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Hier — 22 septembre 2020bonnes-nouvelles.be

Faut-il vraiment sauver les compagnies aériennes européennes de la faillite ?

Les compagnies aériennes européennes ont déjà demandé 12,8 milliards d’euros d’aides publiques. Le constat (encore amené à évoluer) est tiré par trois ONG, Greenpeace, CarbonMarketWatch, et Transport et Environnement, qui s’inquiètent du manque de conditions sociales et environnementales liées à ces aides publiques. Mais certains observateurs vont plus loin, et remettent en cause la pertinence même de ces aides.

Situation catastrophique

C’est une certitude, le secteur est dans une situation catastrophique. Le trafic aérien a baissé d’environ 90% en Europe. Les pertes de ces compagnies aériennes s’annoncent abyssales, avec des faillites en cascade. Et des conséquences négatives sur l’ensemble des entreprises, jusqu’aux prestataires de services – dans les aéroports par exemple – et constructeurs. Une "renationalisation" de Brussels Airlines par la Belgique est d’ailleurs à l’étude. La compagnie était déjà en mauvaise santé financière avant la crise, et rien ne garantit que sa maison mère, Lufthansa, viendra à sa rescousse.

    "Mettre en permanence de l’argent public dans le secteur aérien est inutile"

Dans ce contexte, des économistes et observateurs du secteur considèrent qu’il ne faut pas nécessairement injecter massivement de l’argent public dans toutes les compagnies européennes pour éviter des faillites à tout prix.

Un modèle menacé

C’est le cas notamment de Jean Collard, expert aérien chez Whitestone Investments, qui estime que certains plans de sauvetages ne feraient que "postposer les difficultés". Parce que selon lui, le modèle économique de certaines vieilles compagnies traditionnelles européennes est de toute façon menacé, à court et moyen terme. Il va jusqu’à comparer certaines compagnies européennes aujourd’hui, à l’industrie sidérurgique européenne des années 70, tant "la rentabilité et la santé financière de bon nombre de compagnies traditionnelles n’étaient déjà pas bonnes avant la crise".

Comme la sidérurgie européenne des années 70 ?

"Mais en plus, face à l’apparition d’un nouveau modèle économique qui est tout doucement en train de se mettre en place en termes de comportement", estime Jean Collard, "maintenir à tout prix les structures traditionnelles, c’est à mon sens condamné à s’arrêter. Nous sommes face à une structure économique dans laquelle les changements vont aller très vite. Il y aura bien un avant et un après Covid-19 dans ce secteur, qui ne pourra pas rester le même, dans sa structure. Mettre en permanence de l’argent public dans le secteur aérien est inutile. Il s’améliorera naturellement, avec l’apparition de nouvelles compagnies".

Le retour du drapeau

Autrement dit, pour Etienne De Callataÿ, il faut dédramatiser cette perspective de faillites en cascade : "Si Lufthansa doit faire faillite, pourquoi ne pas laisser Lufthansa faire faillite ? La question est de savoir si les gens auront encore envie de prendre l’avion en 2023. Et à mon sens, la réponse est affirmative. Et les avions Lufthansa seront-ils en état de voler à ce moment-là ? Bien sûr. Peut-être que ces avions auront été rachetés pour pas grand-chose, par une autre entreprise, peut-être étrangère. Mais si la Chine veut subsidier ses propres compagnies pour que les passagers européens puissent voyager moins cher, tant mieux pour nous. Pourquoi vouloir absolument préserver le drapeau sous lequel volent des avions ? Nous sommes en économie de marché, c’est la règle du jeu".

Même si, précise, l’économiste, "il faut bien sûr à tout prix éviter une catastrophe sociale, prévoir un filet de sécurité solide pour l’ensemble du personnel concerné".

Des aides sous conditions ?

Ce que l’on observe pour l’instant, ce sont pourtant des pays européens soucieux d’aider, en ordre dispersé, leur grande compagnie nationale, de sauver, en quelque sorte, "leur drapeau" imprimé sur des avions. C’est un risque, pour Gilles Dufrasnes, responsable des politiques chez CarbonMarketWatch, "que les Etats favorisent leurs compagnies nationales, au détriment d’une coordination européenne, que chacun protège ses propres intérêts et que l’on se retrouve sans aucune condition pour les sauvetages qui sont mis en place".

Est-ce que ça vaut vraiment la peine de gaspiller autant d’argent public dans une entreprise qui n’a pas d’avenir économique ?

Parce que si lui aussi estime qu'"il faut en tout cas éviter une catastrophe sociale", Gilles Dufrasnes reconnaît "une grande disparité entre compagnies d’un point de vue économique". Le gouvernement italien vient d’injecter des centaines de millions d’euros pour sauver Alitalia, alors que l’entreprise est déficitaire depuis plusieurs années, et que – les avis sont presque unanimes, elle n’a sans doute pas d’avenir économique.

Et la question doit être posée, pour Gilles Dufrasnes : "Est-ce que cela vaut vraiment la peine de gaspiller autant d’argent public dans une entreprise qui n’a pas d’avenir économique ? Et on peut aussi se poser la question pour le secteur dans son ensemble, parce qu’il est sur une trajectoire, au moins douteuse, en termes climatiques et économiques".

TVA et taxe sur le kérosène

Comprenez que pour les ONG environnementales, le secteur aérien ne peut pas s' "améliorer tout seul" dans une recomposition du secteur. Gilles Dufrasnes estime que le risque, aujourd’hui, c’est bien l’absence de conditions liées aux aides publiques : "Ce qu’on cherche avant tout, c’est que si soutien il y a, ce soutien soit juste. Qu’il soit juste pour le contribuable et pour la société en général. Nous voulons nous assurer qu’un soutien financier ne soit pas inconditionnel, mais bien accompagné de nouvelles réglementations, entre autres environnementales. Je pense que ce serait la moindre des choses d’imposer des taxes basiques sur le secteur aérien, comme la TVA et une taxe sur le kérosène, puisque le secteur en a été exempté jusqu’à présent".

Reconfiguration inéluctable du secteur

Pour les compagnies aériennes européennes, les mois qui viennent vont donc être très compliqués. Toutes ne survivront probablement pas, et une reconfiguration du secteur semble effectivement inéluctable. Vers une réduction des flottes et du nombre de compagnies ?

Oui, pour Etienne De Callataÿ,"et il est vrai que certaines destinations ne seront peut-être plus desservies. Cela nécessitera peut-être de prendre un train pour rejoindre un aéroport un peu plus éloigné que celui dans lequel on se rend aujourd’hui. Et ça n’est pas forcément une mauvaise nouvelle". Ce qui se dessine donc, en filigrane, c’est un bouleversement majeur de tout le secteur des transports à l’échelle européenne.

Par Maxime Paquay (publié le 23/04/2020)
A lire sur le site rtbf
  • 22 septembre 2020 à 11:00
À partir d’avant-hierbonnes-nouvelles.be

Dividendes et chômage économique : 2% suffiraient

Il y a deux consensus qui traversent les sociétés belge et européenne ces dernières semaines. Il faut tout d’abord refinancer le secteur des soins de santé. Il faut ensuite aider les entreprises à traverser la crise afin d’assurer une relance économique et éviter un carnage social post-Covid19 fait de faillites et de licenciements collectifs.

Cet article n’abordera pas le premier consensus. Les quatre décennies d’austérité néolibérale que nous venons de traverser ont mis à sac notre système de soins. Les pays du Sud ou de l’Est de l’Europe qui, depuis 2010, subissent les programmes d’austérité de la Troïka ou de la Commission européenne en souffrent plus profondément encore. Il y a néanmoins un lien entre les deux consensus. Sous le couvert de résorber la dette « publique » des États, ces politiques d’austérité ont surtout permis de transférer de l’argent des salaires et des cotisations sociales, qui financent les soins de santé, vers les revenus du capital. Tout cela saupoudré d’allègement d’impôt pour ces mêmes revenus du capital. Ces transferts, du travail vers le capital, sont la nature profonde d’un projet politique qu’on appelle le néolibéralisme.

Paradoxalement, quelques semaines seulement après le début de la « crise » du Coronavirus, les entreprises et leurs propriétaires ont besoin d’aide. Si bien que tous les niveaux de pouvoir ouvrent les vannes. Il faut transférer le salaire des travailleurs du privé vers le budget de l’État au travers du chômage économique (70% du revenu passe alors à charge du budget de la sécurité sociale) ou de diverses aides aux entreprises. En Belgique, les aides d’urgence sont pour le moment estimées à 10 milliards d’euros. Près de 6,5 milliards euros s’apprêtent déjà à être socialisés à l’heure d’écrire ces lignes ! Et les propositions « alternatives » vont dans le même sens : prime « incitative » pour le personnel des soins de santé, retour du débat sur l’idée magique de l’allocation universelle. De leur côté, les gouvernements nous préparent déjà aux « efforts » que nous devrons consentir collectivement pour surmonter la crise et rembourser la dette que le gouvernement contracte actuellement auprès, par exemple, des grands fonds financiers internationaux pour acheter des masques ou des respirateurs. Il est dès lors logique que les gestionnaires de ces fonds voient dans la pandémie de Covid19 une opportunité. Ils ne s’en cachent pas, ils le déclarent dans la presse [1].

Une question est par contre très peu posée : pourquoi les entreprises sont-elles des « entités » si fragiles alors que la collectivité leur verse autant d’argent ?

