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Aujourd’hui — 4 juin 2020RT French

Mort de George Floyd : l'ONU critique la réponse de l'administration Trump aux émeutes

Les relations déjà tendues entre les Etats-Unis de Donald Trump et l'ONU risquent de se dégrader encore davantage : dans un communiqué au ton offensif publié le 3 juin, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a vertement critiqué la réponse des autorités aux événements qui ont suivi la mort de George Floyd.

«A tout moment mais particulièrement en temps de crise, un pays a besoin que ses dirigeants condamnent le racisme sans équivoque, qu'ils réfléchissent à ce qui a poussé les gens à bout, qu'ils écoutent et apprennent, et qu'ils prennent des mesures qui s'attaquent véritablement aux inégalités», a-t-elle ainsi écrit dans ce qui dans ce qui s'apparente à une critique à peine voilée de l'attitude du président Donald Trump, qui a promis de ramener «la loi et l'ordre» face aux émeutes et aux pillages.

«Les voix qui réclament la fin des meurtres d'Afro-Américains non armés doivent être entendues. Les voix qui réclament la fin de la violence policière doivent être entendues. Et les voix qui demandent la fin du racisme endémique et structurel qui sévit dans la société américaine doivent être entendues», a encore plaidé Michelle Bachelet, dénonçant «l'utilisation disproportionnée et non nécessaire de la force par des membres des forces de l'ordre pendant les manifestations».

La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a par ailleurs «exprimé sa profonde préoccupation face aux déclarations qui visaient à qualifier les manifestants de terroristes». Une sortie selon toutes vraisemblances en écho à la décision de l'administration Trump de répertorier Antifa comme organisation terroriste, estimant que celle-ci incite à la violence.

«Il n'y a aucun doute sur qui ou quoi est "derrière" ces mouvements de protestation. Nous avons vu des milliers et des milliers de manifestants pacifiques d'origines diverses se mettre en marche pour défendre leurs droits et demander que les choses changent», a assuré Michelle Bachelet, soulignant toutefois que «la violence, le pillage et la destruction de biens ne résoudraient pas le problème de la brutalité policière et de la discrimination».

Alors que les Etats-Unis ont connu un weekend d'émeutes violentes après la mort de George Floyd, le président américain a exhorté le 2 juin les gouverneurs, responsables de l'ordre public, à répliquer avec fermeté.

  • 4 juin 2020 à 20:13

«Ça va pas la tête ?» : Poutine interpelle la direction de l'usine après un accident écologique

Le déversement de gazole sur le site d'une centrale thermique de Norilsk (région de Krasnoïarsk en Sibérie) s'est produit, le 29 mai, à la suite d'un réservoir qui se serait dépressurisé. «Cela ayant provoqué une fuite de carburant sur la route et les environs», a expliqué Sergueï Diatchenko, le premier vice-président et directeur opérationnel de Nornikel, la société énergétique qui exploite les lieux. Selon lui, c'est un affaissement des piliers qui a entraîné cette dépressurisation du réservoir contenant plus de 21 000 tonnes diesel. Celui-ci s'est alors «déversé en peu de temps».

Une voiture s'est alors retrouvée en contact avec le carburant déclenchant un incendie qui s'est propagé sur une surface de 300 mètres carrés. Si le feu a vite été maîtrisé par les pompiers, un important volume de carburant s'est, en revanche, déversé dans les cours d'eaux à proximité : la rivière Ambarnaïa, et son affluent, le Daldykan. A l'arrivée, la superficie touchée est estimée à 180 000 mètres carrés dans cette zone située dans l'Arctique russe. 

L'état d'urgence au niveau fédéral 

Malgré l'ampleur du sinistre, les responsables de la centrale ont tardé à réagir et à prendre des mesures adaptées. Le 3 juin, lors d'une visioconférence, Vladimir Poutine a fustigé le gouverneur de la région de Krasnoïarsk Alexandre Ouss et les responsables de la société NTEK (la filiale de Norilsk Nickel qui gère la centrale). «Pourquoi avoir mis au courant les agences gouvernementales seulement deux jours après les faits ? Allons-nous dorénavant apprendre les situations d'urgences sur les réseaux sociaux ?», s'est-il interrogé animé par une colère froide. «Est-ce que tout va bien dans votre tête ?», a poursuivi le chef de l'état en s'adressant au directeur général de NTEK.

En effet, un haut fonctionnaire régional Alexander Ouss, a affirmé n'avoir appris «l'ampleur réelle de la situation» que le 31 mai, «après des signalements alarmants sur les réseaux sociaux». De leur côté, les responsables de la centrale thermique réfutent ces accusations d'avoir agit trop tardivement.

A la suite de cette réunion, Vladimir Poutine a décidé de décréter l’état d'urgence au niveau fédéral dans la zone sinistrée. 

Le Comité d'enquête de la Fédération de Russie a également annoncé l'ouverture de trois enquêtes criminelles : une concernant la contamination des sols, une autre portant sur la contamination des eaux et une dernière au sujet de la violation des réglementations environnementales. Viatcheslav Starostine, un employé de la centrale thermique, a été placé en détention provisoire pour un mois, a indiqué le tribunal de la ville de Norilsk à l'agence TASS. 

Le ministre des Situations d'urgence Eugueni Zinitchev et le chef du Service fédéral de surveillance des ressources naturelles Svetlana Radionova se sont rendus sur place pour suivre l’évolution de la situation. A son tour le ministre des Ressources naturelles et de l'environnement, Dmitri Kobilkin, a suggéré l'aide du ministère de la Défense. 

Le 4 juin, le ministre des Situations d'urgence Eugueni Zinitchev a déclaré qu'une solution avait été trouvée. «La question la plus importante est de savoir comment nous allons éliminer la fuite de produits pétroliers. Je pense qu'une solution a été trouvée. Et nous allons la mettre en œuvre,» a-t-il affirmé, lors d'une réunion de travail à Norilsk, sans autres précisions, a annoncé l'agence Interfax.

Par ailleurs, des experts ont déjà pompé plus de 100 tonnes de produits pétroliers et ont installé six barrages flottants sur la rivière Ambarnaïa, rapporte RIA Novosti. Le ministère des Situations d'urgence a déployé environ 190 personnes et 35 équipements sur le site sinistré à Norilsk. 

Les écologistes redoutent une catastrophe naturelle

Malgré l'installation des ces barrages et les mesures mises en places, des experts de l'organisation écologique WWF craignent néanmoins la pollution des réserves naturelles. La rivière se révélant compliquée à nettoyer entièrement du fait qu'elle soit peu profonde et peu accessible. Un point de vue partagé par le directeur de Greenpeace Russie Vladimir Tchouprov : «Seule une petite partie polluante peut être collectée, on peut donc affirmer que presque tout le carburant restera dans l'environnement,» a-t-il analysé auprès de l'agence russe RBC.

Greenpeace a jugé que cette accident est le premier d'une telle ampleur dans le Grand Nord russe. Une situation comparable s'est produite en mars 1989 au large des côtes de l'Alaska, lorsque près de 40 000 tonnes de produits pétroliers s'étaient déversées après le naufrage du pétrolier Exxon Valdez. Exxon avait dû payer de nombreuses amendes estimées au total à un demi-milliard de dollars. Soit le coût à la fois des dommages et des travaux entrepris pour venir à bout de cette marée noire. En conséquence, Greenpeace estime que les dommages environnementaux causés à Norilsk pourraient coûter plus de 6 milliards de roubles (près de 78 millions d'euros).

  • 4 juin 2020 à 19:07

Un policier dépose plainte après avoir été traité de «vendu» parce que noir

Le préfet de police Didier Lallement a confirmé sur Twitter le 4 juin que le policer noir qui a été insulté par des manifestants le 2 juin lors du rassemblement contre les violences policières avait porté plainte.

«Soutien total au fonctionnaire de la PP [préfecture de police] qui a fait l'objet de propos abjects lors de la manifestation du 2 juin. Il a porté plainte et je m'y associe. Son calme et sa dignité sont un exemple qui nous honore», a ainsi tweeté Didier Lallement. «Il n’y a pas de race dans la police, pas plus que de racisés ou d’oppresseurs racistes. Il y a des fonctionnaires qui s’engagent pour la liberté, l’égalité et la fraternité et cela au quotidien !», a ajouté le préfet de police.

"Soutien total au fonctionnaire de la PP qui a fait l'objet de propos abjects lors de la manifestation du 2 juin. Il a porté plainte et je m'y associe. Son calme et sa dignité sont un exemple qui nous honore ". 2/2 - Didier Lallement, préfet de Police.

— Préfecture de Police (@prefpolice) June 4, 2020

Une vidéo largement reprise sur les réseaux sociaux montre ce fonctionnaire, membre de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), casqué, impassible face à des manifestants scandant en chœur à son adresse : «Vendu !».

Il faisait partie des effectifs des forces de l'ordre venus encadrer cette manifestation interdite devant le nouveau palais de justice de Paris en hommage à Adama Traoré qui a rassemblé 20 000 personnes, selon la préfecture de police.

La mort du Noir américain George Floyd a relancé en France les critiques contre la police accusée de violences et de racisme. Le 2 juin, le comité Adama Traoré, du nom de ce jeune homme noir décédé en 2016 après une interpellation par des gendarmes, a fait le parallèle entre les deux affaires.

  • 4 juin 2020 à 19:04

Provokation ! La BCE a multiplié les rachats de dette italienne au nez et à la barbe de Karlsruhe

En avril et en mai, la BCE a racheté la totalité des BTP, les bons du trésor italien, via ses différents programmes d’achats d’actifs. L’agence Reuters précise qu’au cours de ces deux derniers mois l’institution de Francfort a acquis pour 51,1 milliards d'euros d'obligations d'Etat italiennes, un montant à comparer à une offre de titres nette (pendant cette période) de 49 milliards selon les calculs des analystes d'UniCredit.

Les statistiques de la BCE montrent aussi que l’institution de Francfort a acheté beaucoup plus d'obligations italiennes que ne le lui permettait la règle de répartition fondée sur la population et le poids économique de chaque pays.

Dans le cadre du Programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP) décidé en mars, la BCE et la Banque d'Italie ont acheté pour 37,4 milliards d'euros d'obligations italiennes, soit 21,6% du total des achats d'avril-mai, alors que la part théorique de l'Italie n'est que de 17%. L’écart est encore plus large pour les opérations réalisées dans le cadre du Programme d'achats du secteur public (PSPP) avec 26,5% des achats pour l'Italie et 13,9% seulement pour l'Allemagne selon les calculs de Reuters.

Des pratiques qui pourraient être prises comme une marque de dédain sinon une provocation à l’égard des juges de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe. Le 5 mai, faisant droit à des plaignants allemands, ils avaient, dans un jugement, vivement critiqué la politique monétaire choisie par la BCE et estimé qu’elle outrepassait son mandat.

Ils ont même interdit que la Banque centrale allemande, la Bundesbank, cesse de participer à la politique de rachat d’actifs de Francfort, à moins que l’institution monétaire ne justifie sa politique sous trois mois. Le jugement fut accueilli par de laconiques communiqués de la BCE valant haussement d’épaule. En résumé les rachats d’actifs continueraient aussi longtemps que nécessaire. 

En revanche l'Allemande Ursula van der Leyen, présidente de la Commission européenne, avait pris l'affaire «très au sérieux». Le 10 mai, elle avait même menacé d'ouvrir d'une procédure d'infraction contre l'Allemagne dont la plus haute cour avait ignoré la jurisprudence européenne à propos de la BCE.  

600 milliards de plus, pour l'urgence pandémique

Ce jeudi 4 juin, les marchés italiens étaient suspendus à une décision de politique monétaire de la BCE et on attendait avec ferveur une nouvelle ouverture des vannes de rachat de dettes dans le cadre du programme PEPP de soutien à l’économie européenne pendant la pandémie.

La BCE n’a pas déçu et a annoncé une rallonge au plan d’urgence pandémique de 600 milliards d’euros, le portant à 1 350 milliards d’euros. A cette somme s’ajoutent les 20 milliards par mois de rachats d’actifs habituels (rallonge du QE votée jusqu'à au moins la fin de la fin de l’année). Comme prévu, les trois principaux taux directeurs de la BCE, MRO, prêts à courts termes et facilité de dépôt sont restés inchangés à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%.


  • 4 juin 2020 à 18:36

Casserolades et manifestations devant les hôpitaux pour demander plus de moyens

Comme chaque jeudi, les soignants se mobilisent pour l’hôpital public. Plusieurs rassemblements ont eu lieu ce 4 juin devant des hôpitaux publics afin de réclamer plus de moyens pour les soignants, dix jours après le lancement du «Ségur de la santé», qualifié d'«imposture» par une partie des manifestants.

A Paris, entre 200 et 300 personnes, dont des infirmiers et médecins en blouse blanche, se sont ainsi réunies devant l'hôpital Robert-Debré pour une «casserolade» (concert de casseroles) ponctuée par de longs applaudissements.

L'une des banderoles affichait le slogan : «Hospitaliers, usagers, tous unis pour notre santé.» Peu satisfaite du déroulement des négociations lors du «Ségur de la santé», une soignante martèle sur RT France les revendications : «On demande depuis des mois une augmentation des salaires de 300 euros pour tous les personnels hospitaliers, on demande aussi des embauches, [...] On ne veut pas de bla-bla.»

Les manifestants ont également protesté contre les mesures annoncées par la majorité gouvernementale. «C’est humiliant ! [...] Demander à des personnes à faire la charité et à donner de leurs jours pour les hospitaliers...», s'est ainsi scandalisée une infirmière à l’hôpital Tenon à Paris, interviewée elle aussi par RT France, réagissant à la proposition de loi LREM permettant aux salariés de «donner» des congés sous forme de chèques vacances aux soignants.

