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Hier — 13 juillet 2020Réponses catholiques

Défendons-nous Marx?

Par Réponses catholiques

Vous semblez défendre Marx. Pourquoi ? Avez-vous lu “Le livre noir du communisme” ? Vous vous convaincrez définitivement du caractère foncièrement néfaste, nocif, répugnant, et pour tout dire, sataniste, du communisme… et de ceux qui l’ont prêché. Le nombre de morts, les tortures aussi bien psychologiques que physiques, la perversité du système, l’organisation de la culture de la haine et de la délation, ne laissant plus aucun repos aux esprits sans cesse aux abois, à se dire : quand serai-je dénoncé à mon tour ? Quand vont-ils venir me chercher ? Un tel système est par définition sataniste. Il prétend prêcher la parole du juste, et en fait, il emprisonne le peuple, tout un peuple, dans une immense prison à ciel ouvert. Ce système prend le pouvoir par la terreur et ne peut se maintenir, étant donné ce qu’il est, que par la terreur, un cycle répressif et totalitaire d’une cruauté et d’une inhumanité sans faille puisqu’il a pu se maintenir pendant plus de 70 ans et qu’il se maintient encore par un artifice d’ouverture alors qu’à l’intérieur, toutes les séquelles de ce Mal personnifié sont toujours présentes, actives, souterraines, ne demandant qu’à rebondir s’il le faut. La Bête n’est pas morte, elle somnole. Voilà ce qu’est le communisme, Marx, Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot et tous les autres tyrans, que la médiocrité et la frustration a poussés au poste de commande le plus haut, permettant l’horreur inouïe. Marx, sataniste ? Quelle question ! Bien sûr qu’il l’est. Il l’est rien que pour avoir pondu son manifeste, avec l’aide de quelques-uns, aussi néfastes que lui, de ceux qui se disent juifs et qui ne le sont pas, et qui appartiennent à la synagogue de Satan. Et comme le dit Jésus, “Vous les reconnaîtrez à leurs oeuvres”. Quelles sont les oeuvres des communistes ? L’une d’elles par exemple, est la famine avec la confiscation des terres et des semences. Elle coûta la vie à des millions de paysans dont Lénine se réjouit. Staline plus tard, employa la même méthode. Il y a pire, que peut-il arriver de pire que de pousser à une mort par la faim, qui est une torture, des millions de personnes ? Ce qu’il peut y avoir de pire tient en quelques mots ou un seul, il ne s’agit pas seulement de tuer effectivement mais d’avilir. La famine conduisit des paysans à tomber dans l’anthropophagie. Ils dévorèrent des enfants, les leurs, ou des enfants qu’ils kidnappèrent. Les seuls fautifs sont ceux qui les y ont poussés, ceux qui avaient confisqué les semences notamment, qui ont étendu la pauvreté et l’abandon, les temps rigoureux et le désespoir ont fait le reste. La même chose fut pratiquée par Pol-Pot, par Mao. C’est donc apparemment en pays communiste, un mode opératoire. Comme ils disent “la fin justifie les moyens.” Qui aurait pu dire que la fin justifie les moyens, sinon un roublard comme Satan, qui prend les chemins les plus douteux pour arriver à ses fins ? Donc, oui, Marx, sataniste. Et d’abord Marx sataniste. Forcément. Toutes les autres horreurs en ont découlé. Les communistes sont en guerre contre Dieu car le verbe de Dieu libère. Beaucoup de communistes diront “je n’aime pas les animaux.” Mais c’est bien évident quand on sait qu’on appelle Création, tous les êtres vivants y compris les animaux. Ils n’aiment pas plus les beaux paysages et il convient de faire vivre l’homme dans des villes affreuses, des constructions sans âme, pour maintenir l’homme dans un état de mépris de soi, ou de détresse psychologique, de désespoir permanent. C’est pourquoi toutes les villes communistes sont sans âme, froides, immondes par leur inhumanité. Toute idée, toute originalité est bannie. On s’éloigne à ce point du jardin d’Eden, qu’on se demande s’il a jamais existé ou pu exister, s’il a pu exister un monde harmonieux. Le désespoir. Les communistes veulent que l’homme désespère, 365 jours sur 365 et 24 heures sur 24, sans répit, sous surveillance continuelle, sans joie, etc. Les récalcitrants sont envoyés au Goulag quand ils ne sont pas liquidés par centaines dans les fosses communes (on en trouve encore, et encore, et encore). Le chiffre de 150 millions de morts pour le monde communiste est donc un chiffre approximatif, et minimal. Derrière un rideau de fer, une humanité est broyée, et livrée à des tyrans sans merci. Que peut-il arriver, même à ces tyrans ? La folie. Marx, et les autres étaient au mieux des fous dangereux, au pire des affreux et répugnants sociopathes, psychopathes, des adeptes de Satan qui à l’abri de leur rideau de fer, se sont livrés à une orgie de meurtres sur des populations déboussolées, déstabilisées, un blasphème contre Dieu. En massacrant comme ils ont massacré ses brebis, ils ont commis un blasphème inexcusable à jamais contre Dieu. Les monstres ne sont pas sauvables car ils ne le veulent pas. Jésus a dit “tous ne seront pas sauvés”. Vous ne pouvez pas sauver celui qui veut se noyer à tout prix. Mais il faut avoir pitié des victimes de ces monstres. C’est des victimes qu’il faut avoir pitié et c’est à elles seules que l’on doit réserver toute l’empathie, tournant le dos définitivement aux monstres qui n’inspirent que le dégoût. Alors, oui, Marx sataniste, et ses comparses de même. On n’a même pas besoin de lire le livre de cet évangéliste pour parvenir à la même conclusion que lui, il suffit de laisser parler aussi les peuples. Allez interroger en Russie, en Chine et ailleurs. Aujourd’hui, les victimes du communisme commencent tout doucement à panser leurs blessures qui sont très profondes. Certaines n’y parviennent pas et se sont renfermées. Les gens ne peuvent tout dire car aussi longtemps qu’il subsistera une once, un gramme de communisme, il se fera sentir sur la psyché de tous et de chacun, la peur reste omniprésente, la peur de représailles toujours, de quelque chose qui va vous tomber dessus et venir vous chercher, même encore maintenant. Le traumatisme qui s’est installé depuis des décennies refuse de lâcher prise. Les Russes, les Chinois et tous les autres sont toujours prisonniers, comme si au fond de leur cerveau, il y avait un espion à la solde du communisme. Chuttt ! ne pas parler ! pas encore ! N’est-ce pas du satanisme quand on a ligoté l’homme, qu’on l’a éloigné de Dieu et qu’on a supprimé l’espoir, qu’on le menace s’il s’efforce à l’espoir, même en cachette, qu’on l’épie en permanence ? Dans un monde comme celui-là, on ne crée plus. Car l’esprit prisonnier tourne en rond. Tout ce que ces pays ont pu produire, ils ne l’ont pu que par l’espionnage dans le monde libre. Qu’on le veuille ou non, c’est la vérité. Elle tient à la psyché, une psyché paralysée par la peur, tenaillée par l’attente du moment où on va venir chercher, pour emmener dans un endroit glauque, d’où on ne revient jamais. Ces pays communistes sont l’Enfer sur Terre. Leurs peuples, des prisonniers à vie sans avoir commis un seul crime que celui d’être des peuples qui à l’origine croyaient en Dieu et qui voudront un jour se libérer.