Les chiffres qui suivent sont issus de la Banque Nationale de Belgique (BNB). Ils sont collectés dans la banque de données Afin-a [2]. Ils sont donc frappés d’un certain biais, car les entreprises, les ASBL, les intercommunales peuvent parfois communiquer des erreurs à la BNB. Néanmoins, ces chiffres ont une valeur officielle et une réelle signification politique, car la marge d’erreur reste faible. Pour ce court article, nous avons pris en compte 625.173 entités actives en Belgique entre 2006 et 2018. Certaines ont disparu entre-temps, d’autres se sont créées, il ne s’agit pas nécessairement des mêmes entreprises chaque année. Enfin, nous parlons d’entités, car notre échantillon est composé de sociétés anonymes principalement, mais on retrouve aussi des entreprises publiques autonomes (Proximus), des ASBL ou encore des intercommunales. Une diversité qui pose peu de problèmes pour les besoins de cette analyse puisque, légalement [3], les ASBL ne versent pas de dividendes. Par contre, concernant la masse salariale, le secteur marchand est donc mélangé avec le non-marchand qui reçoit des subventions, ce qui a pour seul effet que certaines de nos conclusions sont sans doute sous-estimées.

Des entreprises fragiles ?

Comme le montre le Graphique 1, pour ce qui est de ventes, notre échantillon se porte plutôt bien. Après la crise de 2008-2009, la croissance du chiffre d’affaires a repris malgré les mesures d’austérité qui ont pourtant freiné la consommation.

Les entreprises ont subi de lourdes pertes en 2008-2009. Il avait d’ailleurs fallu les aider par du chômage économique et diverses mesures substantielles comme le rachat des banques, opération dont l’Etat supporte toujours les risques jusqu’en 2031 au moins [4] ! Pourtant, il est intéressant de constater que la courbe des dividendes - la part des bénéfices versés aux actionnaires de l’entreprise -n’a pas baissé. Nous pouvons conclure qu’en 2008 et 2009, une partie de l’argent public versée sous forme de chômage économique ou d’aides au secteur privé a été directement transférée à partir de 2010 aux propriétaires des entreprises. Dans le monde judiciaire, on parle de hold-up ou de prise d’otage. En économie, on parle de « plan de relance » (du capitalisme). Chez les militants, on appelle ça une politique de socialisation des pertes.

Pour l’exprimer autrement, il est possible d’utiliser le taux de distribution qui mesure le pourcentage des bénéfices versé aux actionnaires. Il n’est pas possible d’en faire un graphique, car, en 2008, l’échantillon a réalisé des pertes (+- 5 milliards d’euros), mais a néanmoins versé 58 milliards de dividendes, ce qui donne évidemment un pourcentage farfelu et impose à l’humble utilisateur d’Excel, un grand écart impossible à traduire sur l’axe des ordonnées.

Devant ces taux de distribution substantiels, il est permis de se demander sous quelles conditions, les entreprises pourraient assurer le salaire de leurs travailleurs confinés sans avoir recours aux deniers publics ? Pour nous faire une première idée, nous avons tout d’abord divisé par 12 la masse salariale annuelle et les dividendes versés annuellement par les entreprises. La masse salariale mensuelle est plus importante que le dividende mensuel. Mais, retenons que dans notre échantillon, il y a des ASBL qui ne payent pas de dividendes, mais qui, par contre, versent des salaires.

En 2018, un mois de dividende équivaut à 7,4 milliards d’euros. S’il n’y avait donc pas eu de versement de dividendes en 2018, il aurait donc déjà été possible de financer 75 % des récentes mesures gouvernementales d’aide aux entreprises.
Socialisation des dividendes ?

Cette fragilité qui touche les entreprises est néanmoins un problème structurel. À chaque crise, les aides doivent se répéter. Il semble donc important d’y apporter une réponse structurelle.

Le graphique 5 ci-dessous propose une simulation de ce que pourrait rapporter une contribution annuelle (sous forme de cotisation, d’impôt ou, plus simplement, de dividendes non versés) de 2% des dividendes à une caisse dénommée «  Soyons majeurs et vaccinés, passons la crise sans demander de l’aide à la collectivité  ».

Entre 2006 et 2018, si cette caisse avait existé, elle serait aujourd’hui riche de 12,7 milliards d’euros. En 2018, un mois de la masse salariale équivalait à 12,1 milliards d’euros, un chiffre qui n’est pas très différent aujourd’hui au vu de la faible inflation. Cette socialisation de 2% des dividendes aurait donc permis de financer le salaire des travailleurs confinés sans passer par le chômage économique et la collectivité.

Perspectives

À court terme, il serait évidemment intéressant que la Banque Nationale de Belgique, qui pilote la taskforce économique fédérale et qui sera plus que probablement aux manettes de la « relance » post-crise, puisse affiner ce genre d’analyse en sortant par exemple le non-marchand de l’échantillon. À partir de là, il pourrait proposer à Madame Wilmès de réglementer structurellement le versement des dividendes sur le sol belge, non pas par l’impôt qui est systématiquement éludé, mais par une obligation de cotisation de crise. Les entreprises qui dégagent le plus de dividendes contribueraient pour celles qui n’en ont pas les moyens. Cela permettrait de mettre un peu d’ordre dans les relations de sous-traitance. Argent qui ne serait pas versé au budget de la sécurité sociale, ne mélangeons pas torchons et serviettes sinon les propriétaires feront valoir le principe du « payeur-décideur », mais qui permettrait d’éviter aux entreprises d’avoir recours au budget de la sécurité sociale chaque fois qu’elles doivent traverser une récession économique. Ce genre de propositions ne va pas changer grand-chose mais elle aurait au moins le mérite de déplacer le débat sur la gestion de la crise de la part salariale vers la part du capital.

À moyen terme, il s’agirait de bannir le terme « entreprise » de notre vocabulaire. En effet, il s’agit juste d’un lieu de production où s’affrontent travailleurs et propriétaires. Pour le moment, ces derniers l’emportent puisqu’ils bénéficient de nouveau d’un large mouvement de socialisation des pertes au travers, par exemple, du chômage économique sans que leur revenu ne soit mis à contribution de manière structurelle (un non-versement ponctuel de dividende, c’est du marketing). En outre, beaucoup de directions d’entreprises « invitent » désormais leurs salariés à travailler à domicile tout en étant sous le régime du chômage économique… Dans ces situations, les propriétaires gagnent deux fois puisque l’exploitation salariale est maintenue, mais que 70% du salaire est pris en charge par la collectivité. Nous retrouvons ici les « opportunités » qu’évoquent les dirigeants de fonds d’investissements cités plus haut.

À plus long terme, et tout de suite si c’est possible, il faut (ré) apprendre à produire sans actionnaires. Il existe déjà un impôt sur les dividendes en Belgique, il est le plus souvent éludé par les propriétaires. Soyons lucide, la contribution à la caisse «  Soyons majeurs et vaccinés, passons la crise sans demander de l’aide à la collectivité  » risque fort de subir le même sort. L’internationalisation des chaînes de production et l’ingénierie fiscale des prix de transfert [5] permettent aux directions d’entreprise de contourner systématiquement les mesures fiscales. En outre, les fonds financiers gagnent encore plus d’argent en spéculant sur les entreprises (plus-value sur action) qu’en percevant des dividendes. Ce qui a des effets désastreux en termes de socialisation des pertes puisque les travailleurs licenciés à cause de ces spéculations se retrouvent « purement et simplement »au chômage. Et cela, ça se passe tout le temps ! Il est urgent de passer d’un régime fondé sur le paradigme « endettement-investissement » à celui fondé sur le diptyque « cotisation-subvention ». Pas pour une question idéologique, mais tout simplement parce que les « actionnaires » ont trop souvent besoin de nous pour qu’on leur confie les manettes de la production économique.

Par Bauraind Bruno (publié le 03/04/2020)
A lire sur le site Gresea
  • 21 septembre 2020 à 19:07

La Confédération paysanne et des ONG demandent l'arrêt des aides publiques à "l'agriculture industrielle"

Le syndicat agricole Confédération paysanne, des ONG comme Oxfam, Les Amis de la Terre ou Greenpeace, et deux syndicats d'enseignants et de salariés ont demandé ensemble dimanche l'arrêt des aides publiques à "l'agriculture industrielle", afin de bâtir une "transition sociale et écologique de l'agriculture".
  
"Les soutiens à l'agriculture industrielle doivent cesser", indique un communiqué commun à sept organisations, qui dénonce "le piège tendu par l'agro-industrie et les politiques mises en place depuis 50 ans".
  
"Nous revendiquons une politique ambitieuse d'accompagnement des paysans et paysannes à la transition agricole et alimentaire, en commençant par la PAC et l'enseignement agricole", indique le document signé par Nicolas Girod, agriculteur et porte-parole du syndicat Confédération paysanne, Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du SNETAP-FSU, Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, Khaled Gaiji, président des Amis de laTerre, Jean-François Juilliard, directeur général de Greenpeace, Eric Beynel, porte-parole de Solidaires et Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac.
 
Le "projet de société" de la Confédération paysanne, troisième syndicat représentant les agriculteurs en France (derrière la FNSEA et la Coordination rurale, NDR), repose sur "l'agriculture paysanne", la "souveraineté alimentaire des territoires", et "la présence de paysans nombreux" plutôt que la concentration des exploitations à l'oeuvre depuis plusieurs décennies.

Une consultation nationale sur l'agriculture de demain

Cette prise de position intervient au jour du lancement d'un vaste débat national, baptisé "ImPACtons" qui doit durer trois mois, pour discuter de  l'affectation des budgets européens de la PAC, afin de permettre au gouvernement de bâtir d'ici l'été le plan stratégique demandé à chaque pays de l'UE par la commission européenne sur le sujet.
  
Le débat, lancé pendant le Salon de l'agriculture qui s'est ouvert samedi à Paris, mais initié depuis le 23 février, sera piloté par Ilaria Casillo, vice-présidente de la Commission nationale du débat public, docteure en géographie urbaine et maîtresse de conférences à l'université Paris-Est Marne la Vallée (UPEM).

