surcoûts sur ses trois chantiers européens : en Finlande avec la centrale d’Olkiluoto toujours pas en service alors que sa livraison était prévue pour 2009, au Royaume-Uni avec le troisième bloc de la centrale d’Hinkley Point elle aussi retardée et en partie financée par CGN, et enfin en France avec la centrale de Flamanville ayant elle-aussi accumulé les retards et les surcoûts.

En France la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a réagi sur France Inter le 15 juin en déclarant : «Je crois qu’il ne faut pas avoir une réflexion sur notre politique énergétique en réaction à un fait qui se passe.» L’ancienne élue écologiste ralliée à La République en marche en 2017 et auparavant adversaire déclaré du nucléaire a ajouté : «Toutes les énergies ont des avantages et des inconvénients, regardons-les mais ne réagissons pas à chaud.»

Yannick Jadot réagit 

«L’EPR, à l’épreuve de son fonctionnement, de sa sécurité réelle et de la démocratie, est une catastrophe. Stoppons ces projets !», s’est pour sa part empressé de twitter l’eurodéputé EELV Yannick Jadot.

La centrale de Taishan, est située de sur la côte de la mer de Chine méridionale dans la région du Guangdong, à moins de 120 kilomètres de Hong Kong. C’est, à ce jour la seule centrale nucléaire au monde en service équipée de réacteurs (deux) de technologie EPR.

Le parc nucléaire chinois se développe à grande vitesse et constitue le premier marché mondial pour les entreprises d’ingénierie nucléaire. Le pays a plus que doublé ses capacités civiles en six ans, passant de 22 à 50 réacteurs en service, et 18 autres sont actuellement en construction. La Chine est ainsi le troisième pays le plus nucléarisé derrière les Etats-Unis (95 réacteurs en service) et la France (56), et devant la Russie (35).

Ivan Lapchine

  • 16 juin 2021 à 13:45

Castex annonce la fin du masque en extérieur le 17 juin et la levée du couvre-feu le 20 juin

A l'issue du Conseil de défense et du Conseil des ministres du 16 juin, le Premier ministre Jean Castex a fait savoir que le port du masque en extérieur ne serait plus obligatoire à partir du 17 juin, sauf dans certains cas, et que le couvre-feu serait définitivement levé le 20 juin.

Ainsi, le port du masque en extérieur ne sera plus obligatoire à partir du 17 juin, sauf dans certaines circonstances comme dans les stades, les lieux bondés ou encore lors des regroupements, a-t-il fait savoir. Une décision prise, selon lui, car la situation sanitaire «s'améliore plus vite que nous l'avions espéré».

Il a également annoncé que le couvre-feu serait définitivement levé à partir du 20 juin à 23h. Il a néanmoins précisé que les autres «protocoles ser[aie]nt maintenus» lors de la fête de la musique qui doit se tenir le lendemain ainsi que jusqu'au 30 juin pour les autres évènements (organisation de concerts seulement en extérieur avec gestes barrière et pas sur la voie publique, règles de jauges pour les bars restaurants et lieux de spectacles...).

Le Premier ministre a par ailleurs affiché un objectif de 35 millions de Français complétement vaccinés fin août, ajoutant vouloir que 40 millions de premières doses soit effectuées à cette même date. Il a précisé souhaiter que 85% des plus de 50 ans, ainsi que des adultes souffrant de comorbidités, aient reçu au moins une injection à a fin août.

Le 16 juin, 30,7 millions de Français ont reçu une première dose et 16,7 millions sont complètement vaccinés, soit avec deux injections, soit avec une seule dans le cas où cela est suffisant.

  • 16 juin 2021 à 13:25

La Hongrie interdit de promouvoir l'homosexualité auprès des mineurs

La Hongrie a adopté le 15 juin une nouvelle législation interdisant la promotion entre autre, de l'homosexualité auprès des mineurs. «La pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans», est-il écrit dans ce document consulté par l'AFP, qui entend ainsi «protéger les droits des enfants» notamment à l'école, selon un communiqué publié le 15 juin par le Fidesz, le parti de Viktor Orban.

La loi développe aussi l'arsenal pénal à l'encontre de la pédophilie et la pédopornographie, interdisant par exemple à toute personne condamnée pour pédophilie d'occuper un emploi en contact avec des enfants. La création d'une base de données, accessible au public, des personnes condamnées est aussi prévue.

Programmes scolaires, publicités et émissions télévisées dans le viseur

Outre les programmes scolaires, le texte s'appliquera également aux publicités comme celle de Coca-Cola, présentant un couple d'hommes, qui avait suscité en 2019 des appels au boycott. Des programmes télévisés pourraient aussi tomber sous le coup de la loi. «Désormais, les soirées télévisées ne pourront recommander des films et programmes de cette nature qu'à des personnes de plus de dix-huit ans», est-il assuré dans le communiqué du Fidesz.

Les amendements en question ont été adoptés par 157 voix contre 1, toutefois tous les partis d'opposition ont boycotté le vote en signe de protestation. Par ailleurs, plusieurs groupes de défense des droits civiques, dont Amnesty International Hongrie, l'Association LGBT hongroise et Budapest pride ont condamné cette décision.

Des manifestation ont eu lieu le 14 juin, en amont du vote, pour contester le texte.

Demonstration in Budapest against the Hungarian government's new law banning #LGBT "propaganda". pic.twitter.com/cD67sOicm3

— Andras Juhasz (@andras_juhasz) June 14, 2021

Certains responsables de l'Union européenne ne sont pas restés indifférents à l'adoption de ce dispositif légal. Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne française des Verts et rapporteur du Parlement européen sur l'Etat de droit en Hongrie, a ainsi jugé dans un communiqué publié le 15 juin que l'utilisation de «la protection de l'enfance comme excuse pour cibler les personnes LGBTIQ est préjudiciable à tous les enfants en Hongrie».

From Brussels, standing with the people in #Hungary and saying: government must scrap new law passed today targeting #LGBTIQ community.