Difficile de répondre face à une litanie aussi longue, confuse à nos yeux, et qui comporte plusieurs questions. De ce que nous croyons comprendre, il nous est reproché de « défendre Marx » et nous nous demandons où et quand nous avons pu faire cela. Ce que nous avons fait dans l’article https://www.reponses-catholiques.fr/refuter-les-erreurs-22/ et dans tous ceux qui ont suivi (15 en tout!), c’est dire que, pour réfuter un idéologue, il vaut mieux savoir ce qu’il a vraiment dit et, par conséquent, l’avoir lu. Ou, au minimum, s’appuyer sur des gens qui l’ont lu.

Ce que nous disons aussi, c’est que les mots ont un sens précis. Peut-être que le marxisme est d’inspiration diabolique, ce n’est pas le point de discussion Mais, un « sataniste », c’est quelqu’un qui rend un culte explicite à Satan. Jusqu’à preuve du contraire, Marx ne croyait ni à Dieu ni à diable donc, non, on ne peut pas dire, en toute rigueur, qu’il était à proprement parler « sataniste » (https://www.reponses-catholiques.fr/marx-et-satan-33/). Et la rigueur intellectuelle, c’est justement ce qui permet de combattre le mensonge des idéologies, le christianisme le proclame depuis qu’il existe, c’est même la devise de notre site.

Ce qui est beaucoup plus grave, c’est d’écrire que « Les monstres ne sont pas sauvables car ils ne le veulent pas. » Cette pensée, pour le coup, ne peut venir du Bon Esprit et va à l’encontre de toute la théologie catholique, cela depuis les persécutions antiques. Que personne n’est réduit à ses actes, si monstrueux soient-ils et que la rédemption est offerte à tout homme, c’est justement l’espérance chrétienne et c’est la foi qui anime tout aumônier de prison, qui croise les pires criminels.

Et justement, la réalité ne peut pas plus donner tort à l’auteur de la question que sa référence à Pol Pot. Des communistes qui sont devenus des chrétiens fervents, il y en a eu foule et les conversions au christianisme ont été massives parmi les anciens Khmers rouges, Khieu Sampan en tête. Cf : https://www.lefigaro.fr/actualite/2005/11/15/01001-20051115ARTFIG90012-l_etrange_conversion_des_bourreaux_khmers_.php. On peut toujours discuter de la sincérité et de la solidité de ces conversions. Il n’empêche que, quand l’Evangile leur est annoncé, il peut arriver que les pires « monstres » communistes rencontrent le Christ. Cela n’empêche pas qu’ils rendent des comptes à la justice des hommes pour leurs crimes. Mais qui sait s’ils ne nous précèderont pas au Royaume des Cieux ?

À partir d’avant-hierRéponses catholiques

Les Pères de l’Eglise contestent-ils la primauté du Pape?

Par Réponses catholiques

Dans le cadre d’un dialogue avec un ami orthodoxe, ce dernier m’a objecté que les pères de l’Église n’étaient pas en accord avec la primauté de l’évêque de Rome. Pourriez-vous m’aider à trouver des textes, patristiques, sur lesquels se base l’Église latine ? Également auriez-vous des textes “d’origine” consultable via des archives en ligne ?

Cet ami orthodoxe est d’un flou qui ne permet pas facilement de répondre à sa question. Car de quels « Pères de l’Eglise » s’agit-il ? Dans quels textes ? Grecs ou latins ?

Car il faut être un minimum précis. On appelle « Pères de l’Eglise » des théologiens, en général, Papes, évêques et moines – mais pas toujours – dont la pensée a été décisive pour penser la foi chrétienne. Ils succèdent aux Pères apostoliques, c’est-à-dire des personnes qui, au moins potentiellement, ont pu connaître les Apôtres et leurs succèdent directement (Exemple : Clément de Rome), donc jusqu’à la fin du Ier siècle/début IIe siècle. Les Pères de l’Eglise sont par conséquent des penseurs à partir du IIe siècle jusqu’à l’Antiquité très tardive ou le très haut Moyen-Age. On considère encore Maxime le Confesseur, mort en 662 ou Jean Damascène, décédé en 749 comme des Pères de l’Eglise. Mais c’est limite car Jean Damascène vivait déjà depuis plusieurs décennies de domination musulmane, donc on ne peut plus parler d’Antiquité tardive.

Dans la période qui suit, en gros jusqu’à l’An Mil, les querelles entre églises grecque et latine commencent à se durcir, en particulier sur la question du Filioque, imposé par l’entourage ecclésiastique des Carolingiens. Le conflit se cristallisera jusqu’au schisme de 1054.

Grâce à la transmission dans les monastères, la pensée théologique va pouvoir s’épanouir dans l’Eglise latine à partir du XIe siècle avec le Pape Grégoire, par exemple, jusqu’à la scholastique avec des théologiens comme St Anselme, Albert le Grand et, bien sûr Thomas d’Aquin au XIIIe siècle. Mais, depuis le schisme, cette éclosion est coupée de l’Eglise orthodoxe.

Ce rappel historique a pour but de montrer que parler de contestation de la primauté de l’évêque de Rome par des Pères de l’Eglise est anachronique. Le schisme n’a pas encore eu lieu et, si des incompréhensions existent de plus en plus entre latins et grecs lors des conciles œcuméniques (les dernier ayant encore lieu au VIIe siècle), ils s’écoutent encore. La primauté de l’évêque de Rome est relative et n’a pas la portée actuelle, les Patriarches grecs restant très autonomes. Mais elle est réelle et un concile œcuménique ne se tient pas sans représentants du Pape. Quand cela se produit, comme lors du « brigandage d’Ephèse » en 449, cela ne « passe pas » et le Pape Léon Ier peut faire convoquer un nouveau concile via ses relais à la cour de Constantinople, le concile de Chalcédoine en 451. Ce dernier confirme la primauté du patriarcat de Rome, autrement dit le trône de Pierre, quoique ce n’était pas du tout le sujet principal des débats, qui portaient prioritairement sur les natures du Christ.

De même, des Pères de l’Eglise se mobilisent contre les tentatives plus ou moins pérennes de schismes comme Cyprien contre Novat ou la tentative de Novatien contre le Pape Corneille etc.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’à chaque époque, des théologiens reconnus par l’Eglise catholique ont mis l’accent sur la collégialité d’un concile comme instance supérieure à l’autorité papale, affrontant ainsi la position subordonnant un concile à la primauté pontificale. Ces débats ont en particulier agité la fin du Moyen-Age. Mais, comme le rappelle l’émission Au risque de l’Histoire sur KTO le 4/7/2020, cela ne les a jamais amenés à contester la primauté du Pape. Lorsque la position « conciliaire » est poussée jusqu’à l’excès, on aboutit à un schisme, parfois couplé à une hérésie, comme avec la création de l’Eglise anglicane ou la crise janséniste.

Sur la question de trouver les textes des Pères de l’Eglise, à notre connaissance, les versions les plus accessibles tout en étant de niveau scientifique sont celles éditées par la collection Sources chrétiennes. Elles peuvent être bilingues, donc avec les textes grecs ou latins, et ont l’apparat critique pour les comprendre. On peut les trouver dans les facultés de théologie comme la Catho de Paris et sa bibliothèque en ligne, la BOSEB, ou le Centre Sèvres. Mais l’accès est souvent réservé aux étudiants et chercheurs. Il y en a parfois dans des monastères et centres spirituels. Enfin, ne pas négliger la Bibliothèque nationale qui a une très bonne collection d’ouvrages de théologie chrétienne, accessible à tout public.

Vivre maritalement en attendant le mariage religieux?