Par C.C. avec AFP (publié le 23/02/2020)
A lire sur le site msn
  • 18 septembre 2020 à 16:07

Dany Lang, économiste : «Les secteurs d’utilité publique devraient être socialisés»

L’économiste Dany Lang, maître de conférences en économie à l’université Paris-XIII, analyse les mesures de relance mises en place à travers la planète et esquisse des pistes alternatives de sortie de crise.

Les pays riches affirment avoir pris la mesure de la crise : le G20 promet d’injecter plus de 5 000 milliards de dollars dans l’économie mondiale dans le cadre de plans de relance. Une bonne chose, selon vous ?

Dany Lang Il reste à savoir dans quelle mesure ces plans seront ciblés. Si le but est d’arroser l’économie sans discernement, de socialiser les pertes et privatiser les profits, cela ne servira à rien. Par ailleurs, j’ai l’impression que ces mesures sont extrêmement restrictives. Ma crainte, c’est qu’elles bénéficient pour l’essentiel aux grands groupes mondialisés, plutôt qu’aux entreprises qui en ont réellement besoin : quand vous voyez les critères drastiques que l’on impose aux PME, en France, pour bénéficier du fonds de solidarité, le risque est réel.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un plan massif de rachat d’actifs (750 milliards d’euros), destiné à soutenir l’activité de la zone euro. Est-ce suffisant ?

Dany Lang Ce qui est sûr, c’est que les banques centrales font ce qu’elles peuvent, dans le cadre de leur mandat. Ceci dit, cela fait dix ans (depuis la crise de 2008) qu’elles inondent les marchés de liquidités. On voit toutes les limites de cette politique purement monétaire, qui n’a jamais permis à la machine économique de redémarrer.

Que faire ?

Dany Lang Il faut profiter de la crise pour tout arrêter et réfléchir au jour d’après. Si les mesures prises aujourd’hui ne visent qu’à pouvoir continuer comme avant, alors elles n’auront servi à rien. Il est temps de revenir sur le mandat de la BCE, qui prévoit la maîtrise de l’inflation avant le soutien à l’activité. Il faut y intégrer d’autres préoccupations, comme le développement d’emplois dans des secteurs utiles, en lien avec la transition écologique. Il faut par ailleurs permettre à la Banque centrale de racheter de la dette publique sur le marché primaire (dès l’émission des titres de dette – NDLR), afin de libérer les contraintes pesant sur les États. Mais il appartient surtout aux gouvernements de tirer les leçons de cette crise.

C’est-à-dire ?

Dany Lang Un certain nombre de secteurs d’utilité publique devrait être socialisés – je ne dis pas nationalisés : la socialisation implique d’associer l’ensemble des parties prenantes à la gestion des secteurs en question, c’est-à-dire les syndicats, les consommateurs/usagers, les collectivités locales, etc. Je pense notamment au secteur bancaire, ne serait-ce que pour obliger les banques à revenir à leur cœur de métier : la collecte de l’épargne et l’octroi de crédits. Il faut par ailleurs rebâtir les secteurs dont la crise révèle la fragilité. Je pense aux hôpitaux, à nos infrastructures de santé, à notre industrie du médicament. On a vu tous les problèmes posés par cette politique de délocalisation pratiquée depuis trente ans (masques, médicaments, etc.). Il est temps de passer à la relocalisation des industries stratégiques. Dans le même ordre idée, il faudra mettre en place des circuits courts alimentaires. Il est absurde, dans un contexte de réchauffement climatique, de consommer des tomates produites à plusieurs milliers de kilomètres. J’insiste d’ailleurs sur la dimension écologique de la crise actuelle : des chercheurs ont montré l’impact de la crise environnementale sur la multiplication des maladies infectieuses. La mondialisation des échanges doit être entièrement repensée, puisque c’est bien elle qui a accéléré la diffusion de la pandémie.

Par Cyprien Boganda (publié le 30/03/2020)
A lire sur le site l'Humanité
  • 16 septembre 2020 à 17:46

On se relève et on gueule

Vous sentez le retour des vieilles et oppressantes idéologies qui n'ont même pas attendu que le déconfinement soit lancé pour marteler qu'il nous faut vite tourner la page? Vous entendez ces voix de la raison qui nous scandent qu'on n'a pas le choix et qu'il va falloir se remettre au travail fissa? Qu'il est grand temps que les virologues, appelés à la rescousse au début de l'épidémie, retournent à leur microscope et cessent de nous enjoindre l'improductivité? Que nous devrons bosser encore davantage tout en faisant des efforts salariaux? Que le climat et la biodiversité "non, non désolés, mais faut pas surtout nous embêter avec ces conn... maintenant". Quant à faire appel aux acteurs et actrices de terrain pour décider des modalités du déconfinement, hm, pas nécessaire...

Il a beau jeu, Jean-François Kahn, dans sa chronique du journal belge Le Soir de souligner avec cynisme le fait que chacun y est allé de sa solution pour l'Après. Et c'est vrai que n'ont pas manqué de fleurir analyses et tribunes en tout genre - en particulier dans le chef de penseurs et penseuses "de gauche" et "écolos" -, pour redessiner la suite autrement,... Mais quoi, c'est pas non plus comme si tout était parfait avant... c'est pas comme si cette crise était venue de nulle part et sans prévenir; c'est pas comme si, derrière l'émolliente difficulté existentielle du confinement pour classes moyennes et supérieures, et les applaudissements solidaires quotidiens sur le coup de 20h, elle n'avait pas été le révélateur de violentes fractures sociales, c'est pas comme si le climat avait arrêté de se réchauffer pendant deux mois... A vrai dire, quarante ans... et une crise Covid19 plus tard, Hayek, Friedman et leurs amis du Mont Pélerin doivent se réjouir dans leur tombe en voyant leurs idées, si bien mises en oeuvre jadis par Reagan et Thatcher, régner aujourd'hui sans partage sur le monde.

Mais sans doute ont-ils surestimé, ces intellectuel.le.s, la possibilité qu'après deux mois de confinement, on se retrouverait dans un momentum semblable à celui de 45, qui avait vu la signature du pacte social en Belgique et la création du Conseil National de la Résistance en France, et dont les fruits - en gros, la sociale démocratie de notre après-guerre - survivent tant bien que mal aujourd'hui. Le Pacte de 45, lui, était la résultante d'un rapport de forces que la durée de la guerre avait installé, mais qui était surtout trèèèès largement amplifié par la crainte du communisme. Aujourd'hui, rien de tout cela, si ce n'est la puissance du capitalisme à poursuivre sa course folle, épuisant hommes et nature ...et profitant même du Covid-19 pour enrichir les milliardaires de 308 Mia (!) depuis mars 2020.

Alors on va devoir le créer nous-mêmes ce momentum, et le construire, ce rapport de forces, et on ne va pas se laisser faire. On va se relever et on va gueuler.

On va gueuler d'abord pour résister à toutes ces mesures d'austérité qu'ils nous destinent, comme s'ils n'avaient rien appris de la crise de 2008.

On va gueuler surtout pour qu'ils se rappellent ce que cette crise leur et nous a montré, ces leçons qu'ils disent avoir entendues et qui sont indispensables pour rendre notre société juste vivable.

On gueulera d'abord pour nos soeurs les femmes. C'est elles qui nous ont permis de passer à travers cette crise, les infirmières, les caissières, les "techniciennes de surface", les préparatrices de pharmacie, les confectionneuses de masques bénévoles ou sous-payées. Autant de fonctions occupés en moyenne à 90% par des femmes. Dans la médecine spécialisée, elles constituent 50% des rangs - tiens, bizarre, on les a à peine vues à la télé. Le COVID-19 a aussi obligé les parents parmi nous à prendre la mesure de la difficulté du boulot d'enseignant, mais surtout d'enseignante, puisqu'elles constituent plus de 60% des effectifs. On n'oubliera pas non plus les mères célibataires, souvent précaires, qui ont dû survivre dans quelques mètres carrés avec leurs gosses tout en bossant, ni toutes les victimes collatérales du COVID-19 en proie aux violence domestiques pendant le confinement. On gueulera pour avoir une vraie politique d'égalité salariale, un congé paternel obligatoire de longue durée pour mouiller les hommes dès le début, une réelle politique de soutien aux mères célibataires et une vraie politique de prévention et de protection pour les femmes battues, et des quota à tous les niveaux : listes électorales, exécutifs, organes consultatifs, dans la culture, les médias, l'administration, l'économie, partout!

On va gueuler aussi pour les travailleurs - souvent mal ou pas protégés - qui ont rempli les rayons des magasins où on est allés faire nos courses, sont venus à nos seuils livrer les repas commandés et les colis amazon, les conducteurs de bus, les éboueurs, les maraîchers, les travailleurs sociaux, qui gagnent tellement moins que les e-marketers ou les assets managers, mais sans qui nous n'aurions pas survécu. Avec les femmes des métiers cités ci-dessus, ils ont plus que jamais droit à un vrai statut social, et à une sérieuse revalorisation salariale, à la mesure de leur utilité, et qui remette d'aplomb leur part dans la valeur ajoutée de la production, eux dont cette part a fondu face aux revenus des capitaux. Et, comme c'est le travail bien plus que le capital qui nous a permis de survivre à cette crise, on gueulera pour changer les règles de décision au sein de l'entreprise et y installer une réelle démocratie qui reconnaisse les droits des apporteurs de travail.