🔴Les soignants se mobilisent de nouveau pour l’#HôpitalPublic. Maryse, infirmière à l’hôpital Tenon à #Paris réagit sur la proposition de loi #LREM permettant aux salariés de « donner » des congés sous forme de chèques vacances aux soignants: « C’est humiliant ! ». #JeDisColèrepic.twitter.com/gVcCkuLi4Q

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) June 4, 2020

D'autres «casserolades» ont éclaté dans d'autres hôpitaux à Paris et en France dans le cadre de l'opération #jediscolère, lancée début mai par le Collectif inter-hôpitaux (CIH), à la pointe de la mobilisation du milieu hospitalier depuis plus d'un an.

A Bobigny (Seine-Saint-Denis), une centaine de personnes ont ainsi défilé dans l'enceinte de l'hôpital Avicenne, avant de se réunir devant les grilles de l'établissement et d'interrompre momentanément la circulation, recueillant le soutien de la plupart des automobilistes. «On se moque de nous ! On nous parle revalorisation des salaires mais ils sont incapables de nous donner des chiffres», a regretté à l'AFP Lucie Branco, secrétaire de la MICT-CGT, en dénonçant les conditions dans lesquelles la concertation du Ségur avait été engagée.

A Besançon (Doubs) aussi, 150 personnes se sont réunies sur le parvis du CHU, à l'appel du CIH et du Collectif des blouses blanches.

Plusieurs syndicats et collectifs hospitaliers ont en outre appelé «les personnels et les usagers à se mobiliser le 16 juin», afin que le gouvernement «prenne en compte l'ensemble de leurs revendications», en plein «Ségur de la santé».

  • 4 juin 2020 à 18:03

«Arabe de service» : Linda Kebbab porte plainte contre le journaliste militant Taha Bouhafs

Linda Kebbab, la déléguée nationale Unité SGP Police FO, a annoncé vouloir porter plainte contre le journaliste militant Taha Bouhafs après un message sur son compte Twitter dans lequel il la comparait à une «ADS : Arabe de Service».

«Zéro argument et trop de haine en lui = injure publique à caractère raciste, de la part d’un journaliste. Raciste et pas courageux, il m’a bloquée. Assez de ses incitations à la haine, de ses mensonges et manipulations. Je dépose plainte», a-t-elle souligné sur son compte Twitter.

0 argument et trop de haine en lui = injure publique à caractère raciste, de la part d’un journaliste.

Raciste et pas courageux, il m’a bloquée.
Assez de ses incitations à la haine, de ses mensonges et manipulations.
JE DÉPOSE PLAINTE pic.twitter.com/l0OGMKcNSW

— Linda Kebbab (@LindaKebbab) June 3, 2020

Après avoir supprimé son premier message, Taha Bouhafs a offert une justification, toujours sur le réseau social : «J’assume totalement mon dernier tweet, je l’ai supprimé car j’ai oublié que dire le mot ar*be peut valoir un ban de Twitter en cas de signalements massifs.»

J’assume totalement mon dernier tweet, je l’ai supprimé car j’ai oublié que dire le mot ar*be peut valoir un ban de Twitter en cas de signalements massifs :)

CF ma dernière suspension de compte. pic.twitter.com/Uw2O8i4Xyo

— Taha Bouhafs 🔻 (@T_Bouhafs) June 3, 2020

Sur l'antenne de Franceinfo le 3 juin, la syndicaliste avait accusé Assa Traoré, la sœur d'Adama Traoré, d'avoir utilisé la mort de George Floyd pour faire avancer ses propres intérêts. «[Elle] se saisit d'une affaire américaine qui n'a absolument rien à voir, ni dans son histoire, ni dans son fond, ni dans sa technicité», avait-elle fait valoir.

  • 4 juin 2020 à 16:45

Des milliers de Hongkongais bravent une interdiction de rassemblement pour commémorer Tiananmen

Plusieurs milliers de Hongkongais ont bravé ce 4 juin l'interdiction de rassemblement pour se regrouper dans un parc du centre de la ville afin de marquer le 31e anniversaire de la répression de Tiananmen, sur fond de fortes tensions quant à l'influence de Pékin.

Crowds at Victoria Park have pushed over metal fences around the football pitches and congregated to commemorate victims of the 1989 Tiananmen Square massacre. Photo: May James/HKFP @SiuSinGallerypic.twitter.com/B0dzjTrv4M

— Hong Kong Free Press HKFP (@HongKongFP) June 4, 2020

Pour la première fois en 30 ans, la police n'avait pas donné son feu vert à la tenue de cette traditionnelle veillée, invoquant les risques liés au coronavirus.

Alors que les Hongkongais se préparaient à marquer l'événement en ordre dispersé dans tout le territoire, quelques manifestants ont retiré les barrières qui avaient été installées autour du Parc Victoria, avant qu'un groupe plus nombreux n'y pénètre et se rassemble sur les terrains de football en scandant des slogans.

In the shadow of #NationalSecurityLaw, thousands of #Hongkongers broke barricades and started to assemble in Victoria Park to mourn #TiananmenSquareMassacre. pic.twitter.com/y6mtGCs689

— Demosistō 香港眾志 😷 (@demosisto) June 4, 2020

Des milliers de personnes ont également allumé des bougies dans plusieurs quartiers de l'ex-colonie britannique en souvenir des victimes de la sanglante répression de Tiananmen.

#NOW: Lit candles in hand, Lee Cheuk-yan and other activists slowly walk into the grounds of Victoria Park. pic.twitter.com/urSZq0OMRL

— Holmes Chan (@holmeschan_) June 4, 2020

La police de Hong Kong a procédé à des arrestations en tentant de disperser le rassemblement. «Certains protestataires vêtus de noir sont en train de bloquer des routes à Mongkok, Hong Kong. Les policiers procèdent maintenant à des arrestations», a annoncé la police sur Twitter, en référence à un quartier commerçant populaire de la ville.

L'intervention de l'armée chinoise dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 avait mis fin à sept semaines de manifestations d'étudiants et d'ouvriers qui dénonçaient la corruption et réclamaient la démocratie en Chine. La répression avait fait entre plusieurs centaines et plus d'un millier de morts : les chiffres réels restent inconnus à ce jour. 

Le sujet est totalement tabou en Chine. Le 4 juin au matin à Pékin, un photographe de l'AFP a été stoppé par la police, qui l'a obligé à effacer la plupart de ses clichés, alors qu'il circulait près de Tiananmen.

  • 4 juin 2020 à 16:08

Castaner promet «une sanction» pour «chaque faute» ou mot raciste dans la police

Lors d'une déclaration au Sénat le 3 juin, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a promis que «chaque faute, chaque excès, chaque mot, y compris des expressions racistes» ferait «l'objet d'une enquête, d'une décision, d'une sanction», au lendemain de manifestations notamment à Paris pour dénoncer les violences policières. «Je suis, sur ce sujet, intransigeant», a poursuivi Christophe Castaner, ajoutant : «l'exigence que nous avons vis-à-vis des policiers qui fauteraient, c'est garantir la sérénité du travail de l'ensemble de la police et de la gendarmerie, garantir la défense de cette police républicaine qui, au quotidien, combat le racisme, combat l'antisémitisme et s'engage pour défendre l'honneur de la République».

Je serai, toujours, intransigeant sur l’exemplarité et l’éthique de nos forces car elle est le ciment de la confiance que nos concitoyens placent en eux. pic.twitter.com/jOlIjBYxkz

— Christophe Castaner (@CCastaner) June 3, 2020

Répondant au sénateur Olivier Léonhardt (RDSE), le ministre a fait valoir qu'il ne s'agissait «pas de faire des amalgames, mais [...] de dénoncer tout propos et tout comportement. S'il y a faute, elle doit être sanctionnée et elles sont sanctionnées». Il a souligné que le Défenseur des droits Jacques Toubon, dans son rapport remis il y a quelques jours, avait épinglé des faits remontant à plusieurs années pour lesquels des policiers avaient été condamnés à quatre mois de prison. Il a cité aussi le cas d'un policier à Marseille qui a été condamné à «40 mois d'emprisonnement» pour «avoir transporté de force quelqu'un contrôlé en dehors de Marseille». Le ministre de l'Intérieur a ajouté que «ces faits-là sont inadmissibles et sont sanctionnés».

Soulignant que «la réalité ne se fait pas sur les réseaux sociaux», le ministre de l'Intérieur a mentionné une étude récente de l'Université du Mont-Blanc portant sur «48 134 personnes», selon laquelle 85% des personnes interrogées avaient une «opinion positive» de la police.

  • 4 juin 2020 à 15:44

Vers des poursuites contre Assa Traoré ? La justice est saisie pour manifestation interdite

Le 3 juin, le préfet de police de Paris Didier Lallement a signalé au procureur de la République l'organisation et la tenue d'une manifestation qui avait préalablement été interdite, notamment en raison de l'état d'urgence sanitaire. 20 000 personnes se sont toutefois rendues à cette manifestation non-autorisée par la préfecture et des dégradations importantes ont été observées dans le XVIIe arrondissement de Paris.

Alors que la responsabilité du préfet lui-même a notamment été mise en cause par le maire de l'arrondissement, c'est à présent Assa Traoré, la militante anti-forces de l'ordre et sœur d'Adama Traoré (en mémoire de qui la manifestation était organisée), qui pourrait voir sa responsabilité engagée.

Selon les informations de LCI, le parquet a fait savoir que l'article 40 déposé par Didier Lallement avait bien été reçu par le parquet qui l'analysait et qu'il appartenait à présent au magistrat d'ouvrir ou non une enquête pour engager des poursuites à l'encontre d'Assa Traoré et des organisateurs de la manifestation.

L'article 40 du code de procédure pénale impose à toute autorité et tout fonctionnaire ayant connaissance d'un crime ou délit d'en aviser le procureur de la République.

En raison de l'état d'urgence sanitaire, les réunions de plus de 10 personnes sont pour le moment proscrites sur tout le territoire, or le rassemblement en mémoire d'Adama Traoré du 2 juin à Paris a été évalué à 20 000 participants par les autorités. Celui-ci n'aurait par ailleurs fait l'objet d'aucune déclaration préalable, selon la préfecture de police qui a également estimé dans un communiqué du 2 juin que la «tonalité de l’appel à manifester relayé par les réseaux sociaux laissait craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible», en l'occurrence devant le tribunal de grande instance de la capitale.

#Manifestation | En application du décret du 31 mai 2020, le préfet de Police interdit une manifestation non déclarée ce mardi 2 juin.
Consultez notre communiqué de presse pour plus de précisions 👇 pic.twitter.com/8yepN4Wcox

— Préfecture de Police (@prefpolice) June 2, 2020

  • 4 juin 2020 à 14:47

Biden se rapproche de l'investiture en remportant les primaires dans sept Etats

L'investiture se rapproche pour Joe Biden. Sans surprise, l'ancien vice-président des Etats-Unis, qui redouble ses attaques contre son rival Donald Trump, a remporté les primaires démocrates de sept Etats le 2 juin.

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Désormais seul candidat démocrate en lice après le retrait de Bernie Sanders le 8 avril dernier, il est en passe d'être investi au premier tour en août, en vue des élections présidentielles du 3 novembre où il affrontera Donald Trump.

The presidency is a big job. Nobody will get everything right. I won’t either.

But I promise you this: I won’t traffic in fear and division or fan the flames of hate. I will seek to heal the racial wounds that have long plagued this country — not use them for political gain. pic.twitter.com/TfNaoMRZQp

— Joe Biden (@JoeBiden) June 2, 2020

Les votants l'ont plébiscité dans l'Indiana, à Rhode Island, en Pennsylvanie, dans le Maryland, Montana, Nouveau-Mexique et Dakota du Sud, ainsi qu'à Washington, où les élections avaient été retardées plusieurs fois à causes des mesures liées au coronavirus.

Même s'il est le seul à concourir, Joe Biden se devait d'obtenir de bons scores à ces primaires afin de s'assurer un nombre suffisant de délégués. Il se doit d'en totaliser 1991 pour être désigné candidat dès le 1er tour du vote de la Convention nationale démocrate. L'ancien vice-président était déjà sorti grand gagnant des primaires du Super tuesday en mars dernier. A la suite de ces sept nouvelles primaires, il en cumule 1912. La semaine prochaine, les primaires tenues en Géorgie et en Virginie devraient lui apporter les 79 délégués nécessaires.

Current overall delegate totals:

Biden = 1,566
Bernie = 1,007

500 delegates in 6/2 elections. Biden needs 425 to reach 1,991. Let's do what we can to make sure Bernie gets a BIG chunk of those 500 delegates. #BernieOnTheBallothttps://t.co/GCj5icbNFz

— The Bern Identity (@bern_identity) June 1, 2020

Bernie Sanders, qui s'est retiré de la course et a cessé de faire campagne, a apporté son soutien à l'ancien vice-président de Barack Obama. Mais, signe des profondes dissensions au sein du parti démocrate, des bulletins à son nom figuraient toutefois dans les bureaux de vote.

Joe Biden monte au créneau après la mort de George Floyd

Dans un contexte explosif de tensions raciales déclenchées par la mort de l'Afro-américain George Floyd, Joe Biden tente de relancer une campagne jusqu'à présent difficile.

L'ancien vice-président ne ménage ainsi pas ses efforts pour afficher son soutien au mouvement Black Lives Matter, que ce soit en s'agenouillant aux côtés de manifestants, ou en annonçant son intention de se rendre aux funérailles de George Floyd. Le favori des démocrates a rencontré ces derniers jours de nombreuses personnalités afro-américaines et promis un dispositif de supervision de la police s'il est élu. Il multiplie par ailleurs les attaques contre Donald Trump qu'il accuse d'avoir «transformé le pays en un champ de bataille déchiré par les vieux ressentiments et des peurs nouvelles». 