Par Réponses catholiques

Je suis fiancée avec un homme avec lequel j’attends le mariage pour vivre avec celui-ci. Ma question est quelle valeur à le mariage civil aux yeux de Dieu par rapport au mariage religieux? Dans la situation actuelle les mariages sont repoussés à l’église, et il m’est de plus en plus difficile d’attendre. Puis je vivre avec mon fiancé si je me marie civilement et me marier dans 6-7 mois à venir? Ou faut-il obligatoirement s’être marié à l’église avant de vivre ensemble?

Tout d’abord, nous félicitons cette lectrice pour son projet de mariage et nous comprenons qu’il devient difficile d’attendre.

Si nous voulons apporter une réponse vraiment nuancée, nous commencerons par dire que l’Eglise reconnait le mariage naturel comme un vrai mariage et que cette définition pourrait convenir pour un mariage civil. Mais en même temps, elle commande aux conjoints de se marier religieusement si au moins un des deux est catholique. Si les deux sont catholiques (ou l’un orthodoxe), ce sera un mariage sacramentel.

Il en résulte que, malheureusement pour les fiancés pressés, ils ne doivent pas vivre maritalement avant le mariage à l’église. S’ils le font, ils ne peuvent avoir accès aux sacrements et devront se confesser dès qu’ils seront mariés religieusement.

Evidemment, les prêtres et équipes de préparation au mariage, de nos jours, voient de tout et tentent d’adapter leur pastorale à toutes les situations : concubins, couples ayant déjà des enfants etc. Le fait de s’être marié civilement est un gage de sérieux du projet de mariage que le curé prendra en compte dans le discernement pour le mariage religieux.

Il nous semble cependant que la question pourrait être résolue si elle était reposée sous un angle très différent. De deux choses l’une. Soit ce couple avait bien avancé dans sa préparation au mariage, soit il était loin de l’avoir terminée. Dans ce dernier cas, la situation sanitaire actuelle ne change pas grand-chose. Il faut terminer sa préparation au mariage. Mais si les fiancés avaient pratiquement terminé leur préparation, pourquoi attendre 6-7 mois avant de se marier religieusement s’ils sont prêts au mariage civil ? C’est à voir avec le prêtre qui les a préparés et nous connaissons personnellement des couples qui n’ont pas eu à repousser leur mariage.

Bien sûr, cela implique un mariage plus simple, avec peu de personnes et une fête beaucoup plus modeste. Mais enfin, les rassemblements en juillet peuvent accueillir davantage de personnes et les organisateurs de mariage ne vont pas trop refuser de clients prêts à les solliciter, ils ne peuvent pas se le permettre. Certains ont fait le choix d’un mariage en petit comité, avec la famille très proche, quitte à faire une messe d’action de grâce avec une grande réception au bout d’un an de mariage.

Selon le Journal des femmes (https://www.journaldesfemmes.fr/mariage/organisation/2632311-mariage-coronavirus/), la quasi-totalité des mariages, religieux ou civils, auraient été repoussés en 2020. Mais quelques uns n’attendent pas. Il y a parmi eux des fiancés catholiques très engagés, pour qui le sacrement et la construction d’un couple chrétien priment sur une attente de plusieurs mois qui n’est finalement pas forcément justifiée… Et des prêtres qui les marient.

Hypnothérapie

Par Réponses catholiques

Que penser de l’hypnothérapie ? Elle est souvent proposée par les médecins mais aussi parfois au sein de l’Eglise.

Nous ne sommes pas du tout compétents pour porter un avis sur l’efficacité de cette méthode. D’une façon générale, notre réponse sur ce genre de thérapie serait la même que pour d’autres : tout dépend de qui, dans quel but, avec quelles conséquences.

  • La question du « qui » soulève celle de l’idéologie qu’il peut y avoir derrière une pratique : dimension occulte, non-chrétienne, ou surtout anti-chrétienne. Il faut donc être vigilant car certains hypnotiseurs peuvent être adeptes d’idéologies incompatibles avec une anthropologie chrétienne, ou du moins une anthropologie compatible avec elle. Mais l’hypnose en tant que telle nous semble relativement neutre par rapport aux questions spirituelles
  • Le but : est-ce pour faire du bien, soulager, guérir ? Quel résultat est attendu exactement ? Y a-t-il d’autres moyens plus conventionnels pour atteindre le même effet ?
  • Mais cela ne suffit pas. Quelles sont les conséquences ? Y a-t-il des effets secondaires ? Une dépendance ? Une emprise de l’hypnotiseur qui demeure après-coup ? Bien des guérisseurs et psychothérapeutes prétendent faire du bien à leurs patients, parfois même au nom de Jésus, et ils sont peut-être sincères et efficaces dans un premier temps. Mais ils laissent entrer des forces qui ne viennent pas de Dieu.

Bref, il ne nous semble pas que l’hypnose soit à écarter a priori. En revanche, il faut être très vigilant sur le cadre dans lequel elle s’exerce. Si c’est dans un lieu ecclésial comme la question le suggère, c’est peut-être plus prudent.

Que dire à ses amis sur la foi?

Par Réponses catholiques

J`aime parler de religion. Je m`aperçois que je suis presque la seule à vivre ma religion comme dans ma jeunesse. Mes amis(es) disent que tout a évolué et que si Jésus était sur terre , on ne parlerait plus de péché et que l`important c`est d`être heureux(se). Je commence à croire que j`ai l`esprit étroit car, pour moi,ma religion est basée sur les commandements de Dieu.Je me fais beaucoup de souci . Je ne trouve personne qui pourrait me faire cheminer. Pouvez-vous m`éclairer ?

Nous sommes heureux pour l’auteur de la question qu’elle ait ce goût des choses spirituelles et qu’elle soit prête à témoigner de sa foi. C’est une grâce dont elle peut remercier le Seigneur et, comme le dit le Christ,  personne ne pourra lui enlever la joie de son attachement à Jésus si elle reste ferme dans ses convictions. Qu’elle ne se laisse donc pas troubler par ses amis, qui ont l’air de refléter ce qu’on appelle classiquement « l’esprit du monde ».

Un chrétien seul est néanmoins un chrétien en danger. Il est urgent que cette personne trouve des frères et des lieux pour partager sa foi et l’approfondir. La messe ne suffira peut-être pas. Nous recommandons donc :

  • La pratique régulière du Sacrement de réconciliation, au moins une fois par mois et aux grandes fêtes. C’est aussi l’occasion de parler avec un prêtre
  • La lecture quotidienne de la Bible, par exemple l’Evangile du jour. Mieux on connait la Bible, mieux on sait répondre aux attaques, comme nous allons le voir.
  • Rejoindre un groupe de prière ou de partage d’évangile. Des relations fraternelles seront un fort soutien
  • Faire une retraite et/ou un pèlerinage chaque année si possible. Outre la consolidation de la foi, c’est aussi l’occasion de connaître d’autres chrétiens fervents
  • Si possible, demander un accompagnement spirituel. C’est difficile à trouver car il y a peu d’accompagnateurs bien formés mais le curé peut aider à en trouver un. La question révèle typiquement un fort besoin d’accompagnement spirituel.

Sur les objections des amis, rien n’est plus faux. « Si Jésus était sur terre, on ne parlerait » peut-être « plus de péché », mais Il n’y est pas et le péché est bien là. Il doit être combattu. Quant à Jésus, dans les Evangiles, le péché, Il en parle beaucoup, en pardonne beaucoup et en guérit beaucoup (cf. la Samaritaine, le paralysé de la piscine de Bethesda, l’aveugle-né etc). Que la lectrice relise autant de passages où Jésus guérit quelqu’un ou expulse un démon pour en reparler avec ses amis. Ces derniers ne vont pas être déçus.

