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À partir d’avant-hierRéponses catholiques

Conversion et repentir

Par Réponses catholiques

Quelle est la meilleure traduction de Actes 2.38 :repentez-vous… convertissez-vous… faites pénitence… ces termes sont-ils interchangeables ?

Nous voyons effectivement des traductions diverses selon les Bibles: “repentez-vous”, “changez de comportement” etc. Le terme Μ

ετανοήσατε se traduirait plutôt, littéralement, par “convertissez-vous”. La metanoia, “retournement” se traduit généralement par “conversion”.

Ce n’est donc pas tout à fait la même chose que le repentir, même si cela l’implique pour les fautes passées. C’est d’ailleurs ce que St Pierre demande à ses auditeurs dans la suite du verset. L’idée de faire pénitence est déjà un peu plus éloignée du texte.

Maria Simma (2/2)

Par Réponses catholiques

Ma 2ème question est à propos du livre des “Derniers Témoignages de Maria Simma” par Nickly Eltz ED Segno 2002., je voudrais savoir ce que vous en pensez. Je prie beaucoup les Pauvres Ames depuis toute petite (2/2)

Nous ne l’avons pas lu. Sur le principe, nous n’avons pas à nous prononcer sur ce qui porte sur des révélations privées.

Nous répétons cependant les mises en garde que nous avons déjà faites à propos du surnaturel porté par des personnes privées, surtout sur les thèmes de fins dernières. Ce qui n’est pas dans la Révélation des Ecritures et le Magistère de l’Eglise doit être pris avec la plus grande prudence. Rappelons que, sur le principe, l’Eglise, faisant suite à la Torah, interdit toute tentative de communication avec les morts. Si c’est le défunt qui se met en contact, ce n’est pas la même chose mais rien ne doit être fait pour entretenir la relation et il vaut même mieux lui demander de partir. Les risques d’abus d’origine démoniaque ou de mise en danger sur le plan psychique sont trop grands.

C’est ce que préconise Ste Thérèse d’Avila. Si on a une vision, il faut commencer par essayer de la chasser, et, si elle persiste, discerner ce qu’il en est avec son accompagnateur spirituel, puis, le cas échéant, l’autorité de l’Eglise : l’évêque ou la personne qu’il mandate.

Car les sites parlant de ce livre que nous avons pu consulter sur Internet ne précisent pas les points suivants : quel était l’accompagnement spirituel de Maria Simma ? Quels théologiens ont examiné ses dialogues ? Quel évêque a reconnu ses révélations ? Le lecteur qui a des précisions à nous communiquer est bienvenu.

Ce qui n’empêche pas, au contraire, de prier régulièrement pour les âmes du Purgatoire, « faire dire des messes » pour elles etc. Depuis le Deuxième livre des Maccabées, on sait que c’est une grande aide.

Refuser de communier à la main du fait de la crise sanitaire? (1/2)

Par Réponses catholiques

Depuis le Covid 19, la communion sur la langue m’est refusée et je communie spirituellement en offrant cette souffrance au Seigneur et aux Pauvres âmes du Purgatoire mais c’est très difficile d’autant que pendant plus de 40ans je n’ai communié que spirituellement compte-tenu de ma situation personnelle et depuis 4 ans nous avons pu recevoir le st sacrement de mariage. Je ne veux surtout pas communier dans la main comme les protestants et manquer de respect au Saint des Saints !!! Ma 1ère question est la suivante: A la messe certaines personnes m’ont dit qu’elles prenaient un mouchoir blanc pour recevoir le corps du Christ sans le toucher. Cela me choc beaucoup et EST-CE BIEN CATHOLIQUE ??? Notre jeune vicaire trouve celà beau (1/2)

Nous l’avons affirmé à de nombreuses reprises sur ce site et nous maintenons nos propos : il est tout à fait valide et licite de communier à la main et ceux qui disent le contraire sont en conflit avec la foi catholique. Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/peut-on-communier-dans-la-main/, https://www.reponses-catholiques.fr/mains-dans-les-poches-et-nez-en-lair-a-la-communion/, https://www.reponses-catholiques.fr/communion-a-la-main-et-foi-en-la-presence-reelle-13/, https://www.reponses-catholiques.fr/communion-dans-la-main-et-satan-23/.

Par conséquent, l’attitude de l’auteur de la question est hautement problématique. Comme le rappelle Redemptoris sacramentum, chacun a le droit de communier selon ce qu’il souhaite, « à la main » ou « dans la bouche ». Mais il arrive que le célébrant impose une forme pour des raisons particulières : les fidèles étaient obligés de communier dans la bouche à plusieurs JMJ. C’est aussi le cas lors de communions aux deux espèces si la communion par intinction est refusée.

Une conférence épiscopale n’outrepasse par conséquent pas son rôle en décidant de mesures temporaires en raison d’une crise sanitaire. Refuser de communier à la main, alors, c’est refuser une manière de communier valide et licite et refuser ainsi la grâce du sacrement. Un fidèle en état de communier doit participer à la messe. Refuser de communier alors qu’il est en état de le faire, c’est refuser de recevoir le Christ et c’est une marque de révolte lui inquiétante.

Quant aux propos sur les Protestants qui communient, d’abord ils sont ridicules. Les Protestants ne « communient » pas au sens de l’Eglise catholique, puisqu’ils ne croient pas en la transsubstantation. Et dire que les catholiques qui communient à la main sont « protestants », c’est carrément schismatique. Cela revient à accuser le Pape, nos évêques, les prêtres, les personnes consacrées et des fidèles fervents d’hérésie. C’est une accusation très grave et nous n’hésiterons pas à rappeler qu’accuser faussement un ministre ordonné peut valoir excommunication.

« Offrir sa souffrance » pour la privation d’une grâce qu’on a soi-même refusée, par révolte contre l’Eglise, c’est non ajusté spirituellement. Quant aux mouchoirs blancs, nous sommes bien d’accord sur ce point avec l’auteur de la question. Ca n’a pas grand chose à voir avec la foi catholique et n’est en rien un geste liturgique.

Que les fidèles retrouvent un semblant de discernement, qu’ils rendent grâce au Christ pour le don qu’Il nous fait de Lui-même dans l’Eucharistie plutôt que de mépriser ce don en prétendant l’honorer, qu’ils cessent des querelles qui détruisent l’Eglise, qu’ils écoutent leurs pasteurs, qu’ils se forment en théologie au lieu de construire des raisonnements absurdes et qu’ils aient un minimum de charité pour ne pas contaminer leurs frères.

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Plusieurs pourquois

Par Réponses catholiques

Pourquoi la croix ? Pourquoi les bougies ? Pourquoi le signe de la croix ? Pourquoi Marie ? Pourquoi le baptême dans un bassinet ?

Nous répondons au fur et à mesure à chaque sous question, quoiqu’elles n’aient souvent pas vraiment de réponse et que la tentation soit forte de répondre « Pourquoi pas ? ». Mais risquons quelques réponses.

  • Pourquoi la croix ?

C’est une excellente question et on peut se demander ce qui est passé par la tête de l’inventeur de ce supplice, peut-être au Ve siècle av. J.-C., sans doute en Perse ou peut-être en Inde. Quant à savoir pourquoi les Romains ont adopté ce supplice particulièrement atroce, sans doute le pire qui soit, pour les esclaves (pensons à Spartacus et ses compagnons) et certains criminels non citoyens romains, cela renvoie éventuellement au problème du mal : https://www.reponses-catholiques.fr/le-bien-et-le-mal-sont-ils-comprehensibles/. Le mal est absurde, il ne s’explique pas, il se combat.

Quant au Mystère du Salut par la Crucifixion et la Résurrection du Christ, cf. https://www.reponses-catholiques.fr/croix-et-souffrance/.

  • Pourquoi les bougies ?

L’auteur de la question fait-il allusion aux cierges ? C’est souvent expliqué de façon touchante dans les églises : mettre un cierge, c’est mettre un peu de soi et signifier par un acte de prière que le Christ est la Lumière du Monde. Tout en signifiant que la petite flamme qui va s’éteindre reflète notre propre humilité vers le Créateur de la lumière.

  • Pourquoi le signe de la croix ?

Voir https://www.reponses-catholiques.fr/signe-de-croix/

  • Pourquoi Marie ?

Alors là, pour le coup, nous trouvons la question particulièrement choquante. Tout être humain a un droit inconditionnel à l’existence et n’a pas à la justifier. Marie comme n’importe qui d’autre. Refuser cela, c’est justifier l’avortement, l’euthanasie, le nazisme, les génocides, toutes les idéologies qui conditionnent le droit d’un être humain à exister au bon vouloir d’autres êtres humains. Pourquoi Marie ? Retournons la question : pourquoi l’auteur de la question ?