On va gueuler pour qu'ils reconnaissent la santé comme un vrai droit pour toutes et tous, et notre système de santé comme un bien commun, qu'on doit préserver en lui donnant les moyens de faire face à d'autres crises à venir et en le soustrayant aux règles du marché. Pour qu'on reprenne le contrôle sur la recherche et la production des médicaments (et des vaccins!) et des équipements médicaux pour commencer. Pour que le personnel soignant, médical et paramédical, soit formé et recruté en nombre suffisant, pour qu'il bénéficie des normes les plus élevées de santé et de sécurité au travail, et lui aussi d'une revalorisation salariale, en relation avec l'utilité sociale et la pénibilité de chaque fonction, y compris pour les généralistes et certaines spécialités négligées.

On va gueuler pour qu'ils régularisent les sans-papiers, soudain considérés comme des travailleurs.euses à part entière, invités même à contribuer à la production agricole, alors qu'ils étaient jusqu'alors considérés comme des non-citoyen.ne.s. Pour qu'ils dotent d'un toit les sans-abri, aussi, dont ils ont oublié que l'essentiel leur faisait défaut pour se confiner ! Et on exigera un accès universel à un quota décent d'eau, d'énergie, et de communications, pour que chacun.e puisse vivre en sécurité et entendre et mettre en oeuvre les précautions d'hygiène nécessaires à sa vie. On va leur rappeler que les élèves et les étudiants sont inégaux dans la vie et, plus encore, dans le confinement, qu'on ne peut réduire la relation pédagogique à une interface virtuelle, et on en tirera toutes les conséquences pour l'évaluation de leurs acquis et pour la pédagogie de demain.

On va gueuler pour qu'ils claquent la porte au nez des lobbys du pétrole, de la voiture, des compagnies aériennes et des industries polluantes et se donnent enfin les moyens d'investir massivement dans les économies d'énergie, les énergies renouvelables et leur stockage, la mobilité décarbonée et l'agro-écologie pour faire face à la crise climatique dont les effets sanitaires risquent d'être bien pires et bien plus constants que ceux du coronavirus. On va gueuler pour faire cesser la déforestation et autres pratiques mercantiles qui tuent la biodiversité - et qui favorisent les épidémies. On va gueuler pour qu'ils renoncent à cette mondialisation carbonée, qui nous soumet au bon vouloir d'une dictature productiviste, et pour que se mette en place la relocalisation des secteurs essentiels de notre économie afin de la rendre plus verte et résiliente.

On va enfin gueuler pour que nos Etats se donnent les moyens de la relance, plutôt que l'austérité, à travers de nouvelles recettes fiscales : un impôt sur le patrimoine ou les grandes entreprises, ou encore une taxe sur les transactions financières. Et si c'est au niveau européen, c'est encore mieux et ce sera plus efficace: on va gueuler sur ces Etats "frugaux" afin qu'ils acceptent le principe d'une relance solidaire de l'Europe, y compris et surtout à travers un dispositif d'endettement commun. Et on ira gueuler à Francfort pour que la BCE oublie ses pudeurs inflationnistes infondées et se fasse violence pour effacer les 30% de la dette qu'elle détient sur les gouvernements nationaux.

On va se relever parce qu'après une crise pareille, on ne peut pas faire comme si on n'avait pas appris nos leçons. Et on va gueuler pour qu'ils nous entendent, plutôt nous que les cris mortifères des populistes. On va gueuler pour qu'ils bougent, sinon ce sera juste comme avant, et comme avant, c'est droit dans le mur.

Par Michel Genet et Pascale Vielle, Citoyennes engagées (publié le 05/05/2020)
A lire sur le site Le Vif
  • 12 septembre 2020 à 12:00

Rendre incompatibles aides publiques et évasion fiscale, c’est possible !

Refuser le soutien public aux entreprises présentes dans les paradis fiscaux est essentiel, mais le passage du principe à la pratique est difficile. Il existe pourtant des voies d’action.

Le mouvement est parti du Danemark et de la Pologne, avant de s’étendre jusqu’à l’Argentine. Il est en train de gagner plusieurs pays européens et commence à susciter le débat en France : une entreprise ne peut recevoir une aide publique si elle utilise les paradis fiscaux pour échapper aux impôts.

La logique politique est évidente : comment oser réclamer de pouvoir bénéficier de l’effort collectif lorsque l’on passe son temps à s’abstenir de le financer ? Mais de la politique à la pratique, il y a un pas qui reste pour l’instant non franchi.

Des bons sentiments limités

On le comprend lorsqu’on regarde de près ce que font les pays qui ont pris cette voie. Au Danemark, les entreprises qui ne peuvent recevoir d’aides publiques sont celles qui ont « une présence » dans les paradis fiscaux.

    Pendant que Bruno Le Maire refuse l’aide aux entreprises présentes dans les paradis fiscaux, sa majorité rejette un amendement qui va dans ce sens !

Deux questions se posent d’emblée : comment définit-on la présence (maison mère, filiales, etc.) – le Parlement danois devrait apporter bientôt la réponse – et à partir de quelle liste détermine-t-on qu’un pays est un paradis fiscal ? Il existe une liste européenne qui comporte douze territoires, un seul étant vraiment significatif, les Iles Caïmans.

En Pologne, une entreprise présente dans un paradis fiscal peut quand même recevoir de l’aide si elle s’engage à devenir résident fiscal dans les neuf mois.

En France, une épopée surréaliste s’est jouée. D’abord, des députés ont demandé que les aides publiques soient refusées aux entreprises présentes dans les paradis fiscaux de la liste française (qui s’adapte à la liste européenne). Cette condition, les sénateurs l’ont votée. Dans la foulée, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire déclare qu’« il va de soi que si une entreprise a son siège fiscal ou des filiales dans un paradis fiscal, […] elle ne pourra pas bénéficier des aides de trésorerie de l’Etat »… en même temps que sa majorité à l’Assemblée rejette l’amendement voté au Sénat !

Quels territoires concernés ?

On ne peut que se réjouir que plusieurs partis de gauche – socialistes à l’Assemblée, communistes au Sénat (accompagnés de l’UDI) – aient lancé la mobilisation sur le sujet. Mais le constat est là : pas de définition de la présence dans les paradis fiscaux dont la liste reste limitée. Et, sans surprise, aucune coordination européenne en la matière.

Comment avancer sur ce sujet important ? Le Tax Justice Network, première ONG mondiale de lutte contre les paradis fiscaux, a posé une analyse fine de la place des paradis fiscaux permettant de poser plusieurs principes d’action.

D’abord, il faut se débarrasser de l’approche par les listes. D’une part, leur contenu doit tenir compte de considérations diplomatiques et de pressions politiques permanentes qui les vident de leur pertinence. Ainsi, la liste européenne ne peut contenir, par principe, aucun Etat membre de l’Union quand les principaux paradis fiscaux mondiaux se situent largement sur le continent (Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, etc.).

D’autre part, les listes conduisent à un positionnement blanc/noir, paradis fiscal/non-paradis fiscal qui ne reflète pas le continuum d’offre d’opacité que peuvent offrir les différents territoires, dont chacun comporte des lois fiscales en faisant un petit bout de paradis fiscal. Seul un travail d’analyse précis permet de déterminer le « degré de paradis » de chacun des territoires.

C’est la raison pour laquelle, lorsque l’OCDE publie ses appréciations des efforts réalisés par chaque pays pour évoluer vers ses standards de transparence, elle les désigne selon un dégradé, « largement conforme », « partiellement conforme », « non conforme ».

C’est également pour cela que le Tax Justice Network publie son Financial Secrecy Index et son Corporate Tax Haven Index à partir d’une analyse précise des caractéristiques financières, juridiques et fiscales des territoires, classés de manière indépendante des pouvoirs politiques et des lobbys privés.

La bonne approche consiste ainsi, par exemple, à décider de cibler les entreprises présentes dans les 10 ou 12 premiers territoires offrant le plus de possibilité de se soustraire à l’impôt.

La charge de la preuve de l’innocuité

Une deuxième étape est alors nécessaire. La présence de la maison mère ou d’une filiale dans un tel territoire ne suffit pas à démontrer l’évidence d’une stratégie d’évitement fiscal. Telle entreprise peut avoir des filiales aux Caïmans ou en Irlande parce qu’elle y a des clients. Il reviendrait donc aux entreprises présentes dans ces territoires de démontrer que leur présence est motivée par des raisons commerciales ou financières justifiées.

Enfin, il est essentiel d’éviter les petits arrangements entre amis, entre élites politiques et économiques. C’est pourquoi les entreprises ne devraient pouvoir recevoir d’aides publiques que dans la mesure où elles démontrent à la société civile qu’elles n’utilisent pas ces territoires à des fins d’optimisation fiscale agressive. Elles devraient donc rendre public l’organigramme de leur présence dans le monde selon un standard international de transparence.

Recourir à une analyse indépendante des pratiques des territoires, imposer aux entreprises de justifier leur présence dans les pays mal cotés et de faire la transparence sur leurs pratiques, telles sont les trois étapes que les initiatives parlementaires européennes devraient retenir pour refuser les aides publiques aux entreprises se comportant en passagers clandestins de la fiscalité.

Par Christian Chavagneux

Lire sur le site de Alternatives économiques (28 avril 2020)
  • 10 septembre 2020 à 15:21

Il faut reconnaître d’urgence le crime d’écocide et les limites planétaires

Du 19 au 21 juin, les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) ont rendu leurs conclusions, après neuf mois de travail. Parmi les propositions votées, l’une d’entre elle est emblématique : la reconnaissance du crime d’écocide dans le cadre des neuf limites planétaires, accompagnée de la création d’une Haute Autorité aux Limites Planétaires. Si cette proposition passe la prochaine étape du référendum, elle pourrait constituer le socle juridique nécessaire pour infléchir nos pratiques et modes de pensée à travers le prisme des enjeux socioécologiques. Décryptage.

La Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), constituée en octobre 2019, est une initiative du Président de la République, Emmanuel Macron, en réponse au grand débat national. Elle a été proposée par les collectifs Démocratie Ouverte et Gilets Citoyens, suite au mouvement des « gilets jaunes » et au retentissement de l’Affaire du Siècle. La semaine dernière, après neuf mois de travail, la CCC a voté 150 propositions en vue de réduire d’au moins 40% les gaz à effet de serre d’ici 2030, dans un esprit de justice à la fois climatique et sociale.

Parmi celles-ci, deux types de propositions sortent du lot : celles pour une Constitution écologique ; mais également celle ayant pour but de légiférer sur le crime d’écocide. Cette dernière, votée à 99.3% par le groupe  « Se nourrir » de la CCC, est emblématique. Elle consiste à adopter une loi qui pénalise le crime d’écocide dans le cadre des neuf limites planétaires, et dont la mise en œuvre serait garantie par la Haute Autorité aux Limites Planétaires. Ces propositions pourraient constituer le socle juridique nécessaire pour infléchir concrètement nos pratiques et modes de pensée à travers le prisme des enjeux socioécologiques. Elles permettraient de reconnaître que l’avenir de nos sociétés est conditionné par le respect des grands équilibres écologiques de notre maison commune, dans la mesure où les droits humains découlent des droits de la nature.

Or, ces propositions citoyennes doivent passer la prochaine étape du référendum, sans quoi elles resteront lettres mortes. C’est pourquoi Emmanuel Macron a annoncé publiquement hier, le lundi 29 juin 2020, la création d’un groupe de suivi « pour que la définition du crime d’écocide soit rédigée dans le respect de nos principes fondamentaux ». En parallèle, il s’est engagé à porter au nom de la France la demande de reconnaissance du crime d’écocide devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

Mais cette position d’apparence courageuse est totalement incompatible avec la politique libérale menée par le gouvernement et son culte voué à la croissance économique. La mobilisation citoyenne doit donc continuer, afin que ces mesures soient bel et bien inscrites dans le droit français et surpassent les volatilités politiques des gouvernements temporaires. Il est ainsi indispensable de bien communiquer et informer sur chaque proposition, et notamment sur la légifération du crime d’écocide, lorsque les lobbys s’empressent de s’opposer. Les notions d’écocide ou de limites planétaires vous paraissent encore trop floues et complexes ? Voici un décryptage pour mieux vous y retrouver.

Pour la reconnaissance du crime d’écocide et des limites planétaires

Les citoyens de la CCC proposent une loi pénalisant le crime d’écocide, définit comme :

    « toute action ayant causé un dommage écologique grave en participant au dépassement manifeste et non négligeable des limites planétaires, commise en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et qui ne pouvaient être ignorées »

Reconnaître l’écocide, qualifié et quantifié par les neuf limites planétaires, semble être une révolution juridique nécessaire pour pouvoir prétendre lutter efficacement contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

L’ambition d’inscrire l’écocide et les neuf limites planétaires dans le droit français ne date pas d’hier et n’est pas une initiative d’Emmanuel Macron. À l’automne 2019, Valérie Cabanes, Paul Mougeolle de Notre Affaire à Tous et Marine Calmet de Wild Legal, ont co-rédigé une proposition de loi portant sur la reconnaissance du crime d’écocide et des limites planétaires à un groupe transpartisan de députés et sénateurs. Parallèlement à cette initiative, le groupe Socialistes et apparentés de l’Assemblée nationale déposait une autre proposition de loi sur le crime d’écocide, laquelle a été rejetée. La notion d’écocide s’est vu popularisée dans les années 2000 avec la prise de conscience globale du problème climatique. Or, la proposition SN7.1.1 de la Convention Citoyenne pour le Climat semble pouvoir changer la donne.

A premier abord, les concepts « d’écocide » et de « limites planétaires » peuvent paraître complexes dans la pratique. Après tout, il est question de punir des entreprises et des individus, ce qui implique une grande rigueur. C’est pourquoi il est nécessaire, à l’approche d’un potentiel référendum en 2021 et dans le contexte de la création du groupe de suivi dédié à la définition du crime d’écocide, de s’informer à ce sujet. Faisons le point.

Le crime d’écocide est quantifié par neuf limites planétaires mesurables. L’objectif ? S’assurer que l’activité humaine ne menace pas l’habitabilité de la Terre sur le long-terme et les conditions d’existence des sociétés présentes et à venir. Plus précisément, les limites planétaires sont des valeurs seuils définies par une équipe internationale de 26 chercheurs, menés par Johan Rockström et Will Steffen. Ces scientifiques ont identifié dès 2009, neuf processus et systèmes régulant la stabilité et la résilience du système terrestre – les interactions de la terre, de l’océan, de l’atmosphère et de la vie qui, ensemble, garantissent à l’Humanité l’existence d’un écosystème sûr et stable.

Les neufs limites planétaires sont les suivantes : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les apports d’azote et de phosphore à la biosphère et aux océans (résultant notamment de l’agriculture et de l’élevage intensifs), le changement d’usage des sols, l’acidité des océans, l’appauvrissement de l’ozone atmosphérique, l’usage de l’eau douce, la dispersion d’aérosols atmosphériques et la pollution chimique. Selon le dernier Rapport sur l’état de l’environnement en France, publié en 2019 par le ministère de la transition écologique et solidaire, la France dépasse déjà six des neuf limites planétaires.

Non seulement cette proposition de loi s’inscrit dans le cadre des neuf limites planétaires, mais elle intègre également le devoir de vigilance et le délit d’imprudence. Renforcer le devoir de vigilance envers les grandes entreprises permettrait un meilleur contrôle, notamment dans le secteur des énergies fossiles, dont l’impact environnemental est certain et dont les engagements en matière d’environnement sont trop peu effectifs. Cette proposition prévoit que les personnes ayant commis un crime d’écocide de manière non intentionnelle, parce-qu’ils n’ont pas tenu compte des obligations de prudence ou de sécurité en vigueur, soient également poursuivies. Plus moyen de contourner ses responsabilités.

La reconnaissance des limites planétaires intégrées à la loi donnerait donc à l’administration, mais aussi et surtout au juge, le pouvoir d’apprécier la dangerosité d’une activité industrielle en s’appuyant sur des valeurs seuils déterminées par une autorité scientifique reconnue. Autrement dit, juger si une activité industrielle est viable ou non, en se basant sur un outil de mesure scientifique. Ce cadre permettrait de pouvoir analyser toute nouvelle proposition de loi ou règlement de manière transversale et transgénérationnelle.

Pour la création d’une Haute Autorité aux Limites Planétaires

Pour garantir le respect de la loi pénalisant le crime d’écocide dans le cadre des neuf limites planétaires, les citoyens de la CCC ont également proposé de créer une Haute Autorité aux Limites Planétaires composée d’experts scientifiques reconnus.

Wild Legal, ONG engagée pour la reconnaissance des droits de la Nature, explique :

« La HALP se verrait attribuer le contrôle et l’application des neuf limites planétaires, de manière à ce que les décisions publiques fassent l’objet d’un examen de ‘soutenabilité écologique’ systématique et transversal.

Des sous-entités pourront être déclinées au niveau régional afin de s’assurer de la cohérence des plans et programmes nationaux ainsi que des projets locaux, vis-à-vis des limites planétaires. »

Les instances administratives compétentes en matière d’environnement sont nombreuses mais seulement consultatives aujourd’hui. C’est-à-dire que lorsqu’elles émettent un avis négatif sur un projet, celui-ci peut tout de même voir le jour sans contrainte. C’est pourquoi il est nécessaire de faire de la Haute Autorité aux Limites Planétaires une institution forte. Lorsque une décision publique (lois, règlements, plans, programmes ou projets autorisés par L’État) dépasse les limites planétaires, son autorité doit être suffisamment importante pour que l’avis donné soit respecté.

Pour vous aider à comprendre, voici des exemples de mise en situation, proposés par Wild Legal :

    Sans la Haute Autorité aux Limites Planétaires → « Fin 2018, la compagnie TOTAL lance une campagne de forage exploratoire offshore au large de la Guyane française. Malgré la ratification de l’Accord de Paris et l’adoption de la loi Hulot, le préfet, représentant de l’État, autorise ces travaux avec l’aval de l’autorité environnementale alors que le bilan carbone de l’opération a été fourni par TOTAL : un rejet de 55 000 teqCO2, soit une augmentation de 5,5 % des émissions sur l’ensemble de la Guyane. Un projet à lui seul manifestement incompatible avec les limites planétaires et les objectifs de réduction des émissions de GES sur le territoire. En février 2019, la justice a rejeté le recours intenté par les associations contre le permis de forage. Aucune administration ne s’est opposée à la délivrance de cette autorisation de forage car le droit minier prévaut sur les engagements climatiques. »
    Avec la Haute Autorité aux Limites Planétaires → « La compagnie Montagne d’or souhaite s’implanter sur le territoire de la Guyane pour y exploiter une mine d’or à ciel ouvert pendant 12 ans. Elle doit réaliser un bilan carbone ainsi qu’une étude afin de déterminer l’impact de son projet sur l’ensemble des limites planétaires. Ce bilan carbone met en évidence qu’à lui seul, le projet constitue une augmentation des émissions de 50% des gaz à effet de serre du territoire guyanais. Le projet est donc manifestement incompatible avec l’objectif de réduction de 40% des GES d’ici 2030 et a fortiori de la neutralité carbone. la Haute autorité des Limites Planétaires interdira donc la réalisation de ce projet. »

Pour Marine Calmet, présidente de l’association Wild Legal :

    « le soutien des citoyens à la création d’une Haute Autorité pour les limites planétaires ayant des missions d’information, d’expertise et d’alerte afin de veiller au respect des limites planétaires est un message très fort en faveur d’une nouvelle gouvernance pour la protection de notre planète. »

Malgré l’aspect très scientifique de cette autorité, la création de la HALP ne se veut pas technocratique. C’est même tout le contraire !