Quant à dire que « l’important c’est d’être heureux », ce n’est pas non plus ce que prétend le Christ. L’important, c’est le Salut du monde, ce n’est pas du tout la même chose. Et chaque chrétien doit apporter sa contribution, en cheminant pour son salut personnel mais aussi en oeuvrant pour le salut des autres. Pour cela, la seule méthode que nous indique le Christ, c’est de prendre sa croix et de le suivre. Pas de chercher son petit bonheur perso.

La résultante est la vie éternelle. Jésus est « venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance » (Jn 10, 10). Mais elle est aussi la Joie, la vraie, qui traverse toutes les épreuves et la mort, et qui permet de trouver la paix. « Je vous ai dit cela afin que ma joie demeure en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15, 11).

Coquille de baptême

Par Réponses catholiques

Ma femme vient de se faire baptiser. J’ai remarqué que le prêtre a utilisé une coquille Saint-Jacques pour verser l’eau sur sa tête. Je suppose que c’est en référence à Saint Jacques de Compostelle. Cependant pourquoi cette référence lors du baptême ?

Il n’est pas du tout sûr qu’il y ait la moindre référence à St Jacques de Compostelle. D’ailleurs, selon Wikipédia, les baptêmes peuvent se faire à l’aide « d’une coupelle, d’une coquille de baptême souvent en argent ou d’une aiguière usage attesté dès la Renaissance. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baptême_catholique). La coquille est souvent en métal précieux, argent ou laiton, alors que les coquilles de St Jacques de Compostelle sont normalement naturelles.

Les lecteurs souhaitant apporter des précisions sont bienvenus.

Qui sommes nous (2)?

Par Réponses catholiques

Catholique et en recherche de questions sur la liturgie de Vatican II ,; je tombe par hasard sur votre site. Veuillez m’excuser mais dans votre page d’accueil vous proposez la question “qui sommes nous?” mais je n’ai trouvé aucune réponse.

Pourtant, l’onglet « Qui sommes nous ? » donne des informations assez précises. Autrement, nous avons répondu à cette question dans https://www.reponses-catholiques.fr/competences-theologiques/, ou encore https://www.reponses-catholiques.fr/alors-qui-sommes-nous/.

Pour en savoir un peu plus, le lecteur pourra lire la présentation et les ouvrages de la principale rédactrice : https://www.reponses-catholiques.fr/cent-reponses-catholiques/ et https://www.reponses-catholiques.fr/cent-nouvelles-reponses-catholiques/. Nous remercions l’auteur de la question de nous donner l’occasion d’en refaire un peu de publicité.

Livres apocryphes dans la Bible catholique?

Par Réponses catholiques

Pourquoi la bible catholique contient-elle encore les livres apocryphes ou deutérocanoniques? Les considérez-vous comme étant inspirés de Dieu au même égard que les autres livres de la Bible? Pourquoi?

La Bible catholique (avec une majuscule) ne contient aucun livre apocryphe. Appeler « apocryphes » les livres deutérocanoniques (du deuxième canon) est de la propagande de groupes protestants fondamentalistes. Dieu merci, les églises protestantes sérieuses et actives dans l’oecuménisme n’emploient plus ce terme depuis longtemps.

Ensuite, la Bible catholique ne contient pas « encore » des livres deutérocanoniques. Elle les contient depuis que le canon est fixé. Cela a pris quelques siècles, tout comme pour le canon hébraïque, qui a eu aussi ses stop and go : le Siracide y a été un moment inclus puis exclu, c’est fluctuant pour le Livre d’Esther mais il est lu à la fête de Pourim qui commémore la sauvegarde des Juifs grâce à l’intervention d’Esther etc.

Le canon catholique se fonde sur l’Ancien Testament en grec, la Septante, qui contient les livres deutérocanoniques. Les Protestants se sont basés sur la Bible hébraïque qui a exclu les textes non rédigés en hébreu, à quelques exceptions près : extraits de Daniel en grec et araméen, entre autres. Or, quand on y regarde de près, les textes exclus sont plutôt à l’avantage des chrétiens et confirment leur message : rôle de la Sagesse au côté de Dieu dans le Livre de la Sagesse (qui justifie la divinité de Jésus), résurrection des corps dans 2 Maccabées etc. Des exégètes pensent donc que le motif d’exclusion n’est pas que linguistique mais que les rabbins qui ont écarté ces livres l’ont fait dans un contexte de polémique anti-chrétienne. Tout comme les Protestants refusent les textes qui justifient des points de doctrine catholique comme la prière pour les morts, et donc le Purgatoire (2 Maccabées), le rôle des anges (Tobie) etc.

D’un point de vue chrétien, rejeter un livre comme 2 Maccabées est ennuyeux car d’autres écrits du Nouveau Testament y font clairement allusion. Par exemple L’Epître aux Hébreux, évoque en He 11, 35 le martyre de la mère et des sept frères de 2 M 7. De même, les citations de l’Ancien Testament contenues dans le Nouveau, et particulièrement dans la bouche de Jésus, proviennent de la Septante. Ecarter la Septante, c’est donc, quelque part, nier les paroles du Christ et lui donner tort.

Le lecteur pourra aussi se référer à notre article : https://www.reponses-catholiques.fr/constitution-du-canon-des-ecritures-du-judaisme/.

Qu’est ce qui disparait dans des hosties consacrées détruites?

Par Réponses catholiques

Bien que de confession protestante, je me pose une question réelle. L’incendie de ND de Paris m’y a fait encore repenser: ma question est donc: En cas d’incendie ou d’effondrement d’une église Catholique, que deviennent le ciboire et les hosties consacrées? A quel moment “disparaît” la Présence Divine? Veuillez bien excuser ma curieuse question de la part d’un chrétien non-catholique, mais cette demande est faite avec respect et sérieux.

C’est une question assez difficile et tous les théologiens ne seraient sans doute pas d’accord, vu la profondeur du mystère de la Présence réelle dans l’Eucharistie. Mystère pas facile à aborder, au point que certaines églises protestantes n’y croient pas… Mais ce n’est pas pour cela qu’on ne peut rien en dire.

Si des saintes espèces consacrées sont détruites, que ce soit par accident ou volontairement, il y a bien quelque chose de l’incarnation du Christ qui est détruite. Le Christ s’est livré pour nous, c’est à prendre au sérieux. C’est-à-dire qu’Il court le risque d’être annihilé dans la forme dans laquelle Il se donne à nous. Tout comme, sur la Croix, Il est mort, et bien mort. C’est pourquoi profaner des saintes espèces consacrées n’est guère moins grave que de crucifier Jésus. Ca n’a rien d’anodin et on ne peut le minimiser sous prétexte que Dieu est tout puissant et que le mal ne peut l’atteindre. Oui, le mal peut l’atteindre, et même le détruire, c’est cela croire sérieusement à la Trinité.

Cela n’empêche pas sa toute-puissance et sa victoire sur la mort. Mais le Christ traverse la mort, Il ne l’évite pas. C’est le sens de Pâques. Dès qu’une consécration aura à nouveau lieu quelque part, sa Présence réelle reviendra, mais elle n’aura pas perduré, du moins dans cet état-là d’hosties et/ou de vin, si elle a été détruite préalablement.