Quant à s’appeler « Marie », au nom de quoi l’auteur de la question voudrait interdire à des gens d’appeler leur petite fille Marie ?

  • Pourquoi le baptême dans un bassinet ?

Euh, c’est l’auteur de la question qui va passer la serpillère sur le sol trempé si le baptême se fait sans bassinet ?

Faut-il être naïf pour croire? (8/8)

Par Réponses catholiques

8ème question : Finalement, la plus grande qualité de l’homme, ne serait-ce pas son caractère naïf ? Plus on est naïf, moins on est méfiant, et plus facile il sera de croire, non ? Or, nous n’avons pas tous ce même degré de naïveté ? Est-ce juste ? Voilà, j’ai encore beaucoup d’autres questions, mais disons que je vais m’arrêter là pour le moment. (8/8)

Ce que toute la doctrine catholique affirme, c’est qu’il n’y a d’opposition entre foi et raison. C’est même la devise de notre site. Certains peuvent se convertir suite à une expérience mystique forte, être touchés dans leur cœur suite à des événements de la vie, une parole, une émotion esthétique – d’où l’importance de cultiver le Beau avec l’art sacré – une rencontre, un geste de charité. D’autres découvrent la foi suite un cheminement intellectuel. C’est le cas de St Augustin. L’expérience de conversion en entendant la voix lui disant « tolle, lege » (« prends, lis ») dans le jardin a bien été préparée par toute sa recherche philosophique antérieure. Augustin n’avait rien d’un naïf, c’était une des hommes les plus intelligents de son temps, un intellectuel habile et ambitieux.

De grands scientifiques, tels que Pascal, Pasteur, Teilhard de Chardin ou le Pr. Lejeune avaient une foi profonde. Mais aussi des hommes politiques, Constantin au IVe siècle, St Louis, Charles Quint, Louis XIV ou De Gaulle, pour brosser 1700 ans en quelques noms. Ce n’étaient en rien des naïfs et ils ont gouverné leur Etat de façon avisée, pris des décisions politiques, mené des guerres etc. Nous pouvons même aller jusqu’à dire qu’ils n’étaient pas « des enfants de cœur » et certains d’entre eux ont fait preuve de rouerie, voire de brutalité. On peut discuter de leur comportement moral mais leur foi était sincère et, en même temps, il nous semble difficile de prétendre à leur naïveté.

Par conséquent, la foi n’a rien à voir avec un quelconque degré de naïveté et ce n’est pas un apanage de ravis de la crèche. Ce que le Christ nous dit, en revanche, c’est que, « Celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux » (Mt 18, 4). Il ne s’agit pas de s’infantiliser, il s’agit de se faire « petit comme » un enfant qui s’est approché de Jésus, c’est-à-dire de retrouver une certaine fraicheur, une simplicité, une humilité, une capacité à aimer sans détour qui ne permet ni cynisme, ni morgue. Mais ce n’est pas la même chose que la naïveté car cela implique, au contraire du naïf prêt à croire n’importe quoi, de garder toute son intelligence et tout son discernement.

Les rameaux peuvent-ils être bénis par Internet?

Par Réponses catholiques

Pendant le confinement, les églises étaient fermées aux fidèles. Je voudrais savoir si une bénédiction à distance du prêtre célébrant en assistant à la messe par internet des rameaux via internet est valable dans ce cas exceptionnel précis.

Les bénédictions urbi et orbi par la télévision, la radio ou Internet sont valides. On peut, par analogie, en déduire que la bénédiction des rameaux lors d’une messe des Rameaux suivie par Internet pendant le confinement peut l’être aussi, vues les circonstances.

Ceci dit, plusieurs paroisses se sont organisées pour distribuer des rameaux bénis pendant le confinement, en recevant les fidèles un par un ou carrément en mettant des rameaux en « libre service ». D’autres les ont distribuées après le confinement, y compris jusqu’au mois de juin. Bref, il était possible de trouver des rameaux bénis sans trop de difficultés.

La foi catholique est-elle bizarre?

Par Réponses catholiques

Certains trouvent que les rites du catholicisme sont “BIZARRES”. (exemple: la manducation d’un dieu, etc) Que leur répondre ?

Question difficile tant elle est vague. Bizarres par rapport à quoi ? Aux rites d’autres religions ? Sur le fait même d’avoir une religion ? Sur le fait de croire en quelque chose de surnaturel ?

  • Si les interlocuteurs sont Protestants (mais la question semble ne pas le suggérer), cela renvoie à toutes les controverses théologiques entre catholiques et Protestants, qu’il est trop long de détailler ici. Sur la question de « la manducation d’un dieu », on peut toujours commencer par répondre en citant les paroles de Jésus lui-même (par ex : Mt 26, 26).
  • S’il s’agit de fidèles d’une autre religion, en quoi les rites catholiques sont-ils plus bizarres que de se faire circoncire ? De rester sans manger ni boire toute la journée pendant un mois ? De ne pas manger de porc ? De ne pas allumer un interrupteur le vendredi soir ? De tourner un moulin à prière ? De réciter des mantras abscons ?
  • Si les contradicteurs ont une spiritualité aussi vague que floue, comme la plupart de nos contemporains, est-ce plus bizarre que de faire du yoga, de la méditation en pleine conscience, de la kinésiologie, de la lithothérapie (ce n’est pas bizarre que de croire que les pierres ont des pouvoirs ?), de croire en des énergies que personne ne peut détecter ? De lire son horoscope en croyant que des astres influencent ma vie ?
  • Les objecteurs sont-ils francs-maçons ? Ils ne sont pas bizarres, les rites maçonniques ? Soyons sérieux…
  • Et même s’ils sont athées, ce n’est pas bizarre de parler pendant des années à un psy en espérant guérir alors qu’une confession gratuite fait autant de travail ? De se détruire la santé en fumant ou en buvant (sans parler de fumer de l’herbe) ? De passer son temps devant son téléphone au lieu de parler à ses semblables ? Tous les comportements déviants au travail ou dans sa famille ? Et dans le fond, pourquoi chercher à vivre, avoir des enfants et honorer nos morts si les articles de la foi catholique ne sont pas vrais ? N’est-ce pas bizarre aussi alors que, de toute façon, nous allons mourir ?
  • Sans parler des croyances sectaires non démontrées scientifiquement en matière d’écologie. Et même, l’épidémie du coronavirus a surtout montré que le « démontré scientifiquement » était aussi bizarre que les croyances les plus irrationnelles. Porter un masque dans la rue quand il n’y a personne, ce n’est pas bizarre ? Qu’est-ce qui est plus bizarre ? De croire que la chloroquine guérit la Covid 19 ou de croire qu’elle n’y fait rien ? Qui peut le dire avec certitude ? Car, quand on est médecin, il faut bien faire un choix : en donner ou non.

C’est un peu pareil avec la foi catholique. A un moment, il faut faire un choix et croire en un Dieu qui m’aime et qui l’a prouvé en mourant pour moi pour me sauver. Et qui me fera vivre et qui l’a prouvé parce qu’Il est lui-même ressuscité. Ou non.

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Changer les paroles du Credo et du Gloria?

Par Réponses catholiques

 

Quand le Pape a t-il rappelé que l’on ne devait pas chanter en modifiant le Credo et je crois le Gloria ?

Nous ne savons pas quand il a pu dire cela car, d’après nos recherches, c’est plutôt sur les dangers d’une mauvaise lecture de la Parole de Dieu et d’une homélie peu pertinente qu’il s’est exprimé. Cf. http://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2018/documents/papa-francesco_20180214_udienza-generale.html

Dans l’absolu, il aurait bien eu raison de le rappeler. On ne peut pas modifier le Credo. Même les Protestants n’ont pas modifié le Credo (quoiqu’ils remplacent Eglise « catholique » par « universelle » mais ils jouent sur la traduction, donc ils ne déforment pas la lettre du texte). Changer des termes du Credo provoque les schismes, c’est l’ajout du Filioque par l’Eglise latine qui a provoqué le schisme orthodoxe. Un compromis a été trouvé au Concile de Florence au XVe siècle car les délégués orthodoxes étaient prêts à accepter la formule « Il procède du Père par le Fils », ce qui est aussi correct en théologie catholique. Le refus de leurs supérieurs d’entériner l’accord et la prise de Constantinople peu après ont empêché la réconciliation de se faire… Et on en est toujours là même si des progrès ont pu être faits dans le rapprochement avec nos frères orthodoxes.

De façon générale, on ne peut pas modifier l’ordinaire de la messe, ce qui inclut le Gloria. Bien sûr, des adaptations stylistiques sont toujours possibles pour rehausser la liturgie, avec un Gloria chanté ou scandé par un refrain. Mais il faut bien que les paroles exactes soient chantés, ou dites à haute voix si elles sont entrecoupées par un refrain d’une interprétation plus libre.