"Once again, #Fidesz is using censorship to stigmatise and scapegoat LGBTIQ people," says our MEP @GDelbosCorfield: https://t.co/bPAIWK5RGspic.twitter.com/pcFwHA9eeC

— Greens/EFA in the EU Parliament 🌍 (@GreensEFA) June 15, 2021

Elle dénonce plus avant «le Fidesz [qui] utilise la censure pour stigmatiser et faire des boucs émissaires les personnes LGBTIQ». Gwendoline Delbos-Corfield dénonce aussi le texte comme un «affront aux valeurs européennes».

Clément Beaune, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, a estimé en marge d'un déplacement à Vienne qu'il n'était pas possible de «laisser nos concitoyens penser que sur des sujets aussi fondamentaux, l'Europe est à la carte. Et donc nous les défendrons sans aucune faiblesse».

Une porte-parole du département d'Etat à Washington a quant à elle fait part de son «inquiétude», soulignant que la loi hongroise établissait des restrictions qui «n'ont pas leur place dans une société démocratique», selon des propos rapportés par l'AFP.

En raison d'un non respect de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui interdit toute discrimination en fonction de l'orientation sexuelle, la Hongrie est fréquemment dans le viseur de Bruxelles.

  • 16 juin 2021 à 13:00

Etats-Unis : l'Arizona interdit à ses universités de conditionner l'accès aux cours à la vaccination

«En Arizona, se faire vacciner contre le Covid-19 est un choix, pas une exigence», a écrit le 15 juin sur les réseaux sociaux le gouverneur républicain de l'Etat du Grand Canyon. Douglas Ducey vient en effet de publier un décret interdisant aux établissements publics d'enseignement supérieur de conditionner l'accès aux cours pour les étudiants à la présentation d'un test négatif, à la preuve d'une vaccination contre le Covid-19 ou encore au port d'un masque.

In Arizona, getting the #COVID19 vaccine is a choice – not a requirement.

Today, I issued an Executive Order protecting access to Arizona’s public universities and community colleges for all students. 1/

— Doug Ducey (@dougducey) June 15, 2021

Intitulé «Protéger l'accès des étudiants à l'enseignement supérieur public», le texte prévoit toutefois des règles spécifiques pour certaines catégories d'étudiants. «Les étudiants participant à des stages cliniques dans un établissement de soins de santé agréé [comme] des hôpitaux, des établissements de soins infirmiers, des établissements de soins résidentiels, des établissements de soins intermédiaires pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, des foyers de groupe ou d'autres établissements médicaux peuvent être tenus de fournir une preuve de vaccination contre le Covid-19 et être soumis à des examens ainsi que des tests de santé réguliers déterminés par l'établissement de soins concerné», peut-on en effet lire dans le décret.

Le vaccin fonctionne, et nous encourageons les Arizoniens à le prendre. Mais c'est un choix et nous devons faire en sorte que cela reste ainsi

En outre, publié le jour-même, un communiqué de l'Etat d'Arizona précise que «le décret n'empêche pas les établissements d'enseignement supérieur d'encourager les vaccinations, de proposer des tests de dépistage ou d'imposer le port volontaire de masques, conformément aux recommandations des centres de contrôle médicaux».

«Le vaccin fonctionne, et nous encourageons les Arizoniens à le prendre. Mais c'est un choix et nous devons faire en sorte que cela reste ainsi», a déclaré Douglas Ducey, avant de souligner que l'éducation publique était un droit et qu'elle était financée par les contribuables. «Nous devons faire en sorte que nos universités publiques soient disponibles pour que les étudiants puissent reprendre leurs études. Ils ont déjà manqué trop de cours. De la maternelle à l'enseignement supérieur, l'Arizona soutient l'apprentissage en présentiel», a encore rappelé le gouverneur.

Selon le même communiqué, l'Etat de plus de sept millions d'habitants a déjà administré 6 201 598 doses de vaccin contre le Covid-19, 3 006 771 Arizoniens étant à ce jour entièrement vaccinés. 

  • 16 juin 2021 à 12:24

«Comme en 18» : la Une de L'Equipe après la victoire de la France sur l'Allemagne fait réagir

La victoire de l'équipe de France de football face à l'Allemagne (1-0) le 15 juin a été rapportée par le quotidien sportif L'Equipe en Une de son édition du lendemain avec le titre «Comme en 18». Une référence au succès français à la Coupe du monde 2018, mais aussi à l'expression «c'est reparti comme en 14», répandue en France depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, en souvenir du déclenchement en 1914 de la Première guerre mondiale, achevée en 1918 par la défaite de l'Allemagne.

Sur les réseaux, le parallèle a été jugé douteux par plusieurs internautes. Le journaliste de France Télévisions Samuel Etienne a ainsi écrit : «Le sport ne peut-il pas être autre chose que la continuation de la guerre pas d’autres moyens ? La référence à la guerre 14-18 et à ses millions de morts est-elle forcément nécessaire après un France-Allemagne ? Vous avez 4 heures...»

Le sport ne peut-il pas être autre chose que la continuation de la guerre pas d’autres moyens ?
La ref à la Guerre 14-18 et à ses millions de morts est-elle forcément nécessaire après un France-Allemagne ?
Vous avez 4 heures… pic.twitter.com/HyLBM176VP

— Samuel Etienne (@SamuelEtienne) June 16, 2021

Le consultant Jean-Marc Lafon a carrément demandé «qui est le salopard qui a imaginé cette Une ?»

Qui est le salopard qui a imaginé cette une ? Qui est l’enflure qui l’a validée ? pic.twitter.com/tcWxTwcogO

— Jean-Marc Lafon 💉 #1 (@JM_Lafon) June 16, 2021

L'animateur et vidéaste Pierre-Alexis Bizot (Domingo) a de son côté déploré une Une en «roue libre». «[Il] y avait tellement mieux à faire», a-t-il ajouté.

Oh la roue libre, y avait tellement mieux à faire

— PA 🍿 (@Domingo) June 15, 2021

Le journaliste de RFI Pascal Thibaut, correspondant de la radio en Allemagne, a déploré que L'Equipe ressorte «les vieux cadavres nationalistes du formol». «Il parait qu'on est réconcilié depuis des décennies mais visiblement certains n'ont pas capté le message», a-t-il ajouté dans un tweet.