Un Protestant peut bien comprendre ce qui se joue en se référant à l’Ancien Testament. La Gloire de Dieu descend physiquement dans le Saint des saints de la Tente de la Rencontre, puis dans le Temple de Jérusalem. Ce n’est pas une présence symbolique mais bien réelle… Et elle quitte le Temple dans le Livre d’Ezéchiel, lorsque le Temple est détruit par les Babyloniens, très concrètement. C’est un phénomène analogue qui a lieu dans tous les petits tabernacles de la Terre, tout comme dans le Tabernacle du Temple.

Ce qui donne une grande responsabilité à l’homme : si les messes ne sont plus célébrées, la Présence physique de Dieu disparait. On peut rencontrer Dieu dans son cœur, dans la Parole de la Bible, dans les autres sacrements, dans les rencontres et les événements. Mais le Saint sacrifice de la messe nous permet tout simplement d’avoir accès à lui d’une façon concrète. C’est bien la grâce qu’Il nous fait.

Est-ce un péché mortel de divorcer?

Par Réponses catholiques

Le divorce est-il un péché mortel chez celui qui le demande ou l’accepte ?

Pas du tout. D’abord, les termes de la question ne sont pas corrects. Il n’y a pas de divorce pour un mariage sacramentel catholique. Ce qui existe, c’est la séparation de corps, qui peut éventuellement s’accompagner d’un divorce civil. Mais ce n’est pas la même chose.

Ce qui est un péché grave pouvant entrainer une excommunication, c’est l’adultère. Or, lui est assimilé dans l’Enseignement constant de l’Eglise, le remariage d’une personne déjà mariée, fut-elle séparée de corps et divorcée civilement. Comme elle vit avec une autre personne que celle avec qui a elle reçu le Sacrement du mariage, elle est considérée comme adultère.

A moins qu’elle n’ait obtenue une dissolution ou la nullité de son mariage sacramentel, suite à une procédure canonique.

2 questions d’éthique sexuelle

Par Réponses catholiques

J’ai débattu sur deux questions avec des amis catholiques : 1° la nécessité du mariage avant les relations sexuelles. Ils me soutenaient que c’est un principe très récent, et qu’il est préférable de « s’essayer » au sein du couple avant un engagement définitif plutôt que de s’abstenir et n’être pas compatible par la suite.2° la non convenance de plusieurs positions et actes sexuels qui se justifient par le seul plaisir. Ils me soutenaient que ces actes contribuent au « renforcement » de l’amour au sein du couple, et qu’aucun enseignement de l’Eglise ne les condamne. Pouvez-vous m’éclairer, et argumenter à l’aide de documents de l’Eglise ?

Nous remercions, tout d’abord, l’auteur de la question pour son courage et nous rendons grâce à Dieu qu’il se trouve des chrétiens capables d’annoncer la foi catholique. Car, sur la deuxième question, le simple rappel de l’Enseignement de l’Eglise il y a quelques mois nous a valu des polémiques et des commentaires de plus en plus violents, parfois sous de faux noms, en outre particulièrement insultants pour des personnes consacrées dans le célibat.

De fait, ces sujets ne sont plus que rarement abordés en pastorale, tant ils sont délicats. Les fidèles attendent surtout que les pasteurs ne s’immiscent pas dans leur vie intime et cela peut se comprendre. Mais cela ne peut interdire à ceux qui ont charge d’âme de dire quoi que ce soit. Par conséquent, sur cette deuxième question, la « justification » de telle ou telle pratique n’est pas le plaisir ou non. L’Eglise n’a pas forcément grand chose à dire sur ce terrain-là. En revanche, elle est dans le respect de la dignité de la personne et, le plus souvent, de la femme. « Votre corps est le temple de l’Esprit-Saint », nous dit St Paul (1 Co 6, 19). On ne fait pas n’importe quoi dans un temple. Nous joignons à nouveau ces articles :

Sur la première question, celle des relations hors-mariage, il faut avoir un sacré culot pour dire que c’est un phénomène très récent. Toute l’histoire de l’Eglise affirme le contraire, depuis la révélation biblique. Cf. le chapitre 15 des Actes des Apôtres où il est demandé aux chrétiens de s’abstenir d’unions illégitimes, l’épisode de Jésus avec la Samaritaine ou, à nouveau, la Première lettre aux Corinthiens. Cf nos articles :

Comme le rappelle notre article sur le concubinage, il s’agit de ce que St Paul appelle la fornication, en grec, porneia, terme qui a donné « pornographie ». Et, on « s’essaie » avant ? Comme un produit acheté sur Internet ? Et si l’essai n’est pas concluant, on remet en solde ? Est-ce cela la conception de la dignité humaine des contradicteurs de la question ?

Offrir les mérites d’un défunt?

Par Réponses catholiques

Dieu ne connait ni présent, ni passé, ni futur. Rapport avec la « Communion des Saints » J’ai 96 ans et tout le temps pour réfléchir (au fait, peut-être pas tellement ! ) Quand j’étais jeune un ami prêtre m’avait tenu un langage qui m’a marqué et qui ne semble pas en contradiction avec le dogme. Voici un exemple qui traduit ma question : puisque le temps n’existe pas pour Dieu on pourrait offrir à Dieu les mérites d’une personne décédée, en quelque sorte à retardement, et à sa place, comme elle aurait pu le faire elle-même de son vivant. Avec la même valeur vis-à-vis de Dieu. Et bien d’autres applications. Je n’ai jamais vu une interprétation de cet ordre dans tout ce que j’ai pu lire sur la “Communion des Saints”. Ça ouvre pourtant des horizons considérables ! Merci d’avance pour votre éclairage sur cette question un peu particulière.

Nous espérons que nous avons bien compris la question car le point de départ nous semble problématique. Comment peut-on dire que Dieu ne connait « ni présent, ni passé, ni futur » ? Dieu est le maître du temps et de l’espace, donc Il les connait. Il est dans l’éternité, donc hors du temps, mais Il est aussi un Dieu provident qui agit dans l’Histoire. Donc dans le temps et l’espace.

Ensuite, nous ne voyons pas le lien avec les mérites d’un défunt. Personne ne peut offrir les mérites de quelqu’un d’autre, à part ceux de la Passion du Christ. Mais c’est bien parce que ce dernier s’est expressément livré pour que nous puissions le faire. En cette fête du Sacré-Cœur, il est bon de s’en rappeler et c’est ce que nous prions dans le chapelet de la Divine Miséricorde : « Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier ».

Cela n’empêche pas de demander l’intercession d’un défunt si l’on pense qu’il est en capacité de le faire, un saint en particulier (mais rappelons que, hormis les saints qui sont déjà dans la Béatitude divine, les morts ne peuvent plus agir ni acquérir de mérites et c’est aux vivants de prier pour eux). On peut également rappeler au Seigneur les mérites de cette personne et le prier de nous exaucer aussi à cause de ces mérites-là. Mais ce n’est pas la même chose que de les « offrir ». C’est la personne décédée qui les a offerts. En revanche, on peut bien sûr faire l’offrande de ses propres mérites, et même de ses propres souffrances. C’est un chemin spirituel difficile qui demande une certaine maturité spirituelle pour ne pas être mal compris, mais c’est possible.

Un catholique peut-il prêter le serment d’Hippocrate?

Par Réponses catholiques

Le fait de jurer (au sens prêter serment) est discuté en théologie comme étant délicat, pas nécessairement un péché en soi mais pas anodin vis à vis des commandements de Dieu. Ma question est la suivante : est-il préférable pour un médecin en devenir, de foi catholique, de ne pas prêter le serment d’Hippocrate ? (Qui commence par « je jure »).