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Pourquoi prier pour les autres?

Par Réponses catholiques

J’ai du mal à comprendre l’utilité du mécanisme de l’intercession en matière religieuse. Selon https://eglise.catholique.fr/glossaire/intercession/, l’intercession est une prière de demande en faveur de quelqu’un. Jésus, médiateur par excellence, prie son Père en faveur de l’humanité. Le Nouveau Testament nous indique que cette prière n’a pas de frontières : « pour tous les hommes et les dépositaires de l’autorité » (1 Tm.2, 1-2), « pour les persécuteurs » (Rm 12,14), « pour le salut de ceux qui ne croient pas » (Rm 10,1). La Vierge, les saints et les bienheureux intercèdent pour ceux qui ont recours à eux. Si Dieu sait tout et est infiniment bon, à quoi peuvent bien servir des demandes qui lui seraient transmises par ses “proches” de la part des fidèles ? Pour quelle efficacité ? Qu’apporte l’intercession à Dieu en matière de connaissance de la situation ou de ce qu’il convient de faire ? Pour l’apparence, cette représentation ne ressemble-t-elle pas à un anthropomorphisme qui transposerait au ciel le fonctionnement des administrations humaines (une sorte d’incitation au lobbying ?) ? En l’absence d’autres explications, je peux imaginer un intérêt pédagogique : s’agirait-il d’un moyen (un truc) pour conduire les fidèles à : – s’intéresser davantage les uns aux autres ; en n’intercédant pas, nous priverions (c’est pas bien !) des personnes de bienfaits dont ils ne bénéficieraient pas faute d’intercession de notre part ; – adopter une attitude de solliciteur à l’égard de Dieu (pour entretenir la conscience de notre dépendance ?) ?

A ce compte-là, « Si Dieu sait tout et est infiniment bon, à quoi peuvent bien servir des demandes » pour soi-même ? Pourquoi prier tout court ? Pourtant, si nous prions, c’est parce qu’Il nous le demande : « Veillez et priez sans cesse » (Mt 26, 41). Le Christ prie, et Il prie aussi pour les autres (cf. Lc 22, 32). Et comme la question le rappelle bien, toute la Bible recense des prières d’intercession, de Moïse pour le Peuple aux Apôtres pour les frères.

L’auteur de la question a bien raison de pointer l’aspect « pédagogique » de la prière d’intercession. Pour être plus précis, c’est l’aspect fraternel qui est renforcé. Prier pour les autres, c’est être solidaire d’eux, exercer la Charité, la plus grande des vertus chrétiennes, et faire communauté. Dans la foi catholique, cela s’appelle la Communion des saints. Même la mort n’arrête pas la fraternité de ceux qui font Eglise ensemble.

Cette question dénote cependant une vision de Dieu qui n’a rien de chrétienne : Dieu est lointain, absent, sourd aux prières. C’est le « Dieu des philosophes » que dénonce Pascal, le Grand Horloger maçonnique. L’Histoire l’a bien montré, cette attitude finit par conduire à l’athéisme. Un Dieu qu’on ne peut pas prier, ni pour soi, ni pour les autres, c’est-à-dire avec qui on ne peut être en relation personnelle, est un Dieu inutile. Autant considérer qu’Il n’existe pas.

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Comment le Paradis peut recevoir des gens imparfaits? (7/8)

Par Réponses catholiques

7ème question : Comment le Paradis peut-il devenir un lieu parfait avec des humains non parfaits à qui les fautes ont seulement été pardonnées ? Un endroit parfait ne peut être composé de gens imparfaits, non ? Qui dit que certains ne recommenceront pas à être pécheur …. ? Et puis, imaginons que j’aille au Paradis mais pas mes enfants ou certains membres de ma famille qui me sont chers, comment puis être heureux au Paradis sachant que mes enfants brulent en Enfer pour l’éternité ? (7/8)

Encore beaucoup de gens qui brulent en Enfer, dans cette question, et encore beaucoup d’impasses – en philosophie, on dit « apories » – par manque d’intégration de la foi catholique.

Nous prenons la question à rebours, en commençant par la fin. Encore une fois, on ne sait pas si les enfants en question iront en Enfer ou non et on n’y va que dans les cas très particuliers de péchés mortels non repentis, de rupture totale, définitive et volontaire avec Dieu. Le mieux à faire pour répondre à cette partie de la question, c’est d’élever ses enfants dans la foi et une éthique vraiment chrétienne, d’être présent auprès d’eux et de prier sans cesse pour eux. Comme pour Ste Monique avec St Augustin, Dieu écoute les prières et ils n’iront pas, alors en Enfer.

Evidemment, si un père ou une mère de famille passe son temps à leur dire qu’ils y iront, ce sera plus difficile pour eux d’y échapper. La responsabilité de l’auteur de la question est donc lourde quant au salut de ses enfants.

Sur le point précédent, une fois mort, on ne peut plus pécher. La position qu’on a eue dans la vie est définitivement fixée, donc le seul secours qu’on peut avoir, c’est la Miséricorde divine, éventuellement demandée par les prières de ses proches pour soi-même. D’où l’importance de prier pour les morts.

Continuons à remonter la question. Qui a dit qu’un endroit parfait ne peut être composé de gens imparfaits ? Pas le Christ, en tous cas, puisqu’Il dit au Bon Larron, qui n’était pas parfait, et qui l’admettait volontiers, sinon il aurait eu peu de chances de se retrouver sur cette croix, « Ce soir tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 43). Le Christ ne nous demande pas d’être parfaits, Il nous dit « Ne crains pas, crois seulement » (Mc 5, 36), pour ressusciter des morts et être avec lui au Paradis.

Quant à ce que le Paradis soit composé d’humains « non parfaits à qui les fautes ont seulement été pardonnées », rappelons que le pardon du Seigneur, ce n’est pas pour rire. S’Il pardonne, Il pardonne. Il ne pardonne pas à moitié. Ajoutons que les fautes ne sont jamais insurmontables si la personne se repend et garde la foi. C’est le principe même du Purgatoire, pour atteindre la purification nécessaire pour pouvoir voir Dieu face à face dans la Béatitude qu’est le Paradis. Encore une fois, la théologie protestante, en s’amputant de la doctrine du Purgatoire, ne peut résoudre le problème qui se pose pour des personnes pécheresses, mais ayant néanmoins la foi. Les antiques Maccabées l’ont résolu en priant pour les morts dans cet état ambigu, ni tout à fait justes, ni complètement pécheurs. D’où l’importance de prier pour eux plutôt que de passer son temps à les vouer à l’Enfer.

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Peut-on éviter de se confesser?

Par Réponses catholiques

Puis je demander à Dieu de me pardonner tout mes péchés dans le secret Et ensuite demander l’absolution au prêtre ? Parce que c’est humiliant devant un homme Quand je suis devant un prêtre. J’ai pas le courage de tout lui dire mais le regret est vraiment là. Mais pas la confiance à l’humain. J’espère être compris.

On peut toujours demander directement à Dieu de pardonner les péchés, c’est même la première chose à faire. Mais, la seule manière d’être sûr d’être pardonné, c’est de se confesser. On voit l’impasse et les tourments dans lesquels se sont mis les Protestants, qui ne se confessent pas et qui ne savent jamais s’ils sont pardonnés ou non, au point d’en arriver à formuler des doctrines mortifères comme celle de la justification.

Que la confession soit humiliante, c’est possible. Mais cette position humble fait partie du processus de guérison : le pénitent exprime un vrai repentir et il verbalise son péché, la seule manière d’en prendre réellement conscience et de pouvoir vraiment en sortir.

Tous les psy le savent : ce qui ne ‘exprime pas s’imprime et la verbalisation est le meilleur moyen de réellement sortir de son malaise, de guérir et d’avancer dans la vie. La confession auriculaire joue un peu sur le même ressort.

Le fait de parler à quelqu’un permet d’avoir un retour, un conseil, un point de vue sur un aspect qu’on n’avait pas détecté etc. Le confesseur n’est pas là pour juger, il est là pour donner le pardon au nom du Christ, à condition que la faute soit reconnue et que le repentir soit sincère. La pénitence qu’il donne permet de poser un acte concret pour réparer la faute si possible, et en tous cas pour avancer.

Nous rappelons que le courage est une vertu, la vertu de force. « J’ai pas le courage », c’est déjà un vice, nous sommes bien obligés de le dire en vérité. C’est peut-être compréhensible sur le plan humain, mais c’est tout de même une ruse de l’Adversaire pour empêcher la personne de sortir de son péché et d’être vraiment pardonnée.