En effet, cette autorité aurait la compétence, pour les entreprises des secteurs les plus polluants qui en font la demande, de les guider vers un modèle d’activité plus respectueux des limites planétaires. La HALP disposerait également d’un pouvoir de mise en demeure de celles qui participent directement au dépassement des limites planétaires.

Elle dote les citoyens d’un outil scientifique, les limites planétaires, leur permettant d’avoir une meilleur vue d’ensemble de l’impact environnemental des projets. Cet outil peut donc être appréhendé comme un moteur de la démocratie participative, en ce qu’il donne aux citoyens les clés de compréhension nécessaires pour appréhender toute décision publique (loi, règlement, projet privé) à travers le prisme de la crise écologique.

Le droit de l’environnement actuel ne dispose pas d’outils juridiques suffisants et efficients pour faire face à la crise écologique. Adopter une loi pénalisant le crime d’écocide dans le cadre des neuf limites planétaires, dont la mise en œuvre serait garantie par une autorité forte, semble être l’occasion de créer un nouveau cadre juridique pour la protection de notre système Terre. Un système qui dépasserait l’anthropocentrisme du droit en vigueur, puisque nos droits humains découlent invariablement de la reconnaissance de notre interdépendance avec la nature. Un modèle assez fort et légitime pour mettre frein d’arrêt aux entreprises les plus destructrices.

Une telle révolution juridique en France – puis à l’échelle internationale, si le crime est reconnu par la Cour Pénale Internationale – permettrait d’apporter une première réponse transversale aux enjeux climatiques mais aussi et surtout de favoriser la collaboration entre scientifiques, juristes et citoyens. Il s’agit donc aussi de promouvoir la démocratie participative et la transparence des décisions politiques, dans un contexte urgent d’effondrement de la biodiversité et de réchauffement climatique.

Par Camille Bouko-levy (publié le 30/06/2020)
A lire sur le site Mr Mondialisation
  • 1 septembre 2020 à 18:00

NBA, tennis, baseball: l’affaire Jacob Blake déclenche un boycott sans précédent dans le monde du sport américain

 Le monde sportif américain, basketteurs de la NBA en tête, a démarré mercredi un mouvement de boycott des compétitions sans précédent en réaction à l’affaire Jacob Blake, du nom du jeune Afro-Américain grièvement blessé par un policier, qui relance le mouvement antiraciste aux États-Unis.

Enclenché par l’équipe de basket-ball des Milwaukee Bucks, qui a boycotté un match et contraint la NBA à reporter plusieurs autres rencontres mercredi, le mouvement s’est propagé à grande vitesse.

« NOUS DEMANDONS LE CHANGEMENT. ON EN A MARRE », a tweeté la superstar des Los Angeles Lakers, LeBron James. Selon plusieurs médias, les Lakers et les Los Angeles Clippers ont voté pour l’abandon de la saison NBA.

La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka a quant à elle refusé de disputer la demi-finale du tournoi de Cincinnnati, dont les organisateurs ont reporté d’un jour tous les matches prévus jeudi. Des matches de football et de baseball ont également été reportés en raison d’un boycott des joueurs.

« En tant que femme noire, j’ai l’impression qu’il y a des questions beaucoup plus importantes qui nécessitent une attention immédiate, plutôt que de me regarder jouer au tennis », a justifié Naomi Osaka, 22 ans, dont la mère est japonaise et le père haïtien, et qui a souvent pris la parole ces derniers mois pour dénoncer l’injustice raciale.

Jacob Blake, un père de famille de 29 ans, a été grièvement blessé lorsqu’un policier lui a tiré sept balles dans le dos dimanche à Kenosha, dans l’État du Wisconsin, alors qu’il résistait à son interpellation, dans un contexte encore flou.

Selon un communiqué du ministère de la Justice du Wisconsin, la police avait été envoyée sur les lieux à la suite d’un appel d’une femme disant que « son petit ami » était chez elle et « n’était pas censé » s’y trouver. Une fois sur place, ajoute le communiqué, les agents ont, « sans succès », « tenté d’arrêter » Jacob Blake à l’aide d’un taser.

Agir plus fort

En NBA, la pose du genou à terre pendant l’hymne national, les mots « Black Lives Matter » peints en noir sur les parquets, les slogans au dos des maillots des joueurs, leurs prises de paroles régulières pour réclamer justice, étaient depuis la reprise de la saison il y a un mois la preuve de la mobilisation générale au sein de la ligue, pour œuvrer au changement dans un pays gangrené par le racisme.

Mais trois mois après la mort de George floyd, le calvaire subi par Jacob Blake, cet Afro-américain de 29 ans grièvement blessé lors de son interpellation dimanche, qui devrait le laisser paralysé à vie, a fait l’effet d’un choc incommensurable sur les basketteurs NBA, dans leur bulle de Disney World.

Alors ils ont décidé d’agir plus fort.

Hasard du calendrier, cela se passe quatre ans jour pour jour après la première protestation contre les violences policières faites aux Noirs, par le joueur de football américain Colin Kaepernick. Il s’était assis pendant l’hymne, avant de s’agenouiller une première fois le 1er septembre.

« Fatigués de ces meurtres et de l’injustice »

Et ce sont les joueurs des Bucks – dont la franchise est sise à Milwaukee, à une cinquantaine de kilomètres de Kenosha où a eu lieu le drame de dimanche – qui, les premiers, ont décidé de stopper le jeu. Au point de surprendre ceux du Magic qui ont confié ne « pas avoir été au courant de l’initiative, tout y adhérant ».

Au site The Athletic, l’arrière des Bucks George Hill a ainsi expliqué : « Nous sommes fatigués de ces meurtres et de l’injustice. L’équipe ne jouera pas ce (mercredi) soir contre Orlando ».

Lui et les autres joueurs de la NBA ont été traumatisés par cette terrible scène filmée, où on entend sept coups de feu tirés, atteignant dans le dos ce père de famille qui essayait d’entrer dans sa voiture où se trouvaient, selon son avocat, trois de ses enfants, des garçons âgés de 3, 5 et 8 ans.

Dans la foulée de ce boycott, les joueurs des Rockets, du Thunder, des Lakers et des Blazers en ont décidé d’en faire de même pour leurs matches du soir.

La copropriétaire des Lakers Jeanie Buss a affiché sa solidarité : « J’étais ravie de nous voir jouer, en espérant boucler notre série contre Portland. Mais je soutiens nos joueurs, aujourd’hui et toujours. Après plus de 400 ans de cruauté, de racisme et d’injustice, nous devons tous travailler ensemble pour dire que ça suffit ».

Vers un boycott de la saison ?

« Nous soutenons la décision des joueurs des Milwaukee Bucks de protester contre cette injustice et celle, collective, de reporter tous les matches » de ce mercredi, a réagi le syndicat des joueurs.

Ces dernières heures, d’autres joueurs avaient déjà évoqué la possibilité de ne pas jouer leur prochain match, notamment ceux de Toronto et de Boston, censés débuter leur demi-finale de conférence Est jeudi.

« Si nous restons juste plantés là à parler de changements, à un moment il va falloir mettre nos c… sur la table et nous mettre en position de perdre quelque chose, plus que de l’argent ou de la visibilité », avait dit le meneur de Toronto Fred VanVleet.

D’autres boycotts pourraient donc suivre. D’autant que cela a commencé à faire tache d’huile dans les autres ligues. Les basketteuses de la WNBA ont emboîté le pas des Bucks, tout comme les joueurs de baseball (MLB) des Brewers de Milwaukee, qui devaient recevoir Cincinnati, et ceux des Seattle Mariners censés accueillir les San Diego Padres.

Reste désormais à savoir jusqu’où les stars de la NBA iront pour se faire plus entendre. Certains envisagent de quitter la Floride et d’abandonner le championnat en cours, selon plusieurs médias.

En attendant, le boycott de ces matches est sans précédent dans l’histoire du basket professionnel américain, dont les joueurs ne s’étaient pas immédiatement arrêtés de jouer après la mort de Martin Luther King en 1968, sinon le jour de deuil national ensuite décrété par le président Lyndon B. Johnson

Par AFP (publié le 27/08/2020)
A lire sur le site Le Soir
  • 31 août 2020 à 19:06

10 ans de lutte contre les logements inoccupés en Région bruxelloise : quel bilan ?

C’était il y a dix ans. Ne pas louer son habitation pendant plus de six mois, devenait une infraction en région bruxelloise. Tout propriétaire (ils étaient estimés à 15.000) encourrait alors une amende administrative : 500 euros par mètre de façade, multiplié par le nombre d’étage. A l’époque déjà, il s’agissait de lutter contre la spéculation immobilière. L’ordonnance bruxelloise était alors saluée par les défenseurs du droit au logement. Mais dix ans plus tard, l’ordonnance bruxelloise a-t-elle tenu ses promesses ? Nous avons voulu le savoir en contactant les acteurs directement concernés par ce dossier.

Un bel outil juridique mais trop peu efficace

A la Febul (Fédération Bruxelloise Unie pour le Logement), Véronique Gérard reconnaît d’emblée que la Région bruxelloise a depuis 10 ans entre les mains un remarquable outil… sur papier ! Mais cela ne suffit pas. La cellule chargée de s’occuper des logements inoccupés a longtemps souffert d’un manque de moyens humains. Certes l’amende peut être dissuasive (15.000 euros pour un bâtiment de 10 mètres et 3 étages). Mais dans les faits, si les petits propriétaires préfèrent rentrer dans le rang, les gros eux, connaissent les ficelles pour éviter de payer (ils promettent par exemple d’engager très vite des travaux).