Or le camp du chef d'Etat souligne l'hypocrisie de la position de l'ancien vice-président qui n'a, par exemple, pas eu un mot pour David Dorn, cet Afro-Américain de 77 ans tué par balles alors qu'il tentait d'empêcher des manifestants de piller un magasin. «Est-ce que sa vie n'a pas d'importance pour Joe parce qu'elle ne correspond pas à son discours de gauche sur les émeutes et les pillards ?», s'est enquit le fils de Donald Trump dans un message très partagé, retweeté par le président américain.

  • 4 juin 2020 à 13:28

G7 : la France considère que la situation de la Russie n’a pas «changé» depuis son exclusion en 2014

La France a réagi, le 3 juin, à la volonté américaine de vouloir réintégrer la Russie dans les discussions du G7, dont le prochain sommet aura lieu cette année aux Etats-Unis. «La Russie a été exclue du G7 pour des raisons précises et aujourd'hui nous ne voyons pas que cette situation ait changé mais – et c'est l'avis du président et d'autres partenaires internationaux – il faut trouver les moyens du dialogue avec la Russie», a souligné une source élyséenne auprès de l’agence Reuters.

Cette même source a assuré qu’un compromis entre les membres du groupe sur un retour de la Russie n’était pas d’actualité : «Il y a toutes sortes de manières de dialoguer, je ne sais pas ce que veut dire le retour de la Russie au G7 ou au G8, en tout cas il faut le consensus au sein du groupe et on sait qu'il n'y a pas de consensus sur ce sujet-là.»

De plus, la France semble s'interroger sur les réelles motivations de Moscou. «Avant de parler du retour de la Russie au G7, il faudrait par ailleurs s'assurer des intentions russes, je n'ai pas le sentiment que les Russes soient très pressés ou très demandeurs d'un retour au G7 [...] on a souvent entendu les Russes dire que le G7 était dépassé et qu'aujourd'hui c'était le G20», a fait valoir le membre du palais.

Lors du dernier sommet du G7, à Biarritz, fin août, Emmanuel Macron avait considéré comme «une erreur stratégique» et une forme d’«impunité» le retour de la Russie à la table des négociations sans contrepartie, jugeant la résolution du conflit en Ukraine comme un prérequis.

Moscou évoque un entretien «constructif» et «substantiel» entre Poutine et Trump

Mais depuis, les Etats-Unis, qui assurent cette année la présidence tournante du G7, ont semblé vouloir repartir sur de nouvelles bases avec la Russie. Vladimir Poutine et Donald Trump avaient échangé par téléphone le 1er juin dans une discussion portant notamment sur la proposition du dirigeant américain d'élargir le format du G7, d'après un communiqué du Kremlin. Celui-ci a salué un entretien «constructif» et «substantiel».

Lors de cet appel qui a eu lieu «à l'initiative américaine», selon le communiqué, le président américain a «informé» son homologue de son intention d'inviter la Russie et d'autres pays à la prochaine réunion du G7, reportée à une date ultérieure en raison de la pandémie de coronavirus. Donald Trump estime en effet que ce format à sept Etats (Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis) est dépassé et ne représente pas «correctement ce qui se passe dans le monde».

La Russie, qui participait jusqu'en 2014 au G8, en a été exclue après le rattachement de la Crimée à son territoire à l'issue d'un référendum, dénoncé comme «illégal» par les Occidentaux. Le locataire de la Maison Blanche avait répété à plusieurs reprises être partisan d'une réintégration de la Russie. Outre ce pays, Donald Trump a déclaré à des journalistes le 30 mai qu'il aimerait voir la Corée du Sud, l'Australie et l'Inde se joindre à un sommet élargi à l'automne.

  • 4 juin 2020 à 11:31

14 Juillet : une cérémonie place de la Concorde, qui rendra aussi hommage aux soignants

Pour adapter la célébration du 14 juillet aux exigences sanitaires, le traditionnel défilé sur les Champs-Elysées sera remplacé par une cérémonie militaire place de la Concorde, qui rendra aussi hommage aux soignants, a annoncé l'Elysée ce 4 juin.

La cérémonie comprendra «un dispositif resserré ramené à 2 000 participants et environ 2 500 invités», dans le respect des règles de distanciation sociale, a précisé la présidence.

Un hommage à «l'ensemble des acteurs mobilisés contre le virus»

«La cérémonie, qui inclura un défilé aérien, mettra à l'honneur la participation de nos armées à la lutte contre le Covid-19, à travers l'opération Résilience ; elle rendra également hommage aux personnels soignants que les Français ont applaudis chaque soir durant la période de confinement ainsi qu'à l'ensemble des acteurs mobilisés contre le virus», a fait savoir l'Elysée.

Il n'est pas prévu pour l'instant d'ouvrir l'événement au grand public, mais «la situation pourrait être réévaluée d'ici le 14 juillet» si la situation sanitaire est meilleure, explique l'Elysée.

Le 13 mai en Conseil des ministres, Emmanuel Macron avait souhaité «que la fête nationale soit une occasion supplémentaire de manifester l'hommage et la reconnaissance de la nation à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19», selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Une demande qu'avaient déjà formulée des élus LREM et LR en avril lorsqu'ils avaient plaidé pour la présence d'un «carré des soignants» mais aussi des représentants des «héros du quotidien» lors de la parade militaire annuelle.

Damien Adam, député LREM de Seine-Maritime et Catherine Dumas, sénatrice LR de Paris avaient adressé un courrier à Emmanuel Macron, lui demandant, «si les conditions sanitaires le permettent» que soient associés «à la prochaine fête nationale les personnels soignants et tous nos héros du quotidien (commerçants, conducteurs de transports, éboueurs, professeurs)».

  • 4 juin 2020 à 11:28

Hydroxychloroquine contre covid-19 : The Lancet avertit sur sa publication, l'OMS rétropédale

La revue médicale britannique The Lancet a émis une «Expression of concern», c'est à dire une mise en garde formelle utilisée par ce type de support pour signifier qu'un article pose problème. 

«D'importantes questions scientifiques ont été soulevées au sujet des données rapportées dans l'article», a écrit la revue au sujet de l'étude publiée le 22 mai et concluant à l'inefficacité, voire la dangerosité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19.

«Bien qu'un un audit indépendant de la provenance et de la validité des données ayant été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere [entreprise de collecte de données médicales] est en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression de notre inquiétude pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention», enchaîne le Lancet avant de conclure en assurant qu'il publiera des précisions dès qu'il disposera de «plus amples informations». 

Dans la foulée, l'OMS, qui avait suspendu les essais cliniques sur l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 quelques jours seulement après la publication de l'article, a annoncé les reprendre. Après analyse des «données disponibles sur la mortalité», les membres du Comité de sécurité et de suivi ont estimé «qu'il n'y a aucune raison de modifier le protocole» des essais cliniques, a annoncé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle.

La vaste étude, qui prétend avoir analysé les données de 671 hôpitaux pour 96 000 patients sur les cinq continents, a conclu à l'inefficacité, voire à la dangerosité cardiaque de l'utilisation d'hydroxychloroquine ou chloroquine associée ou non avec un antibiotique dans le traitement du Covid-19. La lourde conclusion des auteurs, qui ont avancé un risque de  mortalité de 34% à 45% plus élevé chez les malades recevant ces traitements, a fait l'effet d'une bombe auprès de plusieurs autorités sanitaires dans le monde. Quelques jours plus tard, la France interdisait l'utilisation de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19. 

Tout médecin qui lit cette étude s’aperçoit qu'il y a un problème

Une autre revue médicale, le New England Journal of Medicine a lui aussi publié une «expression of concern» concernant une autre publication d'un des auteurs de l'étude de The Lancet, qui ne portait pas sur l'hydroxychloroquine mais sur un lien entre la mortalité due au Covid-19 et les maladies cardiaques. Cette autre étude reposait elle aussi sur les données de Surgisphere. 

«Tout médecin qui lit cette étude s’aperçoit qu'il y a un problème», a déclaré le sénateur LR et médecin Alain Houpert à RT France. «Je ne comprends pas que l'OMS ou le haut conseil de santé publique où il y a des scientifiques ne se soient pas aperçus qu'il y avait un problème sur cette étude et je ne comprends pas que notre ministre Olivier Véran qui est médecin, qui est neurologue de renom, ne se soit pas aperçu qu'il y avait des problèmes. Que veut-on cacher ?», a-t-il interrogé.

Etude de #TheLancet : «On assiste à un détournement du savoir scientifique», selon Alain Houpert #Chloroquine#Covid_19@alainhoupertpic.twitter.com/YTzALXbIx0

— RT France (@RTenfrancais) June 3, 2020

Mais l'élu, qui avait déjà déploré sur RT France le 26 mai que la publication scientifique soit «soumise maintenant à l'argent de l'industrie pharmaceutique» est allé plus loin : «On assiste à un détournement du savoir scientifique ce qui est grave parce que ça casse la confiance entre les chercheurs et les patients». 

Le médecin n'est pas la seule personnalité politique à ouvertement pointer du doigt les influences subies par le monde médical : «Olivier Véran s'est précipité pour interdire le traitement à base d'hydroxychloroquine, tout cela sur la base d'une étude frauduleuse dénoncée désormais par de nombreux scientifiques. Est-ce le Ministre de la Santé ou celui des lobbies ? », a tweeté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. 

Chiffres controversés 

Dans une lettre ouverte du 28 mai, des dizaines de scientifiques du monde entier ont souligné que l'examen minutieux de l'étude du Lancet avait soulevé «à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données». Ils ont dressé une longue liste des points problématiques, d'incohérences dans les doses administrées dans certains pays, aux questions éthiques sur la collecte des informations, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d'analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

Devant les nombreuses mises en cause, le docteur Sapan Desai, co-auteur de l'étude du Lancet a reconnu auprès de Science et Avenir des erreurs de présentation des données, sans que cela n'altère les résultats de l'étude «ni ses conclusions».

Le 28 mai encore, la version australienne du Guardian, a relevé que les chiffres de mortalité dans ce pays ne correspondaient aux chiffres officiels (63 décès au 21 avril contre 73 à la même date selon les auteurs). Sur ce point, Sapan Desai avait évoqué une erreur et The Lancet avait dû publier un erratum. Le quotidien a par ailleurs interrogé plusieurs hôpitaux importants du pays (cinq hôpitaux à Melbourne et deux à Sydney), qui ont tous assuré ne pas avoir partagé leurs données médicales pour une étude, ni avoir jamais entendu parler de Surgisphere. 

Un Lancetgate ? 

Outre les failles de l'étude, c'est désormais sur Surgisphere, crée et administrée par Sapan Desai, que se concentrent les suspicions. Selon son créateur qui l'a expliqué au magasine Science et Avenir, l'entreprise fondée en 2008 est une «interface collaborative qui donne accès aux chercheurs à une base de données en temps réel avec information anonymisée de plus de 240 millions de visites médicales dans plus de 1 200 institutions de santé, dans 45 pays». 

Or, depuis, plusieurs titres de presse et spécialistes ont noté une présence et une ancienneté plus que minime de la société sur Internet, qui prétend pourtant être à la pointe de son domaine. 

Le médecin James Todaro, qui dirige le média MedicineUncensored, ou encore le quotidien France Soir ont notamment relevé, sur la base d'instruments de mesure numériques, qu'il n'existe pas de signe d'activité du site Internet de l'entreprise avant le mois de mars 2020, idem pour son compte Twitter, quasi inactif entre 2013 et 2020.

Je n'ai jamais vu ça avant et plusieurs recherches rapides montrent que cela n'arrive que pour les entreprises louches

«Je n'ai jamais vu ça avant et plusieurs recherches rapides montrent que cela n'arrive que pour les entreprises louches», a twitté James Todaro, accompagné d'une capture du site Wayback machine, qui permet de retracer l'historique d'un site Internet, sans indications probantes pour celui de Surgisphere.

Very strange...I looked up Surgisphere (mysterious data corp behind hydroxychloroquine Lancet study) in the Internet Archives and it's not there.

I've never seen this before, and some quick research shows that this only happens around shady companies...https://t.co/gLyUQ4mkhSpic.twitter.com/q5iBg9w81Y

— James Todaro, MD (@JamesTodaroMD) May 28, 2020

Autre interrogation majeure, les salariés de l'entreprise : les quatre identifiés sur le réseau social professionnel LinKedIn par France Soir n'ont rejoint la société que très récemment, soit en mars 2020 ou en avril 2020. Le Guardian, qui note en outre qu'un salarié «répertorié comme rédacteur scientifique» par l'entreprise, «semble être un auteur de science-fiction et un artiste fantastique», tandis qu'une «autre employée répertoriée comme directeur du marketing est un modèle [de contenu] pour adulte et une hôtesse d'événements». France soir estime en outre que la collecte et la compilation de données aussi importantes requiert «les compétences d'une équipe internationale, multilingue, légale pendant des années». 

L'entreprise, relève France soir, possède en outre quatre adresses... dont deux correspondent à des maisons individuelles et une à une résidence «de type appart’hotel». Le média n'a en outre retrouvé aucune déclaration d'impôts de cette entreprise, censée avoir 8 millions de dollars de chiffres d'affaire et que «des sociétés au même nom ont été créées et radiées plusieurs fois dans divers états [américains] pour non-production des comptes». En outre, des 39 publications médicales publiées par Sapan Desai, seules les deux dernières, dont celle de The Lancet, s'appuient sur des informations collectées par la société. 