Plus grave encore, que signifie « j’ai pas confiance en l’humain » ? L’auteur de la question est catholique ou il ne l’est pas ? Le confesseur est prêtre, oui ou non ? Et s’il est prêtre, est-il l’alter Christus, « un autre Christ », oui ou non ? Et si non, que valent l’Eucharistie qu’il célèbre en tant que « autre Christ », ainsi que les autres sacrements ? Ne pas avoir « confiance en l’humain », au bout du bout, c’est ne pas croire dans le Christ qui a établi ses apôtres pour pardonner les péchés en son Nom : « A quiconque vous remettrez les péchés, ils sont remis; et à quiconque vous les retiendrez, ils sont retenus. » leur dit-Il (Jn 20, 23). C’est donc un reniement très grave et nous suggérons vivement à l’auteur de la question de s’en confesser de toute urgence.

Il pourra alors faire une vraie expérience spirituelle de guérison intérieure, de consolation et de grâces, pour avoir eu le courage d’une vraie démarche pour recevoir le pardon du Seigneur. Nous pouvons en témoigner à chaque fois que nous nous confessons.

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Psychanalyse, lecture typologique et Péché originel

Par Réponses catholiques

Je ne comprends pas bien le texte de votre réponse “Comment justifier le Péché originel ? (1/8)” D’où tenez-vous qu’Adam et Eve sont des archétypes ? Disputatio : Sur un plan physique, le Professeur Lejeune se faisait fort de démontrer par la génétique que l’homme descend d’un couple originel. Sur un plan théologique, où trouve-t-on cette affirmation dans le Magistère et dans la tradition ? Il y aurait donc la faute d’une Eve archétype, auquel aurait succédé le “fiat” d’une sainte Vierge Marie bien déterminée ? Bizarre. Par ailleurs, parler d’archétype pour Adam et Eve pourrait conduire à relativiser la gravité de la faute, voire même l’existence de cette faute. Dès le départ le genre humain serait par nature enclin à faire le mal (c’est ce que sous-entend votre exemple de la malignité des bébés ou des blessures in utero). Pour moi il y a bien eu une Faute réelle, commise par la première femme puis par le premier homme, qui ont délibérément fait mauvais usage de leur liberté, alors qu’ils vivaient dans la proximité de leur Créateur. La punition a été aussi terrible que celle des anges, terrible parce qu’à proportion de la qualité de l’Offensé. Mais à une différence près : L’Homme vit dans le temps et procrée, transmettant automatiquement la Tâche. Les anges sont dans l’éternité et leur état est définitivement fixé par leur choix. En conclusion, comment justifier le Péché originel ? Par le risque inhérent à la création par amour gratuit d’êtres spirituels doués de volonté libre. Par la gravité de l’offense faite quand cette liberté n’a pas été correctement utilisée. PS : L’argument de la psychanalyse me répugne : comme chrétien, je n’ai pas besoin d’elle pour savoir que je suis né blessé. Par ailleurs j’estime que la psychanalyse est avilissante pour l’homme.

Il y a beaucoup de thèmes abordés dans cette question, qui est plutôt un commentaire. Nous jugeons plus pertinent de répondre point par point au fil du texte pour que le lecteur s’y retrouve.

D’où tenez-vous qu’Adam et Eve sont des archétypes ? Disputatio : Sur un plan physique, le Professeur Lejeune se faisait fort de démontrer par la génétique que l’homme descend d’un couple originel.

Oui, enfin, l’a-t-il vraiment fait ? Et si oui, quelles sont les sources, que nous serions ravis de découvrir ? Car, pour autant que nous sachions, on ne peut pas dire que le Pr Lejeune soit très connu pour cela et ce n’est certainement pas sa principale contribution à la science, pas plus qu’à la bioéthique. Cf., par exemple, l’émission “Au plus petit d’entre les miens” sur KTO le 19/8/20.

Sur un plan théologique, où trouve-t-on cette affirmation dans le Magistère et dans la tradition ? Il y aurait donc la faute d’une Eve archétype, auquel aurait succédé le “fiat” d’une sainte Vierge Marie bien déterminée ? Bizarre.

La lecture dite typologique est très courante en exégèse. Un personnage de la Bible est vu comme la préfiguration d’un autre et on a donc un « type », qui se retrouve à plusieurs moments de l’Ecriture. Nous avons évoqué dans une question récente Melchisédek, qui serait une préfiguration, donc un « type » du Christ prêtre et roi. Ou encore l’Arche de Noé préfiguration du salut. Un autre exemple très connu est le sacrifice d’Isaac, préfiguration de celui du Christ, et donc Isaac étant un « type » christique. On pourrait multiplier les cas. Et qu’Eve soit une préfiguration de la Vierge, c’est une évidence dans la Tradition, puisque Marie est appelée la « Nouvelle Eve ». C’est bien que l’une est l’archétype de l’autre. Ou l’autre la post-figuration de la première.

Pour une lecture de l’Ecriture fidèle à l’Eglise, le lecteur pourra s’appuyer sur le texte de la Commission biblique pontificale. Il rappelle que la seule interprétation de la Bible à rejeter dans la foi catholique, c’est la lecture littéraliste des textes. Cf. https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_doc_index_fr.htm

Par ailleurs, parler d’archétype pour Adam et Eve pourrait conduire à relativiser la gravité de la faute, voire même l’existence de cette faute.

Pourquoi ? Où avons-nous dit qu’il n’y a pas faute ? Cette assertion est sans fondement.

 Dès le départ le genre humain serait par nature enclin à faire le mal (c’est ce que sous-entend votre exemple de la malignité des bébés ou des blessures in utero).

Oui, c’est bien cela le Péché originel. Sauf que ce n’est pas par nature, c’est par suite de son adhésion au Mal.

Pour moi il y a bien eu une Faute réelle, commise par la première femme puis par le premier homme, qui ont délibérément fait mauvais usage de leur liberté, alors qu’ils vivaient dans la proximité de leur Créateur. La punition a été aussi terrible que celle des anges, terrible parce qu’à proportion de la qualité de l’Offensé. Mais à une différence près : L’Homme vit dans le temps et procrée, transmettant automatiquement la Tâche.

Plus personne de sérieux ne parle de transmission par procréation, thèse fondée sur une interprétation erronée de la pensée de St Augustin. Le Péché originel se transmet mais ça n’a rien à voir avec la procréation. Un enfant né par PMA n’est pas plus épargné qu’un autre.

Les anges sont dans l’éternité et leur état est définitivement fixé par leur choix. En conclusion, comment justifier le Péché originel ? Par le risque inhérent à la création par amour gratuit d’êtres spirituels doués de volonté libre. Par la gravité de l’offense faite quand cette liberté n’a pas été correctement utilisée.

Oui, certes. C’est le cas pour quiconque pèche à n’importe quelle époque.

PS : L’argument de la psychanalyse me répugne : comme chrétien, je n’ai pas besoin d’elle pour savoir que je suis né blessé. Par ailleurs j’estime que la psychanalyse est avilissante pour l’homme.

Cette affirmation mettrait peut-être en joie un psychanalyste, qui voudrait creuser un peu l’emploi de termes aussi agressifs. Mais elle laisse de marbre un théologien, La théologie est une science sérieuse, et on n’est pas dans le « j’aime / j’aime pas » des opinions personnelles, mais dans un travail rigoureux.

Ceci dit, nous ne cherchons pas spécialement à défendre la psychanalyse, ce n’est pas notre propos. Nous avons simplement illustré dans notre article https://www.reponses-catholiques.fr/comment-justifier-le-peche-originel-1-8/ que la psychanalyse exprime avec un langage et des concepts très différents de la théologie des idées qui peuvent étayer la doctrine du Péché originel. Et que la plupart des gens, qui sont tout à fait prêts à adhérer au discours psychanalytique, ne sont, par conséquent, pas cohérents en rejetant les vérités de l’Eglise sur le même sujet.

Quant à ne pas en avoir besoin comme chrétien peut-être. Mais un théologien qui doit annoncer la foi catholique, lui, doit en connaitre un minimum. La psychanalyse est une branche de la philosophie et un diplôme canonique de théologie comprend 2 ans de philosophie, dont au moins un cours sur Freud ou un autre grand auteur (Jung, Lacan etc). Le Pape Benoît XVI a même ajouté un an pour permettre aux prêtres et théologiens d’être mieux formés en philosophie et sciences humaines. Le Pape François a confirmé cette tendance dans les formations des séminaires.

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Donner à son enfant un nom de l’Ancien Testament?