"Comme en 18" quand @lequipe ressort les vieux cadavres nationalistes du formol. Y parait qu'on est réconcilié depuis des décennies mais visiblement certains n'ont pas capté le message pic.twitter.com/FnPxhXfnjY

— Pascal Thibaut (@pthibaut) June 16, 2021

En Belgique, la RTBF estime que «L’Equipe déraille en Une après France-Allemagne» : «Si elle permettra toujours à son auteur de se justifier en avançant la référence à la dernière Coupe du monde (ce qui est abondamment le cas dans les pages internes), cette Une rappelle immédiatement la victoire de la nation française face à son homologue allemande après la grande guerre», explique le média belge.

  • 16 juin 2021 à 12:00

Moscou rend obligatoire la vaccination contre le Covid-19 des employés du secteur des services

Sergueï Sobianine, le maire de Moscou, a annoncé le 16 juin la vaccination obligatoire pour tous les employés du secteur des services contre le Covid-19 afin de contrer une évolution épidémiologique «dramatique».

«Nous devons tout simplement tout faire pour mener au plus vite une vaccination de masse et arrêter cette terrible maladie et mettre fin aux décès de milliers de personnes», a fait valoir l'édile sur son site.

«Plus de 12 000 personnes sont dans les hôpitaux avec différents degrés de gravité de la maladie. Quant au taux d'incidence, nous sommes déjà au niveau des pics de l'année dernière», a également écrit Sergueï Sobianine, soulignant que plus de 1,8 million de personnes à Moscou avait déjà été vaccinées contre le Covid-19 depuis le début de la campagne de vaccination.

«Il existe une protection [contre la maladie], c'est la vaccination. Il y a aussi une accessibilité totale à l'un des meilleurs et des plus fiables vaccins, qui a passé les essais internationaux les plus importants et les plus réussis de l'histoire du pays», a-t-il encore écrit.

Pour rappel, au mois d'avril, Vladimir Poutine avait lui-même insisté sur l'«importance capitale» de la vaccination dans l'optique de «permettre à l'immunité collective de se développer à l'automne», soulignant l'importance de l'indépendance de son pays dans le domaine médical.

  • 16 juin 2021 à 11:58

Une base militaire colombienne attaquée à la voiture piégée, 36 personnes blessées

Un attentat à la voiture piégée a fait 36 blessés le 15 juin dans une base militaire de la ville de Cucuta, dans le nord-est de la Colombie, selon le gouvernement qui a attribué cette attaque à la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN).

Des vidéos circulant en ligne prétendent montrer le moment où les deux explosions se sont déclenchées, l'une étant capturée à quelques mètres de la détonation.

Colombia car bomb footage - 30 injuries now reported amongst military members pic.twitter.com/LgNuUjSNCC

— ASB News / MILITARY〽️ (@ASBMilitary) June 15, 2021

En annonçant ce bilan, le ministre de la Défense, Diego Molano, a condamné un «acte terroriste [...] visant des soldats colombiens».

Video of the second explosion of the car bomb at the 30th brigade of the Colombian army in Cúcuta. It appears there were 2 explosions, both were significant explosions #Colombiapic.twitter.com/IJGRamc6a0

— CNW (@ConflictsW) June 15, 2021

«L'hypothèse de départ de l'enquête est que l'ELN est à l'origine de cet acte insensé et ignoble», a-t-il ajouté.

Trois des militaires blessés sont dans un état grave tandis que deux civils qui se trouvent parmi les victimes sont hors de danger.

Le président Duque se rend sur place

L'ELN est considérée comme la dernière guérilla active du pays depuis l'accord de paix de 2016 avec la rébellion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Le président colombien Ivan Duque s'est rendu sur les lieux «pour superviser directement la situation».

Selon un communiqué du ministère de la Défense, vers 15h heure locale, deux personnes dans une camionnette Toyota blanche se sont infiltrées dans la base, se faisant passer pour des fonctionnaires. Elles ont ensuite déclenché deux explosions dans le véhicule qui ont touché l'unité militaire.

Des journalistes de l'AFP ont filmé et photographié plusieurs blessés entrant dans une clinique proche du lieu de l'explosion.

Des dommages infligés à un bâtiment près de la base ont également été vus dans une vidéo pour le moment non authentifiée faisant le tour des réseaux sociaux, montrant des fenêtres brisées et des débris éparpillés sur le sol alors qu'un feu couvait en arrière-plan.

Significant damage to buildings next to the car bomb pic.twitter.com/AxSW28ODaU

— CNW (@ConflictsW) June 15, 2021

Cucuta est la capitale du département du Norte de Santander, où s'affrontent l'ELN, les Pelusos, vestiges d'une insurrection maoïste démobilisée, ainsi que des dissidents des Farc et de nombreux gangs de trafiquants de drogue. Des groupes armés se battent pour le contrôle de 41 000 hectares de feuilles de coca dans cette région, une importante route de contrebande vers le Venezuela et les Caraïbes.

Le président Duque a enterré les pourparlers entamés avec l'ELN par son prédécesseur et prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos, après l'attentat à la voiture piégée de janvier 2019 contre l'école de police de Bogota, dans lequel 22 cadets avaient été tués, outre l'auteur de l'attaque.

Opérant depuis 1964 et comptant environ 2 300 combattants, l'ELN affirme ne pas être liée au trafic de drogue.

La Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne et les Etats-Unis en sont le principal consommateur.

  • 16 juin 2021 à 11:40

Sommet de Genève : la réunion de travail entre Joe Biden et Vladimir Poutine a débuté

Pour la première fois, les présidents américain et russe, Joe Biden et Vladimir Poutine, s'entretiennent ce 16 juin à Genève en Suisse dans un contexte particulièrement tendu. D'après la Maison Blanche, l'objectif de cette rencontre est de rendre les relations entre les deux pays plus «stables et prévisibles» là où Vladimir Poutine espère que des «mécanismes de coopération» soient mis en place dans plusieurs domaines. Les deux partagent un constat commun : les relations entre les deux pays sont «au plus bas».