Sur twitter, le mot-clef #LancetGate est depuis ces différentes révélations largement usité, notamment par le directeur de l'IHU Méditerranée Infection Didier Raoult, principal promoteur des traitements à base d'hydroxychloroquine contre le Covid-19. Ce dernier a publié une vidéo sur la chaîne YouTube de l'institut baptisé «Les Pieds nickelés font de la science» à ce sujet, et qualifié dans une autre l'étude publiée dans The Lancet de «foireuse» et de «fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité». 

  • 4 juin 2020 à 11:16

Libye : les forces gouvernementales annoncent la reprise de l'aéroport international de Tripoli

Les forces du gouvernement libyen reconnu par l'ONU ont annoncé le 3 juin avoir repris le contrôle de l'aéroport international de Tripoli, revers le plus significatif infligé aux forces rivales du maréchal Khalifa Haftar dans leur conflit.

«Nos forces ont entièrement libéré l'aéroport international de Tripoli», hors-service depuis 2014, a indiqué le porte-parole des forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA), Mohamad Gnounou, dans un communiqué.

En avril 2019, les forces du maréchal Haftar, homme fort de l'Est, ont lancé une offensive pour s'emparer de la capitale Tripoli où siège le GNA, dans le cadre de la lutte pour le pouvoir au sein de ce pays pétrolier plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Détruit en 2014 par des combats entre milices rivales, l'aéroport civil, le plus grand du pays, est situé à environ 20 kilomètres au sud de la capitale. Il est d'une importance stratégique car il constitue la porte d'entrée sud vers Tripoli : une large et droite route le relie au centre-ville.

L'aéroport était occupé par les forces pro-Haftar depuis les premières semaines de leur offensive contre Tripoli.

L'opération pour sa reprise a commencé le matin, avec des drones qui ont visé les positions des forces rivales, selon Mohamad Gnounou. Les pro-GNA «pourchassent désormais les milices de Haftar qui s'enfuient vers Gasr Ben Gachir», plus au sud.

Depuis deux semaines, les forces progouvernementales mènent des attaques terrestres et aériennes de grande envergure dans ce secteur et avaient réussi à encercler la zone de l'aéroport avant l'assaut final.

Des premières images et vidéos relayées sur les réseaux sociaux et par les chaînes de télévision locales ont montré l'entrée des forces pro-GNA sur le site.

Ingérences ?

Les forces loyales au maréchal Haftar n'ont pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.

En mai, elles avaient perdu la base aérienne d'Al-Watiya, importante base arrière du camp Haftar, à 140 kilomètres au sud-ouest de Tripoli.

Après un long statu quo, les troupes du GNA, fortes d'un soutien croissant de l'allié turc, ont enregistré plusieurs succès ces derniers mois.

Au cours de l'année écoulée, le conflit a été exacerbé, les Emirats arabes unis et la Russie soutenant le camp Haftar.

Inutilisé depuis sa destruction en 2014 dans des combats entre milices rivales, l'aéroport international avait été remplacé par celui de Mitiga, une ancienne base militaire en banlieue est de la capitale, à son tour fermé en mars, endommagé par des tirs de roquettes. 

Les quelques Libyens rapatriés de l'étranger en raison de la pandémie de Covid-19 atterrissent à l'aéroport de Misrata, à 200 kilomètres à l'est de Tripoli.

Le GNA contrôle la quasi-totalité de l'ouest, y compris la capitale. Il est appuyé localement par les groupes armés de l'ouest principalement ceux de Misrata.

Le maréchal Haftar contrôle, outre l'est du pays, une partie du sud du territoire, ainsi que la plupart des champs et terminaux pétroliers bloqués par ses forces depuis le début 2020. Il est appuyé localement par les tribus de la Cyrénaïque (partie est).

Depuis avril 2019, des centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tués dans les combats et quelque 200 000 ont pris la fuite.

Reprise des pourparlers

Ce nouveau revers intervient peu après que l'ONU à New York a annoncé la reprise le 3 juin des pourparlers avec les belligérants libyens, se félicitant d'un «premier pas positif» après une suspension de plus de trois mois.

Une réunion avec la délégation du GNA est prévue dans les jours à venir

L'émissaire par intérim de l'ONU, l'Américaine Stephanie Williams, a eu une réunion par visioconférence avec «les cinq membres de la délégation» loyale à Khalifa Haftar, a déclaré le porte-parole de l'ONU. «Une réunion avec la délégation du GNA est prévue dans les jours à venir.»

«Les négociations continueront sur un accord de cessez-le-feu», a-t-il poursuivi.

A Paris, la présidence française a dit craindre que la Turquie et la Russie ne s'entendent «à leurs conditions» au détriment de la stabilité de la Libye. «Nous voyons le risque important d'un fait accompli aux frontières de l'Europe, qui expose notre sécurité», a ajouté l'Elysée. La France, bien qu'elle s'en défende publiquement, est soupçonnée d'avoir misé sur le général Haftar.

  • 4 juin 2020 à 09:26

Italie : qui sont ces Gilets oranges anti-euro et «corona-sceptiques» ?

Quelques centaines de manifestants appartenant au mouvement dit des Gilets oranges, rappelant les Gilets jaunes français, ont manifesté le 2 juin, jour de la fête nationale de la République italienne, sur la Piazza del Popolo à Rome, au bout de la via del Corso, aux cris de «Liberté, Liberté», sans porter de masque et sans respecter les règles de distanciation physique. 

Italian 'orange vests' protesters demonstrate in #Rome on #Italy’s Republic Day #GiletArancioni#festadellarepubblica#2giugno

LIVE: https://t.co/jKIEfbnAKepic.twitter.com/TILA8H5TFt

— Ruptly (@Ruptly) June 2, 2020

Ce mouvement protestataire qui s'affirme «ni de droite ni de gauche», a été créé en 2019 par un ancien général des carabiniers à la retraite, Antonio Pappalardo, qui s'est présenté aux élections régionales en Ombrie (centre de l'Italie) sans obtenir aucun siège. Le mouvement, qui réclame la démission du gouvernement et des élections anticipées pour élire un nouveau Parlement, plaide aussi pour le rétablissement de la lire italienne comme monnaie nationale en lieu et place de l'euro.

Parmi ses militants, reconnaissables à leur gilet orange, certains affirment que le coronavirus n'existe pas ou encore qu'il s'agirait d'un complot ourdi par la finance mondiale, raison pour laquelle ils refusent de porter un masque de protection. Les discours remettant en cause l'épidémie sont d'ailleurs directement portés par leur leader Antonio Pappalardo, dans des propos relayés par plusieurs médias, dont : «Les masques et les vaccins sont dangereux.»

Pappalardo e i gilet arancioni in piazza anche a Bari: “La pandemia non esiste”. FOTO https://t.co/JUZdUYkfUp

— Sky tg24 (@SkyTG24) May 31, 2020

Si certains médias italiens ont affirmé que les Gilets oranges étaient proches de CasaPound, dont certains militants ont effectivement manifesté au même moment le 30 mai à Rome, le fondateur de ce mouvement néofasciste Simone di Stefano a assuré dans une vidéo qu'il n'existait «aucune coordination entre CasaPound et les Gilets oranges de Pappalardo».

Des rassemblements partout en Italie

Le 30 mai, des médias italiens tels que le quotidien Corriere della Sera, constataient également les rassemblements, sans distanciation physique, de centaines de Gilets oranges dans plusieurs villes italiennes comme Milan, Bergame, Turin, Florence, Palerme ou encore Bologne.

I #GiletArancioni in piazza a Milano e Bologna, non rispettate distanze di sicurezza#ANSAhttps://t.co/mmG3FJFlce

— Agenzia ANSA (@Agenzia_Ansa) May 30, 2020

Le maire de Milan Beppe Sala avait réagi dans la foulée sur Twitter : «J'ai demandé au préfet de dénoncer les organisateur de la manifestation des soi-disant Gilets oranges. Un acte irresponsable dans une ville comme Milan qui tente laborieusement de sortir de la situation difficile dans laquelle elle se trouve.» La préfecture de police, selon le quotidien, avait fait savoir que les manifestants seraient dénoncés pour la violation du décret contre la diffusion du Covid-19, notamment par l'identification à travers les images prises lors du rassemblement. 

Si le discours anti-système porté par les Gilets oranges semblerait a priori servir à l'ancien ministre de l'Intérieur et chef de file du mouvement de droite nationale de la Ligue, Matteo Salvini, il n'en est rien. Preuve en est le jugement très critique porté par le leader des contestataires, Antonio Pappalardo à son égard le 2 juin, lui reprochant, entre autres, de lui avoir «volé» une interview.

Les Gilets oranges dans le viseur des partis politiques italiens

Sans surprise, ces mobilisations n'ont pas du tout plu à la majorité des partis politiques, l'Italie connaissant une crise sanitaire importante. Plusieurs élus ont dénoncé ces rassemblements comme le porte-parole du Mouvement 5 étoiles en Lombardie, Marco Fumagalli, dans des propos relayés par l'agence de presse italienne Ansa : «Si demain les infections augmentent, qui en sera responsable ?»

La journaliste et députée du Parti démocrate, Alessia Rotta, accuse aussi l'une des prises de parole tenues par une Gilet orange : «Complotistes, anti-vaccin, négationnistes. La dame a raison : l'école est importante précisément pour éviter la dérive politique et culturelle dont elle est la parfaite représentante.» 

Questa è la piazza dei #GiletArancioni che Salvini e Meloni vorrebbero rappresentare. Complottisti, no vax, negazionisti. La signora ha ragione: la scuola è importante proprio per evitare la deriva politica e culturale di cui lei è perfetta rappresentante. pic.twitter.com/GsMQKthbTO

— Alessia Rotta (@alessiarotta) June 3, 2020

  • 4 juin 2020 à 08:27

Mort de George Floyd : l'agent Derek Chauvin poursuivi pour homicide volontaire

Nouveau rebondissement le 3 juin dans l'affaire George Floyd, mort le 25 mai après une interpellation musclée à Minneapolis (Minnesota), provoquant une vague de manifestations aux Etats-Unis et dans plusieurs villes dans le monde pour dénoncer un racisme de la police contre les Noirs. 

Le procureur enquêtant sur cette mort a requalifié les faits en «homicide volontaire», inculpant de «meurtre non prémédité» le policier Derek Chauvin qui a asphyxié l'Afro-Américain, et de «complicité» les trois autres agents présents, a annoncé le 3 juin la sénatrice locale Amy Klobuchar.

Minnesota Attorney General Keith Ellison is increasing charges against Derek Chauvin to 2nd degree in George Floyd’s murder and also charging other 3 officers. This is another important step for justice.

— Amy Klobuchar (@amyklobuchar) June 3, 2020

La famille de la victime, décédée le 25 mai, s'est félicitée de l'aggravation de ces poursuites via un communiqué transmis par son avocat, Ben Crump. «C'est un pas important sur la voie de la justice», a-t-elle commenté.

FAMILY’S REACTION: This is a bittersweet moment. We are deeply gratified that @AGEllison took decisive action, arresting & charging ALL the officers involved in #GeorgeFloyd's death & upgrading the charge against Derek Chauvin to felony second-degree murder. #JusticeForGeorgepic.twitter.com/jTfXFHpsYl

— Benjamin Crump, Esq. (@AttorneyCrump) June 3, 2020

L'agent Derek Chauvin encourt une peine maximale de 40 années de réclusion, selon l'acte d'inculpation enregistré au tribunal.

Le 1er juin, l'autopsie du corps de George Floyd avait révélé que son décès était lié à la pression exercée sur son cou par la police, évoquant un «homicide» par «asphyxie mécanique». Selon une vidéo du drame, qui a depuis fait le tour du monde, l'agent de police Derek Chauvin l'a maintenu plaqué au sol, avec un genou sur son cou pendant près de neuf minutes. Ce policier de 44 ans a été licencié.

  • 3 juin 2020 à 22:15

Le G7 va suspendre temporairement la dette des pays les plus pauvres

Les ministres des Finances du G7 se sont engagés à suspendre les paiements des dettes des pays les plus pauvres au moins jusqu'à la fin de l'année, en accord avec une position antérieure du G20. ils ont annoncé cette décision ce 3 juin à l'issue d'une conférence virtuelle.

«Nous nous engageons à mettre en œuvre l'initiative de suspension du service de la dette approuvée par le G20 et le Club de Paris», ont-ils déclaré dans un communiqué de presse, en faisant référence aux discussions du 15 avril dernier. Les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe G20 avaient en effet donné leur aval à une suspension provisoire du service de la dette des pays les plus pauvres.

Ils avaient retenu une approche coordonnée avec un échéancier commun fournissant les principales caractéristiques de cette initiative, également approuvée par le Club de Paris. Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative, et le G20 avait exhorté les créanciers privés à s'y joindre.

Financer des mesures sociales, sanitaires et autres pour faire face à la pandémie

Cette mise en œuvre validée par le G7 se fera «en suspendant les paiements officiels de la dette bilatérale des pays les plus pauvres jusqu'à la fin de l'année 2020 et peut-être plus longtemps, en fournissant à ces pays un espace budgétaire afin de financer des mesures sociales, sanitaires et autres pour faire face à la pandémie», ont-ils ajouté.

«Nous continuons de travailler ensemble pour faire avancer la réponse économique internationale à la pandémie de Covid-19, en mettant l'accent sur les pays les plus pauvres et les plus vulnérables», a encore précisé le G7, composé de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

  • 3 juin 2020 à 21:44

Ségur de la santé : le syndicat Sud claque la porte des négociations

Le syndicat Sud Santé a annoncé le 2 juin qu'il quittait la table du Ségur de la santé, mécontent de la tournure prise par cette concertation, censée améliorer les conditions de travail des soignants et la prise en charge des malades. «La fédération Sud Santé Sociaux quitte l’impasse du Ségur pour continuer à construire le rapport de force qui permettra de renverser la vapeur», a tweeté le syndicat.