Par Réponses catholiques

J’ai appelé mon fils “Samuel”, comme le Samuel de l’ancien testament. Peut-on dire “saint Samuel”? Ma compréhension est qu’étant de la période avant la venue du Christ, on ne peut pas parler de “saint Samuel”. Or, sur le site de la CEF, on peut lire : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/1709/Saint-Samuel.html “Site de la Bible liturgique Commémoraison de saint Samuel, prophète, vers 1030 avant le Christ. Tout jeune enfant, il fut appelé par Dieu, puis exerça les fonctions de juge en Israël; sur l’ordre de Dieu, il donna l’onction à Saül comme roi sur le peuple, mais par la suite, quand Dieu eut rejeté Saül en raison de son infidélité, il donna l’onction royale à David, qui fut l’ancêtre du Christ. Martyrologe romain.

C’est bien de ce Samuel-là dont il est question. Les patriarches (et matriarches), prophètes et deux rois de l’Ancien Testament et au moins une reine, Esther, ou encore d’autres personnages comme Judith sont en effet considérés comme des saints par l’Eglise catholique. C’est le cas d’Abraham, de Moïse, de David ou Salomon, par exemple. Ils ont même normalement une date de fête, même si elle est rarement effectivement célébrée.

Le cas le plus marquant reste celui d’Elie. Ce prophète de l’Ancien Testament est considéré comme le fondateur de l’Ordre du Carmel, qui est né au moment des croisades sur le Mont Carmel, où Elie avait effectué le sacrifice contre les prophètes de Baal (1 Rois 18, 1-46). Il est bien vénéré au sein de la famille carmélitaine, hommes et femmes, comme « St Elie ».

Donc c’est une très bonne chose que d’appeler son enfant « Samuel », sachant que l’Eglise demande à des parents catholiques de donner le nom d’un saint patron – ou au moins un dérivé – à leur enfant, plutôt qu’un des prénoms extravagants qui pullulent de nos jours. Avec la Bible en plus du martyrologe des saints chrétiens ensuite, les idées de prénoms sont inépuisables.

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Dieu a-t-Il raté sa Création et est-ce de sa faute? (6/8)

Par Réponses catholiques

6ème Question : Il est écrit dans la Bible qu’aucun homme n’est juste (Romains 3 :10, Ecclésiaste 7 :20 ; Psaume 14 :3). Aucun homme, même pas un. Par conséquent tous sont destinés à l’enfer. Grâce au sacrifice de Jésus, ceux qui croient et vivent en Jésus Christ pourront accéder – sous conditions certes- à la vie éternelle. Cela signifie que sans Jésus, toute la création de Dieu était destinée à l’Enfer. Sans JESUS, nous n’avons rien, ou dit autrement « heureusement que Jésus est là, nous n’avons que lui ». Cependant, tout le monde ne pourra pas connaître JESUS, cela dépendra du milieu dans lequel la personne naîtra, du niveau social, de son niveau de naïveté etc… Est-ce de la faute de l’homme de ne pas être parfait ? L’homme n’est-il pas que la création imparfaite de Dieu. Dieu aurait pu le rendre parfait, n’est-ce pas ? Cela viendrait à dire que Dieu a créé l’homme, s’est rendu compte finalement qu’il n’était pas parfait. Pire, aucun ne mérite le Paradis car tous ont péché !, Donc l’homme qu’il a créé ne lui convient pas comme il l’aurait souhaité, et au lieu de s’en prendre à lui-même en se disant « mince, j’ai raté ma création, elle a dérivé pas comme je l’aurais souhaité, je vais donc rectifier… », Dieu décide finalement d’envoyer toute l’humanité souffrir la damnation dans la géhenne jusqu’à la naissance de Jésus. Ensuite à partir de l’an 0, ceux qui croiront en Jesus et vivront selon sa volonté, et seulement ceux là, car le pardon ne peut venir que de Jésus, pourront être sauvés. Donc tous les hommes et femmes nés avant l’an 0 sont tous en enfer car tous ont péché et comme Dieu est juste, il ne peut justifier le coupable. Seuls, ceux qui sont nés après Jésus Christ, pourront, sous conditions, être sauvés. Est-ce juste ? 6ème Question bis : Dieu a tout créé. Il a donc également créé le Mal par conséquent. Comment Dieu peut-il être parfait s’il a créé le mal ? (6/8)

Il y a une chose de juste dans cette question, c’est de souligner à quel point le salut offert par le Christ est une grâce imméritée et que, autrement, nous pourrions bien nous retrouver en Enfer. St Ignace de Loyola propose une méditation de ce type dans ses Exercices spirituels, retraite que nous recommandons à tout lecteur qui veut progresser dans la vie spirituelle.

Mais à part ça, la question a l’air de faire complètement l’impasse sur le péché originel et sur le fait que l’être humain a été créé bon et sans péché. Par conséquent, non, Dieu n’est pas trop stupide pour avoir loupé sa création et trop malhonnête pour admettre qu’Il s’est planté et que c’est de sa faute. La Création est « bonne », c’est ce que dit à chaque jour le récit de Genèse 1 et l’humanité est « très bonne » (Gn 1, 31). Si l’homme a péché, c’est au moins en partie par sa faute, outre la faute de l’auteur du mal (le serpent), parce qu’il est entré dans le jeu de la tentation en Gn 3.

Ensuite, la question de la damnation des personnes nées avant le Christ ou n’en n’ayant pas entendu parler tourne en boucle avec les questions précédentes. Nous avons déjà répondu qu’il est faux de dire cela en théologie catholique. Mais nous nous demandons ce que la « naïveté » vient faire là.

De même, l’auteur de la question fait aussi complètement l’impasse (mais il l’a déjà dit aux questions précédentes, donc il ne fait que se répéter) sur la responsabilité humaine. Là encore, il est faux en théologie catholique de dire que le comportement éthique et les actes des personnes ne comptent pas et que la Miséricorde de Dieu ne peut s’appliquer à qui Il veut. A un moment, si on prétend se référer à la Bible, encore faut-il la lire jusqu’au bout : quand Jésus dit au Bon Larron « Ce soir tu seras avec moi au Paradis » (Lc 23, 43), Il promet bien le salut à un pécheur repenti, qui a fait l’effort de se repentir. Puisque Jésus ne lui avait rien dit.

De plus, ce n’est pas Dieu qui « envoie toute l’humanité souffrir la damnation dans la géhenne », ce sont les damnés qui font tout pour y être envoyés en se coupant de la relation à Dieu. Car, si pécheur qu’il soit, quelqu’un qui se repend sera sauvé. Ce n’est donc effectivement pas une question de « mérite » mais tout de même de responsabilité et de choix. L’Enfer est pour ceux qui font le choix radical et définitif de refuser la grâce de Dieu.

Ajoutons qu’il ne faut pas avoir une lecture fondamentaliste de St Paul. St Joseph est décrit comme un homme « juste » (Mt 1, 19), dikaios. Donc les traductions protestantes rendant par « homme de bien » ou gommant le terme « juste » sont erronées. De même, d’autres personnages de l’Ancien Testament sont décrits comme tels (Job, par exemple), ce qui a donné dans le judaïsme actuel les « Justes parmi les Nations » qui ont sauvé des Juifs du nazisme.

Ce qui nous amène au dogme de l’Immaculée Conception : Marie est préservée du péché dès sa conception. Elle n’est pas juste par son propre mérite mais elle est justifiée par grâce dès sa vie terrestre, ce qui explique qu’elle peut monter au Ciel corps et âme sans attendre le Jugement dernier, puisque « le salaire du péché, c’est la mort » (Rm 6, 23). Le salaire de la protégée du péché, c’est donc l’inverse et l’entrée dans la vraie vie sans attendre la résurrection au Dernier Jour. Ce qui est intéressant pour nous, c’est qu’une simple femme peut nous montrer ce qu’est une personne telle que Dieu l’avait créée au départ, avant le péché originel. La Vierge est le prototype, en quelque sorte, de ce que nous devrions être dans le projet de Dieu. Elle nous montre aussi que qu’il est possible, par grâce, mais pour un simple humain, de se rapprocher de ce projet de Dieu, ce qu’on appelle la sainteté.

On le voit, cette série de questions permet de vraiment illustrer comment le refus de la doctrine catholique ne peut qu’entrainer dans des impasses. Ce n’est que par la théologie catholique qu’on peut sortir de ces contradictions.