Joe Biden et Vladimir Poutine se retrouveront à la villa La Grange, une bâtisse du XVIIIe siècle située au cœur de la ville de Genève. Selon le Kremlin, les discussions débuteront à 13h (11h GMT) et devraient durer entre quatre et cinq heures. Au programme : une rencontre en format réduit (les présidents américain et russe ainsi que les chefs de la diplomatie Antony Blinken et Sergueï Lavrov) avant une séance de travail élargie.

Les sujets de désaccord sont nombreux : Ukraine, Biélorussie, Alexeï Navalny, cyberattaques, rapprochement de l'OTAN, etc. Washington a sanctionné Moscou à plusieurs reprises et la Russie a répondu par des contre-sanctions, jugeant néanmoins qu'il n'était dans l'intérêt de personne de se livrer à une telle politique. Autre signal fort : les deux Etats n'ont plus d'ambassadeurs dans leurs capitales respectives.

Des rencontres préparatoires «constructives» mais pas de conférence de presse commune

La rhétorique américaine consiste à dénoncer le comportement «agressif» de la Russie qui rejette de son côté toutes ces accusations et qui dit n'aspirer qu'à un dialogue «honnête» dans le respect de ses intérêts nationaux. Le président Joe Biden, qui vient de participer à un sommet de l'OTAN, a annoncé le 14 juin qu'il allait dire franchement à son homologue russe quelles étaient les «lignes rouges» à ne pas franchir. De son côté, le chef de la diplomatie russe a estimé le 9 juin que «la normalisation des relations russo-américaines [...] n'était possible que si les principes d'égalité, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures» étaient respectés, ajoutant que pour «danser le tango», il fallait être deux.

Auteur: RT France

Si les rencontres préparatoires à ce sommet ont été jugées «constructives» des deux côtés, notamment le premier face à face, en mai, entre Sergueï Lavrov et son homologue américain Antony Blinken qui a eu lieu en Islande, les deux dirigeants s'exprimeront à l'issue de cette rencontre chacun de leur côté sans tenir de conférence de presse commune.

  • 16 juin 2021 à 11:21

150 migrants tentent d'entrer dans l'enclave espagnole de Melilla, neuf policiers blessés

Quelque 150 migrants ont essayé en vain le 15 juin d'entrer dans l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc voisin, une tentative au cours de laquelle neuf membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés, ont annoncé les autorités locales.

Cette tentative d'entrée en longeant un quai du port marquant la frontière, qui s'est produite à 5h15, et à laquelle a participé un «groupe de 150 personnes» a échoué, «personne n'étant entré à Melilla», a indiqué la préfecture de l'enclave. «En raison de la violence des migrants qui avaient des bâtons et ont jeté des pierres, neuf agents de la Garde civile ont été blessés. Il s'agit a priori de blessures légères», a-t-elle poursuivi.

Crise diplomatique entre l'Espagne et le Maroc

Ces migrants provenaient «pour la plupart» d'Afrique subsaharienne «même s'il y avait également des Maghrébins», a encore précisé la préfecture de l'enclave où les migrants tentent généralement d'entrer en franchissant la clôture de plusieurs mètres la séparant du Maroc.

Mi-mai, Ceuta, l'autre enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc, avait connu une vague migratoire inédite de près de 10 000 personnes, dont de nombreux mineurs, à la faveur d'un relâchement des contrôles par les autorités marocaines. Ces arrivées spectaculaires s'étaient produites dans un contexte de crise diplomatique majeure entre l'Espagne et le Maroc, fâché depuis l'accueil en Espagne, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, ennemi juré de Rabat. Ce dernier est depuis rentré en Algérie.

  • 16 juin 2021 à 11:09

Allemagne-France : un ULM de Greenpeace se pose dans le stade et fait deux blessés

Un militant de l'association écologiste Greenpeace, arrivé au-dessus du stade de Munich dans un engin de type ULM, a manqué de s'écraser en tribune après avoir heurté un câble juste avant la rencontre de football opposant l'Allemagne à la France en coupe de l'Euro le 15 juin, faisant deux blessés selon la police locale.

Le pilote a survolé la pelouse de l'Allianz Arena avec inscrit sur sa voile «Kick out Oil» («dehors le pétrole»), avant d'être déséquilibré par un câble portant une caméra aérienne, appelée spidercam. Le militant a difficilement rétabli les commandes avant de frôler une tribune et de s'abîmer, sans dommages, sur la pelouse de l'Allianz Arena.

Can't believe I just caught this on video. Parachuted into the stadium, got caught in the spider cam and nearly crashed into the crowd. Hope he's ok! #GERFRA#EURO2020pic.twitter.com/PJ49WYdFM9

— Max Merrill (@MaxMerrill_) June 15, 2021

«L'homme a atterri sur la pelouse. Pendant sa manœuvre d'approche, il a blessé deux hommes, selon les dernières informations. Les deux ont dû être pris en charge par les services d'urgence et ont été emmenés à l'hôpital», a détaillé à l'AFP un porte-parole de la police de Munich, Werner Kraus.

Les deux blessés «souffrent de blessures à la tête. Nous ne savons pas encore de quelle gravité. L'homme [le suspect] ne semble pas être blessé. Nous envisageons plusieurs qualifications [pénales]», a-t-il ajouté.

Pour l'UEFA, «cet acte inconsidéré, qui aurait pu avoir des conséquences très graves pour un grand nombre de personnes présentes, a blessé plusieurs personnes assistant au match qui sont désormais à l'hôpital».

Le sélectionneur français Didier Deschamps a confié en conférence de presse s'être fait une bosse sur la tête parce qu'il a heurté le banc de touche en se mettant à l'abri au moment de l'irruption de l'engin.

«Au départ je pensais que c'était quelque chose de prévu. Oui, on a frôlé le drame, ce n'est pas passé loin. Sur le banc avec Guy [Stéphan, son adjoint] on s'est réfugié un peu», a-t-il commenté.

«Ça n'a pas lieu d'être. Quand on voit des événements comme ça, ça restera de la littérature mais ça donne à relativiser. La vie peut basculer vite, il ne faut pas l'oublier», a ajouté le patron des Bleus.