Il n’est pas question pour un catholique de ne pas accomplir son devoir d’état, dans la mesure où c’est pour le bien commun, et de ne pas se plier aux règles et usages qui permettent de le faire. Nous ne sommes pas spécialistes des sujets médicaux mais il nous semble bien qu’un médecin doit prêter le serment d’Hippocrate. Rien, dans ce serment, n’est contraire à la foi catholique ou au bien commun. Remarquons que ce sont plutôt ceux qui ne respectent pas ce serment qui commettent le mal : ainsi les soignants qui participent à un avortement, ce que la version initiale du serment proscrivait. Il a fallu le réécrire mais son esprit originel n’est manifestement plus respecté sur ce point.

Pour en revenir à la question de jurer, un médecin catholique peut très bien prêter ce serment, et, surtout, le respecter (y compris dans l’esprit d’origine sur le problème de l’avortement). Un catholique doit parfois prêter serment pour servir le bien commun dans différentes autres circonstances : au tribunal ; s’il est membre d’une profession assermentée, par exemple policier ou postier etc.

Comme le souligne la question, l’interprétation théologique sur le fait de jurer n’est pas si univoque que cela. Cf. notre article https://www.reponses-catholiques.fr/serment-sur-la-bible/

Puis-je baptiser une personne en fin de vie ou un SDF?

Par Réponses catholiques

Je me permets de vous envoyer un message concernant le baptême. Je suis baptisée, chrétienne catholique pratiquante… En cheminement pour devenir religieuse. Étant en contact avec des personnes en fin de vie (avec les petits frères des pauvres), je souhaiterai savoir si je peux baptiser moi-même ces personnes. Je fais des maraudes en évangilisant (offrant un chapelet) et en priant avec les sdf… Je souhaiterai savoir si je peux baptiser moi-même ces personnes sachant qui ne vont pas se renseigner et aller vers le catéchuménat… En espérant avoir une réponse de votre part à ses 2 questions

Nous avons partiellement répondu très récemment à la question : https://www.reponses-catholiques.fr/est-ce-que-nimporte-qui-peut-baptiser/. Oui, l’auteur de la question peut baptiser des personnes en fin de vie… A condition qu’il y ait danger de mort et qu’un ministre ordonné, prêtre ou diacre, ne soit pas accessible. Pour des personnes en fin de vie, on imagine facilement que cela peut être le cas. Mais, si elles sont dans un hôpital ou une unité de soins palliatifs, en France, du moins, il y a normalement une aumônerie. C’est donc une décision du responsable de l’aumônerie. Si ce ou cette responsable n’est pas un prêtre ou un diacre, il y a forcément un prêtre attaché à cet hôpital. Il n’est peut-être pas sur place mais on doit normalement pouvoir l’appeler pour un baptême en urgence, une confession, le Sacrement des malades.

Par conséquent, à moins que l’urgence soit telle que le prêtre ne peut pas venir (donc quelques heures, à moins qu’il soit en déplacement ou indisponible), il n’y a pas lieu de faire le baptême soi-même. En tous cas, c’est à discerner avec le responsable d’aumônerie ou le prêtre en question, qui peuvent éventuellement déléguer le baptême.

Si la personne en fin de vie est chez elle, ou dans un EHPAD des Petits frères des pauvres, c’est le même critère qui doit être examiné : a-t-on le temps de faire venir un prêtre ou non ? Ce n’est que dans la négative, ou sur délégation de celui-ci, que quelqu’un d’autre baptise.

Pour les personnes de la rue, cela se justifie encore moins. Pourquoi ne feraient-elles pas la démarche de catéchuménat ? Bien sûr, quiconque a un peu l’expérience des maraudes sait à quel point faire la moindre démarche un peu institutionnalisée peut être difficile pour ces personnes. Cela demande souvent beaucoup de temps et d’accompagnement. Mais, justement, c’est là le rôle du bénévole auprès de ces personnes. Et, nous en avons fait l’expérience, des SDF qui suivent assidument et avec ferveur un parcours entier de catéchuménat pendant deux ans, voire plus, jusqu’au Baptême, cela existe. C’est d’ailleurs aussi l’occasion d’un parcours de resocialisation, avec une communauté paroissiale bienveillante, et de réinsertion, via Hiver solidaire ou des propositions de ce type.

Car, comme nous l’avons dit dans notre article mis en lien, le Baptême, c’est tout un cheminement de conversion. Les personnes de la rue ont souvent une grande profondeur spirituelle. Mais elles peuvent aussi avoir des idées et des croyances… Pas très catholiques. Il ne s’agit pas de les baptiser à la va-vite mais de leur faire découvrir la foi de l’Eglise, au sein d’une communauté.

Par conséquent, là aussi, s’il n’y a pas de danger de mort, il vaut mieux en parler avec le responsable des maraudes. Si c’est dans un cadre catholique, il y aura toujours un aumônier référent. Sinon, le curé de la paroisse du territoire du SDF (ils en ont presque toujours un) pourra aider.

L’Eglisa a-t-elle enseigné que la Terre est plate?

Par Réponses catholiques

Est-il vrai que l’Église a enseigné la théorie de la Terre plate ? Si oui, sa compréhension erronée, désormais corrigée, peut-elle mettre en cause la crédibilité de l’Église ? Les écritures étant assez explicites: Ésaïe 40, 22 “C’est lui qui est assis au-dessus du globe de la terre, et à qui ses habitants sont comme des sauterelles; c’est lui qui étend les cieux comme un voile, il les a même étendus comme une tente pour y habiter.” D’autres textes comme la Kabbale ou le Zohar -bien que non reconnus par la communauté chrétienne mais très anciens- semblent être eux aussi concordant sur la sphère qu’est la Terre. Également, pourquoi l’Inquisition a-t-elle condamné aux flammes ou à l’exil certains chercheurs sur ces questions d’ordre scientifique au point que Saint Jean-Paul II prononça des excuses formelles lors du Jubilé de l’an 2000 ?

La référence à « Esaïe » indique qu’elle ne provient pas d’une Bible catholique. Nous avons donc commencé par vérifier la citation exacte d’Isaïe 40, 22 : « κατέχων τὸν γῦρον τῆς γῆς καὶ οἱ ἐνοικοῦντες ἐν αὐτῇ ὡς ἀκρίδες ὁ στήσας ὡς καμάραν τὸν οὐρανὸν καὶ διατείνας ὡς σκηνὴν κατοικεῖν ». Pour les hellénisants, guros, décliné ici, en ton guron, se traduit par « cercle », « anneau ». La Bible de Jérusalem traduit par « cercle », la Traduction œcuménique de la Bible par « dôme ». Il n’est nulle part question de « globe ».

Ce qui n’empêche pas que L’Eglise n’a jamais enseigné que la Terre était plate. L’Eglise n’a pas un enseignement « scientifique » à donner. Ceci dit, des hommes d’Eglise ont pu participer à des débats scientifiques et être des scientifiques eux-mêmes, de Copernic au Chanoine Lemaitre. Ils ont donc pu professer dans ce domaine-là des erreurs et jouer de leur influence ecclésiale pour faire pression et imposer leurs vues. L’Eglise se base à chaque fois sur les connaissances de son temps. Du temps de la rédaction d’Is 40, les connaissances étaient que la Terre était soit plate selon les uns, soit un disque reposant sur les eaux. Plusieurs penseurs grecs de l’Antiquité ont propagé cette théorie. Certains en sont arrivés à la conclusion qu’elle était sphérique, d’autres conique etc.