Sur la question subsidiaire sur le Mal, nous y avons répondu plusieurs fois et renvoyons à nos articles : https://www.reponses-catholiques.fr/dieu-createur-du-mal/; https://www.reponses-catholiques.fr/dieu-peut-il-faire-le-mal/; https://www.reponses-catholiques.fr/le-bien-et-le-mal-sont-ils-comprehensibles/; https://www.reponses-catholiques.fr/dieu-la-t-il-dans-le-baba-avec-satan/ etc. Non, Dieu n’est pas le créateur du Mal. Mais Il est le créateur de la liberté. Et la liberté comporte une possibilité du Mal, sinon elle ne serait pas complète. Quant à Satan, l’auteur du Mal, l’Apocalypse 12 qu’on lit à l’Assomption montre que c’est par jalousie pour celle qui est son inverse, la Femme mère du Messie, c’est-à-dire la Vierge, qu’il fait damner l’être humain. Donc le rival, le challenger du Diable, ce n’est pas Dieu, ni même le Christ, le Diable leur est inférieur et il est déjà vaincu. Et c’est même un de ses collègues angéliques qui l’a vaincu dans le Ciel, l’archange St Michel. Non, le challenger, c’est un être humain, la Vierge Marie. Quoi qu’on pense de la réalité de ces textes bibliques, ce qu’ils nous disent, c’est qu’elle peut nous aider, par son intercession auprès du Seigneur, à le tenir loin de nous aussi.

Faire une Adoration eucharistique en différé par Internet?

Par Réponses catholiques

Il m’arrive d’adorer le St sacrement, de chez moi, en direct d’une paroisse par internet. Est-ce qu’une exposition du St-sacrement d’une “diffusion enregistrée” que j’adore de chez moi quand je veux, à n’importe quelle heure, est-il “pareil” qu’une adoration en direct ? J’espère mettre bien expliqué, merci pour votre réponse.

 Non, ce n’est pas pareil. C’est-même le contraire du sens de l’Eucharistie, sacrement dans lequel le Christ se donne à nous physiquement, au point que nous puissions le manger. Dans l’Adoration il s’agit de le voir présent face à nous. L’antithèse même du virtuel. Sinon, pourquoi ne pas se contenter d’une icône ? Fut-elle un fond d’écran d’ordinateur ?

Evidemment, il ne faut pas être trop puriste quand les circonstances l’exigent : lors du confinement, adorer via Internet a été une grande aide spirituelle pour les personnes privées de sacrements. De même, dans de grands rassemblements où la salle où l’adoration est trop petite. Des écrans dans d’autres salles permettent à plus de personnes de s’associer à la prière.

Notons tout de même que les grands rassemblements ne sont pas le propos actuellement, du fait de la crise sanitaire. A l’heure où nous écrivons, il n’y a pas de confinement en France et, à notre connaissance, peu de personnes sont confinées ailleurs. Nous ne voyons donc pas de contraintes collectives empêchant d’aller à l’Adoration eucharistique de sa paroisse. Avec la rentrée, elles vont reprendre régulièrement un peu partout.

Le fait de la faire en différé, lors d’une « diffusion enregistrée » est encore plus décalé. La Présence n’est plus réelle du tout. C’est juste un film. Comment alors justifier de ne pas passer un film datant d’il y a plusieurs années indéfiniment ? En outre, l’aspect communautaire, ecclésial, de l’Adoration, disparait complètement. La démarche est alors individualiste et consumériste. Plus grand chose de spirituel.

La question est la même que pour la messe : non, la messe à la télé, et même en Youtube, ce n’est pas la même chose que la messe à l’église. Oui, ça peut dépanner en cas de confinement ou pour les personnes âgées et malades. Mais non, une personne en bonne santé, à une proximité raisonnable, n’a aucune excuse pour ne pas se déplacer. Ou alors, qu’elle entre dans les Ordres pour avoir la Présence réelle dans la chapelle de la communauté.

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Pourquoi communier pour la vie éternelle si l’âme est immortelle?

Par Réponses catholiques

Il est dit dans l’Évangile : qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle. Mais il est dit aussi que tout être humain est doté d’une âme éternelle. Comment concilier ces deux propositions, car si tout être humain a une âme par définition éternelle, quel est le sens de la première proposition ?

Oui, les deux propositions sont vraies. Tout être humain a une âme immortelle (et non éternelle : elle a un commencement alors que quelque chose d’éternel n’a ni commencement ni fin). Mais un homme n’est pas un « pur esprit », selon l’expression classique. Ce n’est pas un ange et il a un corps.

Par conséquent, avoir la vie éternelle, c’est avoir la vie avec un corps. C’est pourquoi la foi chrétienne proclame la résurrection des corps (ou « de la chair »). Qu’une âme soit immortelle, la première religion venue l’annonce. Que nous ressusciterons corps et âme, c’est bien la spécificité de la foi chrétienne, à la suite de la foi juive qui est exprimée dans le Deuxième livre des Maccabées ou le Livre de Daniel (IIe siècle av. J.-C.).

Et c’est bien par le corps, physiquement, que passe l’Eucharistie, un Dieu qui s’est fait corps et qui se donne à notre corps.

Une âme immortelle, ce n’est pas la vie. La vie nait dans le monde physique, les bactéries, les lichens, les animaux, et les hommes. Toute spiritualisation à outrance de ce qu’est l’humanité est une hérésie bien connue des théologiens. On la retrouve chez les gnostiques du IIe siècle, les Cathares… Et les transhumanistes actuels qui nient la dignité de la personne humaine.

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Les époux restent-ils mariés dans l’au-delà?

Par Réponses catholiques

Que deviennent les mariés après leur mort. Je me demande ce qu’il se passe lorsque l’un part avant l’autre, et lorsqu’ils se retrouvent auprès du Père. Ont-ils une relation privilégiée ? Intime ? Vivent-ils en couple dans les cieux ? Leurs âmes sont-elles liées…? Etc etc.

Non. Le sacrement du mariage n’est pas, contrairement au Baptême, à la Confirmation ou à l’Ordination, un sacrement définitif. La formule traditionnelle le rendait bien, ils se marient « jusqu’à ce que la mort vous sépare ». On n’est donc plus marié dans l’au-delà.

Le Christ le dit clairement dans sa controverse avec les sadducéens en Mc 12, 18-27. Ceux-ci veulent piéger Jésus en lui demandant, si une femme épouse successivement sept frères et n’a d’enfants d’aucun, duquel elle sera l’épouse à la résurrection. Jésus répond que « Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. » (verset 25). Donc, c’est sans ambigüité : non seulement on n’est plus marié mais on n’a plus de relations sexuelles.

Que les époux aient alors des liens d’affection privilégiée, c’est possible mais personne n’en sait rien. La Bible et l’Eglise sont muettes sur les relations entre les personnes ressuscitées, elles ne parlent – très laconiquement – que des rapports entre chacun et Dieu. Et l’Eglise nous encourage à ne pas spéculer de façon hasardeuse sur l’au-delà, sans l’appui de ce qui est vraiment dit, mais seulement ce qui est dit, dans l’Ecriture et la Tradition. C’est comme cela que des dérives ésotériques et des hérésies démarrent.

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Dieu peut-Il pardonner d’avoir raté sa vie?

Par Réponses catholiques

J’ai 71 ans et je réfléchis beaucoup actuellement à ma vie écoulée. Je pense que je n’ai pas fait ce que Dieu attendait de moi et que je me suis trompée de route. Petite j’étais très calme, aimant lire, dessiner, avec beaucoup d’imagination. Je voulais être écrivain, et vivre un peu comme une nonne. J’aimais les Soeurs qui m’éduquaient, j’aimais la messe, l’église, la religion. Je me suis toujours sentie comme une extra terrestre parmi les autres. Pourtant, en réalité je me suis mariée par facilité puis j’ai divorcé, j’ai longuement vécu avec un homme avant de finir par en épouser un autre. J’ai eu deux enfants. J’ai vécu dans le monde et comme le monde. Aujourd’hui que le terme se rapproche je regrette de n’avoir pas vécu une autre vie plus pieuse, plus solitaire. Je n’ai peur ni de la vieillesse ni de la mort. Au contraire. Je sais depuis toujours que nous sommes de passage sur terre. J’aime le Bon Dieu de tout mon coeur mais je suis si triste d’avoir vécu dans le monde et pour le monde plutôt que de lui consacrer mon coeur que je culpabilise. En même temps je suis engagée dans une famille et ne peux pas tout envoyer promener ! Dieu peut il accepter qu’on se trompe de chemin ? Et nous pardonner

10% des Français affirment, selon un sondage, avoir pensé entrer dans les ordres, alors qu’il y a bien moins de 10% qui sont catholiques pratiquants. C’est l’indice que l’idée traverse beaucoup de monde, mais qu’elle n’est pas toujours si solide que cela. Car, la vie consacrée est une réponse à un appel du Seigneur, pas un choix personnel sans en référer à qui que ce soit. Et quand le Seigneur appelle à la vie consacrée, Il ne lâche pas l’affaire comme cela et c’est ce qui permet de discerner un véritable appel d’une vague idée : le fait que l’entrée dans les ordres se fasse effectivement. C’est ainsi que la Bible permet de reconnaitre une vraie prophétie d’une fausse : la vraie se réalise. Autrement dit, si la lectrice avait vraiment été appelée par Dieu, elle aurait choisi la vie consacrée à un moment ou un autre.