Greenpeace se dit «désolé»

Le militant de Greenpeace ne voulait en fait au départ que «survoler» le stade, a affirmé l'organisation écologiste. «Des difficultés techniques l'ont forcé à atterrir dans le stade», selon un communiqué publié sur le site de l'association. «Nous sommes désolés que l'action de protestation ne se soit pas déroulée comme prévu» et «regrettons que des personnes aient été mises en danger et blessées», a ajouté un porte-parole.

«Cette action n'a jamais eu l'intention de perturber le jeu ou de blesser des gens. Nous espérons que personne n'a été blessé sérieusement. Nos actions sont toujours pacifiques et non violentes. Hélas, tout ne s'est pas passé comme prévu», s'est justifié Greenpeace dans la soirée sur Twitter, disant être «désolé».

Cette action n’a jamais eu l’intention de perturber le jeu ou de blesser des gens. Nous espérons que personne n’a été blessé sérieusement. Nos actions sont toujours pacifiques et non violentes. Hélas, tout ne s’est pas passé comme prévu, nous en sommes désolé·es. https://t.co/aGmJ93jC7w

— Greenpeace France (@greenpeacefr) June 15, 2021

Le message de Greenpeace était adressé au constructeur automobile Volkswagen, un des sponsors principaux de l'Euro organisé cette année dans un format inédit avec onze villes hôtes réparties dans onze pays. «Notre demande : arrêtez de vendre des voitures diesel et essence mauvaises pour le climat», avait tweeté peu après l'incident l'organisation sur son compte allemand.

  • 16 juin 2021 à 09:57

Présidentielle au Pérou : Castillo en tête, les fujimoristes demandent l'annulation de l'élection

Le candidat de gauche à la présidentielle au Pérou, Pedro Castillo, en tête avec 50,12% des voix à l'issue du dépouillement, a rejeté le 15 juin les appels à annuler le scrutin pour «fraude» lancés par des soutiens de son adversaire de droite Keiko Fujimori.

«J'exige des autorités électorales qu'elles fassent en sorte qu'une fois pour toutes, nous cessions de nous éterniser et de maintenir le peuple péruvien dans l'angoisse, et que la volonté du peuple de ce pays soit respectée», a lancé Pedro Castillo devant ses partisans à Lima après l'annonce du dernier décompte des bulletins de vote. «Cette nuit ne doit pas être seulement celle de la jubilation, mais aussi celle de la grande responsabilité. Ne nous laissons pas entraîner par l'illusion [...] C'est aujourd'hui que démarre la vraie bataille pour en finir avec les grandes inégalités dans notre patrie», a ajouté le candidat de gauche.

L'autorité électorale poursuit l'examen des recours en annulation du scrutin, déposés principalement par la candidate de la droite populiste Keiko Fujimori, fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000). Elle s'est quant à elle dite confiante pour remporter l'élection, car «le plus important reste à faire», à savoir évaluer ses recours. «Nous avons confiance dans les organes électoraux et dans la volonté du peuple. Nous savons que lorsqu'ils analyseront ces irrégularités, ils nous donneront raison», a affirmé la candidate de droite. 

Selon le dernier décompte officiel portant sur 100% des bulletins, neuf jours après le scrutin, Pedro Castillo l'emporte avec 50,12% contre 49,87% pour son adversaire, soit environ 45 000 voix d'avance pour l'instituteur et syndicaliste de 51 ans.

Le scrutin a été qualifié de «positif» et sans «graves irrégularités» par la mission d'observation électorale de l'Organisation des Etats américains (OEA). Mais Keiko Fujimori, 46 ans, qui est dans le collimateur de la justice pour une affaire de corruption et risque 30 ans de prison, dénonce des «fraudes» et a demandé l'invalidation de plusieurs dizaines de milliers de bulletins. 

Le 14 juin, le député et amiral en retraite, Jorge Montoya, a appelé à l'annulation du scrutin et à la tenue de «nouvelles élections avec des observateurs internationaux», estimant que le système électoral péruvien «n'est plus digne de confiance». Il fait partie des 64 généraux et amiraux à la retraite qui, à l'instar de Keiko Fujimori, ont mis en doute la transparence du deuxième tour de la présidentielle. Le ministère de la Défense a affirmé dans un communiqué que ce groupe d'officiers retraités «ne représente pas les forces armées».

«Je pense que nous ne devons pas nous précipiter et encore moins utiliser des mots déplacés comme "fraude" et attendre les résultats calmement», a exhorté de son côté le président par intérim Francisco Sagasti.

Aucune date

«La démocratie a des règles et des délais que nous devons tous respecter», a mis en garde le 15 juin à la radio RPP le cardinal Pedro Barreto à propos des appels à l'annulation des élections. L'Eglise catholique «est disponible» pour une médiation, une fois les résultats officiels annoncés, a-t-il ajouté. 

La Haute-Commissaire des Nations unies aux droits humains, Michelle Bachelet, avait appelé dès la veille au «calme pour éviter de nouvelles fractures sociales» dans le pays de 33 millions d'habitants.

Aucune date n'a encore été donnée pour la proclamation des résultats définitifs et l'autorité électorale est sous la pression des partisans des deux candidats, qui manifestent quotidiennement à Lima. «La position prise par un groupe de droite est séditieuse, mais le pays est calme», a estimé auprès de l'AFP l'analyste Hugo Otero, ancien conseiller de l'ancien président social-démocrate Alan Garcia. L'universitaire péruvienne Lucia Dammert, qui réside au Chili, a estimé sur Twitter que «quand on perd une élection, il faut assumer ses erreurs».

Le Pérou est marqué par une forte instabilité institutionnelle à l'origine de nombreuses crises politiques ces dernières années. La dernière, en novembre 2020, a conduit le pays à avoir trois présidents se succéder en une semaine.

  • 16 juin 2021 à 09:45

Israël mène des frappes aériennes sur la bande de Gaza

L'aviation israélienne a mené tôt ce 16 juin des frappes dans la bande de Gaza après des lancers de ballons incendiaires la veille depuis ce territoire palestinien vers le sud israélien, selon des sources sécuritaires palestiniennes et des témoins.