Deuxième erreur de la question : le Zohar est un livre et la Kabbale tout un courant de mystique juive, bien plus tardifs que la Bible et ils n’en font absolument pas partie. Pas même des Ecritures juives. Le Zohar, selon le consensus des chercheurs, daterait du XIIIe siècle et le livre le plus ancien de la kabbale du Xe.

Troisième erreur : l’inquisition n’a jamais condamné qui que ce soit pour des questions scientifiques. Elle en condamné des chercheurs pour hérésie. Ce n’est pas la dimension scientifique de leur activité qui posait problème, ce sont les conséquences malveillantes envers l’Eglise qu’ils en tiraient et/ou d’autres aspects de leur vie. Rappelons au passage qu’elle n’a condamné personne “aux flammes”. Elle prononçait un jugement d’hérésie ou non et c’est ensuite le pouvoir civil qui déterminait la peine. C’est ainsi qu’a été brulée Ste Jeanne d’Arc. Ses juges canoniques ne voulaient pas sa mort mais sa rétractation. Les Anglais voulaient sa mort et ce sont eux qui l’ont exécutée.

Si nous prenons le cas le plus connu, l’affaire Galilée, rappelons que 1) ses recherches étaient soutenues par le Pape et les jésuites qu’il a trahis ; 2) qu’il a tenté de tirer la couverture à lui sur ses découvertes en évinçant les jésuites qui l’avaient aidés ; 3) qu’il a été condamné, non pas pour avoir dit que la Terre tournait autour du Soleil, mais pour l’avoir fait sans preuve. Il heurtait ainsi frontalement la physique d’Aristote, qui était dominante à l’époque. Copernic (qui était chanoine) avait présenté ses théories mais en admettant qu’elles devaient être confirmées par l’expérience et non comme une vérité scientifique comme Galilée. Il n’a jamais eu de problèmes ; 4) qu’effectivement, Galilée n’avait pas de preuves et qu’il avait avancé d’autres théories qui se sont avérées fausses. Celle sur les marées, par exemple ; 5) que le « Et pourtant, elle tourne » est apocryphe. Il n’a pas prononcé cette phrase à la fin de son procès

Un catho peut-il aller chez le psy?

Par Réponses catholiques

Est-ce qu’un catholique peut voir un psychologue ou un psychothérapeute afin de remédier à un problème particulier (addiction, dépression etc…) et particulièrement en ayant recours à la TCC (thérapie comportementale cognitive) ?

Oui, bien sûr, et plutôt deux fois qu’une s’il est victime d’addiction ou de dépression.

La psychologie, la psychothérapie et, surtout, la psychanalyse, sont neutres en termes de croyance religieuse. Certes, Freud était athée et ses explications psychanalytiques (s’inventer un Père, peur de la mort etc) sur la foi évacuaient toute possibilité d’existence de Dieu. Mais ce n’est pas le cas de tous ses confrères, à commencer par Jung. Plusieurs écoles et méthodes cohabitent et certaines conviennent mieux que d’autres. Il existe d’ailleurs de très bons psychothérapeutes chrétiens.

Certaines propositions chrétiennes de guérison intérieure et d’évangélisation des profondeurs tentent d’honorer cette dimension psychique de l’homme dans sa démarche spirituelle. Attention, néanmoins, à ne pas confondre les deux plans, le spirituel et le psychologique. Ces méthodes de psychothérapie peuvent aider, elles ne peuvent cependant pas se substituer à un cheminement spirituel. Par exemple, elles peuvent faciliter la compréhension de la source d’un comportement problématique, mais ne vont pas remplacer le sacrement de Réconciliation. Pour poursuivre cet exemple, dans le meilleur des cas, elles peuvent permettre de faire une certaine vérité en soi, qui conduit à demander le pardon du Seigneur et donner les pardons nécessaires pour parachever la guérison d’une blessure.

Nous recommandons donc vivement à nos lecteurs de ne s’adresser qu’à des propositions catholiques (ou œcuméniques mais à forte dominante catholique comme au Chemin Neuf) bien reconnues par l’Eglise et ayant pignon sur rue. Les charlatans, même se disant catholiques, existent aussi.

Par ailleurs, des psychothérapeutes qui, un peu à la manière de Freud, dévalueraient la dimension transcendante de l’homme et tenteraient de détourner un patient de sa foi sont, évidemment, à fuir absolument. Mais, encore une fois, d’autres sont chrétiens, ou au minimum acceptent la dimension spirituelle de la personne, et sont très compétents.

 

Communier sans se confesser au déconfinement?

Par Réponses catholiques

Après ce long temps de confinement, ma dernière confession date un peu. Dimanche prochain, je retourne à la messe à l’Eglise pour la 1ère fois et j’aurai sans doute la possibilité de communier. Ne pouvant pas me confesser avant, me sera-t-il permis de communier si j’ai la ferme intention de me confesser dès que cela me sera possible ?

Le Pape François avait appelé tous les catholiques ne pouvant se confesser pendant le confinement (rappelons qu’à un moment, la moitié de l’humanité a été confinée) pouvait faire une « confession spirituelle » au même titre que la communion spirituelle qui leur était la seule possible. Il s’agissait de faire un examen de conscience approfondi et de réciter son acte de contrition en s’engageant auprès du Seigneur à se confesser dès que possible. La solution qu’envisage la question implique donc d’avoir fait cette démarche pendant le confinement.

De fait, après un temps aussi long sans Eucharistie et sans avoir pu se confesser pour Pâques pour la plupart d’entre nous, il est important de se confesser avant de communier à sa première messe déconfinée. Si ce n’est vraiment pas possible comme dans la question, il nous semble que le mieux est de communier en s’engageant à se confesser rapidement. En général, les canonistes recommandent dans la semaine.

La papauté est-elle un bon fruit venu de Jésus?

Par Réponses catholiques

Le Christ a établi la papauté. Or il dit que ce qui donne de bons fruits est de l’Esprit ; ce qui donne de mauvais ne l’est pas. La papauté a-t-elle jamais été la cause de quelques mauvais fruits dans l’histoire; si oui comment cela est-il de Jésus?

Oui, effectivement, ce qui vient du Christ donne de bons fruits. Mais ce qui est humain est forcément entaché de péché et cela vaut pour le Pape comme pour n’importe quel autre humain. Cela vaut pour le St Siège, l’Eglise catholique, le collège épiscopal, comme n’importe quelle institution humaine. L’Enseignement de l’Eglise nous dit que l’Eglise est sainte. C’est un article du Credo. Mais il n’a jamais prétendu qu’elle est impeccable, c’est-à-dire mot à mot « sans péché ». Le Pape non plus, d’ailleurs. Il est infaillible dans certaines conditions particulières, lors d’un concile œcuménique et lorsqu’il s’exprime ex cathedra sur des questions de foi et de moeurs. Cela ne veut pas dire qu’il est sans péché, surtout dans les autres circonstances. Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/impeccabilite-et-infaillibilite/.