Ensuite, le sentiment de culpabilité ne vient jamais du Bon esprit. Qu’on se repente de ses fautes, oui, et la lectrice en a sûrement fait, en particulier dans sa vie affective. Mais là, pourquoi culpabiliser ? La plupart des gens se marient et fondent une famille, il n’y a aucun mal à cela, le mariage est d’ailleurs un Sacrement, parce qu’il est saint et voulu par Dieu. Donner la vie également. Comment culpabiliser d’avoir eu des enfants ? Grâce à la lectrice, deux personnes ont eu accès à la vie et ont pu peut-être la transmettre aussi. Croître et multiplier est même un commandement divin dans le premier chapitre de la Genèse. Donc, qui peut dire qu’elle s’est trompée et ce qu’aurait été sa vie si elle avait fait d’autres choix ? Le diable, Satan, c’est l’Accusateur, dans la Bible, l’Adversaire, le Diviseur. C’est toujours lui qui susurre qu’on n’est pas à la hauteur, qu’on a mal fait ceci ou cela.

Bien sûr, chacun peut progresser dans la vie spirituelle, en s’examinant pour identifier ses péchés – les vrais – et en demandant pardon au Seigneur. Simultanément, en s’engageant dans une vie de prière plus ferme et, pour cela, il n’est jamais trop tard. Cela demande parfois un certain mûrissement et l’arrivée de la vieillesse est effectivement propice pour cette prise de conscience. Que la lectrice prenne la ferme décision d’aller régulièrement à la messe – pourquoi pas en semaine en plus du dimanche – de prier tous les jours à partir d’un texte de la Bible et/ou le chapelet, de s’engager dans sa paroisse, de fréquenter un groupe de prière. Et qu’elle s’y tienne. Si son goût pour les ordres consacrés est toujours vif, pourquoi ne rejoindrait-elle pas un Tiers-ordre ou les diverses associations que certaines congrégations religieuses proposent à leurs amies et sympathisantes ? Il n’y a pas d’âge pour le faire.

Le Christ offre son salut autant aux Ouvriers de la onzième heure qu’à ceux de la première. Et la Bible nous montre qu’au milieu des méandres de parcours chahutés, le Salut de Dieu se fraie toujours un chemin pour atteindre celui qui le cherche. Le Bon Pasteur est celui qui va chercher sa brebis.

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Est-il plus difficile de sauver quelqu’un que le sacrifice du Christ? (5/8)

Par Réponses catholiques

5ème Question : Jésus a sacrifié sa vie pour nous sauver des pêchés, c’est le second principe le plus important de la Bible après l’existence de Dieu : la propitiation = le sacrifice pour le compte du coupable. Mais Jésus savait qu’il ressusciterait donc il ne nous a pas vraiment donné sa vie ? Il a souffert sur la croix, c’est indéniable certes, mais la vie qu’il nous a donnée en échange d’effacer tous les péchés du monde, il l’a reprise 3 jours après. Le sacrifice n’est pas le même. La mort de Jésus Christ est le plus grand sacrifice qui soit puisque ce sacrifice permet d’effacer la dette de péchés de l’humanité toute entière mais sans vouloir porter un quelconque blasphème (je cherche juste à comprendre), en quoi ce sacrifice est-il plus fort qu’un homme qui sacrifie sa vie pour sauver par exemple quelqu’un de la noyade ou d’un incendie… L’homme qui meurt, meurt et ne ressuscite pas. En tout cas il ne sait pas comme Jésus ce qu’il y a après la mort ….. C’est beaucoup plus dur. (5/8)

Le Talmud, en référence au prophète Isaïe écrit que « Qui sauve un homme sauve l’Univers entier ». En ce sens, donner sa vie pour sauver une personne est un geste éminemment christique. La nuance avec le cas de quelqu’un qui porte secours à un noyé, c’est qu’il espère réussir et se sauver, ainsi que le noyé. Son geste n’a de sens que s’il a plus de chance de réussir que l’inverse. Dans le cas du Christ, il sait qu’il ne pourra pas s’en sortir et « donne » totalement sa vie. Certains ont pu l’imiter. St Maximilien Kolbe, que nous fêtons en août, a donné sa vie pour en sauver une autre, puisqu’il a été condamné à mourir de faim à la place de l’homme qu’il s’était proposé de remplacer. Sauf miracle, il était sûr de mourir. C’est bien (entre autres) pour ce geste, qui rappelle celui du Christ, qu’il a été canonisé. Mais en plus, le Christ, par son sacrifice, sauve toute l’humanité, pas une seule personne ou quelques unes. Et il sauve les coupables autant que les innocents condamnés injustement.

Savoir ce que Jésus savait exactement sur sa divinité est très discuté entre théologiens. Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/jesus-sait-il-quil-est-dieu/. Selon plusieurs théologiens, si l’on prend au sérieux qu’Il est vrai homme, il avait les mêmes incertitudes et les mêmes peurs que tout homme. Autrement, Il aurait simplement surfé sur son humanité. Affirmer cela est une hérésie depuis les Nestoriens et les monophysites. Comment, à ce moment-là, pourrait-on expliquer la Tentation au désert, les angoisses de Gethsémani et le « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » de la Croix ?

En revanche, Jésus avait une foi totale et des intuitions claires de sa divinité. C’est bien ce qu’Il propose à tout homme et c’est ce à quoi arrivent les plus grands mystiques : Ste Thérèse d’Avila pouvait ressentir la Trinité habiter en elle. De plus, Jésus avait foi en la résurrection mais comme tous les Juifs pieux depuis au moins le IIe siècle avant Jésus-Christ : depuis le Livre de Daniel et le Deuxième livre des Maccabées écrits à ce moment-là, certains courants du judaïsme croyaient clairement en la résurrection des corps. Pas tous, dans les controverses entre Jésus, puis St Paul, et les Saducéens, on voit que ces derniers n’y croient pas. Mais les Pharisiens y croyaient et Ste Marthe le dit à Jésus lors de la résurrection de Lazare : « Marthe reprit : ‘Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.’» (Jn 11, 24). C’est donc l’indice que cette croyance était répandue au-delà des cercles des docteurs de la Loi.

Donc quelqu’un qui a la foi croit qu’il ressuscitera, c’est ce que nous récitons tous les dimanches dans le Credo. On ne peut avoir de certitude pour soi-même car nous sommes pécheurs, mais tout comme Jésus, c’est bien notre espérance. Nous savons que la résurrection existe et qu’il y a « quelque chose après la mort » autant que lui. A nous d’approfondir notre foi et de nous préparer à ne pas être surpris par la mort pour agir en conséquence vis-à-vis de nos frères et nous tenir prêts.

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Comment témoigner de ce qui se passe après la mort?

Par Réponses catholiques

Comment répondre efficacement à ceux qui prétendent qu’on ne sait pas avec exactitude ce qui se passe après la mort ?

Ils n’ont pas tout à fait tort sur un point : on n’en sait pas grand-chose et l’Eglise invite à ne pas trop spéculer sur les détails, plutôt que de dire n’importe quoi. Ce qu’on sait, c’est que nous ressusciterons corps et âme et que la justice divine s’exercera : ceux qui se sont volontairement et définitivement coupés de Dieu verront cet état fixé pour l’éternité. Ceux qui ont cru verront Dieu face à face, éventuellement après une phase de purification s’ils ne sont pas encore prêts.

Que nous ressuscitions, deux arguments permettent de l’affirmer :

  • L’Ecriture le dit, dès l’Ancien Testament : le Livre de Daniel et le Deuxième livre des Maccabées attestent au IIe siècle avant Jésus-Christ de la résurrection des corps et d’une rétribution après la mort – punition pour les méchants et vie éternelle pour les justes. Jésus témoigne à plusieurs reprises de sa foi en la résurrection et en un jugement dernier, par exemple en Marc 12, 18-27 dans sa controverse avec les Sadducéens qui n’y croyaient pas, ou en Mathieu 25 sur le jugement dernier. Donc, croire en Jésus, c’est croire en la résurrection puisque lui-même y croit
  • Ensuite, ce que la Bible annonçait est devenu une réalité avec le Christ. Il est ressuscité, les témoins l’ont vu et lui ont parlé.