Ces frappes et ces tirs de ballons sont les premiers incidents importants entre Israël et Gaza depuis un cessez-le-feu, le 21 mai dernier, qui a mis fin à 11 jours d'une guerre-éclair ayant fait 260 morts côté palestinien, dont des enfants, des adolescents et des combattants, et 13 décès en Israël, incluant un enfant, une adolescente et un soldat.

Selon des sources palestiniennes, l'aviation israélienne a visé au moins un site à l'est de Khan Younès, ville du sud de la bande de Gaza, enclave paupérisée de deux millions d'habitants dont environ un millier d'appartements, de bureaux et de commerces ont été détruits lors de la dernière guerre avec Israël, la quatrième depuis 2008. L'armée israélienne a déclaré que ses avions avaient attaqué des complexes armés du Hamas dans la ville de Gaza et dans celle de Khan Younis, et qu'elle était «prête à tous les scénarios, y compris à une reprise des combats face à la poursuite des actes terroristes émanant de Gaza».

Selon l'armée, les frappes ont eu lieu en réponse au lancement de ballons incendiaires, qui, selon les pompiers israéliens, ont provoqué une vingtaine d'incendies. Un porte-parole du Hamas, confirmant les attaques israéliennes, a déclaré que les Palestiniens poursuivraient leur «résistance courageuse et défendraient leurs droits et leurs sites sacrés» à Jérusalem.

Une marche controversée à Jérusalem-Est

Il s'agit des premières frappes israéliennes contre ce territoire palestinien, sous contrôle du Hamas et sous blocus israélien, depuis l'arrivée au pouvoir le 13 juin d'une coalition hétéroclite ayant mis fin à 12 ans de règne de Benjamin Netanyahu.

Ces frappes et les lancers de ballons incendiaires, qui auraient provoqué une vingtaine d'incendies, interviennent en marge de manifestations nationalistes à Jérusalem-Est ayant réuni plus d'un millier de personnes. Les Etats-Unis et l'ONU avaient appelé à la «retenue» avant cette marche controversée que le nouveau gouvernement israélien de Naftali Bennett avait autorisé tout en balisant son tracé pour éviter des confrontations avec les Palestiniens.

Le mouvement Hamas avait quant à lui menacé Israël de représailles si cette marche célébrant la prise de contrôle et l'annexion de Jérusalem-Est, secteur palestinien de la Ville Sainte, par l'armée israélienne en 1967, s'aventurait notamment dans les quartiers musulmans de la Vieille Ville.

  • 16 juin 2021 à 09:04

Le décryptage - La laïcité est-elle vraiment en danger à l'école ?

Nadia Remadna, militante associative et fondatrice de la Brigade des mères, et Nicolas Glière, enseignant membre des Stylos rouges, décryptaient ce rapport pour RT France le 15 juin.

  • 15 juin 2021 à 23:52

Euro 2021 : les Bleus n’ont pas posé le genou à terre avant le coup d’envoi face à l’Allemagne

Les joueurs de l’Equipe de France n’ont pas posé le genou à terre avant le coup d’envoi du match l’opposant à l'Allemagne. La veille, à l'occasion d'une conférence de presse, le capitaine de l'équipe de France de football Hugo Lloris avait pourtant annoncé que les joueurs de l’équipe de France effectueraient ce geste initié à la suite des protestations après la mort de l'Afro-Américain George Floyd en mai 2020 à Minneapolis (Minnesota).

Pendant plusieurs semaines, des manifestants, des militants mais aussi des responsables politiques s'étaient publiquement mis à genoux pour marquer leur indignation face à cet assassinat jugé révélateur des discriminations, et de la violence que subit la communauté noire aux Etats-Unis.

L'initiative annoncée par le portier des Bleus n'avaient pas été du goût de plusieurs élus de droite. Le candidat du Rassemblement national (RN) aux régionales en région Paca, Thierry Mariani, avait regretté sur Twitter un geste «de repentance qui consistent à suivre une mode lancée aux USA pour un meurtre où la France et les Français n’ont aucune responsabilité», tandis que le président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, avait estimé que
«s’agenouiller en arborant le pavillon français, c’est engager le peuple de France dans une œuvre de repentance étrangère». Le hashtag #BoycottLesBleus avait même fait son apparition sur twitter. 

D’autres équipes ont effectué ce geste controversé. Les Diables rouges de Belgique ainsi que l'arbitre de la rencontre, l'Espagnol Antonio Mateu Lahoz, avaient déjà effectué ce geste le 12 juin avant le match contre la Russie. Les joueurs anglais avaient fait de même le 13 juin avant de débuter le match face à la Croatie non sans susciter un vif débat dans le pays. 

  • 15 juin 2021 à 23:06
À partir d’avant-hierRT French

«Pédophile», «pédocriminel» : Jack Lang insulté en pleine rue à Montpellier

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang a été houspillé en pleine rue dans la ville de Montpellier (Hérault) comme le rapporte le Midi Libre. L'actuel président de l'Institut du monde arabe était venu assister au festival du Printemps des comédiens.

Alors qu'il déambulait près du quartier Gambetta, il a été soudainement pris à parti par deux jeunes femmes, l'une d'entre elles prenant soin de filmer la scène relayée le 13 juin sur les réseaux sociaux. «Vous êtes mariée avec le diable», s'est alors écriée l'une des jeunes femmes auprès de Monique Lang, l’épouse de Jack Lang, après avoir insulté l'ancien ministre en le traitant de «pédophile» et de «pédocriminel».

L'ancien ministre Jack #Lang insulté de pédocriminel par deux femmes dans les rues de #Montpellier. (via @vecumedia) pic.twitter.com/56RRbS4pu7

— Anonyme Citoyen (@AnonymeCitoyen) June 13, 2021

D'après le quotidien régional, les deux femmes faisaient référence à une rumeur qui circule depuis des années sur la supposée participation de Jack Lang à une orgie pédophile à Marrakech durant laquelle il aurait été arrêté par les forces de l'ordre. S’exprimant fin mai 2011 sur le plateau du Grand Journal (Canal +), le philosophe Luc Ferry avait confirmé l'existence de ce récit mais le nom de l'ancien ministre en question n’avait jamais été révélé. Le mois suivant, Jack Lang avait annoncé au Figaro qu'il entendait poursuivre pénalement ceux «qui mettront [son] honneur en cause».