#SegurDeLaSante
PARCE QUE NOUS VOULONS CONTINUER À DÉFENDRE L’HÔPITAL PUBLIC
SUD SANTÉ SOCIAUX CLAQUE LA PORTE DU SÉGUR !
La fédération SUD Santé Sociaux quitte l’impasse du Ségur pour continuer à construire le rapport de force qui permettra de renverser la vapeur. pic.twitter.com/2yeOVYuBot

— SUD Santé Sociaux (@SudSanteSociaux) June 2, 2020

«Pendant la crise, le président Macron a fait toute une série de promesses. Mais depuis le début des discussions, on ne voit rien venir», a justifié auprès de l'AFP Jean-Marc Devauchelle, secrétaire général de Sud Santé Sociaux. «Le gouvernement fait des annonces mais arrive ensuite au Ségur les mains dans les poches. C'est inadmissible», a ajouté le responsable syndical, dénonçant un «manque de considération» pour les syndicats.

Pas de véritables négocations

Dans son communiqué mis en ligne sur Twitter, Sud Santé a notamment critiqué le fait que le gouvernement n'ait pas fait de proposition chiffrée sur les rémunérations lors des premières réunions organisées avec les syndicats. Le syndicat a également dénoncé la fin de la «gratuité des soins» et l'absence d'initiative pour sortir la Santé des «lois du marchés».

Le Ségur fait partie intégrante du problème, et pas de la solution

«Comme nous le craignions, à la place de négociations [...], on nous a présenté un concept de réunion "brainstorming" national», s'est indigné l'organisation syndicale, dénonçant un manque de «moyens» et de «marge de négociation». «Dans ces conditions, le Ségur fait partie intégrante du problème, et pas de la solution. Y rester, ce serait cautionner le stratagème du gouvernement», a-t-elle ajouté, en appelant de ses voeux de «véritables négociations». Le Premier ministre Edouard Philippe avait pourtant promis «un vaste plan d'aide à l'investissement» pour les hôpitaux.

Sud Santé, quatrième syndicat dans la fonction publique hospitalière (8,5%), réclame une hausse de salaire de 300 euros net pour tous les personnels hospitaliers, ainsi qu'un moratoire sur les fermetures de lits dans les hôpitaux.

Le Ségur, lancé en grande pompe par Edouard Philippe le 25 mai et piloté par l'ancienne responsable de la CFDT Nicole Notat, figure très contestée dans le milieu syndical, doit déboucher d'ici la mi-juillet sur des propositions concrètes pour l'hôpital public et les soignants. Mais plusieurs syndicats se sont d'ores et déjà agacés de la tournure des discussions, dénonçant une «parodie de concertation» et une «opération de communication». Sud a appelé les autres organisations à le suivre en quittant à leur tour la table des négociations.

  • 3 juin 2020 à 21:26

Sibeth Ndiaye provoque un tollé au Sénat, Les Républicains quittent l'hémicycle

Les sénateurs du parti Les Républicains (LR) ont été vexés, le 3 juin, par une réponse de la porte-parole controversée du gouvernement Sibeth Ndiaye lors des traditionnelles questions au gouvernement. Au point qu'ils ont décidé de quitter la séance, un moment relativement rare au Sénat.

«Si nous ne représentons rien, si nous sommes des invisibles [...] alors nous n'avions pas besoin de rester à entendre des réponses qui sont franchement sottes et blessantes pour la conception républicaine que nous avons», a déclaré à la presse le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau pour expliquer la manifestation d'humeur de son groupe.

Les raisons de leur colère ? Plus tôt dans la journée, le sénateur LR du Loiret Hugues Saury a interpellé le gouvernement sur les modalités d'organisation des visites ministérielles, lors desquelles les sénateurs et élus d'autres partis que La République en marche (LREM) «sont devenus personae non gratae», selon lui, des raisons sanitaires étant invoquées. Il s'est ainsi étonné de voir que «très majoritairement, les circonscriptions concernées par ces visites ministérielles, soient celles détenues par les députés LREM ou de votre majorité». 

«Mon collègue du Doubs a même été congédié par le préfet d'une manifestation patriotique [...] Pensez-vous, madame la ministre, qu'il est légitime de privilégier les députés, la plupart du temps de votre majorité, jusqu'à décider qu'à eux seuls ils représentent toutes les sensibilités ?», a-t-il ajouté.

.@HSaury (@LesRep_Senat) interroge @SibethNdiaye sur les visites ministérielles : "Pensez-vous qu'il est légitime de privilégier les députés, la plupart du temps de votre majorité, jusqu'à décider qu'à eux seuls ils représentent toute sensibilité et l'@AssembleeNat et le Sénat ?" pic.twitter.com/EXu9BU8Dj8

— Sénat (@Senat) June 3, 2020

«Au fond, depuis le 11 mai, c'est l'intelligence collective qui doit dominer», a répondu la porte-parole du gouvernement, sous la bronca des élus LR.  

«L'application stricte des mesures barrières et des gestes barrières doit être notre priorité pour que ces déplacements ministériels puissent se dérouler dans de bonnes conditions», a-t-elle développé, ajoutant qu'elle «conçoit qu'il soit parfois difficile de comprendre ces situations, qu'il puisse y avoir de la frustration, de l'incompréhension».

Elle a également appelé à n'«y voir absolument aucune malice politique ni aucun privilège».

“L'application stricte des mesures barrières doivent être notre priorité pour les déplacements ministériels puissent se dérouler dans de bonnes conditions. Je conçois aisément monsieur le sénateur qu'il soit parfois difficile de comprendre ces situations.” - @SibethNdiaye#QAGpic.twitter.com/QLhuwG08yS

— Sénat (@Senat) June 3, 2020

«C'est profondément choquant, je n'ai jamais entendu une réponse d'une telle légèreté, ici au Sénat», a réagi Bruno Retailleau après avoir quitté l'hémicycle. 

Dans un tweet, le groupe LR du Sénat a fustigé la réponse de Sibeth Ndiaye qui «expliquait à Hugues Saury que les gestes barrières justifiaient la privatisation des moyens de l'Etat au profit d'un seul parti lors des visites ministérielles». «La crise sanitaire a bon dos», ajoute le tweet.

Les sénateurs du groupe #LR ont quitté l'hémicycle alors que #SibethNdiaye expliquait à Hugues Saury que les gestes barrières justifiaient la privatisation des moyens de l'Etat au profit d'un seul parti lors des visites ministérielles. La crise sanitaire a bon dos. #QAGpic.twitter.com/LGQvOoknoV

— Républicains Sénat (@lesRep_Senat) June 3, 2020

Offusqué, le sénateur LR du Val-de-Marne, Christian Cambon a d'ailleurs expliqué à la chaîne Public Sénat que son collègue «Jacques Grosperrin est en mesure de montrer une photo où un préfet en uniforme le chasse d’une manifestation mémorielle».

Le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner a fait savoir à l'AFP que son groupe aurait lui aussi quitté l'hémicycle en signe de protestation, si la question suivante n'avait pas été posée par une sénatrice socialiste. Il a fustigé «une réponse indigne» de la porte-parole, et «une culture du prince».

  • 3 juin 2020 à 21:07
Hier — 3 juin 2020RT French

«Taxe Jean Valjean» : des députés de gauche veulent une taxe pour les plus riches

Plusieurs députés de gauche ont relancé le 2 juin 2020 l'idée d'une «Taxe Jean Valjean». Portée par le communiste Sébastien Jumel, cette proposition de résolution, à valeur symbolique, est cosignée par des communistes (PCF), des insoumis (LFI) et quelques élus socialistes et apparentés ou Libertés et Territoires.

Pour les personnes possédant «10 millions d'euros de patrimoine» et plus, il s'agirait d'une «taxe progressive» de 1 à 5% qui «permettrait de ramener 34 milliards profondément utiles dès la première année», a présenté le député communiste, élu de Seine-Maritime, lors d'un point de presse place du Palais Bourbon.

Cette contribution exceptionnelle, «pour financer les services publics», viendrait en complément de la demande de rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) réclamée par la gauche et une partie de la droite radicale. «La question de l'ISF, de la taxation du capital, elle n'est plus tenable pour les "marcheurs". Mais comme ça ne tombera pas du ciel, il va falloir les bousculer», avec un «rapport de force», a estimé Sébastien Jumel.

Le député communiste a voulu donner une traduction parlementaire à une idée défendue avec «humanité, sincérité et sensibilité» par le comédien Vincent Lindon, le 6 mai 2020 sur le site Mediapart, a-t-il expliqué.

«Il est évident que dans le pays, il y a un sentiment de profonde injustice fiscale. C'est latent et c'est cause de ressentiment pour un certain nombre de personnes», a ajouté François Ruffin (LFI). «Pendant la crise des Gilets jaunes, l'un des slogans, c'était que "les petits payent petit et que les gros payent gros". Ça avait le mérite de la simplicité et de la clarté. Il faut quand même se souvenir que la Révolution française est née d'une réforme fiscale», a-t-il poursuivi.

«Ça me plaît bien de signer une proposition qui s'appelle Jean Valjean [et que] deux siècles plus tard on puisse faire du Victor Hugo [car] certains vivent la vie de ce qu'il racontait», a estimé Caroline Fiat (LFI), dans une allusion à l'auteur des Misérables, et à son personnage central Jean Valjean.

Le 6 mai 2020, l'acteur Vincent Lindon avait notamment publié une vidéo dans laquelle il lisait une longue contribution pour la mise en place d'une telle idée, en préconisant des «sanctions» contre les fortunes qui souhaiteraient échapper à cette solidarité : «Même si je ne doute pas un instant que les plus riches de nos concitoyens se réjouiront de l’occasion ainsi offerte de montrer leur patriotisme et leur générosité, il me paraît prudent que les législateurs mettent en place des sanctions suffisamment dissuasives pour décourager les improbables mauvaises volontés. Je pense ici, surtout, à nos compatriotes domiciliés fiscalement à l’étranger, évidemment conviés à manifester leur solidarité.»

Sans doute peu favorable à la «taxe Jean Valjean», le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait notamment estimé mi-mai que le rétablissement de l'ISF, supprimé en 2018 par le gouvernement, serait de la «pure démagogie» : «On l'a fait pendant des années, ça n'a pas marché, ça n'a pas enrichi la France, pas amélioré la prospérité».

  • 3 juin 2020 à 20:40

Paris : trois faux policiers interpellés pendant un tournage sur le racisme mené sans autorisation

Trois individus déguisés en policiers nationaux ont été interpellés dans le XVe arrondissement de Paris, rue Saint-Charles le 31 mai.

Selon les informations du site d'actualités policières, Actu17, qui a révélé l'affaire, les personnes interpellées étaient en plein tournage sauvage dans les rues de Paris et voulaient réaliser une scène dénonçant le prétendu racisme des policiers nationaux. Selon la même source, «la vidéo devait finir sur les réseaux sociaux et faire le buzz.» 

Le principe de la vidéo en question : des policiers blancs interpellaient un homme à la peau noire dans une supérette tandis qu'un voleur à la peau blanche quittait le magasin sans encombres.

C'était sans compter sur la présence dans la rue de policiers en civil de la brigade anticriminalité dont le regard a été attiré par ces trois faux policiers à l'attitude suspecte et à la tenue débraillée. Ceux-ci ont été interpellés et placés en garde à vue pour usage d'une fausse qualité. Le réalisateur du tournage sauvage et son cameraman ont également été conduits au commissariat du XVe arrondissement pour y être entendus dans le cadre d'une enquête préliminaire, toujours selon cette même source. Les trois policiers seraient âgés de 19 à 26 ans selon Actu17. 

Contacté par RT France, le bureau de presse de la préfecture de police de Paris a botté en touche et préféré renvoyer vers son compte Twitter où le tweet suivant a été publié au sujet de l'interpellation : «Trois interpellés arborant des tenues afin de tourner une vidéo simulant une interpellation raciste. Comment aurait-elle été commentée sur les réseaux sociaux si elle avait été diffusée ? Dans le contexte actuel, susciter la haine par des fake news contre les forces de l'ordre est irresponsable et criminel.»

#Paris15, 3 interpellés arborant des tenues👮‍♂️afin de tourner 1 vidéo simulant 1 interpellation raciste.
Comment aurait-elle été commentée sur les RS si elle avait été diffusée?
Dans le contexte actuel, susciter la haine par des fakenews contre les FDO est irresponsable / criminel https://t.co/okbmlY0iZf

— Préfecture de Police (@prefpolice) June 2, 2020

RT France s'est également rendu sur place pour essayer de comprendre ce qui s'était passé. La gérante de la supérette a simplement assuré que les faux policiers n'étaient pas entrés dans la boutique et qu'il n'y avait eu aucun souci sur place en ce qui concernait le magasin.

Le réalisateur de la vidéo sans autorisation voulait rendre hommage à Floyd

Depuis son audition, le réalisateur de la vidéo qui se fait appeler Hitsu, s'est exprimé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et a fait savoir qu'il comptait, avec cette réalisation, adresser un hommage à George Floyd, un Américain de 46 ans mort le 25 mai lors de son interpellation par des policiers de Minneapolis aux Etats-Unis.

  • 3 juin 2020 à 19:11

Polémique après que des manifestants antiracistes ont traité un policier noir de «vendu»

Lors du rassemblement parisien du 2 juin 2020 en hommage à Adama Traoré, mort lors d'une interpellation policière en 2016, une scène a marqué les esprits. Près du tribunal de Paris, probablement après une charge, quelques manifestants, emmenés par la youtubeuse Nadjelika, ont traité de «vendu» un fonctionnaire de police noir silencieux.