Par ailleurs, certaines communes, elles-mêmes propriétaires de logements inoccupés, ne rentrent pas le cadastre des logements vides, elles n’y ont aucun intérêt. Bref, à la Febul, on a clairement l’impression qu’en 10 ans, les logements inoccupés sont toujours aussi nombreux. Aucun chiffre officiel n’est disponible mais selon certaines estimations, ils seraient plus de vingt mille en Région bruxelloise.

L’absence de cadastre centralisé nous empêche d’être vraiment efficaces

Au cabinet de l’actuelle secrétaire d’État au logement Nawal Ben Hamou, on reconnaît que la lutte contre les logements vides reste insatisfaisante. Combien d’amendes dressées en 10 ans ? Impossible à dire, nous affirme sa porte-parole, les responsables sont en congé. Mais elle le reconnaît aussi : "Peut mieux faire".

La Région n’aurait ainsi pas de vue globale sur l’ampleur du phénomène, car certaines communes n’envoient pas leur cadastre des logements vides à l’administration. "Elles nous disent ne pas en avoir les moyens". A la rentrée, nous nous pencherons sur le sujet, promet-on au cabinet de la secrétaire d’État, dans le cadre du plan d’urgence logement que nous devrons alors finaliser. Quelques semaines de patience en plus. Finalement, au bout de 10 ans, en effet, cela ne devrait pas changer grand-chose !

Y a-t-il une véritable volonté politique de mettre ces biens sur le marché ?

Au syndicat des locataires, on ne s’étonne pas vraiment du manque de résultat. Des logements vides, il y en a toujours autant qu’il y a dix ans. Et de toute façon, son secrétaire général, José Garcia, est même plutôt contre le principe de l’amende régionale. "Elle signifie que si vous payez, on ne peut rien vous reprocher, un peu comme si vous achetiez le droit de commettre une infraction".

Et si l’ordonnance régionale est peu appliquée, c’est sans doute parce qu’elle est inapplicable. Pourquoi ? Parce que, selon José Garcia, entre le niveau local et régional, tout le monde se renvoie la balle. "Résultat, rien ne bouge et quand en plus, le propriétaire semble vouloir ne pas se laisser faire, la procédure prend beaucoup de temps et devient donc inefficace".

José Garcia conclut par une provocation : "pour lutter contre les logements vides, il faudrait juste autoriser leur occupation par des sans-abri, vous verriez alors comme cela irait vite". Malheureusement, selon lui, on ne prend pas du tout cette direction. Les squatters sont même devenus récemment des criminels… Alors, ajoute-t-il, ma question est bien, veut-on vraiment lutter contre les logements vides ?

Par Véronique Fievet (publié le 05/08/2020)
A lire sur le site rtbf
  • 26 août 2020 à 15:38

La nationalisation des compagnies aériennes : une fenêtre d’opportunité pour la gauche

Alors que la pandémie du Covid-19 a mis à terre nos économies, les États capitalistes s’engagent de plus en plus dans la planification. Pour l’économiste britannique Grace Blakeley, autrice d’un livre contre la financiarisation, la période qui s’ouvre offre une fenêtre d’opportunité inédite pour exiger des transformations économiques radicales. Article de notre partenaire Novara Media, traduit par Lauréana Thévenet et édité par William Bouchardon.

Entre les banques centrales qui injectent des milliers de milliards de dollars sur les marchés financiers et dans le secteur privé et les États qui nationalisent des entreprises en difficulté, la frontière entre “l’État” et le “marché” construite par l’économie politique libérale est plus mince que jamais. Mais une plus forte intervention de l’État dans l’économie n’est pas synonyme d’avènement du socialisme. Ce n’est pas en se contentant de quelques nationalisations stratégiques que les États capitalistes deviendront socialistes.

Dans le meilleur des scénarios, nous pourrions assister à une renaissance de certaines pratiques sociales-démocrates de gestion économique courantes dans l’après-guerre. Il est toutefois beaucoup plus probable de voir émerger un modèle de gestion économique nationaliste-corporatiste qui associe quelques aides de l’État en faveur des sections les plus politiques de l’électorat et une aide financière à destination des riches et des puissants.

Les transformations de nos systèmes politico-économiques suite aux crises génèrent inévitablement de nouvelles lignes de fracture et contradictions, dont les socialistes (au sens anglo-saxon du terme, c’est-à-dire la gauche radicale, nldr) peuvent tirer profit à condition d’être suffisamment organisés. Une de ces lignes de fracture concerne la politisation croissante de questions jusqu’ici cantonnées à la sphère économique.

Vers la nationalisation totale du secteur aérien ?

Avec le confinement, la circulation des capitaux, des individus et des marchandises a été drastiquement réduite. Pour protéger leurs entreprises nationales des conséquences de ce ralentissement, les États capitalistes ont prêté des milliards d’euros aux entreprises, et parfois pris des participations dans leur capital. L’industrie aérienne a été l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie. C’est aussi un secteur d’une importance stratégique pour les États qui souhaitent garder des liens avec les marchés internationaux pour échanger travail, biens et services et capitaux. Ainsi, les compagnies aériennes – dont la plupart ont été créées par les États lors de la période d’après-guerre et ont été privatisées dans les années 80 et 90 – sont parmi les premières firmes à être complètement nationalisées suite à la pandémie.

En Allemagne, après avoir entamé des négociations avec la compagnie nationale Lufthansa, le gouvernement a affirmé sa volonté de nationalisation de Lufthansa et de Condor (autre compagnie aérienne allemande, ndlr). Le gouvernement français, qui est déjà un actionnaire d’Air France-KLM, est actuellement en pourparlers avec Air France pour une éventuelle nationalisation totale de cette dernière. Quand à l’Italie, elle a pris le plein contrôle d’Alitalia. Quand on sait que des compagnies comme British Airways, Singapore Airlines et Cathay Pacific ont toutes été forcées d’immobiliser plus de 90 % de leur flotte, on peut s’attendre à davantage de nationalisations dans les mois qui viennent.

En entreprenant ces nationalisations, les États cherchent à protéger les emplois et les entreprises nationales afin que l’accumulation de capital puisse repartir rapidement lorsque la pandémie se terminera, ce qui permettra alors de privatiser à nouveau ces compagnies. Mais ce processus de nationalisation pourrait s’avérer plus compliqué que ce que les décideurs imaginent.

La propagande libérale ne tient plus

Les entreprises qui ont reçu un soutien de l’État pendant la pandémie vivront un cauchemar dans leurs relations publiques et leur communication si elles décident de poursuivre des pratiques courantes pour maximiser leurs bénéfices comme l’évasion fiscale, le sabotage de l’action syndicale ou les licenciements de masse. De nombreux militants demandent déjà aux États d’imposer de rigoureuses normes environnementales aux compagnies aériennes nationalisées. Ces entreprises peuvent se trouver bien plus contraintes à la fin de la pandémie, du fait de la législation et de l’opinion publique.

Mais le plus important est que cette action de l’État ayant pour but de protéger les entreprises nationales fragilise l’idéologie au coeur du capitalisme libéral : l’idée qu’il y a une séparation stricte entre “l’économie” et la politique. Cette théorie affirmant que certains problèmes appartiennent au domaine de “l’économie” et d’autres à celui de la “politique” est une fiction, purement idéologique, qui a été utilisée pour masquer les tensions entre capitalisme et démocratie qui existent depuis l’avènement du suffrage universel.

Pour un certain nombre d’intellectuels libéraux, certains sujets ne devraient pas faire l’objet du débat public et devraient plutôt être réservés aux soi-disant experts économiques. En réalité, ces intellectuels sont surtout préoccupés par l’idée que les gens revendiquent des mesures radicales pour faire combattre les inégalités, socialiser l’économie et rendre les institutions de l’État plus démocratiques. En prétendant que l’économie est séparée de la politique, et en confinant la prise de décision économique à des espaces technocratiques extérieurs au contrôle populaire, les classes dirigeantes ont largement empêché la formulation de revendications économiques radicales par les travailleurs.

Mais cette séparation entre l’économie et la politique sera difficile à maintenir au vu des interventions de l’État durant la pandémie. Les gens commencent à demander à l’État d’utiliser son contrôle sur des entreprises clés pour développer l’emploi, réduire les inégalités et promouvoir la résilience environnementale. Si ses demandes réussissent et aboutissent, la pression populaire pour des mesures beaucoup plus radicales ne fera que s’intensifier.

Un nouveau monde adviendra, mais lequel ?

Dans la plupart des économies capitalistes marquées par un fort contrôle de l’industrie par l’État, le système politique tend à être autoritaire, ou, au mieux, illibéral. L’autoritarisme est souvent nécessaire pour maintenir le fragile équilibre du pouvoir entre le travail et le capital dans un contexte d’une forte intervention étatique. Cette dérive autoritaire est une conséquence probable de la pandémie et est clairement en cours dans des pays comme les Etats-Unis ou la France.

Cependant, la reconstruction qui suivra la pandémie pourrait aussi être un temps de transformation politico-économique radicale et d’autonomisation de la classe ouvrière, à condition que les socialistes s’organisent mieux qu’ils ne l’ont fait après la crise financière de 2008. De plus, un mouvement socialiste qui parviendrait à prendre le pouvoir étatique serait dans une position bien plus avantageuse après la série de nationalisations en cours, qu’un gouvernement entrant après une décennie de privatisation. Les États capitalistes sont contraints de s’adapter à la plus importante crise économique mondiale depuis des siècles, et ils le font rapidement. Les socialistes doivent s’adapter plus vite.

Par Novara Media (publié le 30/06/2020)
A lire sur le site Le vent se lève
  • 25 août 2020 à 17:11

La pandémie aide les riches à devenir encore plus riches. Il est temps de taxer leur richesse obscène

Les inégalités s’aggravent alors que des dizaines de millions d’Américains sont confrontés au chômage, à la perte de soins de santé, aux expulsions et à la faim.