Selon RTL, Jack Lang avait été entendu en novembre 2012 lors d’une audition «ultra-discrète» par la brigade de protection des mineurs de la police parisienne dans le cadre d'une enquête lancée après les propos tenus par Luc Ferry.  L'affaire a été classée sans suite.

  • 15 juin 2021 à 21:56

Ouïghours : les députés belges adoptent une résolution dénonçant un «risque sérieux de génocide»

Les députés belges réunis en commission des relations extérieures ont voté ce 15 juin une résolution pour avertir d'un «risque sérieux de génocide» contre la minorité musulmane des Ouïghours en Chine. Cette résolution a été adoptée à la quasi-unanimité «moins deux abstentions du Parti du travail de Belgique (PTB)», a précisé le député écologiste Samuel Cogolati à l'origine de cette initiative.

L’élu qui figure parmi les personnalités européennes visées par des sanctions chinoises souhaitait initialement faire reconnaître un «crime de génocide» mais un débat au sein de la coalition majoritaire en Belgique (associant principalement écologistes, libéraux et socialistes) a abouti la semaine dernière à une version allégée du texte. Il a toutefois salué «un vote historique, encore inimaginable il y a quelques mois».

Un vote interviendra en séance plénière le 1er juillet pour confirmer cette résolution 

Cette résolution sera présentée et devrait être confirmée le 1er juillet à l'occasion d'une séance plénière à la Chambre des représentants belges. Outre le gel de l'accord sur les investissements UE-Chine (dont le processus de ratification est déjà gelé par le Parlement européen), la résolution belge prône la fin de la convention d'extradition entre la Chine et la Belgique si les violations dénoncées dans le texte perdurent.

Le 13 juin, les dirigeants du G7 avaient appelé la Chine à «respecter les droits humains et libertés fondamentales» de la minorité ouïghoure dans la région du Xinjiang ainsi que les droits et libertés à Hong Kong, tout en affirmant vouloir coopérer avec Pékin quand cela était «dans un intérêt mutuel».

La Chine estime lutter contre le séparatisme et les risques de violences

L'ONG Amnesty International avait qualifié de «crimes contre l'humanité» ce que la Chine inflige aux Ouïghours, Kazakhs et à ses autres minorités musulmanes. Dans un rapport publié ce mois-ci, l’organisation évoquait des incarcérations de masse depuis 2017 qui se chiffreraient en centaines de milliers, auxquelles s'ajouteraient les internements dans des camps qui atteindraient le million de Ouïghours.

De son côté, la Chine réfute toutes les accusations de maltraitance et explique que la politique menée dans le Xinjiang consiste à lutter contre les velléités séparatistes et le départ de jeunes gens vers les rangs djihadistes. Réagissant à des accusations britanniques d'«atteintes graves» aux droits de l'Homme, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré le 20 juillet : «La question du Xinjiang n'est pas une question de droits de l'Homme, de religion ou de groupe ethnique. C'est une question de lutte contre la violence, le terrorisme et le séparatisme.»

Situé à l'extrême-ouest du pays le plus peuplé du monde, le Xinjiang est l'une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine et abriterait plus de 10 millions de Ouïghours.

  • 15 juin 2021 à 21:04

Au plus bas depuis des années, les relations russo-américaines ont-elles encore une chance ?

Les présidents américain et russe s’accordent sur au moins un point : les relations entre les Etats-Unis et la Russie n’ont jamais parues aussi médiocres. La rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine, le 16 juin à Genève, aura pour but de rétablir le dialogue entre Moscou et Washington. Pour le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, le «niveau critique de cette relation exige un sommet entre nos deux pays car c'est le seul moyen […] d'empêcher une nouvelle dégradation de notre dialogue». 

Iouri Ouchakov, conseiller pour les affaires étrangères du président russe, a exprimé pour sa part les attentes qu’il plaçait à l’issue de ce sommet : «Je vois cette rencontre avec un optimisme pratique mais faible. C'est une première rencontre dans des conditions difficiles.»

Ce sera la première rencontre des deux hommes depuis que Joe Biden a succédé à Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Moscou impute à Washington la seule responsabilité de la dégradation de leurs relations.

Vladimir Poutine avait à ce sujet déclaré notamment en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg le 4 juin que les Etats-Unis voulaient entraver le développement de la Russie et qu'ils ne s'en cachaient pas. Le président russe avait cependant reconnu l'importance de rétablir un dialogue stable avec les Etats-Unis dans les domaines tels que «la sécurité, de la stabilité stratégique et de la réduction des armes dangereuses».

Je dirai clairement ce que je pense de la manière dont la rencontre s'est déroulée

De son côté, Joe Biden avait déclaré à l’issue du G7 qui s’est réuni en Angleterre du 11 au 13 juin qu’«il ne s'agit pas d'un concours pour savoir qui est le meilleur lors d'une conférence de presse pour essayer d'embarrasser l'autre, il s'agit d'indiquer de manière très claire quelles sont les conditions à remplir pour obtenir une meilleure relation avec la Russie. Nous ne cherchons pas le conflit» dans des propos repris par La Libre. Il a cependant prévenu : «N'ayez aucune doute sur le fait que je serai très direct concernant nos sujets de préoccupations et je dirai clairement ce que je pense de la manière dont la rencontre s'est déroulée.»

Le journaliste avait également demandé au président russe quelle était sa réaction à la qualification de «tueur» dont l’avait affublé Joe Biden en mars 2021 : «Au cours de mon mandat, je me suis habitué à des attaques sous tous les angles et de toutes parts sous toutes sortes de prétextes et de raisons, et de différents calibres et violence, et rien de toute cela ne me surprend», avait alors répondu Vladimir Poutine.

Le président de la Fédération de Russie avait cependant déclaré à plusieurs reprises sa volonté de coopérer avec Joe Biden, d’où sa réponse favorable à l’invitation de Joe Biden au sommet de Genève le 16 juin, afin de «bâtir une relation stable».