Sur une vidéo devenue virale, on voit la jeune femme, portant un tee-shirt Justice pour Adama, s'égosiller : «Sur vous tous, mais surtout sur toi, honte sur toi, vendu !». «T'es de leur côté, t'as pas honte !», a-t-elle hurlé, se cassant la voix. Le policier au visage couvert d'un masque chirurgical n'a pipé mot, baissant juste les yeux.

Cette séquence est juste choquante et abjecte! Être #policier et #noir doit il poser un problème en France aujourd'hui?
Je le disais il y a qques jours dans un post et à ce jour ça a toute sa résonnance...https://t.co/SevqllGgLX
N'oublions pas que notre police est multicolore! pic.twitter.com/wXyReuNK5k

— Abdoulaye.Kant (@AbdoulayeK3) June 3, 2020

Sur les réseaux sociaux, la jeune femme et les manifestants ont été largement désavoués, y compris par des sympathisants du mouvement Justice pour Adama. Quelques politiques marqués à droite ont également fait état de leur désapprobation, tels Nicolas Dupont Aignan, fondateur de Debout la France, l'avocat et député européen Identité et démocratie Gilbert Collard et le conseiller régional Rassemblement national Julien Odoul.

Traiter de "vendu" un policier parce qu'il est noir : voilà le vrai racisme ! Honte à l'extrême gauche qui par haine contre la France alimente le communautarisme selon la couleur de peau.
Cette idéologie fracture notre société et ouvre dangereusement la voie à une guerre civile ! pic.twitter.com/3CFBUhi9d7

— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) June 3, 2020

La haine. La vraie. pic.twitter.com/xCVnlXufGE

— Julien Odoul (@JulienOdoul) June 3, 2020

A #Paris, un #policier noir traité de « vendu » par une foule de manifestants : le pire du #racisme de gauche à l’œuvre ! #BlackLivesMatter#AdamaTraore#GeorgeFloydpic.twitter.com/sH8mw9nXaY

— Gilbert Collard (@GilbertCollard) June 3, 2020

La vidéo a également fait réagir dans les rangs de la police. Les syndicats du secteur se sont insurgés, tels le SICP, syndicat indépendant des commissaires de police, qui a affirmé sur Twitter : «Vous n’aurez pas notre haine ! Vous [ne] nous diviserez pas !»

Ce moment nous a touché.
L’abject insulte: « vendu » envers notre collègue 👮🏿‍♂️ de la @prefpolice!
Vous n’aurez pas notre haine!
Vous nous diviserez pas!
Notre 👮‍♂️👮🏻👮🏼‍♂️👮🏽👮🏾‍♂️👮🏿 dans la @PoliceNationale, on en est fier! Tout comme notre métier.
pic.twitter.com/S33gSOTJHH

— Commissaires de police - SICP (@SICPCommissaire) June 3, 2020

Le SCSI, syndicat majoritaire des Cadres de la Sécurité Intérieure, a déclaré dénoncer les débordements de la manifestation, «ceux qui ont traité de "vendu" un policier noir, ceux qui traitent nos collègues de couleur de "bounty" ou de "traitres" sur les réseaux sociaux».

Vidéo honteuse !
Sur @radioclassique le SCSI a dénoncé les débordements de la manifestation pour #AdamaTraore ceux qui ont traité de « vendu » un #policier noir, ceux qui traitent nos collègues de couleur de « bounty » ou de traitres sur les RS. ⤵️⤵️⤵️
pic.twitter.com/qyYEtMZ309

— Officiers et Commissaires de police (@PoliceSCSI) June 3, 2020

  • 3 juin 2020 à 18:33

Baisse des salaires au nom de la crise : faut-il craindre «des effets d’aubaine» ?

A moins d’une semaine d'une réunion à l’Elysée avec les syndicats et les organisations patronales pour discuter des réponses à donner à la crise économique et à la montée du chômage, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a jeté un pavé dans la mare.

«Moi j’ai un appel aux entreprises. On va être dans une situation difficile économiquement. Donc il y a un risque sur l’emploi, mais il y a des alternatives […] on peut aussi négocier des accords de performance collective», a ainsi proposé Muriel Pénicaud sur la chaîne LCI le 31 mai.

Ces accords sont prévus par les ordonnances de la loi travail 2, aussi appelées «ordonnances Pénicaud», entrées en vigueur en septembre 2017. Elles permettent d’«aménager» la durée du travail, la rémunération et les conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne à l’entreprise.

Si un salarié de l’entreprise où a été conclu un tel accord en accepte les dispositions, les clauses de l'accord prennent le pas sur celles de son contrat de travail. S’il refuse, l’employeur peut le licencier pour ce seul motif.

Autrement dit, les entreprises ont la possibilité, en fonction de leurs besoins, de proposer des réductions de temps de travail, de salaires et d’avantage sociaux, si elles sont en mesure de les faire accepter dans le cadre d'accords avec les représentants du personnel.

Il y a des alternatives aux licenciements. J’appelle les entreprises en difficulté à négocier des accords de performance collective, créés par les ordonnances travail. Plus de 350 ont été signés depuis leur création. https://t.co/q8zKvLCaZY

— Muriel Pénicaud (@murielpenicaud) May 31, 2020

Or, les négociations peuvent se faire sous la menace de suppressions d’emplois comme vient de le démontrer Ryanair. Ainsi, alors que la ministre suggérait sur LCI le recours aux «accords de performance collective», la compagnie aérienne irlandaise low cost proposait une baisse de salaire de 20% à 10% à ses salariés, sous peine d’engager rapidement un vaste plan social. 

Interviewé sur la radio RTL le lendemain de la déclaration de Muriel Pénicaud, le délégué général de Force ouvrière s’est d’abord emporté contre la démarche de Ryanair qu’il a qualifiée de «comportement de prédateur», après en avoir contesté la légalité.

Les situations sont souvent des prétextes, des effets d'aubaine. Donc celle que nous connaissons aujourd'hui [...] risque de conduire beaucoup d'entreprises à utiliser cette situation pour faire valoir la nécessité de réduire encore le coût du travail

Mais il a aussi exprimé ses craintes que la situation économique actuelle justifie des baisses des salaires ou du nombre de jours de RTT, la suppression du 13e mois ou des indemnités de transport en expliquant : «Les situations sont souvent des prétextes, des effets d'aubaine. Donc celle que nous connaissons aujourd'hui, la crise sanitaire, avec ses conséquences économiques évidemment, risque de conduire beaucoup d'entreprises à utiliser cette situation pour faire valoir la nécessité de réduire encore le coût du travail.»

Discussions avec les partenaires sociaux

La CGT n’a, pour le moment, pas jugé utile de commenter les déclarations de la ministre et fait savoir qu'elle attendait la réunion du 4 juin à l’Elysée pour répondre aux propositions du gouvernement. Quant à la CFDT, il a été impossible de la joindre pour obtenir une réaction. Il y a deux semaines, son secrétaire général Laurent Berger plaidait encore dans les colonnes de L’Express pour «amorcer une discussion sur les salaires, les parcours professionnels». Mais il pensait plutôt à des augmentations et à des promotions.

Le jour même, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, déclarait pour sa part que «cela [allait] être compliqué pour les entreprises dans le rouge d'augmenter significativement les salaires».

Or, la tendance est plutôt aux diminutions. Le cas de Ryanair n’est en effet, à la manière près, pas isolé. Ainsi, Derichebourg Aeronautics Services, sous-traitant d’Airbus durement frappé par la mise à l’arrêt du secteur aéronautique, envisage un plan social menaçant 700 emplois. Mais l’entreprise familiale pourrait limiter le nombre des postes supprimés si les salariés renonçaient temporairement à leur 13e mois et à leur indemnité de transport. En revanche, on n’a pas connaissance de mesures de compensation en cas de retour à meilleure fortune.

Les salaires, variables d'ajustement

Dans ce système, les salaires et avantages sociaux des salariés deviennent une variable d’ajustement de la trésorerie des entreprises. Interrogé par Le Figaro, sur le recours aux accords de performance collective, le vice-président délégué de l’Association nationale des DRH, Benoît Serre confie : «C’est un outil que les gens commencent à regarder.» Or la généralisation des réductions de salaires pourrait, en diminuant la consommation des ménages, condamner la reprise de l’activité économique.

Le gouvernement voudrait baisser les salaires et, « en même temps », augmenter la consommation. Deux paumés nommés Marx et Keynes ont expliqué pourquoi ce n’était pas possible. Heureusement, ils sont oubliés depuis longtemps.

— Gilles Raveaud (@RaveaudGilles) June 1, 2020

C’est ce que fait remarquer de façon un peu sarcastique l’universitaire et docteur en Economie Gilles Raveau, qui vient de faire paraître aux éditions du Seuil Economie, on a pas tout essayé. Commentant les propositions de la ministre qui avait aussi appelé quelques jours auparavant sur Radio Classique les Français à «consommer» les 60 milliards d'euros épargnés pendant le confinement selon l’Insee, afin de «faire repartir» l'activité, il écrit sur son compte Twitter : «Le gouvernement voudrait baisser les salaires et, "en même temps", augmenter la consommation. Deux paumés nommés Marx et Keynes ont expliqué pourquoi ce n’était pas possible. Heureusement, ils sont oubliés depuis longtemps.»

Ivan Lapchine

Lire aussi : 
«Le seul avenir est de travailler un peu davantage» : Macron fait son grand oral sur TF1


  • 3 juin 2020 à 18:19

L’application gouvernementale de traçage StopCovid coûterait 200 000 à 300 000 euros par mois

Selon nos confère de L'Obs, citant une source bien informée, la nouvelle application mobile gouvernementale lancée le 2 juin, baptisée StopCovid, afin de lutter contre une possible résurgence du coronavirus, coûterait approximativement entre «200 000 et 300 000 euros» par mois pour son hébergement et sa maintenance.

Si l’application a bel et bien été développée de manière bénévole au cours d’un projet piloté par l’Inria, le studio de développement, Lunabee, a fait savoir à l'hebdomadaire que ce travail sans rémunération n’était prévu que jusqu’au lancement de l’application, soit le 2 juin.

Désormais, d’éventuelles mises à jour devraient donc bien être facturées. Des frais d’hébergements seront par ailleurs prélevés par Outscale, filiale cloud de Dassault Systèmes.

Un manque de transparence ?

Dans une interview accordée à L'Obs et mise en ligne le 27 mai, Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, avait pourtant assuré que le coût de l’application de traçage serait «négligeable». «La santé n’a pas de prix. Ce montant est epsilonesque par rapport aux coûts et aux effets délétères évités d’une admission en réanimation par exemple…», avait-il ajouté.

Un avis que ne partage pas un expert du développement d’applications cité par le magazine : «C’est bien trop cher payé, comme souvent avec les marchés publics.»

De son côté, le chercheur indépendant Baptiste Robert, célèbre hacker français également connu sous le pseudonyme d'«Elliot Alderson» constate auprès de L’Obs un manque de transparence de la part de exécutif. «La surfacturation est un moyen de payer les entreprises rétrospectivement, disons-le ! Le gouvernement doit faire preuve de plus de réalisme et de transparence. Cette application coûtera beaucoup d’argent pour une efficacité probablement nulle», constate-t-il.

D'après la société spécialisée dans de décompte des téléchargements par application, StopCovid est en tête des téléchargements en France sur les magasins Google et Apple ce 3 juin.

  • 3 juin 2020 à 17:35

Tourisme : l'Italie rouvre ses frontières après plusieurs semaines de fermeture

Après un mois d'un prudent déconfinement, l'Italie rouvre ses frontières aux touristes européens ce 3 juin, nouveau pas vers la normalisation et la relance du tourisme à l'approche de l'été. «Le pays revient à la vie», a résumé le ministre des Affaires régionales Francesco Boccia, alors que les vols internationaux reprennent au moins dans trois grandes villes : Rome, Milan et Naples. A l'aéroport de Fiumicino, dans la capitale, une trentaine de vols internationaux sont prévus ce 3 juin. 

Ce jour de réouverture marque également le retour de la liberté de déplacement entre les 20 régions, du nord au sud de la péninsule, une mesure attendue avec impatience par les Italiens. Selon l'Agenzia Nazionale Stampa Associata (ANSA), la principale agence de presse italienne), cette réouverture entre les régions a donné lieu à des embouteillages, notamment à Messine, en Sicile pour embarquer sur des ferries vers le continent. «Le flux [des trains] est régulier», s'est félicité la ministre des transports Paola De Micheli, venue vérifier à la gare Termini de Rome les mesures sanitaires mises en place au départ des trains à grande vitesse.

La frontière entre la France et l'Italie a provoqué des bouchons de circulations vers le poste frontière de Menton sur la Côte d'Azur. Des journalistes de l'AFP ont constaté qu'une file d'automobilistes et un concert de klaxons rageurs ont suscité beaucoup d'énervement.

Les forces de l'ordre françaises contrôlent les véhicules qui passent la frontière franco-italienne à Menton au matin de sa réouverture #AFPpic.twitter.com/SRqI5Tv0WB

— Agence France-Presse (@afpfr) June 3, 2020

Cependant cette réouverture des frontières ne se fait pas sans accroc puisque la France n’a pas officiellement ouvert ses frontières avec ses voisins et les contrôles aux frontières sont toujours maintenues d'après les autorités françaises. Les équipes de RT France sont allées interroger des Français mécontents à Menton. «On peut y aller, mais on ne peut pas rentrer en France. Si c'est pour rester là-bas, ce n'est pas la peine», explique un homme à moto. Un autre homme s'indigne : «Vous pouvez passer du côté italien pour revenir il vous faudra une attestation internationale de circulation, une attestation de domicile, votre carte d'identité et un motif valable et non futile d'être allé en Italie, sans quoi vous risquez 135 euros d'amende.»