Nous sommes au milieu d’un moment extraordinaire de l’histoire américaine: une crise de santé publique, le pire ralentissement économique depuis la Grande Dépression, la menace existentielle du changement climatique et un président qui fait avancer notre pays dans une direction autoritaire.

Au milieu de toutes ces crises, il y a un autre sujet de préoccupation majeur qui reçoit très peu d’attention. Et c’est le niveau obscène des inégalités de revenus et de richesses qui existe dans notre pays et le fait que, pendant la pandémie, ces inégalités s’aggravent beaucoup.

Alors que des dizaines de millions d’Américains sont aujourd’hui confrontés au désespoir économique – chômage, perte de soins de santé, expulsions, faim -, les très riches deviennent beaucoup plus riches. Voici trois chiffres qui devraient choquer tout le monde en Amérique:

13 000 000 000 $. C’est ce que Jeff Bezos , l’homme le plus riche du monde, a gagné en une journée alors que les entreprises qu’il possède refusent des congés de maladie payés, une prime de risque et un lieu de travail sûr à des centaines de milliers de ses travailleurs.

21 000 000 000 $. C’est ce que la famille Walton, la famille la plus riche d’Amérique, a gagné au cours des 20 dernières semaines tandis que les contribuables américains continuent de subventionner les salaires de famine chez Walmart , le plus grand employeur privé d’Amérique.

731 000 000 000 $. C’est à quel point la richesse de 467 milliardaires a augmenté depuis que la Réserve fédérale a commencé à prendre des mesures d’urgence pour soutenir le marché boursier en mars.


    Les 0,0001% les plus riches – utilisent une pandémie mondiale comme une opportunité de réaliser des profits scandaleux après avoir reçu un renflouement de facto par la Réserve fédérale

Incroyablement, grâce au don fiscal du président Trump aux riches signé il y a quelques années, les milliardaires paient maintenant un taux d’imposition effectif inférieur à celui des enseignants, des infirmières, des pompiers ou des chauffeurs de camion.

Les gains de richesse extraordinaires que les milliardaires ont réalisés pendant la pandémie surviennent à un moment où 92 millions d’Américains ne sont pas assurés ou sous-assurés et des dizaines de millions d’Américains sont confrontés à des expulsions ou des saisies.

À un moment où tant de nos gens se débattent économiquement, il est moralement obscène qu’une petite poignée de milliardaires – les 0,0001% les plus riches – utilisent une pandémie mondiale comme une opportunité de faire des profits scandaleux après avoir reçu un renflouement de facto par le gouvernement fédéral. Réserve.

Il est temps de changer nos priorités nationales. Au lieu de permettre aux multimillionnaires de devenir beaucoup plus riches, le Congrès doit défendre les familles de travailleurs. Un bon point de départ serait de taxer les énormes gains que les milliardaires ont réalisés pendant la pandémie et d’utiliser cet argent pour garantir les soins de santé en tant que droit pour la durée de l’urgence de santé publique.

Selon Américains pour l’équité fiscale, imposer une taxe de 60% sur les gains de richesse réalisés par seulement 467 milliardaires en Amérique rapporterait plus de 420 milliards de dollars. C’est assez d’argent pour permettre à Medicare de payer toutes les dépenses de santé de chaque Américain dans ce pays, y compris les médicaments sur ordonnance, pendant une année entière.

Penses-y un moment. En imposant une taxe de 60% sur les gains de richesse réalisés par seulement 467 milliardaires, les soins de santé seraient étendus à tout le monde en Amérique par le biais de Medicare et personne, quelle que soit sa couverture, n’aurait à payer des factures médicales directes au cours de la prochaine. 12 mois. C’est exactement ce qu’accomplirait la loi Make Billionaires Pay Act que j’ai récemment présentée avec les sénateurs Ed Markey et Kirsten Gillibrand.

En vertu de cette législation, aucune personne diagnostiquée avec un cancer ne devrait mendier de l’argent à des étrangers sur GoFundMe. Aucune personne diabétique ne mourrait parce qu’elle ne pouvait pas se permettre son insuline. Personne avec des symptômes de coronavirus n’aurait peur d’aller chez un médecin à cause du coût et risquerait d’infecter ses voisins, collègues, famille ou amis.

Alors que la lutte pour Medicare for All se poursuit, pendant au moins les 12 prochains mois, chaque Américain pourra obtenir les soins de santé dont il a besoin pendant cette crise de santé publique. Et tout cela pourrait être payé par une taxe de 60% sur les fortunes démesurées que les personnes les plus riches d’Amérique ont accumulées pendant cette horrible pandémie.

Maintenant, je comprends qu’il y a des gens qui peuvent croire qu’une taxe de 60 p. 100 ressemble à une augmentation fiscale assez importante. Eh bien, laissez-moi apaiser ces inquiétudes. Même après avoir payé cette taxe, ces 467 milliardaires auront encore une avance de 310 milliards de dollars. Croyez-moi. Leurs familles survivront.

En tant que nation, il est temps pour nous de s’attaquer enfin au niveau grotesque de l’inégalité des revenus et de la richesse qui existe. À mon avis, nous ne pouvons plus tolérer que les trois personnes les plus riches d’Amérique possèdent plus de richesses que les 50% les plus pauvres, les 1% les plus riches possédant plus de richesses que les 92% les plus pauvres et 45% de tous les nouveaux revenus allant au 1%.

À une époque de souffrances et de souffrances économiques énormes, nous avons un choix à faire. Nous pouvons continuer à permettre aux très riches de devenir beaucoup plus riches tandis que la plupart des autres s’appauvrissent. Ou nous pouvons taxer les gains réalisés par une poignée de milliardaires pendant la pandémie pour améliorer la santé et le bien-être de dizaines de millions d’Américains.

Le moment est venu pour le Congrès d’agir au nom de la classe ouvrière qui souffre comme elle ne l’a jamais fait auparavant, pas de la classe milliardaire qui se porte incroyablement bien et qui ne l’a jamais eu aussi bien.

Faire payer les milliardaires pour étendre Medicare à tous lors d’une urgence de santé publique est un bon point de départ.

Par Bernie Sanders (publié le 11/08/2020)
A lire sur le site Anti-K
  • 23 août 2020 à 08:20

Des activistes bloquent la centrale électrique de Mannheim +++ Protestation contre la destruction du climat et le capitalisme

Des activistes bloquent la centrale électrique de Mannheim +++ Protestation contre la destruction du climat et le capitalisme +++ “La justice climatique est l’affaire de tous.tes !”

Allemagne | 10 août

Dès les premières heures du matin, le groupe “GKM abschaffen” (abolir GKM) bloque le bloc 6 de la centrale Grosskraftwerk Mannheim (GKM). Nous ne voulons pas rester les bras croisés et assister plus longtemps à la destruction et à l’exploitation massives de notre terre et nous voulons donc agir directement là où le charbon est brûlé et où le C02 sale se retrouve dans l’atmosphère.

Nous sommes lié.e.x.s aux journées d’action “Zucker im Tank” et voulons attirer l’attention sur les conséquences désastreuses de la conversion du charbon en électricité, faire comprendre la nécessité d’un arrêt immédiat des combustibles fossiles et mettre en avant les différents enjeux liés à l’extraction du charbon. Nous voulons également offrir une plateforme aux personnes qui souffrent des conséquences de la catastrophe climatique et dont la voix n’a pas encore été entendue dans le débat.

Etant des personnes blanches, ayant grandi dans des pays privilégiés du Nord, nous ne pouvons pas imaginer ce que c’est que d’être directement confronté à l’extraction du charbon dans des conditions inhumaines, à la destruction des logements ainsi que des moyens d’existence. Nous vivons dans une région du monde où les conséquences du changement climatique ne sont ressenties que sous une forme très atténuée, bien que ce soit précisément le mode de vie des pays du Nord global qui soit l’une des principales causes du changement climatique. Ce mode de vie égoïste et capitaliste nous révolte. Tant que notre système économique sera soumis à un fonctionnement capitaliste, qui a pour fondement une croissance illimitée, la nature et l’humanité seront exploitées et les inégalités sociales continueront à croitre. La crise climatique est un problème mondial qui doit être abordé au-delà des frontières nationales et loin des intérêts économiques !

Le GKM fait partie prenante du système économique capitaliste et contribue à la destruction des moyens de subsistance et de la base de revenus des populations de Colombie et de Russie. Les habitant.e.x.s des régions charbonnières souffrent , par exemple, d’énormes pénuries de nourriture et d’eau, ielles ont des problèmes de santé et sont forcé.e.x.s de partir. Tout cela est inacceptable, “les Allemand.e.x.s doivent savoir d’où vient le charbon qu’ils et elles consomment. Et quelles en sont les conséquences” (militante colombienne Luz Angela Uriana Epiayu).

Ce qu’il faut, c’est un changement par le bas, ici, maintenant et partout - sans frontières, sans production d’électricité au charbon et sans rapport de domination !
Il faut bruler les frontières, pas le charbon !

Coordonnées “GKM abschaffen” :
E-Mail : gkm_abschaffen@riseup.net
Twitter : @GKM_abschaffen
Instagram : GKM_abschaffen
Website : https://grenzenkohlemachtabschaffen.noblogs.org/

Coordonnées “Zucker im Tank” :
Mobil : +49 151 29087466
Email : aufstand_mit_abstand@systemli.org
Twitter : @zucker_im
Instagram : Zucker.im.Tank
Website : https://www.zuckerimtank.net/language/de/aufstand-mit-abstand/

Par Collectif

Lire surle site de renverse.co (10/08/2020)

  • 17 août 2020 à 13:21
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