Au programme des discussions : la situation en Ukraine dont Joe Biden vient de doucher la volonté d’intégrer l’OTAN, le sort de l’opposant Alexeï Navalny, la lutte contre le Covid-19 ou encore les accusation de cyberattaques envers Moscou. Iouri Ouchakov a aussi envisagé la possibilité du retour des ambassadeurs russe et étasunien à leurs postes respectifs.

Une dégradation continue depuis l'ère Obama ?

La dégradation des rapports entre les deux superpuissances n’est toutefois pas récente. Lorsque Joe Biden était le vice-président de Barack Obama, mais aussi sous l’administration Trump, les relations russo-américaines étaient déjà jugées dans un état critique.

Un changement semblait toutefois se profiler lors de l’alternance entre Vladimir Poutine et Dmitry Medvedev, de mai 2008 à mai 2012. Ce dernier avait alors rencontré Barack Obama au sommet du G20 en 2009 à Londres où les deux hommes d’Etat semblaient nouer des relations cordiales en publiant une déclaration commune promettant un «nouveau départ» dans les relations russo-américaines. L’année suivante, Hilary Clinton, alors secrétaire d’Etat, et son homologue russe Sergueï Lavrov avaient symboliquement appuyé sur un bouton «réinitialisation».

Les Etats-Unis veulent une Russie forte

L’apogée de cette entente semblait atteinte l’été de la même année après la visite de Barack Obama à Moscou qui avait alors déclaré que : «Les Etats-Unis veulent une Russie forte, pacifique et prospère. Cette conviction est enracinée dans notre respect pour le peuple russe et dans une histoire commune qui dépasse la concurrence.»

C’est cependant Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, qui avait refroidi l’évolution des rapports russo-américains en déclarant que la démographie et l’économie russes «en perte de vitesse» induisaient une souplesse de la Russie avec l’Occident en matière de sécurité. Les relations ont continué de se dégrader en 2010 lors de la découverte d’un réseau d’espions russes par le FBI aux Etats-Unis, engendrant l’expulsion d’une dizaine de personnes. Vladimir Poutine avait quant à lui dénoncé une ingérence étasunienne lors des législatives de 2011.

Le 14 décembre 2012, Barack Obama avait signé la loi Magnitski, qui prévoyait des sanctions financières et des interdictions de visa contre les fonctionnaires russes suspectés d'être impliqués dans des atteintes aux droits de l’Homme en Russie. C’est toutefois l’expulsion de diplomates russes de l’ambassade à Washington après les accusations d’ingérences russes dans l’élection présidentielle étasunienne de 2016 que les relations russo-américaines ont paru atteindre une phase critique dans ce qui fut surnommé le «Russiagate».

Détente et crispations sous l'ère Trump

Le 22 mars 2019, au bout de deux années d’enquête et près de 3 000 réquisitions et les auditions de plusieurs centaines de témoins, le rapport du procureur spécial Robert Mueller concluait qu’aucun élément ne permet d’étayer une collusion entre l'équipe de Donald Trump et la Russie lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2016. Vladimir Poutine s’était d’ailleurs félicité en avril 2019 des conclusions du rapport en soulignant que «Nous disions depuis le début que la commission Mueller ne trouverait rien, personne ne le savait mieux que nous».

Même si les soupçons pouvaient persister outre-Atlantique, c’est sous l’administration Trump que fut signé l'ordre d'expulsion de 60 diplomates russes accusés d'espionnage aux Etats-Unis, soit le plus massif de l'histoire entre les deux pays. Donald Trump cherchait cependant l’appui de la Russie sur plusieurs dossiers internationaux et avait même déclaré lors d’une entrevue à Fox News en avril 2021 qu’il «s’entendai[t] très bien avec [Vladimir Poutine]», exhortant la nécessité que maintenir de bonnes relations avec Moscou était dans l’intérêt des Etats-Unis afin d’éviter un rapprochement entre la Russie et la Chine qui se ferait au détriment de la première puissance mondiale. «La pire chose que vous puissiez faire est de pousser la Chine et la Russie à s'allier, et à se renforcer mutuellement», avait souligné Donald Trump.

Le mandat de Donald Trump s'est aussi caractérisé par le retrait des Etats-Unis de plusieurs traités internationaux, comme l'UNESCO, les accords de Paris, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le traité Ciel ouvert en novembre 2020 en dénonçant le non-respect des stipulations conventionnelles par la Russie. Cette dernière sortira aussi du traité en mai 2021 après un accord de la Douma, sur proposition de Vladimir Poutine. Le retrait des Etats-Unis du traité INF leur a cependant permis de développer un nouveau missile de moyenne portée. Les accords START (Traité de réduction des armements stratégiques ont en revanche été renouvelés par son successeur, Joe Biden, en février 2021 sous l'appellation New Start.

Ces retraits mutuels avaient notamment conduit à l'abandon de plusieurs enjeux internationaux cruciaux, comme la sécurité. La politique souvent qualifiée d'isolationniste de Donald Trump et les tensions de plus en plus exacerbées avec la Russie sont un des facteurs de cet abandon progressif, d'où la volonté de Moscou de rétablir un dialogue sur ces problématiques avec Washington.

Joe Biden et Vladimir Poutine prendront la parole séparément à l’issue du sommet du 16 juin. Dmitri Peskov a en effet indiqué que le président étasunien préférait ce format, rappelant qu'il n'avait pas non plus participé à une conférence de presse commune lors du sommet du G7. Des sessions de travail sont aussi au programme, sans que Washington ou Moscou n'aient donné de précisions sur leur ordre du jour. Le président russe espère notamment voir des mécanismes de coopération se former à la suite de cette rencontre. «Je considère que ce serait le rétablissement de nos contacts personnels, le début d'un dialogue direct, la création d'un mécanisme d'interactions réellement efficace dans les domaines qui nous intéressent mutuellement», a-t-il notamment déclaré au micro de Rossia 1.

Reste à savoir si Joe Biden et Vladimir Poutine sont capables de retrouver l'entente et d'inverser la tendance qui s'est installée depuis la dernière décennie dans les relations russo-américaines. En attendant le monde attend avec beaucoup d'impatience la première rencontre des deux chefs de l'Etat à Genève. 

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  • 15 juin 2021 à 21:09
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