«L'objectif est de montrer à tous que l'Italie est prête à accueillir les étrangers, en sécurité» pour Di Maio

Giuseppe Bettoni, politologue à l’université Tor Vergata de Rome, a commenté cette réouverture pour RT France, expliquant que «le tourisme est fort important en Italie, c'est un des plus importants secteurs, ce n'est pas possible de le garder complètement fermé [...] C'est un secteur qui a eu déjà une perte géante de plusieurs milliards d'euros et qui va retrouver un équilibre non pas dans les semaines voire plusieurs mois à venir, mais au delà de la fin de 2020. Il faudra attendre le printemps de l'année prochaine pour pouvoir retrouver un secteur capable de revenir à 100% de son niveau.»

Encore traumatisée par ses 33 500 morts du Covid-19 en trois mois, l'Italie se déconfine progressivement depuis début mai. Commerces, cafés et terrasses ont rouvert, de même que la grande majorité des monuments et sites touristiques tels que la Basilique Saint-Pierre, le site de Pompéi, le Colisée à Rome, la tour de Pise, cathédrales de Milan et Florence, musées du Vatican...

La crise sanitaire n'est pas terminée

Pour autant, la crise sanitaire «n'est pas terminée» a prévenu le 2 juin, jour de Fête nationale, le président de la République Sergio Mattarella, qui a loué «l'unité» de son pays face à «l'ennemi invisible». En déplacement à Codogno, localité de Lombardie où était apparu mi-février le virus en Italie, il a appelé le pays à repartir, fort de la «solidarité et du courage» dont il a fait preuve en ces temps difficiles. L'Italie a imposé un verrouillage économique début mars et a vu depuis le nombre de contaminations chuter régulièrement. Si l'épidémie semble durablement maîtrisée, le pays doit à présent faire face à la plus grave récession depuis la Seconde guerre mondiale, et il a un besoin crucial de voir revenir les touristes (secteur comptant pour 13% du PIB).

L'enjeu dépasse largement les frontières italiennes, alors que l'Espagne, la Grèce et la France entendent elles aussi relancer leur secteur touristique en captant le plus de voyageurs étrangers. Inquiètes d'une possible reprise de l'épidémie depuis la Lombardie, un moment épicentre européen de la maladie, la Suisse et l'Autriche gardent leur frontière italienne fermée, suscitant le mécontentement de Rome.

Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio va mener cette fin de semaine une série de rencontres avec ses homologues européens, et notamment le ministre français Jean-Yves Le Drian le 3 juin à Rome.

«L'objectif est de montrer à tous que l'Italie est prête à accueillir les étrangers, en sécurité et avec une transparence maximum des chiffres», a assuré Luigi Di Maio qui souligne qu'«accueillir les touristes signifie mettre en marche l'économie et donner la possibilité de travailler aux artisans, commerçants, entrepreneurs, hôteliers». Seuls 40 des 1 200 hôtels de Rome ont rouvert, indiquait le 1er juin le Corriere della Sera, et une douzaine seulement à Milan.

Quant au secteur agricole, grand consommateur de main d'œuvre étrangère, il s'est félicité, par la voix du syndicat Coldiretti, de cette réouverture des frontières qui permettra «à environ 150 000 travailleurs saisonniers, communautaires provenant de Roumaine, Pologne et Bulgarie d'entrer dans le pays sans être obligé d'observer la quarantaine».

  • 3 juin 2020 à 16:19

Le rassemblement Floyd/Traoré, une différence de traitement avec les Gilets jaunes ?

L'argument avait déjà été avancé deux jours plus tôt, souvent par les mêmes, au sujet de la manifestation en soutien aux migrants et aux sans-papiers. Outrés par l'ampleur, malgré son interdiction formelle par la préfecture de Paris, de la manifestation contre les violences policières organisée par le collectif «Vérité Pour Adama [Traoré]», plusieurs personnalités de droite, principalement du Rassemblement national (RN), se sont indignées du laxisme supposé des autorités vis-à-vis des manifestants, comparé au traitement réservé aux Gilets jaunes. 

«Dans l’impunité la plus totale, tout ce que la capitale compte de gauchistes et de communautaristes hurle sa haine de la police »

«Dans l’impunité la plus totale, tout ce que la capitale compte de gauchistes et de communautaristes hurle sa haine de la police !», s'est ainsi agacé l'eurodéputé RN Jerome Rivière. «Que fait l’Etat, pourtant si performant dans la répression des Gilets Jaunes ?», a interrogé plus loin l'élu.

🔴 Dans l’impunité la plus TOTALE tout ce que la capitale compte de gauchistes et de communauristes hurle sa haine de la police !

Que fait l’Etat, pourtant si performant dans la répression des #GiletsJaunes ? #JusticePourAdamapic.twitter.com/OdMMWpyDEg

— Jerome Riviere (@jerome_riviere) June 2, 2020

Le cadre du parti de Marine Le Pen Jean Messiha a lui aussi réagi, émettant un parallèle avec la manifestation de migrants et sans papiers qui s'est tenue quelques jours plus tôt : «Comme ce sont majoritairement des immigrés, toute intervention pour donner force à la loi est considérée comme nazie. C’est pas les Gilets jaunes hein ?», a-t-il déclaré. 

Voilà une manifestation interdite par la préfecture de police
Une de plus après celle des migrants il y a 48h
Comme ce sont majoritairement des immigrés, toute intervention pour donner force à la loi est considérée comme nazie.
C’est pas les #GiletsJaunes hein !#JusticePourAdamapic.twitter.com/qI0UebG3ZZ

— Jean MESSIHA (@JeanMessiha) June 2, 2020

Hors du parti, le même type d'argument a été agité par l'ancien militant identitaire Damien Rieu : «Si c’étaient des gilets jaunes ils auraient eu le droit au canon à eau, aux LBD, aux motos Brav-M, aux petites phrases haineuses de Castaner et Lallement», a-t-il déclaré.

Alors que la #France a interdit dans l'espace public les rassemblements de plus de 10 personnes, on ne peut qu'être étonné de la mollesse avec laquelle le préfet #Lallement et #Castaner gèrent cette manifestation. Imaginez si ça avait été des #GiletsJaunes... #JusticePourAdama

— Kevin Bossuet (@kevinbossuet) June 2, 2020

Même son de cloche chez le professeur d'histoire et chroniqueur Kevin Bossuet :«Alors que la France a interdit dans l'espace public les rassemblements de plus de 10 personnes, on ne peut qu'être étonné de la mollesse avec laquelle le préfet [Didier] Lallement et [le ministre de l'Intérieur Christophe] Castaner gèrent cette manifestation. Imaginez si ça avait été des Gilets Jaunes ?», a-t-il estimé. 

Ce qui est aussi inacceptable, c'est que certains du comité de soutien à la mémoire d'Adama Traoré veulent établir un lien entre ce qui s'est passé aux Etats-Unis et ce qui, soi-disant, se serait passé, il y a quatre ans, ici en France

Hors commentateurs politisés, la différence de traitement avec les Gilets jaunes a été reconnue par Jean-Pierre Colombies, ancien commandant de police et porte-parole de l'association UPNI (Union des policiers nationaux indépendants). 

«Nos forces de sécurité sont plus dans la retenue quand il s'agit de jeunes de banlieue, plutôt que lorsqu'ils sont mis en face de Gilets jaunes, cela n'aura échappé à personne», a-t-il déclaré auprès de RT France. La raison pour l'ancien policier est liée aux revendications des Gilets jaunes qui se situaient selon-lui «dans une mise en cause du système, tandis que les individus qu'on voyait défiler hier font intégralement partie de ce système». 

Nos forces de sécurité sont plus dans la retenue quand il s'agit de jeunes de banlieue, plutôt que lorsqu'ils sont mis en face de Gilets jaunes, cela n'aura échappé à personne

«Là où les Gilets jaunes portaient de nombreuses revendications sociales mais n'étaient pas très organisés (contrairement aux Black blocs), les collectifs du style Adama dénoncent uniquement ce qu'ils imaginent constituer un Etat policier et raciste. C'est leur seul motif de manifestation. Mais je le répète, cette police n'est pas raciste et la situation sociale est très différente de celle des Etats-Unis, les assimiler est une vue de l'esprit. Alors évidemment, les collectifs anti-police sont moins dangereux pour l'Etat, on les laisse casser quelques éléments de mobilier urbain, on les disperse dans le calme», a-t-il déclaré. 

Alors évidemment, les collectifs anti-police sont moins dangereux pour l'Etat

Côté Les Républicains, l'accent a été plus volontiers mis sur le danger sanitaire représenté par ce rassemblement massif alors que la crise du Covid-19 n'est pas résolue en Ile-de-France : «C'est inadmissible parce que je vous rappelle qu'on est toujours sous le coup de l'état d'urgence sanitaire et que normalement les rassemblements de plus dix personnes sont interdit», s'est indigné le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau sur CNews.

Il y a quelques semaines, si on oubliait son attestation en allant acheter du pain on risquait une amende de 135 euros. Hier on a laissé 20 000 personnes s’agglutiner dans Paris... On ne peut pas utiliser une souffrance pour la transformer en haine contre une société #AdamaTraorepic.twitter.com/xwWFjgOsT7

— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) June 3, 2020

«Ce qui est aussi inacceptable, c'est que certains du comité de soutien à la mémoire d'Adama Traoré veulent établir un lien entre ce qui s'est passé aux Etats-Unis et ce qui, soi-disant, se serait passé, il y a quatre ans, ici en France», a-t-il ajouté à propos des accusations de violences policières.

«Une telle manifestation, en plein état d'urgence, c'est bafouer la loi», a aussi dénoncé le président LR du Sénat Gérard Larcher sur RTL.

Dix-huit personnes ont été interpellées au cours des incidents survenus à la fin du rassemblement, qui a réuni quelque 20 000 participants venus s'agglutiner de façon chaotique sur le parvis du tribunal de grande instance de Paris (XVIIe arrondissement) à l'appel de la famille d'Adama Traoré, mort en 2016 après une interpellation à Beaumont-sur-Oise. Cette manifestation, organisée en premier lieu pour contester une expertise médicales disculpant les gendarmes impliqués dans l'affaire, a pris une autre résonance, se faisant l'écho des revendications des manifestants américains à la suite de la mort de Georges Floyd. 

  • 3 juin 2020 à 15:47

Drame de Minneapolis : qui sont George Floyd et Derek Chauvin ?

George Floyd, cet homme afro-américain originaire de Houston est mort le 25 mai, le visage plaqué au sol, après quelques minutes de compression du cou par le policier Derek Chauvin. Longues minutes durant lesquelles il a supplié qu'on lui permette de respirer. A mesure que les réseaux sociaux se couvrent de carrés noirs et d'hommages, les témoignages affluent à propos de cet homme, ses proches louant sa gentillesse de «doux géant» et sa bonhomie.

A 46 ans, cet agent de sécurité et chauffeur livreur habitait à Minneapolis. Juste avant la crise du Covid, George Floyd était employé depuis plusieurs années par Jovanni Thunstorm, le patron d'un bar latino dont il était devenu l'ami proche. Le tenancier a rendu un vibrant hommage à son salarié sur Facebook, plaidant pour que les quatre policiers soient arrêtés. Dans une interview sur le site américain KSTP, il concède qu'il avait «ses problèmes, comme tout le monde», mais évoque sa personnalité : «ll n'était pas du genre agressif, irrespectueux. C'était un type très calme, gentil.» Plusieurs membres du personnel ont honoré sa mémoire, évoqué la chance qu'ils avaient eu de travailler à ses côtés ou loué l'esprit pacifique de l'agent de sécurité.

George Floyd avait une petite amie depuis trois ans, Courteney Ross, serveuse dans un café de la ville. Emue aux larmes, elle a décrit à CNN «un ange sur terre». Elle a appelé au calme, expliquant que son compagnon aurait été «dévasté» de voir les émeutes.

Le quadragénaire était père de deux enfants et grand-père d'une petite fille.

George Floyd a vécu son enfance dans la cité d'un quartier pauvre de Houston, Third Ward, habité majoritairement par la communauté afro-américaine. Plus jeune, George Floyd était un étudiant doté d'un physique impressionnant qui lui a valu le sobriquet de Big Floyd. Athlète de haut niveau prometteur, il s'illustre au football américain dans l'équipe de son lycée. Adolescent, George Floyd est devenu très proche de l'ancien joueur de basket professionnel Stephen Jackson, star de la NBA, qui vivait dans le même quartier. Le sportif, qui n'avait jamais perdu contact avec George Floyd malgré leurs parcours très différents, se bat aujourd'hui pour sa mémoire et a publié de nombreuses photos et messages.

Pourquoi George Floyd n'a-t-il pas connu la même ascension que Stephen Jackson ? Le basketteur s'est livré sur Instagram : «il était talentueux dans deux sports, et la seule différence entre moi et ce frère est que j'ai eu davantage d'opportunités que lui.» Big Floyd avait obtenu une bourse pour faire partie de l'équipe de basket d'une université de Floride, mais n'a pas persévéré. Il a aussi tenté d'intégrer une équipe au Texas, mais a abandonné. De retour à Houston, Big Floyd s'est essayé au hip-hop, sans grand succès.

Une part d'ombre et de lumière

Mais le géant avait aussi sa part sombre, ses sorties de route. Après les années basket et rap, ses aventures n'ont cessé de dégénérer. Il est arrêté pour vol et possession de drogue. En 2009, il est condamné pour cambriolage, et a écopé de cinq ans de prison. 