Par conséquent, on sait au moins qu’on ressuscite après la mort et qu’il y a un jugement. Bien sûr, quelqu’un pourra dire que ces arguments ne prouvent rien. Mais alors, cela veut dire que cette personne remet en cause la Parole de Dieu dans la Bible, les paroles du Christ lui-même et le témoignage des disciples. On glisse sur une autre question : il ne s’agit pas de savoir ce que l’on sait de la vie après la mort mais de savoir si Jésus est bien le Christ ou non. C’est une toute autre question. Le philosophe Blaise Pascal y répond par les prophéties et les miracles, c’est-à-dire que l’Ancien Testament annonce le Christ et le Nouveau illustre son action qui sauve. C’est exactement ce qui se passe pour la Résurrection : Daniel et 2 Maccabées l’annoncent, les Evangiles la montrent.

Si ce sont les prophéties et les miracles, c’est-à-dire la Bible, qui sont les meilleurs arguments pour croire au Christ, quelqu’un pourra toujours objecter, encore une fois, que cela ne prouve rien. Mais alors la Bible n’est pas la Parole de Dieu et quand Dieu y parle, Il ment. Du coup, quand Dieu annonce qu’Il rétablira la justice et qu’Il sauvera son serviteur, Il ment. Qu’est-ce qu’un Dieu qui n’est pas juste, n’est pas bon et qui ne peut sauver ses fidèles ? Ce n’est pas Dieu. Qu’est-ce qu’un Dieu qui est arrêté par la mort ? C’est un dieu qui trouve plus puissant que lui, la mort. Donc Il n’est pas tout-puissant et ce n’est pas Dieu.

L’argument existe déjà chez les rabbins au début du christianisme : si Dieu ne peut surmonter la mort en recréant la vie du croyant, cela pose une limite à sa puissance et ce ne peut être le vrai Dieu. Donc Il a forcément la capacité de ressusciter les morts.

Ou alors, c’est qu’Il n’existe pas. On n’est plus, à ce moment-là, sur la question de l’au-delà mais sur celle de l’existence de Dieu. Nous renvoyons nos lecteurs à tous nos articles sur ce sujet. Bref, ne pas croire à la résurrection, c’est être, dans le fond, athée.

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Le Christ peut-il s’incarner en animal pour le salut des animaux?

Par Réponses catholiques

D’avance je m’excuse pour ma question qui peut vous paraître très peu respectueuse, très provocatrice. En aucun cas néanmoins je ne cherche à offenser quiconque, je ne suis mû que par l’intérêt, l’amour et la volonté de comprendre Dieu. Ma question est la suivante: Dieu qui aime les hommes s’est incarné en Jésus pour nous sauver. Dieu qui aime toute la création peut-il s’être incarné en un animal, le plus insignifiant soit-il, pour les sauver de même ? Si non pourquoi ? Les animaux n’auraient-ils pas besoin d’être sauvés car ne commettant pas de péchés ?

Il y a trois points à retenir dans notre réponse. Tout d’abord, c’est l’être humain qui est créé à l’image de Dieu (Gn 1, 26) et aucun autre être. Donc l’incarnation du Christ est l’incarnation de Dieu dans son image. Elle n’est pas faite au hasard.

Deuxièmement, effectivement, c’est l’homme qui a péché, pas les animaux. Ils n’ont pas besoin de « salut » au sens spirituel du terme puisqu’ils n’ont aucun risque de damnation.

Enfin, l’Incarnation du Christ, sa mort et sa résurrection sont aussi une forme de sauvegarde pour toute la Création, donc y compris pour les animaux. C’est dit clairement dans l’Epître de St Paul aux Romains : « En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. » (Rm 8, 20-23). De même, l’Apocalypse parle de « cieux nouveaux et une nouvelle terre » (Ap 21, 1), ce qui suppose tous les êtres qui y sont. Donc le salut par le Christ bénéficie à tout le cosmos, même si ce n’est pas dans les mêmes modalités spirituelles que pour l’homme.

Cela ne sort pas de nulle part. L’épisode de l’Arche de Noé montre comment Dieu donne la responsabilité à l’homme, d’organiser la sauvergarde de tous les êtres vivants, sans se limiter à se sauver lui-même du péché généralisé qui régnait sur la terre. C’est une préfiguration du salut donné par le Christ.

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Peut-on devenir essénien?

Par Réponses catholiques

Je suis en chemin de me trouver et je regarde toutes mes possibilités. Je me demandais ce que vous pensez des “esséniens'”. Est-ce que ce secteur serait à  l’encontre de notre Seigneur Dieu? Est une autre branche très différente de l’Eglise catholique puisqu’ils parlent aussi de Jésus.

Il y a deux aspects hautement problématiques dans cette question. D’une part, la foi ne consiste pas à « se trouver » en « regardant toutes ses possibilités » mais à trouver Dieu et faire sa volonté. Ce n’est en rien une technique de développement personnel. C’est rencontrer Quelqu’un de plus grand que moi, qui m’a donné la vie et qui me donnera le Salut, maintenant et à l’heure de ma mort.

Du coup, en matière de foi, je ne choisis pas en fonction de « mes possibilités », comme si j’achetais une bagnole. Je me convertis à la Parole de Dieu, je l’écoute et je la mets en œuvre. Si je rencontre le Christ et que je décide de croire en Lui, je le suis et je conforme ma vie à ce qu’Il est et ce qu’Il dit. Il n’y a pas à « se trouver » et regarder « des possibilités » comme si on changeait de forfait de téléphone. Suivre le Christ, c’est Le suivre uniquement Lui car, autrement, on tombe dans l’idolâtrie et on adore plusieurs dieux, ce qui est le péché le plus grave pour un croyant.

Si je suis catholique, je ne suis pas autre chose et je n’ai rien à avoir à faire avec les autres églises, les sectes et autres spiritualités. On est catholique ou on ne l’est pas, c’est exclusif de tout le reste. Donc il n’y a certainement pas l’ombre d’un essénien dans le catholicisme et tous ceux qui parlent de Jésus ne sont pas forcément catholiques. C’est le cas de toutes les églises protestantes. On ne peut pas être les deux à la fois.

Par ailleurs, lorsque nous disons qu’ « il n’y a pas l’ombre d’un essénien », ce n’est pas que dans le catholicisme. C’est où que ce soit, et pour cause. Les Esséniens étaient un courant dissident du judaïsme, extrêmement rigoriste, fermé et en rupture avec les autres Juifs, en particulier le Temple de Jérusalem. Selon de nombreux chercheurs, leur base principale était Qumran et les fameux Manuscrits de la Mer Morte contiennent leurs écrits. Ils ont été exterminés au moment de la guerre de 70 ap. J.-C., quand le Temple de Jérusalem a été détruit. Ils ont donc complètement disparu depuis 2000 ans. En outre, comme ils étaient en conflit avec le reste des Juifs, d’éventuels survivants n’ont jamais pu se réorganiser face au judaïsme rabbinique, le seul qui a réussi à émerger après la catastrophe de 70 et la chute du Temple.

Par conséquent, si le lecteur a rencontré des gens se prétendant « esséniens », ce sont des charlatans cherchant à attirer le gogo dans une entreprise sectaire. Nous avons vu trainer sur Internet des sites de prétendus esséniens. Ce sont des mythomanes qui ont trop joué à des jeux vidéo esotérico-machin chose, qu’il ne faut certainement pas prendre au sérieux. Pourquoi nous pouvons nous permettre de dire cela ? Parce que, comme nous venons de l’expliquer, on a des éléments historiques expliquant comment les Esséniens ont disparu, on connait tout de même un peu leur doctrine et que ça n’a rien à voir avec le gloubi-boulga qu’on trouve sur Internet. Par exemple, les « rondes d’Archanges » n’ont rien à voir, mais alors rien, avec les rituels esséniens. Et comme disait le grand Blaise Pascal, autrement plus sérieux en matière de spiritualité, « Qui veut faire l’ange fait la bête ».

Ajoutons que les Esséniens, les vrais, étaient des Juifs extrêmement pieux, ayant une approche très rigoriste de la Torah. De nos jours, on dirait des ultra-orthodoxes. Ils considéraient tous ceux qui n’étaient pas de leur secte comme des impies, même les Juifs, alors ne parlons pas des Gentils (non-juifs). Ils ne parlaient absolument pas de Jésus, bien qu’ils aient vécu en partie à la même époque et leur doctrine s’opposait frontalement à plusieurs points de celle de Jésus. En particulier sur leur observance extrémiste des règles de pureté, à l’inverse de ce que prêche Jésus. De même, Jésus accueillait les pécheurs et les Esséniens excluaient les moindres fautifs pour des peccadilles.

Enfin, ils ne rigolaient pas du tout avec le respect de la judéité de leurs membres. Donc, quiconque n’est pas juif ne peut certainement pas devenir essénien. Ceux qui prétendraient le contraire sont des imposteurs. Bref, à fuir absolument.

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