Que des Papes aient commis des erreurs, voire des fautes morales, c’est, par suite logique, tout à fait vrai. Nous avons fait allusion lors d’un article récent à l’autorisation de la torture par Innocent III (on notera cependant que, définir des méthodes d’interrogatoires, ce n’est pas une question de foi et de mœurs, c’est un thème judiciaire qui est, finalement, en dehors du champ de compétence de l’Eglise). Mais cela n’a pas empêché leur pontificat de donner de bons fruits sur d’autres plans, que ce soit pour Innocent III, qui a été un dirigeant compétent et a fait beaucoup pour le développement de la théologie par ailleurs, ou pour d’autres papes qui ont mauvaise presse.  Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/turpitudes-de-papes-et-leur-infaillibilite/

Cela s’explique très bien théologiquement. Même un saint n’est pas parfait. Même le premier Pape, St Pierre, a renié le Christ – ce qui peut s’assimiler à de l’apostasie – a usé de violence par les armes, a eu des réactions à l’emporte-pièce, si l’on en croit St Paul, n’a pas toujours été franc du collier et « inclusif » quant à l’accueil des chrétiens d’origine païenne. Mais qui ira dire que l’appel des disciples par Jésus lui-même ne vient pas de Jésus ?

Une fois ceci dit, l’infaillibilité papale dans les conditions précises que nous venons de rappeler peut-elle être remise en cause ? Dans ces conditions particulières-là, nous ne voyons pas de « mauvais fruits » : https://www.reponses-catholiques.fr/les-papes-et-lerreur/.

Est-ce que n’importe qui peut baptiser?

Par Réponses catholiques

Est-ce que n’importe qui peut baptiser ?

Oui et non. Oui, n’importe qui peut baptiser s’il y a danger de mort ou impossibilité d’avoir accès à un ministre ordonné, prêtre ou diacre. Par exemple dans un pays de persécution où il n’y a aucun prêtre, ou pour un nouveau-né mourant. Même un non-chrétien peut baptiser quelqu’un. Le tout est de bien prononcer les paroles du Baptême trinitaire : « N, je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du St-Esprit », tout en versant sur la tête de la personne un peu d’eau.

Mais non en dehors de ces cas dramatiques, qu’on appelle un « ondoiement » plutôt qu’un baptême complet. Dans l’Eglise catholique, le sacrement du Baptême demande une préparation, des parents d’un petit enfant ou du catéchumène lui-même s’il est plus grand. Pour un catéchumène, cette préparation est longue : en France, au minimum deux années scolaires jusqu’à la nuit de Pâques de la deuxième année. Ensuite, la liturgie du baptême comporte plusieurs étapes, comme la renonciation à Satan et la récitation du Credo. Les parrain et marraine doivent être présents. Un registre de baptême est rempli. Enfin, c’est un ministre ordonné qui baptise.

Quelqu’un qui aurait été baptisé par ondoiement en urgence n’a pas à être rebaptisé. Mais il doit ensuite faire une démarche jusqu’à une cérémonie d’entrée en Eglise, tout comme un baptisé d’une autre confession chrétienne. Cela implique une préparation proche du catéchuménat pour un grand adolescent ou un adulte. Pour un enfant, ce peut être dans le cadre du catéchisme, par exemple à l’occasion de la préparation de la Première communion.

Cette question est l’occasion de sensibiliser nos lecteurs au bien fondé de baptiser les bébés assez vite, pourquoi pas quelques jours après la naissance, comme le faisaient les générations précédentes. Il n’y a aucun intérêt à trop traîner.

Un catholique peut-il apostasier?

Par Réponses catholiques

Comment est “traité” l’apostasie dans la religion chrétienne et plus spécifiquement, de manière catholique ? Je pose cette question car un musulman m’a interrogé sur cette question. J’ai expliqué, espérant ne pas m’être trompé, que nous respectons la liberté religieuse. Bien qu’il est possible que dans une Nation catholique, l’apostat peut-être “mis au ban” de la société par son entourage, mais que la société civile n’exprime pas les mêmes pratiques que les musulmans sur cette question. Ma réponse est-elle bonne?

Dans l’ensemble, la réponse est plutôt bonne, même si elle demande quelques précisions. L’apostasie est un péché très grave, peut-être le plus grave qui soit, puisqu’il consiste à renier Dieu, ce qui conduit à l’athéisme, ou le Christ, pour changer de religion ou aller vers une spiritualité pas forcément athée mais non religieuse, comme le font les adeptes des sagesses orientales et « nouvelles spiritualités », qui sont si nombreux de nos jours.

Par conséquent, l’apostasie peut conduire à l’excommunication. Cela dépend un peu des circonstances et du statut de l’apostat : si c’était sous la contrainte ou non, certaines influences, si c’était public ou privé, si l’apostat était un prêtre ou un fidèle laïc, s’il a prêché ou promu l’apostasie publiquement, entrainant d’autres à sa suite etc. Les conséquences ne sont pas du tout neutres sur le plan spirituel et ecclésial.

Il est important de le préciser pour ne pas mal interpréter le respect de la liberté de conscience, depuis Dignitas Humanae et le Concile de Vatican II. La liberté de conscience que l’auteur de la question a exposée, à juste titre, à son interlocuteur musulman, ce n’est pas non plus l’open bar du « spi ».

Il n’en reste pas moins que, surtout quand on compare à l’attitude de nombreux musulmans à ce propos, peut-être de l’Islam lui-même, l’Eglise catholique enseigne cette liberté de conscience. Un homme a le droit de chercher la vérité selon sa conscience.

S’il rejette sa foi catholique, ou sa foi tout court, les chrétiens sont invités à espérer qu’il soit appelé à s’en repentir, à prier avec ferveur pour cela et, autant que possible, à dialoguer avec lui pour l’amener à réfléchir. Il peut bien sûr arriver que certains se brouillent avec leur famille ou leurs amis, et soient exclus socialement. Mais, force est de constater que, dans nos sociétés occidentales, c’est plutôt l’inverse qui se produit : un athée qui découvre le Christ, ou simplement un catho tiède qui devient fervent risquent bien plus d’être mal vu par leur entourage, de perdre des amis, de se disputer en famille etc.

Car, nous doutons fortement qu’il existe où que ce soit une « nation catholique ». Certes, la religion catholique est religion d’Etat dans quelques pays, comme à Monaco, mais ces cas sont rares. Et nous doutons encore plus fortement qu’un Monégasque qui cesserait d’être chrétien ait le moindre ennui. Dans des pays confessionnels comme le Liban, où la religion des citoyens est indiquée sur leurs papiers d’identité, bien des Libanais se disent « chrétien athée ». C’est une distinction entre le temporel et le spirituel que plusieurs Musulmans sont en peine de comprendre, ce qui est la source de nombreux problèmes.

Ce qu’il est important d’expliquer à un Musulman, c’est peut-être aussi que ce n’est pas une évolution récente de l’Eglise face à la déchristianisation : on prônerait la liberté de conscience et la possibilité d’apostasier tout simplement parce que les pouvoirs civils nous empêcheraient de faire autrement. Dès les premiers temps de l’Eglise, l’Eglise catholique (ce que les historiens et les patristiciens appellent la « Grande Eglise » par opposition aux divers groupes hérétiques) a accepté d’accueillir à nouveau ceux qui avaient apostasié sous la pression des persécutions. St Cyprien de Carthage (c’est l’occasion de rappeler en passant, à propos de Cyprien, que les gens étaient chrétiens au Maghreb avant la conquête musulmane et qu’un Maghrébin qui devient chrétien n’apostasie pas: il renoue avec la foi de ses pères), par exemple, a fortement combattu l’hérésie de Novatien, qui, lui, exigeait l’exclusion définitive des lapsi, ceux qui avaient accepté de sacrifier aux idoles pour échapper aux persécutions. L’Eglise prend en compte sur le temps long nos faiblesses, nos chutes et nos erreurs. En vue de notre repentir et notre rédemption jusqu’au dernier moment.

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