Mais en 2014, à sa sortie de prison, Big Floyd s'est réinventé, s'est mis en couple. Une de ses filles voit le jour. L'homme s'investit alors énergiquement dans la religion. L'église de la Résurrection à Houston évoque un chrétien très pieux, tout comme sa famille, décidé à mobiliser les jeunes du quartier. Une photo le montre tenant une Bible à son nom. Une vidéo circule dans laquelle, de son accent à couper au couteau, le géant incite les jeunes à ne pas utiliser les armes et à «rentrer à la maison». Selon le pasteur de l'église, George Floyd était une force de paix. Il avait une bonne influence sur les jeunes du quartier, dont il avait réussi à éveiller l'intérêt pour les évangiles. «Il a ouvert des portes que je n'avais jamais réussi à ouvrir», a expliqué l'homme d'église dans son hommage. Big Floyd avait suivi un programme chrétien qui l'avait aidé à trouver un emploi à Minneapolis. A ce moment-là, il travaillait régulièrement dans la sécurité, tout en projetant dans les derniers mois de sa vie de revenir à Houston. Il n'en aura pas eu le temps.

Les deux autopsies réalisées sur son cadavre ont aussi révélé la présence de méthamphétamine et de fentanyl dans son sang, le même opiacé, parfois utilisé comme antalgique, qui a fait succomber le chanteur Prince. Ces deux produits peuvent être prescrits médicalement ou achetés illégalement. A ce stade, on ignore pourquoi George Floyd en consommait.

Une tragédie pour un faux billet de 20 dollars

Le jour de la tragédie, comme l'attestent des témoins et des vidéos assemblées par le New-York Times, George Floyd est allé acheter des cigarettes au magasin Cup Foods, qu'il aurait payées grâce à un faux billet de 20 dollars, puis est retourné s'asseoir dans un véhicule 4x4 sur le trottoir d'en face. Après quelques minutes, deux employés du magasin sont venus à sa rencontre, affirmant que le billet était faux, et ont exigé qu'il leur restitue le paquet. Face au refus de George Floyd, ils ont appelé la police, expliquant l'incident et ajoutant que l'homme était très ivre et erratique.

Deux policiers sont alors intervenus et lui ont passé les menottes. George Floyd n'a opposé aucune résistance, ni au moment où il fut assis par terre, ni au moment où il fut conduit vers la voiture de police. En revanche, il s'est débattu lorsque les deux agents ont tenté de le faire entrer dans le véhicule, arguant qu'il était claustrophobe. C'est alors que sont arrivés en renfort deux autres policiers, dont l'agent Derek Chauvin, 44 ans. Trois d'entre eux l'ont plaqué au sol et apposé leurs genoux sur différentes parties de son corps. Les supplications, ses difficultés pour respirer, le filet de sang s'écoulant de sa bouche puis sa perte de connaissance n'auront pas eu raison de l'obstination de Derek Chauvin à garder son genou appuyé sur le cou d'un George Floyd immobile et menotté, malgré l'indignation des passants. 

Deux hommes employés dans la même boîte de nuit

Par une coïncidence extraordinaire, ces deux hommes ont travaillé en même temps dans la même boîte de nuit de Minneapolis, «El Nuevo Rodeo», employés par Maya Santamaria. Selon la directrice, il est peu probable que les deux hommes s'y soient connus car ils travaillaient rarement les mêmes jours et pas dans la même zone du club. Si Maya Santamaria ne tarit pas d'éloges sur George Floyd, elle se révèle plus circonspecte au sujet de Derek Chauvin qui a travaillé 17 ans pour la boîte de nuit. Selon elle, il avait la bombe lacrymogène facile sur le public afro-américain, et appelait la police à la moindre bagarre. Elle confie lui avoir reproché à de nombreuses reprises son comportement, expliquant qu'il «perdait son self-contrôle».

Derek Chauvin, employé à la police de Minneapolis depuis 2001 a successivement servi dans plusieurs emplois des différents secteurs de la ville. Outre ses activités dans la boîte de nuit latino, il s'est aussi essayé à l'immobilier fin 2018 et début 2019, en sus de ses activités de policier. Sa femme d'origine laotienne, qu'il a rencontrée à l'hôpital où il amenait un suspect, l'a décrit comme «tendre sous de l'uniforme». Dans une interview de 2018 au sujet d'un concours de beauté, elle évoque un homme galant «qui coche toutes les cases», qui lui «ouvre les portes», et place son manteau sur ses épaules. Mais depuis la tragédie, elle a désavoué le geste de son mari, s'est déclarée solidaire de la famille de George Floyd, et demandé le divorce dans la foulée – informations communiquées publiquement par son avocat.

Visé par 17 plaintes

Aujourd'hui, les états de service de Derek Chauvin font surgir une polémique supplémentaire. Si deux médailles, en 2008 et 2010, ont récompensé son travail, il a également été, au cours de sa carrière de 19 ans auprès de la police, visé par 17 plaintes. Son dossier disciplinaire publié par la police du Minnesota en atteste. Certaines plaintes font état d'un ton humiliant, de commentaires méprisants et de langage inapproprié. Pour celles-ci, le policier n'a fait l'objet que de lettres et de réprimandes orales.

Alors que le scandale de la mort de George Floyd s'est répandu dans le monde entier, les personnes qui ont eu maille à partir avec Derek Chauvin, ou ont perdu un proche lors d'une de ses interventions policières se manifestent. Ainsi, le jeune Kristofer Bergh, 24 ans s'est confié à Buzzfeed sur sa mésaventure avec Derek Chauvin en 2013.

Rentrant d'un tournoi entre étudiants joué avec des pistolets fantaisie tirant des fléchettes en mousse, un adolescent en voiture avait décoché une munition du jeu depuis le véhicule. Kristofer Bergh était à ses côtés. Les jeunes ne savaient pas qu'ils étaient suivis par les forces de l'ordre. Alors qu'il descendait de la voiture, Kristofer Bergh s'est fait mettre en joue par Derek Chauvin.

“What would have happened differently if my friends and I weren’t all white?” Kristofer Bergh says he filed a complaint in 2013 against Derek Chauvin, the ex-officer charged in George Floyd’s death, after he aimed a gun at him for playing with Nerf gunshttps://t.co/sAT0NvFIVPpic.twitter.com/UGGllMoeWK

— CNN (@CNN) June 1, 2020

Les policiers venus confronter les adolescents ont fini par constater qu'il ne s'agissait que d'un jeu d'enfants. Mais ils auraient agressé verbalement et humilié le jeune auteur du tir de fléchette en mousse dans la voiture de police. Choqué d'avoir été mis en joue pour une raison aussi insignifiante, Kristofer Bergh avait porté plainte, mais celle-ci a été classée. Le sergent avait toutefois adressé à l'adolescent une lettre d'excuses au sujet du comportement de ses hommes.

Des interventions qui dégénèrent

Il y a plus grave : un incident au cours duquel un homme a été gravement blessés par Derek Chauvin, et un second tué lors d'une de ses interventions.

En 2008 à Minneapolis, une femme avait appelé le commissariat pour se plaindre de violences conjugales. A l'arrivée de Derek Chauvin et d'un autre policier, son compagnon Ira Latrell Toles a couru se réfugier dans les toilettes, sans armes. S'en est suivie une bagarre entre les trois hommes. Le suspect a affirmé que les policiers ont fracassé la porte, et que Derek Chauvin l'a frappé à coups de crosse. Il aurait tenté de se défendre en se débattant à l'aveugle, alors que du sang lui coulait dans les yeux. Derek Chauvin, quant à lui, a argué qu'Ira Latrell Toles a tenté de le désarmer, et qu'en conséquence, il lui a tiré deux balles dans le ventre.

A la suite du drame de George Floyd, Ira Latrell Toles commentera l'affaire sur Facebook en écrivant : «Est-ce que j'ai l'air du type qui essaie de prendre l'arme d'un policier ? Si c'était le cas, ils n'auraient jamais abandonné les charges !» En effet, le contrevenant n'a pas été poursuivi pour ce geste, mais pour violences conjugales. Il a déclaré au site The Daily Beast à propos de Derek Chauvin : «Il a essayé de me tuer dans cette salle de bain».

Mais l'épisode le plus dramatique reste la confrontation en 2006 avec Wayne Reyes, un quadragénaire d'origine amérindienne, mort après avoir été criblé de plus de 40 balles par six agents. Derek Chauvin faisait partie de cette escouade.

Selon la version donnée par la police, rapportée ces derniers jours par de nombreux médias, les agents étaient à la recherche de cet homme après un appel de sa compagne expliquant qu'il l'avait poignardée. Alors qu'il lui était demandé de sortir de son véhicule pour être appréhendé, Wayne Reyes aurait mis en joue les policiers avec un fusil. Les trois agents l'auraient alors mitraillé comme lors d'une scène de guerre, alors même que l'homme n'était pas sorti du camion.

Le policier Derek Chauvin était l'un des policiers qui a assassiné mon père à Minneapolis en 2006

Les enfants de la victime, à la suite du décès de George Floyd, ont donné une toute autre version : le fils de Wayne Reyes a expliqué que son père s'est fait fusiller devant une pharmacie, dans laquelle il était parti chercher des pansements pour soigner sa petite amie, avec laquelle il entretenait une relation explosive, aggravée par les problèmes d'alcool. Selon lui, la fiancée de son père était mentalement instable, elle n'était que légèrement blessée à la cheville, sans que l'on sache qui avait porté les coups. L'homme abattu a-t-il vraiment dégainé une arme ? Selon les dires de sa fille au quotidien britannique The Telegraph, la famille n'a eu accès aux images de la vidéosurveillance que neuf mois après les faits. Le film avait été édité, et les images étaient trop floues pour distinguer la présence d'un fusil. Le père de famille n'était même pas sorti du véhicule quand les tirs l'ont atteint. Par ailleurs les policiers avaient supprimé le son. Selon les enfants, il était impossible d'exploiter cette vidéo en défaveur de leur père.

Mais à l'époque, un jury a décidé que la force employée par les policiers était proportionnée, et Derek Chauvin n'a été écarté que le temps de l'enquête. La famille n'a pu trouver un avocat pour les défendre. Après la mort de George Floyd, le fils de Wayne Reyes s'est ému sur Facebook : «Le policier Derek Chauvin était l'un des policiers qui a assassiné mon père à Minneapolis en 2006 !»

Actuellement, le policier est détenu dans une prison de haute sécurité dans le Minnesota, inculpé pour l'homicide involontaire de George Floyd. Il est «accusé de meurtre au troisième degré» et «d'acte cruel et dangereux ayant entraîné la mort». Derek Chauvin, qui incarne désormais le visage du racisme policier pour des millions de personnes à travers le monde, encourt jusqu'à 35 ans de prison. George Floyd sera enterré le 9 juin prochain alors que que des émeutes embrasent encore le pays pour protester contre les nombreuses bavures dont est victime la communauté noire.

  • 3 juin 2020 à 15:30

Russie : une grave pollution au carburant en Arctique

Des images satellites publiées par l'ONG montrent de grandes étendues rouges, causées par du carburant qui s'est déversé dans une rivière russe l'Ambarnaïa. Sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants ont posté des vidéos montrant des parties du cours d'eau polluées. La pollution a été causée par la fuite, signalée le 29 mai, d'un réservoir de carburant d'une centrale thermique située à quelques kilomètres à l'ouest de Norilsk (Sibérie orientale).

Вот как выглядит место разлива топлива в Норильске.

Сейчас в городе введён режим ЧС. Ранее там на территории ТЭЦ произошёл разлив дизельного топлива и пожар. Объём утечки превысил 21 тыс. тонн.#ЧП#Норильск#топливоpic.twitter.com/EU0vq6kBaA

— TVC+ (@tvcplus) June 2, 2020

«Un réservoir de diesel a été endommagé et a connu une fuite à cause de l'affaissement soudain de piliers ayant tenu pendant 30 ans sans aucune difficulté», a expliqué dans un communiqué le géant minier Nornickel, propriétaire de l'entreprise exploitant la centrale.

La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le permafrost, menacé par le réchauffement climatique. Mais les autorités et les écologistes n'ont pas encore établi les raisons exactes de l'accident, ni de lien avec l'évolution du climat.

Le parquet de la région de Krasnoïarsk a annoncé qu'une «situation d'urgence» naturelle avait été décrétée au niveau local. Une enquête a également été ouverte pour «contaminations des sols». Selon le Comité d'enquête russe, la pollution représente «environ 20 000 tonnes d'hydrocarbures déversées sur près de 350 mètres carrés». Lors d'une réunion le 3 juin, Sergueï Lipine, directeur de la société NTEK qui exploite la centrale électrique, a affirmé que 500 mètres cubes de produits pétroliers avaient été retirés par une équipe de près de 90 travailleurs, toujours à pied d'oeuvre. 

Russie : une grave pollution au carburant en Arctique© Ministère des Situations d'urgence de la Fédération de Russie
Les pompiers travaillent sur le lieu de l'accident à Norilsk

L'unité locale de l'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor a affirmé ne pas avoir relevé de pollution des nappes phréatiques, selon un communiqué publié sur le site de la région de Krasnoïarsk.

Dans un communiqué, le 2 juin, l'association écologiste WWF s'est réjouie que la pollution ait pu être contenue par des barrages flottants avant d'atteindre un grand lac au nord de Norilsk mais appelle néanmoins à mettre en place une surveillance de la qualité de l'eau en aval, pour éviter que des produits toxiques ne se répandent jusqu'à des réserves naturelles.

Le 3 juin, Vladimir Poutine a décidé de décréter l’état d'urgence au niveau fédéral dans la zone de l'accident à Norilsk. Il a chargé le ministre des Situations d'urgence Evgueni Zinitchev de suivre l'évolution de la situation.

  • 3 juin 2020 à 15:27
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